Etre volontaire pour l'association Enfants du Mekong
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Etre volontaire pour l'association Enfants du Mekong
Chaque année, Enfants du Mékong permet à 35 volontaires de travailler pendant un an sur ses projets en Asie du Sud-Est.
Profil des volontaires
Appelés Bambous, ces jeunes de 20 à 30 ans donnent un an de leur vie au service des enfants pauvres de cette région, souvent avant d’intégrer la vie active ou pendant une année sabbatique. Ils sont chargés d’animer, de coordonner et de soutenir les actions des responsables locaux. Ils assurent le lien entre les parrains et les filleuls, le bon acheminement des fonds et le suivi des programmes de parrainage.
Statut de VSI
Sous statut de volontaire de solidarité internationale (VSI), il signe un contrat de volontariat avec la Guilde Européenne du Raid, notre partenaire. Il faut une bonne dose d’enthousiasme et de générosité pour décider de donner une année et partager en Asie la vie des enfants parrainés par Enfants du Mékong.
Les missions
Les missions durent 13 mois, de l’été à l’été. Les volontaires qui partent en mission apprennent à connaître l’esprit d’Enfants du Mékong et doivent y adhérer. Dans le pays où ils iront, il leur sera demandé de s’adapter à la culture, à la population et au projet qu’ils serviront.
Les missions varient selon les projets : coordinateurs des programmes de parrainage, coordinateurs des projets (construction, rénovation, projets divers) responsables de Foyers d'étudiants, professeurs d’anglais, animateurs auprès des enfants, etc.
Une expérience fabuleuse
Enfants du Mékong ne crée pas de projets, mais donne les moyens aux fondateurs locaux de les réaliser. Dans le même esprit, les Bambous ne partent pas créer des projets, mais ils se mettent au service d'un projet. Si cette expérience est réellement fabuleuse, les volontaires qui partent doivent savoir qu’ils ne changeront pas le monde. Ils serviront un projet qui a tourné, qui tourne et qui tournera encore après leur départ.
Une mission Bambou, c’est, comme en témoigne l’un d’entre eux : « une grande leçon d’humilité et d’humanité. Venus pour apporter une aide modeste, nous avons surtout reçu un choc : celui de la beauté de l’engagement et de l’amour de ceux qui travaillent là-bas. Une grande leçon qui donne envie de vivre, peut-être, un ton plus haut ».
Vous voulez être volontaire en Asie du Sud-Est avec Enfants du Mékong, contacter Stéphane Saunier 01 67 4598 45 ou email@contact.otg
Profil des volontaires
Appelés Bambous, ces jeunes de 20 à 30 ans donnent un an de leur vie au service des enfants pauvres de cette région, souvent avant d’intégrer la vie active ou pendant une année sabbatique. Ils sont chargés d’animer, de coordonner et de soutenir les actions des responsables locaux. Ils assurent le lien entre les parrains et les filleuls, le bon acheminement des fonds et le suivi des programmes de parrainage.
Statut de VSI
Sous statut de volontaire de solidarité internationale (VSI), il signe un contrat de volontariat avec la Guilde Européenne du Raid, notre partenaire. Il faut une bonne dose d’enthousiasme et de générosité pour décider de donner une année et partager en Asie la vie des enfants parrainés par Enfants du Mékong.
Les missions
Les missions durent 13 mois, de l’été à l’été. Les volontaires qui partent en mission apprennent à connaître l’esprit d’Enfants du Mékong et doivent y adhérer. Dans le pays où ils iront, il leur sera demandé de s’adapter à la culture, à la population et au projet qu’ils serviront.
Les missions varient selon les projets : coordinateurs des programmes de parrainage, coordinateurs des projets (construction, rénovation, projets divers) responsables de Foyers d'étudiants, professeurs d’anglais, animateurs auprès des enfants, etc.
