National Geographic - Angkor

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National Geographic - Angkor

Message  thanaka le Lun 15 Mar 2010 - 9:05

superbes animations en 3D, informations ...

cliquez sur la photo ...

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thanaka
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Localisation : il existe une application pour ça
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La grande cité royale d’Angkor Thom

Message  Admin le Sam 25 Déc 2010 - 11:19



Construite à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle par Jayavarman VII, roi bouddhiste de l'Empire khmer, après la conquête et la destruction d'Angkor par les Chams, la cité royale d’Angkor Thom fait partie des sites les plus visités d’Angkor. Protégée par un rempart haut de huit mètres et entouré de douves, elle cache, avec l’aide de la jungle, palais, temples et autres monuments dont les plus connus sont le Bayon et la Terrasse du Roi Lépreux.

On peut facilement passer plusieurs heures sur le site, à se perdre dans la forêt, pénétrez dans chaque enceinte en ruine que l’on croise et admirez sans relâche cet art khmer où se mêlent si bien le bouddhisme mahayana et les cultes hindouistes de Shiva et de Vishnou.

En arrivant sur le site en tuk tuk, voiture ou vélo par la porte nord ou la porte ouest, on reste ébahi devant les deux rangées de 54 géants bien souvent étêtés, les yaksa tenant dans leurs mains ce magnifique serpent fabuleux, le nâga, que l’on retrouve si souvent à Angkor. Une arrivée impériale qui laisse présager de la beauté que l’on va trouver derrière la porte.

La plupart des visiteurs ne s’attardent sur les terrasses des Éléphants et du Roi Lépreux (que l’on voit en premier quand on arrive par la porte nord) et dans le Bayon (que l’on voit en premier quand on arrive par la porte ouest). Choisissez de commencer par l’un ou par l’autre (peut-être en fonction de la foule présente). Sachant que ce que vous allez y trouver risque de vous donner le tournis, mieux vaut faire une pause entre les deux en vous baladant dans l’enceinte du Palais Royal et la jungle qui en a pris possession.

Voici les sites que vous rencontrerez sur votre chemin (itinéraire du Bayon à la Terrasse du Roi Lépreux) :

Le Baphuon :

Situé entre le Bayon et le Palais Royal, ce temple-montagne a été érigé au début du XIe siècle à la gloire de Shiva. Les travaux de rénovation ayant été perdus pendant la guerre du Vietnam (le temple avait été démonté et les plans ont été brûlés), il est toujours en restauration sous la houlette d’architectes français. Malgré les travaux, il est possible d’y accéder, mais les horaires sont plus restreints que ceux du reste du site (fermeture à 15h). Le plus joli est d’en faire le tour pour admirer la façade ouest qui a été remodelée pour faire apparaitre un gigantesque Bouddha allongé au deuxième étage.

Le Phiméanakas :

Situé juste après l’enceinte sud du Palais Royal, ce temple hindouiste de la fin du Xe siècle a été reconstruit au XIe sous la forme d’une pyramide dont seuls les trois premiers étages de roche rouge ont subsisté jusqu’à aujourd’hui. De la terrasse, décorée de lions et d'éléphants à chaque coin, on a une très jolie vue sur le Baphuon. Passer par les escaliers de la façade nord ou est vous permettra de traverser le bassin qui fait le tour du temple. Attention, ça grimpe.

Le Preah Palilay :

Au milieu de la forêt, ce petit sanctuaire bouddhiste de la fin du XIIIe, un des seuls à ne pas avoir été saccagé par la réaction brahmanique du XIIIe siècle, est à l’écart des sentiers empruntés par les touristes. Les arbres environnants vous offriront une ombre salutaire tout en embellissant le site puisqu’ils ont pris possession de la pyramide centrale.

Le Tep Pranam :

Ce temple du XVIe siècle dédié au culte de Bouddha a peut-être été un peu trop rénové. Les deux immenses bouddhas semblent bien neufs comparés au reste du site.

Le Preah Pithu (ou Prah Pithu) :

En face du Tep Pranam, ce groupe de cinq temples, proches les uns des autres sans avoir été construits à la même période, est un des sites les plus tranquilles d’Angkor Thom. Si le temple qui se trouve le plus loin à l’Est (le « X ») est bouddhiste, les quatre autres sont hindouistes. Le tout a beau être en mauvais état, il reste agréable d’en admirer les sculptures à l’ombre et dans le calme.

Pour finir, voici deux sites plus difficiles à trouver pour les plus passionnés d’entre vous :

Le Mangalartha :

Au sud de l’Allée de la Victoire, au bout d'une piste dans la jungle commençant environ 300 mètres avant la Porte de la Victoire, ce petit temple hindouiste en ruine est le moins fréquenté de tous. Inauguré le 28 avril 1295 selon la stèle gravée, c’est le dernier des monuments d'Angkor datable avec précision.

Le Krol Damrei, l’Enclos des Éléphants :

Pour y aller, passez la porte nord en direction du Preah Kahn et prenez à droite après le tournant. De drôles d’arènes où, parait-il, étaient organisés des combats d’animaux.

Infos pratiques ici ----> http://www.tripteaser.fr/destination/cambodge

source http://www.tripteaser.fr/cambodge/reportage/930/la-grande-cite-royale-drangkor-thom
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Angkor retrouve son chef-d'œuvre

Message  Admin le Jeu 21 Juil 2011 - 21:00


Le Baphuon, découvert en ruines en 1908, a été entièrement démonté puis reconstruit, au terme d'un chantier titanesque. Crédits photo : TANG CHHIN SOTHY/AFP
L'un des trois plus beaux temples du site, le Baphuon, vient d'être restauré par l'École française d'Extrême-Orient.

(Envoyée spéciale à Angkor)

La jungle est encore humide de la nuit odorante. Autour d'un feu qui noircit le fond d'une gamelle métallique, les ouvriers cambodgiens du chantier de restauration archéologique de l'École française d'Extrême-Orient (Efeo) ont le même pincement au cœur. Pendant seize ans, ils ont été de patients remueurs de pierres. Aujourd'hui que l'aventure s'achève, ils sont un peu intimidés par ce qu'ils ont accompli la résurrection de la Montagne d'or.

Samnang, appareilleur de pierres au visage rond, cache dans les petits rires qui ponctuent ses phrases sa fierté d'avoir reconstitué le Baphuon, chef-d'œuvre de la défunte civilisation ­angkorienne, comme sa tristesse de devoir retourner planter le riz maintenant que le travail est fini. Sek, le vieillisseur de pierres, dissimule son trouble en racontant des histoires de sortilèges lancés par les génies du temple céleste. Offensée par les propos égrillards de son copain Van, «la jeune fille brune et fluette», un des esprits qui habitent les lieux, «l'a puni en lui donnant un coup de pied», s'amuse-t-il.

C'est devant le Baphuon que l'on prend conscience de sa puissance. Lorsqu'il est achevé au XIe siècle, sous le règne du roi Udayadityavarman II, il éclipse en grandeur tous les autres «temples montagnes». Sur cette pyramide à trois étages représentant le mont Meru, la demeure des dieux, au sommet de l'Univers, c'est une débauche de pavillons et de galeries. Mais l'architecte, trop ambitieux, a accumulé les erreurs de construction. Au fil des siècles, les parois et les soubassements, sous-dimensionnés, se fissurent, provoquant des affaissements fâcheux. Bref, du fait de ses faiblesses structurelles, le Baphuon était condamné par les pluies de mousson et l'étreinte des racines des fromagers.

En 1943, un éboulement emporte un quart de l'édifice
C'est là qu'intervient une lignée de restaurateurs français qui se sont passé le flambeau pour sauver l'un des trois plus importants édifices du site d'Angkor. Des hommes qui ont sué, dégagé, défriché, colmaté, démonté et remonté.

L'épopée démarre avec Jean Commaille, premier conservateur de l'Efeo, qui, à travers les ronces et les lianes ruisselantes, découvre en 1908 les ruines du Baphuon, avant d'être assassiné par des bandits de grand chemin, et s'achève avec l'archéologue architecte Pascal Royère, qui parcourt à grandes enjambées ce puzzle de 300.000 pièces de grès d'une demi-tonne chacune, qu'il a assemblé pendant seize ans. Après quarante ans de colmatage des brèches et un éboulement qui emporte en 1943 un quart de l'édifice, Bernard-Philippe Groslier, brillant orientaliste, préconise une thérapie de choc : l'anastylose générale. Le monument doit être démonté puis relevé avec ses propres matériaux sur des parois ceinturées de béton armé. Pendant dix ans, les ouvriers désossent les trois étages. En 1970, les trois quarts des façades sont à terre.

Mais le Cambodge s'enfonce dans la guerre civile. En mars, Sihanouk est renversé par Lon Nol. En juin, la guérilla khmère rouge occupe Angkor. La pyramide de sable qui attendait sa chape de béton ne peut résister aux moussons. Dans l'urgence, le Baphuon est enfermé dans un sarcophage de latérite. Il y restera vingt-quatre ans.

Comme un puzzle
Lorsque l'Efeo reprend les travaux en 1995, tous les documents d'archives et les cahiers de dépose, qui recensaient l'emplacement des blocs dans la forêt, ont disparu. Il faut refaire l'inventaire complet. «Nous avons adopté la même technique que pour un puzzle, en commençant par trier les coins, puis les bords, explique Pascal Royère, qui a conduit ce chantier titanesque de 10 millions d'euros, pas à pas, sans prendre la mesure de l'ampleur de la tâche». «Nous avons regroupé les pierres selon les similitudes de motifs et les marques d'usure, essayé des assemblages dans la forêt, les avons démontés, refaits, parfois plus de dix fois, avant de retrouver l'empilement d'origine.»

Le résultat est époustouflant. Derrière la beauté sophistiquée du Baphuon, il y a quelque chose de profondément simple, archétypal, qui va droit au cœur. Dominique Thollon, le chef de chantier, en a peut-être percé le mystère: «En chaque pierre se trouve une valeur intrinsèque et l'on conserve le souvenir de cette grandeur.»

Par Florence Compain

http://www.lefigaro.fr/culture/2011/07/21/03004-20110721ARTFIG00389-angkor-retrouve-sonchef-d-339uvre.php





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La légende d'Angkor Vat

Message  Admin le Ven 14 Oct 2011 - 6:49

De nos jours encore, les contes et légendes ont une place toute particulière dans la culture khmère. Principalement contées de manière orale, ces histoires transmises de génération en génération comportent autant de mystères que de réponses à la question: Qui sont les Khmers et qu'est-ce que le Cambodge d'hier et d'aujourd'hui ?

Voici la légende fondatrice des temples d'Angkor, d'après le texte de Khing Hoc Dy :

En 544 de l’ère bouddhique, Neak Vong et Néang Téav, un couple de roturiers aux mérites divins, fut installé à la tête du Royaume. Le nouveau roi prit alors le nom de de Préah-Bat-Sâmdach-Tévavong-Aschar, « Merveilleux-Souverain-de-la-Lignée-Divine».

Installé dans le palais royal de Mohanokor, la « Grande-Cité », le couple régnait paisiblement sur son territoire sans qu’aucun ennemi n’osât le déranger. Mandarins, brahmanes et peuple vivaient calmement grâces aux mérites et à la puissance de leurs souverains.

Cependant, le monarque n’avait eu d’enfant et ordonna donc à la reine d'observer les préceptes bouddhiques afin qu’elle lui donne un héritier. Elle accepta et commença le rituel de demande d'un fils.

Sept jours s’écoulèrent et la reine rêva qu'Indra, le suprême roi des dieux, descendait des cieux pour toucher son ventre et lui offrir une guirlande de fleurs avant de retourner dans sa résidence céleste.

Dès son réveil, elle conta son rêve à son époux qui fit venir un devin pour l’interpréter. Après réflexion, le devin dit : « La reine va avoir un fils comblé d'une puissance qui vaincra tous les ennemis de toutes les directions ». On apprit la grossesse de la reine peu de temps après.

Lorsque la grossesse arriva à terme, la reine donna naissance à un fils d'une grande beauté. L'excellent et royal père lui donna le nom de Kétoméaléa, « Lumineuse-Guirlande-de-Fleurs », en raison du songe de la reine.

Lorsque Kétoméaléa eut six ans, Indra ordonna au dieu Méatolei de prendre le char divin pour aller le chercher et le conduire au Ciel des « Trente-Trois ». Le jeune héritier avait été, dans une vie antérieure, le fils du roi des dieux Indra qui l’avait envoyé renaître parmi les mortels afin qu'il protégeât la religion bouddhique et qu'il prît soin du Royaume dans la gloire, la prospérité et la paix.

Quand la nuit tomba, Méatolei monta sur le char divin Pichayon, descendit sur Terre, entra dans le palais et prit avec soin dans ses bras Kétoméaléa. Puis il le déposa dans le char divin Pichayon qui s'envola vers le Ciel.

Le matin, le roi Tévavong-Aschar et la reine ne trouvèrent pas leur fils. Très affligés, ils firent venir un devin pour faire des calculs magiques. Celui-ci prédit : « En ce qui concerne l'auguste enfant qui a disparu, il suffit que le peuple, les mandarins, les brahmanes de tout le royaume observent les préceptes bouddhiques pendant sept jours, alors on retrouvera l'auguste enfant dans le palais. ». Le monarque ordonna donc à tout le royaume d'observer les préceptes bouddhiques, ce que le peuple entier se hâta de faire.