Une expérience fabuleuse
Enfants du Mékong ne crée pas de projets, mais donne les moyens aux fondateurs locaux de les réaliser. Dans le même esprit, les Bambous ne partent pas créer des projets, mais ils se mettent au service d'un projet. Si cette expérience est réellement fabuleuse, les volontaires qui partent doivent savoir qu’ils ne changeront pas le monde. Ils serviront un projet qui a tourné, qui tourne et qui tournera encore après leur départ.
Une mission Bambou, c’est, comme en témoigne l’un d’entre eux : « une grande leçon d’humilité et d’humanité. Venus pour apporter une aide modeste, nous avons surtout reçu un choc : celui de la beauté de l’engagement et de l’amour de ceux qui travaillent là-bas. Une grande leçon qui donne envie de vivre, peut-être, un ton plus haut ».
Vous voulez être volontaire en Asie du Sud-Est avec Enfants du Mékong, contacter Stéphane Saunier 01 67 4598 45 ou email@contact.otg
Dernière édition par flipflop le Ven 6 Nov - 8:13, édité 2 fois

flipflop- Admin
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Date d'inscription: 31/05/2009
Localisation: Paris
Re: Etre volontaire pour l'association Enfants du Mekong
Bruno, volontaire au Cambodge, à la découverte des familles khmers
En mission depuis un an au Cambodge, Bruno visite les familles des filleuls parrainés par Enfants du Mékong. Il raconte ici comment se déroulent ces rencontres. Extraits.
" L’une de mes missions essentielles pendant les visites est de connaître le mieux possible les filleuls parrainés et leur famille pour être à même de prendre les bonnes décisions quant à la nature de l’aide à apporter : placer un filleul dans un foyer ? quelle orientation scolaire ou professionnelle ? etc.
C’est également une manière de pouvoir donner des informations aux parrains sur l’environnement de leurs filleuls et les progrès (ou non). Pour cela, avec l’enquêteur social Khmer, Kru Try, qui m’accompagne tout le temps, je rends visite aux familles pour obtenir des informations sur leur situation matérielle, financière et sociale. "
L'interculturalité
"Ces rencontres sont enrichissantes sur divers plans : savoir aborder la famille avec respect, humilité et patience sans chercher à tout prix à remplir les blancs du questionnaire. L’arrivée d’un barang (étranger) chez eux suscite parfois une crainte bien compréhensible (et oui, je ne suis pas toujours accueilli à bras ouvert et mon visage de néo colon amène parfois quelques réticences). Le questionnaire leur rappelle des souvenirs douloureux d’une époque encore récente. Kru Try est admirable durant ces visites : ancien professeur au collège et lycée de Banteay Chmar, il connaît de nombreuses familles, est très apprécié et sait mettre les gens à l’aise pour que la visite se passe au mieux."
Des questions difficiles
"Au cours de ces discussions, je pose des questions sur l’état civil (noms, nombre d’enfants, décès), la situation matérielle (nombre d’hectares de rizières, moyens de transport, bétail, état de la maison…), financière (dettes, salaires…), l’état de santé (maladies, hygiène de vie), la situation sociale (alcoolisme, violence, drogue, jeux d’argent) et prend surtout du temps pour bavarder avec le filleul, faire des exercices avec lui (khmer, maths, anglais), connaître ses espérances, ses difficultés, savoir en gros où il en est dans ses études, dans sa relation avec sa famille, avec son parrain."
Surprises
"Aux questions les plus simples (selon nos critères) suivent des réponses parfois étonnantes : la plupart des foyers n’ont pas de livret de famille (il faut payer pour en posséder un) et à la question Combien avez-vous d’enfants ? ils hésitent sans arrêt, se trompent souvent, oublient les noms et sont incapable de donner l’âge exact de leurs enfants ni les études qu’ils ont suivies…Sur un autre plan, ces rencontres sont parfois des moments où l’on rentre dans l’intimité des gens et ils se mettent à vous raconter des tranches de vies, toujours douloureuses, qui ne peuvent laisser insensibles et font de ces rencontres des souvenirs mémorables."