Pendant ce temps, dans les Cieux, Indra, suprême souverain, enseignait à Kétoméaléa les dix devoirs royaux. Il le baigna sept fois par jour pendant sept jours dans un bassin parfumé de son jardin. Puis, il invita sept brahmanes divinisés à venir réciter des formules magiques et asperger d'eau merveilleuse le jeune héritier afin qu'il ait une vie de plus de cent ans.

Les rituels achevés, Indra fit monter Kétoméaléa sur l'auguste char divin et survola ses palais pour que celui-ci en appréciât toute la beauté. Puis le cocher emmena l’enfant visiter les écuries célestes. Indra lui demanda :
- Est-ce que tu es content de ce que tu viens de voir ?
- J'en suis émerveillé, répondit-il.
Indra ajouta :
- Bien ! Je te confierai le royaume du Cambodge. Pour cela, si un de mes palais que tu viens de voir te plaît et si tu souhaites en faire bâtir un au Cambodge de la même beauté, tu n'as qu'à en formuler le vœu. Je vais t'envoyer un architecte afin qu'il le construise immédiatement dans ton royaume.
Le jeune prince, très émerveillé et très impressionné par Indra, réfléchit :
- Il ne faut pas que je fasse construire dans mon royaume un palais plus beau ou aussi beau que les palais d'Indra. Cela risque de provoquer le mécontentement de ce dernier. Kétoméaléa, ayant ainsi réfléchi, répondit :
- J'aimerais faire bâtir un palais qui ait une beauté comparable à celle de vos écuries.
Le souverain des dieux dit en souriant :
- La beauté de mes écuries te plaît-elle ?

Le dieu suprême s’empressa alors de convoquer Pisnouka, fils de la danseuse céleste Tip-Soda-Chan, « Fille-Divine-de-la-Lune » et du vieux Lim-Séng. La mère de Pisnouka l'avait emmené au ciel chez un dieu, le grand maître des arts plastiques et de l'architecture, où il s'était efforcé d'apprendre à dessiner, à sculpter, à jouer de la musique auprès de son divin maître. Il savait construire un bateau pouvant se déplacer sur la terre ferme, sculpter sur l'argent et sur l'or, faire fondre tous les métaux et mélanger de l'eau avec de l'argile pour les transformer en pierre...

Quand Pisnouka fut arrivé, Indra dit :
- Toi, tu es de naissance humaine, tu ne peux pas demeurer éternellement au paradis. Je vais t'envoyer au Cambodge et tu y bâtiras, pour mon fils Kétoméaléa, un palais aussi beau que mes écuries. Quand tu en auras achevé la construction, je descendrai présider la cérémonie du couronnement de mon fils afin qu'il monte sur le trône.

Après sept jours, grâce aux préceptes bouddhiques suivit par les habitants de tout le Royaume, Indra ordonna à Méatolei de ramener Kétoméaléa et Pisnouka au Cambodge. Le couple royal fut très content de revoir le prince et Pisnouka put commencer à construire le palais d'Angkor-Vat. Il peignit chacun les bas-reliefs de différentes couleurs afin que la beauté de ce palais soit comparable à celle des écuries d'Indra.

Kétoméaléa, très satisfait, combla Pisnouka de louanges et lui demanda d'en bâtir d'autres, décorés également de superbes bas-reliefs.

Indra, le suprême souverain, accompagné en cortège par de nombreuses divinités, descendit dans le monde inférieur afin de donner l'ondoiement à son auguste fils et de lui conférer le nom de sacré de Arittha-polapéa-hano, « Destructeur-puissant-des-ennemis ». Enfin il donna à notre pays khmer le nom de Kampuchea (Cambodge) qui reste encore de nos jours.

Texte rapporté et adapté par Emilie TÔN

http://www.lepetitjournal.com/cambodge/a-la-une-cambodge/87358-contes-et-legendes-la-legende-du-temple-dangkor-vat.html
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Re: National Geographic - Angkor

Message  Admin le Jeu 24 Nov 2011 - 8:14



Sise dans l'actuelle province de Siem Reap, dans le nord-ouest du Cambodge, inscrite au patrimoine de l'humanité depuis 1992, la cité d'Angkor compte parmi les sites archéologiques les plus beaux, les plus riches et les plus vastes de la planète. Ses 400 km2 de temples, de douves et de canaux témoignent du développement exceptionnel de la civilisation khmère, qui connut son apogée entre les IXe et XIIIe siècles de notre ère. L'ancienne ville royale fut découverte en 1860 par l'explorateur et naturaliste français Henri Mouhot. En 1907, elle fut confiée à l'Ecole française d'Extrême-Orient, qui entreprit un énorme travail d'inventaire et de déchiffrage. Meurtrie par de terribles conflits, elle est à nouveau accessible aujourd'hui.
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Re: National Geographic - Angkor

Message  Admin le Lun 19 Mar 2012 - 9:44

Des infos http://ganapati.perso.neuf.fr/angkor/frangkor.html

Préparer sa visite http://visitangkor.net/wordpress/?page_id=325


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Re: National Geographic - Angkor

Message  Admin le Mar 20 Mar 2012 - 11:22

Contrairement à d'autres villes au Cambodge, la moto sur Siem Reap, c'est pas simple ! mais il y a des alternatives http://www.travelfish.org/blogs/siemreap/2012/01/16/motorcyles-in-siem-reap/
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La précarité pour patrimoine

Message  Admin le Jeu 5 Avr 2012 - 11:29

L’Unesco voulait protéger Angkor contre la voracité des spéculateurs fonciers. Ses règles ont également accru la précarité des habitants du site archéologique.


L’orage m’a prise au dépourvu. Un rideau de pluie dense, de ceux qui ne s’annoncent pas et détrempent en un clin d’œil les routes de latérite en cette fin de saison de mousson. Le village de Rohal, en périphérie du temple de Ta Prohm, s’assombrit, sans perdre de son charme. Bizot Chhœum, chevelure noire teintée et taille ceinte d’une pièce d’étoffe fleurie, m’offre l’asile sur la terrasse couverte de sa maison.
Par-delà la balustrade de la véranda, je devine, dissimulées parmi la végation hérissée de palmiers balayés par la pluie, les silhouettes des maisons voisines. En contrebas, des bambins ont transformé la ruelle désormais inondée en terrain de jeu aquatique.
Sans les maigres revenus du tourisme, cette bourgade de plusieurs centaines d’âmes ne pourrait survivre.
L’agriculture n’est plus la principale activité économique. Confisquées, les rizières tapissant le périmètre protégé des temples d’Angkor. Prohibées, la coupe de bois de chauffe dans les forêts et la pêche dans les ruisseaux. En 1992, le site archéologique des vestiges de l’empire khmer a été inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Cette consécration a mis fin aux activités agricoles.
Elle a ouvert la voie aux reconversions. Sophea est devenue jardinière et arpente désormais le parc archéologique à vélo, tout de vert vêtue. Son voisin, lui, travaille comme gardien et attrape du menu fretin dans les rizières inondées pour compléter leur pitance. La jeune Ly s’est muée en marchande de souvenirs. Rœut a abandonné la culture du riz pour se transformer en artisan reproduisant des miniatures de charrette à bœufs. Il ne cesse de le répéter : « Cela devenait trop compliqué avec Apsara », l’Autorité pour la protection du site et l’aménagement de la région d’Angkor, chargée d’administrer les 401 km2 de terres abritant, dans la province de Siem Reap, les vestiges du patrimoine angkorien.

Rare électricité

« Dès octobre, à l’approche de la haute saison touristique, tout le monde a le sourire. Mais après février, fini les cigarettes et autres plaisirs superflus. » La voix de Bizot Chhœum virevolte sur la gamme tonale élevée des Cambodgiens. À 62 ans, elle a son franc-parler. Elle s’empresse de nous offrir thé vert brûlant, patates douces, tranches de pastèque et sauterelles grillées.
L’averse s’est tue, ses tambourinements étouffés ont laissé la place aux murmures du voisinage et aux complaintes lancinantes des crapauds-buffles. Avec un pied en France, sa terre d’adoption où elle a vécu après un premier mariage avec un ethnologue français, et l’autre au Cambodge, sa terre natale, elle est considérée comme une nantie. Un voisin surgit à l’étage où nous sommes attablées. Mon hôtesse l’éconduit gentiment. Il est venu solliciter un emprunt. Elle le sait : si elle cède, tout Rohal frappera à sa porte dès le lendemain matin. Elle s’occupe néanmoins de sa communauté avec une sollicitude toute maternelle.
L’obscurité du soir tombe sur le quartier. Bizot Chhœum appuie sur le bouton de l’interrupteur. Rien. Elle se tourne sur sa chaise et lance à la cantonade :
« C’est quand qu’il y a de l’électricité ?
— À 17h30 ! », répond une voix au rez-de-chaussée.
C’est pour bientôt.

http://webasies.com/angkor-la-precarite-pour-patrimoine/
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Re: National Geographic - Angkor

Message  Admin le Mar 17 Juil 2012 - 10:05

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Re: National Geographic - Angkor

Message  Ma Poule le Lun 30 Juil 2012 - 6:08

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Re: National Geographic - Angkor

Message  Admin le Dim 4 Nov 2012 - 7:46



Entre culture et nature, le Cambodge s’impose en destination phare de l’hiver. Pour découvrir les temples khmers sous un nouveau jour et plonger dans les eaux vert jade du golfe de Siam

Les pistils de safran. Ils ne sont pas plus grands, vus du ciel, drapés dans leur toge orangée, les moines qui cheminent vers Angkor Vat. D’hélicoptère – désormais autorisé –, on embrasse l’étendue, la structure de l’édifice, sa démesure aussi. Dans les trouées d’arbres apparaissent les enceintes successives qui protègent le sanctuaire, ses douves, larges comme la Loire, l’organisation géométrique de ses bassins sacrés. L’ensemble compose, sur près de 250 hectares, le plus vaste bâtiment religieux du monde. Il n’est qu’un parmi des centaines d’autres, restaurés ou à l’état de simples ruines, dispersés sur une plaine boisée qui s’étire à perte de vue. Jusqu’où pouvait s’étendre l’ancienne capitale du royaume khmer, fondée au IXe siècle ? C’est de l’espace qu’est venue la réponse. Grâce à la précision de leurs images satellites, les chercheurs de la Nasa en ont délimité les contours pour atteindre le chiffre pharaonique de 1 000 kilomètres carrés. Angkor fut une mégalopole médiévale, avec ses routes et ses kilomètres de canaux, ses habitations de bois et de chaume dont il ne reste rien. Elle aurait pu compter jusqu’à 800 000 habitants. Une concentration de population unique à l’époque qui fournira une main-d’œuvre nombreuse et assez de génie artistique pour concevoir, édifier et sculpter en cinq siècles près d’un millier de temples dédiés au culte hindou ou bouddhiste. Ensevelis par la végétation après le déclin du royaume et l’abandon de la capitale au XVe siècle, presque oubliés des hommes, colonisés par les singes, les cobras et les scorpions, ils intriguent depuis la ­découverte fortuite d’un Français au XIXe siècle.

Quand la revue « Le Tour du monde » publie, en 1863, les carnets de voyage du naturaliste Henri Mouhot, son récit tient les lecteurs en haleine. Il a retrouvé par hasard, au cours d’une expédition scientifique, la mythique cité engloutie déjà évoquée par quelques missionnaires et aventuriers. Il a vu des tours de grès en boutons de fleur de lotus émergeant d’une jungle « où l’on entend le rugissement des tigres et les cris rauques des éléphants ». La France du second Empire rêve d’exotisme. Les esquisses à l’encre et les écrits de Mouhot enflamment l’imaginaire occidental quand il décrit Angkor « plus grand que tous les vestiges laissés par les Grecs et les Romains ». Le naturaliste confie alors, sans le savoir, le destin du site à la France, chargée de sa conservation en 1907. Depuis, rejoints par d’autres nationalités, les archéologues de l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO) œuvrent avec une obstination folle au sauvetage de nombreux édifices. Dernier en date : le Baphuon, dont la restauration s’est achevée en 2011. Le chantier avait été lancé près d’un siècle plus tôt, en 1916… Il vous attend désormais, intact, reconstruit grâce à un logiciel comme un puzzle géant à partir de 300 000 pièces. Un travail de Romain au pays des empereurs khmers.

VISITE SUR MESURE

Depuis sa réouverture au public, au début des années 90, et son classement par l’Unesco, Angkor voit défiler chaque année toujours plus de visiteurs. De quelques centaines par an, on a flirté avec les 2 millions en 2011, générant certains jours une saturation du parc archéologique. Pour que la réalité n’écorne pas trop le rêve, il faut se présenter dès 5 heures du matin à l’entrée du site pour visiter, dans une relative quiétude, les trois temples majeurs : le Bayon, Angkor Vat et le Ta Prohm. Le ciel vire au marine puis au rose, la brume monte de la forêt saturée d’humidité. Par une allée bordée de palétuviers, on rejoint le Bayon. On se perd dans le labyrinthe de galeries, cours, terrasses. Dans la lumière du petit matin, la « montagne magique » révèle mieux encore ses bas-reliefs aux 10 000 personnages sculptés dans des scènes de la vie quotidienne ou de batailles homériques.