Une prise de conscience
"Pour terminer, j’ajouterai que ces rencontres font partie des moments que j’ai le plus appréciés car outre l’accueil parfois extraordinaire des familles, le temps pris à discuter permet de réaliser les difficultés auxquelles sont confrontées les villageois du Banteay Meanchey ( la province la plus pauvre du pays et c’est peu dire) – ce qui ne se voit pas forcément au premier coup d’œil car un Khmer n’est pas du style à se plaindre (j’ajouterai : plus il est pauvre, moins il se plaint) – et d’avoir une vision plus juste de la misère de ce pays, celle qu’un touriste ne verra et ne comprendra jamais."
.../...
En mission depuis un an au Cambodge, Bruno visite les familles des filleuls parrainés par Enfants du Mékong. Il raconte ici comment se déroulent ces rencontres. Extraits.
" L’une de mes missions essentielles pendant les visites est de connaître le mieux possible les filleuls parrainés et leur famille pour être à même de prendre les bonnes décisions quant à la nature de l’aide à apporter : placer un filleul dans un foyer ? quelle orientation scolaire ou professionnelle ? etc.
C’est également une manière de pouvoir donner des informations aux parrains sur l’environnement de leurs filleuls et les progrès (ou non). Pour cela, avec l’enquêteur social Khmer, Kru Try, qui m’accompagne tout le temps, je rends visite aux familles pour obtenir des informations sur leur situation matérielle, financière et sociale. "
L'interculturalité
"Ces rencontres sont enrichissantes sur divers plans : savoir aborder la famille avec respect, humilité et patience sans chercher à tout prix à remplir les blancs du questionnaire. L’arrivée d’un barang (étranger) chez eux suscite parfois une crainte bien compréhensible (et oui, je ne suis pas toujours accueilli à bras ouvert et mon visage de néo colon amène parfois quelques réticences). Le questionnaire leur rappelle des souvenirs douloureux d’une époque encore récente. Kru Try est admirable durant ces visites : ancien professeur au collège et lycée de Banteay Chmar, il connaît de nombreuses familles, est très apprécié et sait mettre les gens à l’aise pour que la visite se passe au mieux."
Des questions difficiles
"Au cours de ces discussions, je pose des questions sur l’état civil (noms, nombre d’enfants, décès), la situation matérielle (nombre d’hectares de rizières, moyens de transport, bétail, état de la maison…), financière (dettes, salaires…), l’état de santé (maladies, hygiène de vie), la situation sociale (alcoolisme, violence, drogue, jeux d’argent) et prend surtout du temps pour bavarder avec le filleul, faire des exercices avec lui (khmer, maths, anglais), connaître ses espérances, ses difficultés, savoir en gros où il en est dans ses études, dans sa relation avec sa famille, avec son parrain."
Surprises
"Aux questions les plus simples (selon nos critères) suivent des réponses parfois étonnantes : la plupart des foyers n’ont pas de livret de famille (il faut payer pour en posséder un) et à la question Combien avez-vous d’enfants ? ils hésitent sans arrêt, se trompent souvent, oublient les noms et sont incapable de donner l’âge exact de leurs enfants ni les études qu’ils ont suivies…Sur un autre plan, ces rencontres sont parfois des moments où l’on rentre dans l’intimité des gens et ils se mettent à vous raconter des tranches de vies, toujours douloureuses, qui ne peuvent laisser insensibles et font de ces rencontres des souvenirs mémorables."
Une prise de conscience
"Pour terminer, j’ajouterai que ces rencontres font partie des moments que j’ai le plus appréciés car outre l’accueil parfois extraordinaire des familles, le temps pris à discuter permet de réaliser les difficultés auxquelles sont confrontées les villageois du Banteay Meanchey ( la province la plus pauvre du pays et c’est peu dire) – ce qui ne se voit pas forcément au premier coup d’œil car un Khmer n’est pas du style à se plaindre (j’ajouterai : plus il est pauvre, moins il se plaint) – et d’avoir une vision plus juste de la misère de ce pays, celle qu’un touriste ne verra et ne comprendra jamais."