A partir de 10 heures, les centaines de lève-tôt qui se sont rués vers Angkor Vat, à 2 kilomètres de là, désertent peu à peu l’enceinte pour d’autres temples. C’est le moment de vous y rendre. Angkor Vat, le plus grand et le mieux préservé, a servi de lieu de culte depuis sa construction, au début du XIIe siècle, quand Paris bâtissait Notre-Dame. Cinq millions de tonnes de grès, soit autant de pierres que la pyramide de Khephren, en Egypte, 300 000 hommes au travail, aidés de 6 000 éléphants, selon les inscriptions découvertes par les archéologues. Le chantier a duré quarante ans. Gigantesque rectangle de 2 kilomètres carrés dédié à Vishnou, il symbolise, dans son organisation, les quatre âges de la pensée hindoue. On emprunte la chaussée qui traverse les douves tapissées de nénuphars pour atteindre la tour centrale par une succession de cours à la manière d’un voyage spirituel. Pour apprécier l’harmonie de son architecture, le foisonnement délirant de ses bas-reliefs et la beauté de ses milliers d’apsaras – divines créatures sculptées dans le grès –, trois heures de visite s’imposent.

Alors que la température monte encore de quelques degrés, c’est le moment de s’abriter sous le couvert des fromagers qui envahissent le Ta Prohm. A l’écart des principaux vestiges, étranglé par des racines tentaculaires, il a subi une restauration contenue pour laisser les visiteurs jouer aux explorateurs. Les archéologues de l’EFEO l’ont choisi comme « concession au goût général pour le pittoresque ». Et ça marche. On déambulerait sans fin, appareil photo en main, dans ses galeries couvertes à demi écroulées où suinte l’humidité, ses cours pavées colonisées par les mousses et les fougères. Un décor naturel si spectaculaire qu’il a servi au tournage de « Lara Croft ». On s’y attarde jusqu’aux derniers rayons du soleil.

DEUX PARENTHÈSES ENCHANTÉES

Loin de l’agitation de Siem Reap, la ville proche du site archéologique, deuxième agglomération du pays après Phnom Penh, un autre lieu incroyable, naturel cette fois : le lac Tonlé Sap. Situé au sud des temples, à vingt minutes de route, le plus grand lac d’Asie du Sud-Est constitue un étonnant écosystème classé par l’Unesco. A la fois réserve de poissons (il fournit 70 % des protéines au pays) et refuge pour les pélicans et les hérons, il connaît d’importantes variations de hauteur, selon la mousson et le renversement du cours de la rivière qui l’alimente. Un phénomène unique au monde. Son niveau est bas de février à juin, haut de juillet à novembre. Les familles de pêcheurs ont trouvé la parade : construire des villages flottants au fil de l’eau.


Ecoliers sur le lac Tonlé Sap dont le niveau d’eau varie selon les saisons. (Photo Vlada Krassilnikova)

Sur les berges inondables, autre solution ingénieuse : hisser sa maison sur des pilotis, à plusieurs mètres de hauteur. A la saison sèche, les habitants vivent « perchés » et se déplacent à pied dans des allées où ils font aussi sécher le poisson ; et quand l’eau monte, ils naviguent en pirogues, qui font aussi office de marchés flottants. Kompong Phhluk est certainement le village le plus spectaculaire avec ses fragiles gratte-ciel en bambou. Il y règne un calme incroyable, égayé des seuls rires des enfants nageant et plongeant dans le lac. Impensable de séjourner à Siem Reap sans assister à un ballet de danses khmères, symbole de la culture cambodgienne. Notre coup de cœur : celui donné au théâtre Apsara, à l’hôtel Angkor Village, dans le ravissant décor d’un pavillon de bois traditionnel. La troupe de danseuses, incarnant les gardiennes des temples d’Angkor, font revivre un répertoire sacré et envoûtant.

http://www.parismatch.com/Conso-Match/Voyage/Actu/Angkor.-Prenez-les-cles-du-tresor-441775/
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Re: National Geographic - Angkor

Message  Admin le Ven 9 Nov 2012 - 17:32

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Re: National Geographic - Angkor

Message  Admin le Dim 17 Mar 2013 - 9:37



Angkor Wat is one of the most revered and beloved travel destinations in the world. Two Cambodian locals, Yut and Chor, speak about the mystery, history, and beauty that surrounds the temple.

"Angkor Wat is so special to me, and Cambodians in general, because it is a symbol of Cambodian existence."


Meet Yut at Angkor Walkers: http://www.angkorwalkers.com/ and Chor at Pepy Ride: http://pepycambodia.org/
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Angkor sous pression

Message  Admin le Dim 12 Mai 2013 - 1:22


Le temple d'Angkor Vat est le plus grand monument religieux situé sur le site cambodgien. Crédits photo : Luca Invernizzi Tettoni/Photononstop/AFP ImageForum/Luca Invernizzi Tettoni/Photononstop/AFP ImageForum


La ville khmère doit faire face à l'afflux massif de touristes, tandis que les opérations de restauration se poursuivent, pas toujours en bon ordre.

Après l'oubli, les pillages et les guerres, de nouveaux nuages s'amoncellent sur Angkor. Le site cambodgien, inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril en 1992 mais sorti d'affaire depuis 2004, réputé être le plus grand complexe archéologique du monde, au point d'être qualifié de «New York médiéval», est désormais confronté à une fréquentation touristique exponentielle: 40.000 visiteurs par an en 1994, 3 millions en 2012 (un million de moins qu'à Versailles), 7 millions en 2015. Le carré protégé de 20 kilomètres de côté commence ainsi à se sentir bien fragile face à cet afflux de visiteurs, notamment chinois. Malgré les efforts du Cambodge et de seize pays, lacunes, erreurs et complaisances s'accumulent dangereusement. Certes, l'effort de sécurisation est une réussite. Le déminage est terminé. Passée la billetterie (20 dollars la journée), la normalisation est réelle. La loi contre les vols est respectée: la police, la nuit, et des gardiens, le jour, y veillent. Créée en 1995, l'instance publique de l'Autorité pour la protection du site et l'aménagement de la région d'Angkor (Apsara,
acronyme qui est aussi le nom des nymphes danseuses hindouistes) chapeaute 3000 employés. Ses revenus proviennent de la billetterie, mais sa direction est politique: le président est un vice-premier ministre. «Souvent l'État pense et dépense pour nous, peste une responsable. En 2012, sur 40 millions de dollars de recette, nous n'en avons utilisé que 8 à 10.»

Angkor, au large, ce sont 200 monuments et 568 sites archéologiques (sur les 3000 recensés au Cambodge, qui n'a pour eux que peu de moyens). Un exemple mondial de préservation du patrimoine lorsqu'on l'envisage dans sa globalité. Aidée par l'Unesco via un Comité international de coordination (CIC), actif depuis vingt ans et présidé jusqu'à la fin de l'année par la France et le Japon, l'Apsara encadre actuellement une trentaine de missions. Surtout des reconstructions, alors qu'elle a besoin de restaurations, de fouilles et d'opérations de développement durable. Les pistes cyclables et pédestres, les véhicules électriques sont rares. Tout le petit trafic automobile passe sous les augustes portes sculptées d'Angkor Thom pour se garer au cœur du secteur classé.

Tout le monde aime planter son drapeau au sommet d'un ouvrage prestigieux

La région commence à prospérer, ce qui a bien sûr beaucoup d'avantages mais aussi des inconvénients. Par exemple, les lieux hors d'Angkor sont délaissés, comme le Prasat Thom, pourtant classé en 2005. Sa pyramide de sept degrés domine les alentours. L'escalier d'accès en bois installé en 2007 n'a pas été entretenu. On ne monte plus. En revanche, tout le monde converge vers Preah Rup, un bijou datant de 961 en brique et latérite ocre, exemple de restauration à l'italienne. Celle-ci a été menée par le Romain Giorgio Croci, l'homme qui a ralenti l'inclinaison de la tour de Pise. «Croci est bon, mais il est avant tout un ingénieur, nuance un archéologue. Il excelle dans le remontage de milliers de blocs de pierre épars. Ou dans la remise en eau de bassins anciens. Il en va de même avec les experts du World Monument Fund, qui, avec leurs grues mobiles ­télescopiques, démontent et remontent entièrement le Phnom Bakheng, la ­pyramide voisine d'Angkor Vat. En fait, tout le monde aime planter son drapeau au sommet d'un ouvrage prestigieux. Très peu mènent des fouilles tout aussi ­coûteuses mais moins spectaculaires. Elles sont pourtant vitales pour la connaissance du site.»

Les Japonais ont déjà dépêché sur place 700 experts et ont dès à présent achevé trois reconstructions monumentales, ouvert un musée en 2005, et deux autres chantiers sont en cours. Leurs ingénieurs ne sont pas en pointe pour la levée de sculptures lourdes, l'Apsara le sait, mais se fait une raison puisque leur pays finance. «Le problème est que les payeurs choisissent ce sur quoi ils interviennent», regrette un responsable local. Russes, Indonésiens, un milliardaire hongrois et jusqu'aux Chinois, qui se lancent pour la première fois dans ce type d'activité hors de leurs frontières, sont pareillement admis. «On les laisse faire même s'ils remontent des frises entières dans un goût kitsch ou projettent de terminer un temple qui n'a jamais été achevé», constate un éminent spécialiste des arts du Sud-Est asiatique.

Autre erreur de restauration: sur le Bakong, le plus ancien des temples préangkoriens (consacré en 881), des échafaudages grossiers percent la brique des édifices latéraux dédiés aux planètes. Au grand désespoir des Allemands voisins œuvrant sur la tour principale. Eux cherchent à conseiller. Ils ont monté une équipe volante en 2007 pour intervenir en urgence sur les édifices les plus éloignés. Les plus graves erreurs ont été commises par les restaurateurs indiens. Courageux, ils ont été les premiers sur place quand les balles des Khmers rouges sifflaient encore, mais ils ont commis de grosses bêtises à Angkor Vat en imperméabilisant les bas-reliefs avec de la résine acrylique. Du coup, le grès ne ­respire plus et explose. Aujourd'hui, les Allemands tentent de réparer.

Partout, durant des siècles, la végétation a protégé du soleil et des moussons les murs de brique, de latérite orange parementés de grès et de stucs en mortier de chaux. Cette protection supprimée, certains murs du temple de Phnom Bok menacent de s'écrouler et ont été entourés de câbles métalliques, qui cisaillent les angles. Vers Beng Mealea, le merveilleux complexe monastique de Ta Prohm compte encore dans ses enceintes environ 150 arbres. Mais beaucoup sont passés par la tronçonneuse des Indiens. «C'était inutile car plusieurs vies ne suffiraient pas à reconstruire cet ensemble, regrette un conservateur français. La jungle, cet enfer de végétation que décrit Malraux dans La Voie royale, avait ses qualités esthétiques, mais aussi les racines enserraient les bâtiments tandis que la canopée protégeait des intempéries.» Le Ta Prohm donne une idée de ce qu'ont vécu les premiers archéologues (français) de la fin du XIXe siècle. Du moins aux jours sans foule. Car on vient désormais par cars entiers emprunter les passerelles en bois serpentant au travers des enceintes. Elles ont été construites en 2002 pour les besoins du film Deux Frères, de Jean-Jacques Annaud. Depuis cette date et la fin du déminage des environs par les Allemands, en 2008, c'est un peu Disneyland version Le Livre de la jungle. Mieux vaut filer ver le Prasat Pram, plus petit, mais qui conserve, lui, ses Ficus religiosa méandreux.

La «Citadelle de la femme »

Toutefois, attention aux embou­teillages. Même la nationale qui conduit à Phnom Penh est sous-dimensionnée. Elle part de Siem Reap, la ville voisine à l'urbanisme mal maîtrisé. Ancienne station de taxis, celle-ci est devenue une sorte de petit Las Vegas où prolifèrent les hôtels et les rues de la soif. Plus de cent enseignes offrent des lits. «Notre but est de convaincre ces chaînes de collaborer aux restaurations, elles gagnent un maximum d'argent depuis dix-sept ans avec nous. Pour les grandes, ça va, mais pour les petites, asiatiques, on ne sait même pas qui les dirige. Même chose pour les voyagistes. Trop nombreux sont les guides qui ne nous versent pas le moindre centime», résume un cadre d'Apsara.

De 173.000 habitants en 2008, voilà Siem Reap grosse de 250.000 âmes, tandis qu'à l'intérieur du site d'Angkor, espace de pèlerinage vivant, les 100.000 habitants des 112 villages doivent parfois être déplacés quand on remet en eau des douves réservoirs des temples jadis entourés de rizières. Cela a été le cas pour le Preah Khan. Aujourd'hui, on se promène autour en fausse barque traditionnelle. «La population a râlé, mais maintenant elle et ses rizières sont correctement alimentées», rétorque un responsable d'Apsara. La même opération est projetée autour du temple médicinal Neak Poan, aux bassins et îles fontaines dignes de Versailles. Au moins 20.000 personnes devront plier bagages. Les réserves d'eau sont garantes de la stabilité des édifices construits sans fondations. «Nous créerons un écovillage, avec des activités artisanales de qualité», s'engage l'Apsara, forte de sa réussite à Banteay Srei. À 27 kilomètres d'Angkor Vat, cette «citadelle de la femme», où Malraux avait volé des bas-reliefs en 1923, est un site exemplaire. Sur les 32 hectares classés, les paysans exploitent des rizières et logent gratuitement pendant encore trois ans. En échange, ils jardinent et entretiennent le temple. Ils vendent aussi des produits artisanaux de qualité dans des constructions écologiques. Le nombre de visiteurs est limité à 5000.

Le site de Banteay Srei.

Le problème est que le succès attire de nouvelles populations. Car, au Cambodge, les cultures intensives de poivriers, bananiers et d'hévéas ont remplacé le réseau de rizières. Ces bouleversements augmentent le risque d'inondations incontrôlées. Les temples pourraient avoir un jour les pieds dans l'eau. Les Australiens développent un système d'information géographique de mesures aériennes très précises, les Néo-Zélandais ont dressé une carte des risques. À Preah Khan, les Américains ont lancé une campagne d'adoption de sculptures de garudas, ces aigles géants mythiques. Les Français goudronnent des routes et forment ingénieurs et scientifiques locaux.