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flipflop- Admin
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Re: Etre volontaire pour l'association Enfants du Mekong
Dans ce courrier à sa famille, juste avant son retour en France, il change de ton pour présenter avec réalisme l'autre facette du "Kampuchea"
« Voici bientôt venu le temps pour moi de plier bagage. Vous ne manquerez pas de me poser des questions pour lesquelles je ne trouverai pas les mots justes. Si je vous ai beaucoup parlé de la joie de vivre ici, je n’ai guère évoqué les côtés plus sombres du pays. Avant mon retour parmi vous, il me semblait judicieux de vous donner une vision plus juste de ce que j’ai pu vivre. Ma mission n’a rien à voir avec un séjour au Club Med bien que les photos puissent en donner l’illusion.
«Amour, eau, Mammon»
Ce triptyque peut, et à juste titre, vous surprendre mais au Cambodge, et ce en dépit des apparences - que j’ai d’ailleurs largement contribuées à renforcer dans mes lettres précédentes - on ne vit pas seulement d’amour et d’eau fraîche.
D'amour
Oui, c’est certain et je pense vous l’avoir assez montré, l’amour que je reçois là-bas surpasse largement ce que j’ai écrit. Cependant, la conception khmère de l’amour diffère largement car l’argent (contrairement à la femme) a son mot à dire. Les mariages (pour prendre un exemple parmi d’autres) prennent plusieurs formes et si les mariages d’amour existent, ils sont moins la règle que l’exception. Mariages arrangés bien souvent. Certes, le mari aura peut être 3 hectares de rizières et le statut social de la femme s’en trouvera de toute façon augmenté. Une femme n’est en effet rien ici ; elle commence à exister lorsqu’elle a des enfants. Son statut de mère de famille peut être même valorisé si son mari est quelqu’un d’important… je veux dire si il est respecté… je veux dire si tout le monde le craint. Son mari en question sera peut être plus tard alcoolique, violent avec elle et ses enfants, ira voir les prostitués en Thaïlande. Il mourra, comme tout le monde me direz-vous, mais lui mourra très jeune, rarement d’une mort naturelle [le VIH/sida fait des ravages au Cambodge]. Il laissera sa femme démunie avec 6 enfants au moins sur les bras. Cette dernière choisira de se remarier par nécessité. Ses enfants pourront êtres abandonnés, le 2ème mari ayant le droit de refuser d’accueillir les enfants du premier mari. (…) Pour finir sur le sujet sans l’avoir épuisé et de loin, j’ai bien souvent entendu le verbe « aimer » mais il n’était pas nécessaire de creuser un peu pour y découvrir bien autre chose : abandon, désespoir, misère, luxure, esclavage…un lexique sémantique pour le moins troublant et qui invite à la réflexion. Bon courage dans votre méditation car pour ma part, je patauge.
D’eau fraîche
Cela dépend. L’eau est une des problématiques cruciales de ce pays. Comme vous le savez probablement, l’année est divisée en deux saisons : la saison humide (de juin à octobre) et la saison sèche (de novembre à mai), saison au cours de laquelle on ne voit pas une goutte de pluie tomber. Les températures en mars et avril avoisinent les 40C° et les 80% de taux d’humidité. Dans les villages où se trouvent mes programmes, ces mois sont ainsi difficiles pour les villageois car outre la mauvaise qualité de l’eau contenue dans les grands bassins de stockage, le niveau de ces derniers est à cette époque insuffisant pour permettre à tous d’y avoir accès. Par ailleurs, de nombreuses familles continuent à boire de l’eau de pluie malgré nos recommandations (le travailleur social Khmer qui m’accompagne, Kru Try, tient le même discours) et ces dernières viennent me voir ensuite pour des maux de ventre… Un projet est actuellement en cours afin de fournir dans chaque école où se trouvent des filleuls un litre d’eau potable par jour à chaque élève. Lors de ces distributions, un Khmer sera chargé d’expliquer à tous la nécessité de boire une eau claire pour préserver la santé.
D'argent
Enfin et surtout : la société khmère est une société hyper matérialiste et ce fût l’une de mes grandes surprises, et je l’avoue ma principale déception. Certes, j’imaginais bien que les dollars, baths et riels, du fait de la pauvreté extrême, de la misère même souvent ici, avaient une importance énorme mais je ne m’attendais pas à ce que l’argent soit à ce point omniprésent. J’ai ainsi appris à mes dépens qu’un service est rarement, voire jamais gratuit. Il est clair que l’argent est encore un tabou en France si l’on compare avec le Cambodge : le montant de votre salaire, le prix de votre cadeau…toutes ces questions ne sont en rien choquantes ici. Enfin, et c’est probablement le plus désespérant : la corruption encouragée et subie par tous. Pour résumer, tout s’achète : la vérité (les victimes d’un accident devenues soudainement coupables faute d’argent ; une jeune femme violée condamnée pour atteinte à la pudeur...sic). Cela m’attriste car les Khmers qui font mon admiration dans de nombreux domaines méritent vraiment mieux.
Pour conclure, non cette année ne fût pas une simple « belle expérience », une « jolie parenthèse » : ma 22ème année fût une année vivante au sens premier et fort du terme. Non je n’ai pas « sacrifié » un an de ma vie pour les enfants : j’ai vécu une année merveilleuse avec eux et ai reçu un an d’amour. Une chose est sûre, je retournerai très rapidement au Cambodge, et pas comme touriste… »
« Voici bientôt venu le temps pour moi de plier bagage. Vous ne manquerez pas de me poser des questions pour lesquelles je ne trouverai pas les mots justes. Si je vous ai beaucoup parlé de la joie de vivre ici, je n’ai guère évoqué les côtés plus sombres du pays. Avant mon retour parmi vous, il me semblait judicieux de vous donner une vision plus juste de ce que j’ai pu vivre. Ma mission n’a rien à voir avec un séjour au Club Med bien que les photos puissent en donner l’illusion.
«Amour, eau, Mammon»
Ce triptyque peut, et à juste titre, vous surprendre mais au Cambodge, et ce en dépit des apparences - que j’ai d’ailleurs largement contribuées à renforcer dans mes lettres précédentes - on ne vit pas seulement d’amour et d’eau fraîche.
D'amour
Oui, c’est certain et je pense vous l’avoir assez montré, l’amour que je reçois là-bas surpasse largement ce que j’ai écrit. Cependant, la conception khmère de l’amour diffère largement car l’argent (contrairement à la femme) a son mot à dire. Les mariages (pour prendre un exemple parmi d’autres) prennent plusieurs formes et si les mariages d’amour existent, ils sont moins la règle que l’exception. Mariages arrangés bien souvent. Certes, le mari aura peut être 3 hectares de rizières et le statut social de la femme s’en trouvera de toute façon augmenté. Une femme n’est en effet rien ici ; elle commence à exister lorsqu’elle a des enfants. Son statut de mère de famille peut être même valorisé si son mari est quelqu’un d’important… je veux dire si il est respecté… je veux dire si tout le monde le craint. Son mari en question sera peut être plus tard alcoolique, violent avec elle et ses enfants, ira voir les prostitués en Thaïlande. Il mourra, comme tout le monde me direz-vous, mais lui mourra très jeune, rarement d’une mort naturelle [le VIH/sida fait des ravages au Cambodge]. Il laissera sa femme démunie avec 6 enfants au moins sur les bras. Cette dernière choisira de se remarier par nécessité. Ses enfants pourront êtres abandonnés, le 2ème mari ayant le droit de refuser d’accueillir les enfants du premier mari. (…) Pour finir sur le sujet sans l’avoir épuisé et de loin, j’ai bien souvent entendu le verbe « aimer » mais il n’était pas nécessaire de creuser un peu pour y découvrir bien autre chose : abandon, désespoir, misère, luxure, esclavage…un lexique sémantique pour le moins troublant et qui invite à la réflexion. Bon courage dans votre méditation car pour ma part, je patauge.