Depuis trois ans, l'Institut national de recherches en archéologie préventive (Inrap) a signé, avec les autorités et le groupe Vinci, une convention quinquennale. Avant l'extension de l'aéroport international de Siem Reap, ils fouillent sur 10 km2. «Cet accord permet de concilier le développement économique avec la sauvegarde du patrimoine», note Jean-Paul Jacob, président de l'Inrap. Voire. «Pour l'heure nous avons surtout de gros problèmes de gestion de flux touristiques, s'alarme l'Apsara. Tous les voyagistes veulent passer par Angkor Vat et le Bayon, les deux grands temples centraux.» Ces problèmes seront débattus en juin lors de la session au Comité central du patrimoine mondial. Il se tient justement à Phnom Penh. Ses mille participants visiteront Angkor.

http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2013/05/06/03015-20130506ARTFIG00456-angkor-sous-pression.php
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Le passé d'Angkor révélé par le laser

Message  Admin le Mer 26 Juin 2013 - 4:26

Sous la forêt tropicale cambodgienne, des chercheurs ont découvert les traces de cités médiévales très étendues.


En avril 2012, un hélicoptère équipé d'un radar laser (lidar) a survolé 370 km2 de forêt tropicale dans le nord-ouest du Cambodge, autour d'Angkor


L'opération conduite par des chercheurs de l'université de Sydney (Australie) n'a pas demandé plus de deux jours. C'est pourtant la plus grande mission archéologique de ce type lancée dans le monde.


La technologie du lidar, qui permet de voir les plus petits reliefs du sol sous le couvert végétal, a révélé les traces d'un tissu urbain beaucoup plus étendu qu'on ne le pensait jusqu'alors: de larges chaussées et tout un système hydrologique avec des centaines de bassins, de canaux, de digues. Les résultats de cette mission internationale réunissant des ONG, des institutions publiques et des firmes privées vont être publiées dans les PNAS, la revue de l'Académie américaine des sciences.


En plus des alentours d'Angkor, la capitale du royaume khmer qui connut son apogée entre le IXe et le XIIe siècle, deux autres zones situées à plusieurs dizaines de kilomètres à l'est ont été balayées par le lidar. Là aussi, les découvertes sont exceptionnelles. Sur le plateau rocheux de Phnom Kuhlen, les archéologues ont repéré ce qui pourrait être les vestiges de Mahendraparvata, la première capitale khmère bâtie vers 800 après J.-C. «La zone survolée couvre seulement 30 km2 mais le réseau hydraulique s'étend probablement bien au-delà », estime Jean-Baptiste Chevance, de la Fondation archéologie et développement, basée à Londres. Il pourrait s'agir de «la cité perdue» évoquée dans des documents écrits. Plus à l'est encore, dans une zone forestière dangereuse en raison des mines posées par les Khmers rouges, les chercheurs ont trouvé les traces d'une ville éphémère construite au XIIe siècle par un roi qui avait voulu quitter Angkor.


Plusieurs indices indiquaient que les cités khmères étaient très étendues et qu'elles se trouvaient au centre de tout un réseau hydraulique chargé de réguler l'approvisionnement des populations en eau et de permettre la culture du riz. Dans les années 1950, Bernard-Philippe Groslier, de l'École française d'Extrême-Orient (Efeo), avait orienté des fouilles dans ce sens. En 2000, des données radar avaient montré que l'urbanisme débordait largement les limites d'Angkor. Non seulement, le lidar couvre un vaste territoire mais il apporte une précision exceptionnelle. «Le lidar nous a permis de repérer une structure inédite à côté du baray («un bassin») occidental. Il nous aurait fallu au moins un an de travail sur le terrain pour pouvoir dresser sa topographie avec précision», souligne Dominique Soutif, en poste au centre Efeo de Siem-Reap, à côté d'Angkor.

Le lidar permet de découvrir à grande échelle et avec une précision à la vingtaine de centimètres près, les traces d'anciennes occupations humaines

Angkor a des points communs avec plusieurs autres grandes cités agraires de l'Asie du Sud-Est, en Indonésie, en Birmanie, en Thaïlande. «L'ancienne capitale khmère se distingue toutefois par l'ampleur des constructions. La région a été entièrement modifiée par les mains de l'homme», indique Christophe Pottier, de l'Efeo, basé à Bangkok. Exemple, le plus grand baray d'Angkor, qui fut construit au début du XIe siècle et fournissait abondance de poissons, s'étend sur 8 km de long et 2 km de large. Les techniques et les matériaux employés étaient assez simples: du sable, de la glaise et de la pierre.


Pendant longtemps à Angkor, les archéologues ont étudié presque exclusivement les temples. Tenus éloignés du Cambodge durant le régime de terreur des Khmers rouges, ils reviennent avec de nouvelles questions notamment sur les relations que les anciennes civilisations entretenaient avec leur environnement. Ils se demandent si le gigantesque réseau hydrologique n'a pas été la raison de l'essor du royaume khmer mais aussi de son déclin à partir du XIIIe siècle quand il a commencé à se détériorer.


Les cartographies fournies par le lidar vont orienter les recherches dans le futur. Leur interprétation est difficile car les vestiges au sol se sont empilés dans le temps. «Angkor a été occupée sur une longue période. On a un palimpseste de capitales», relève Jean-Baptiste Chevance.


Dans les forêts tropicales, comme en Amérique centrale et du Sud, le lidar permet de découvrir à grande échelle et avec une précision à la vingtaine de centimètres près, les traces d'anciennes occupations humaines. C'est ainsi que la cité maya de Caracol a été retrouvée au Belize. En France, cette technologie a déjà été appliquée dans la forêt de Haye, à côté de Nancy. Alors qu'on la croyait installée là de toute éternité, le lidar a révélé sous le tapis forestier les traces de voies et de parcelles agricoles datant de l'époque gallo-romaine et médiévale.

http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/06/25/01008-20130625ARTFIG00565-le-passe-d-angkor-revele-par-le-laser.php
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Re: National Geographic - Angkor

Message  Admin le Jeu 27 Juin 2013 - 6:19



http://archiv.ub.uni-heidelberg.de/ojs/index.php/transcultural/article/view/9083/3101
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Preah Vihear

Message  Admin le Mer 3 Juil 2013 - 10:25

http://lejournalducambodge.blogspot.fr/2013/04/de-siem-reap-en-moto-jusquau-preah.html 

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Re: National Geographic - Angkor

Message  Admin le Dim 1 Sep 2013 - 10:15

http://www.autoriteapsara.org/fr/Angkor/temples_sites/sites/koh_ke.html  study 

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Re: National Geographic - Angkor

Message  Admin le Jeu 26 Sep 2013 - 7:44

http://www.socialearth.org/banteay-chhmar-lost-angkor-miniature  
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Re: National Geographic - Angkor

Message  Admin le Lun 14 Oct 2013 - 11:57



Une enquête archéologique spectaculaire qui renouvelle nos connaissances sur la capitale de l'Empire khmer, cent cinquante ans après la découverte de ses ruines.