D’eau fraîche
Cela dépend. L’eau est une des problématiques cruciales de ce pays. Comme vous le savez probablement, l’année est divisée en deux saisons : la saison humide (de juin à octobre) et la saison sèche (de novembre à mai), saison au cours de laquelle on ne voit pas une goutte de pluie tomber. Les températures en mars et avril avoisinent les 40C° et les 80% de taux d’humidité. Dans les villages où se trouvent mes programmes, ces mois sont ainsi difficiles pour les villageois car outre la mauvaise qualité de l’eau contenue dans les grands bassins de stockage, le niveau de ces derniers est à cette époque insuffisant pour permettre à tous d’y avoir accès. Par ailleurs, de nombreuses familles continuent à boire de l’eau de pluie malgré nos recommandations (le travailleur social Khmer qui m’accompagne, Kru Try, tient le même discours) et ces dernières viennent me voir ensuite pour des maux de ventre… Un projet est actuellement en cours afin de fournir dans chaque école où se trouvent des filleuls un litre d’eau potable par jour à chaque élève. Lors de ces distributions, un Khmer sera chargé d’expliquer à tous la nécessité de boire une eau claire pour préserver la santé.
D'argent
Enfin et surtout : la société khmère est une société hyper matérialiste et ce fût l’une de mes grandes surprises, et je l’avoue ma principale déception. Certes, j’imaginais bien que les dollars, baths et riels, du fait de la pauvreté extrême, de la misère même souvent ici, avaient une importance énorme mais je ne m’attendais pas à ce que l’argent soit à ce point omniprésent. J’ai ainsi appris à mes dépens qu’un service est rarement, voire jamais gratuit. Il est clair que l’argent est encore un tabou en France si l’on compare avec le Cambodge : le montant de votre salaire, le prix de votre cadeau…toutes ces questions ne sont en rien choquantes ici. Enfin, et c’est probablement le plus désespérant : la corruption encouragée et subie par tous. Pour résumer, tout s’achète : la vérité (les victimes d’un accident devenues soudainement coupables faute d’argent ; une jeune femme violée condamnée pour atteinte à la pudeur...sic). Cela m’attriste car les Khmers qui font mon admiration dans de nombreux domaines méritent vraiment mieux.
Pour conclure, non cette année ne fût pas une simple « belle expérience », une « jolie parenthèse » : ma 22ème année fût une année vivante au sens premier et fort du terme. Non je n’ai pas « sacrifié » un an de ma vie pour les enfants : j’ai vécu une année merveilleuse avec eux et ai reçu un an d’amour. Une chose est sûre, je retournerai très rapidement au Cambodge, et pas comme touriste… »

flipflop- Admin
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Localisation: Paris
Re: Etre volontaire pour l'association Enfants du Mekong
Le blog très instructif et intéressant d'une volontaire aux Philippines
http://chakawayan.over-blog.com/
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flipflop- Admin
- Messages: 1083
Date d'inscription: 31/05/2009
Localisation: Paris
Re: Etre volontaire pour l'association Enfants du Mekong
C'est dur de lire la realite des pauvres au Cambodge.
Je vis au milieu des paysans dans un tout petit village en Issan;
On y retrouve un peu, un tout petit peu de ce qu'ecrit Bruno.
Il y a des familles pauvres bien sur, mais pas a ce point.
Il y a encore des jeunes filles qui font des bebes a 17 ans mais je ne connais aucune femme seule avec 6 gosses sur les bras.
Par contre karaoke, mia noi, SIDA...memes conneries qu'au Cambodge et je ne vois pas ce qui pourrait faire evoluer positivement les choses.
Je vis au milieu des paysans dans un tout petit village en Issan;
On y retrouve un peu, un tout petit peu de ce qu'ecrit Bruno.
Il y a des familles pauvres bien sur, mais pas a ce point.
Il y a encore des jeunes filles qui font des bebes a 17 ans mais je ne connais aucune femme seule avec 6 gosses sur les bras.
Par contre karaoke, mia noi, SIDA...memes conneries qu'au Cambodge et je ne vois pas ce qui pourrait faire evoluer positivement les choses.
Sam_Sallung- Messages: 111
Date d'inscription: 13/11/2009
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