"Imaginez toutes les cathédrales de France réunies dans une grande forêt."

Au Cambodge, la forêt tropicale a envahi l'ancienne capitale khmère, mais les vestiges des sanctuaires érigés par les souverains successifs, entre le VIIIe siècle et l'abandon de la cité en 1431, témoignent de son influence passée. Comment Angkor est-il né et s'est-il développé jusqu'à devenir la plus grande ville jamais édifiée au XIIIe siècle ? Près de cent cinquante ans après leur découverte, ses ruines émouvantes et spectaculaires commencent tout juste à livrer leurs secrets. Grâce à un laser révolutionnaire, des scientifiques ont réussi à relever les empreintes laissées par les bâtiments disparus, et à reconstituer la topographie des lieux et les vagues d'expansion de la ville. Mais c'est à un archéologue français que l'on doit la résolution d'une énigme tenace : en étudiant le site de Koh Ker, où fut déplacée la capitale au cours d'une parenthèse de vingt ans, Éric Bourdonneau a levé le voile sur le fonctionnement des temples, le sens de leur architecture et de leur statuaire, dominée par des représentations des dieux Shiva et Yama. Monuments funéraires, ces constructions avaient pour vocation de préparer le passage des rois khmers dans l'au-delà. Une théorie que confirment les statues et moulages légués par Louis Delaporte -- l'un des premiers explorateurs de la cité cambodgienne -- et exhumés de la cave de l'abbaye de Saint-Riquier, dans la baie de Somme, par Pierre Baptiste, conservateur au musée Guimet. De son côté, aiguillé par la découverte d'un tronc d'arbre sacré à Angkor Thom, l'archéologue Jacques Gaucher aurait identifié le centre historique, politique et religieux de l'empire...

Trésors inestimables

Captivant de bout en bout, Angkor redécouvert propose un tour d'horizon des dernières avancées scientifiques en retraçant, non sans suspense, les étapes qui ont conduit les archéologues français à percer les mystères de la cité endormie, dont la beauté fascinante habite le film. Le documentaire met ainsi en évidence le rôle fondamental des dessins et moulages rapportés par Louis Delaporte pour la recherche actuelle. Conservés en France, ces trésors apparaissent d'autant plus inestimables qu'un champignon altère inexorablement le grès des monuments d'Angkor, menaçant, à terme, d'engloutir à jamais les secrets de la civilisation khmère.
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Angkor, sanctuaire vivant de la foi khmère

Message  Admin le Ven 25 Oct 2013 - 22:00

Ancienne capitale de l’Empire khmer, Angkor attire chaque année des milliers de touristes qui viennent en admirer les joyaux architecturaux. Pourtant, ce site est bien plus qu’un musée à ciel ouvert. C’est aussi un lieu de culte vivant, que les populations locales ont réinvesti après plusieurs siècles de désaffection. Reportage.

« J’ai devant moi non seulement une capitale vide, mais sept cents années sans annales. Et le plus terrible prodige de la mort : le silence », déplorait l’écrivain français Guy de Pourtalès, lorsqu’il visita les ruines d’Angkor dans les années 1930. Captifs d’une jungle oppressante dont les arbres puissants les enserrent telles les tentacules d’une pieuvre, les temples d’Angkor vivent alors une lente agonie, qui a commencé en 1431, date à laquelle la capitale de l'Empire khmer est désertée par le roi et sa cour.

Il est loin le temps où l’antique Yashodharapura, fondée au début du IXe siècle, comptait parmi les villes les plus peuplées de l’époque. Son impressionnante architecture avait ébloui, à la fin du XIIIe siècle, le voyageur chinois Zhou Daguan, qui y séjourna quelques mois et laissa un récit précieux pour connaître les coutumes des habitants de la cité. La grandeur avant la chute. Avant qu’Angkor ne se transforme, inexorablement, en une sorte de Pompéi de l’Asie. Même si son souvenir n’avait jamais totalement disparu de la mémoire des populations autochtones, c’est au XIXe siècle que la brillante capitale est découverte par des explorateurs occidentaux – notamment par un certain Louis Delaporte, qui s’attela à sauvegarder tout ce qu’il pouvait de ce site magique, et auquel le Musée national des Arts asiatiques – Guimet consacre actuellement une très belle exposition.

Un joyeux syncrétisme

En ce mois de septembre 2013, lorsque l’on visite la cité khmère, le silence qui avait tant affligé les premiers visiteurs européens s'est tu. La litanie monocorde des moines bouddhistes, qui célèbrent en cette saison la traditionnelle fête des morts, s’élève au milieu du brouhaha d’une nature fort loquace, entre les cris des singes, la mélodie des oiseaux et le chant des criquets. À l’agitation des touristes venant en masse visiter ce site, classé au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1992, répondent le recueillement et la ferveur religieuse des Cambodgiens, pour qui Angkor est bien plus qu’un musée à ciel ouvert. Sanctuaires de la foi khmère, les temples ont repris vie depuis la chute des Khmers rouges, en 1979. Si le régime de Pol Pot chercha à éradiquer la religion boud­dhiste, assassinant les moines et détruisant les pagodes, il a épargné les monuments d’Angkor, trop symboliques du génie khmer. Peut-être, aussi, par superstition, dans un pays où le moindre recoin d’une habitation, la moindre termitière, est réputé être habité par un esprit, bienveillant ou malveillant, et dont il faut ménager les susceptibilités.

Ainsi, les temples de l’antique capitale du Cambodge sont bien plus que des blocs massifs de pierre emboîtés avec brio, sans mortier, pour constituer de majestueux monuments. Ils sont la résidence même des dieux pour qui ils avaient été érigés, afin qu’ils viennent vivre parmi les hommes et les combler de bienfaits. De même, les statues des dieux ne sont pas de simples représentations du sacré : elles sont les divinités elles-mêmes. Des divinités vivantes de pierre qui cohabitent dans un joyeux syncrétisme, si caractéristique du Cambodge : d’abord hindouistes, certains souverains de l’Empire khmer se sont convertis au bouddhisme. Mais surtout, les rites animistes fort anciens ont toujours subsisté, parallèlement aux religions plus établies. C’est encore le cas aujourd’hui : le Bouddha côtoie sans animosité Shiva, Vishnou et autre Brahma, tout en acceptant les neak ta, ces innombrables génies qui jouent un rôle prépondérant dans la vie quotidienne des villageois. Dans un pays où la forêt tropicale se fait particulièrement envahissante, le paysan oppose le srok, terre du village conquise par l’homme, au prey, jungle inquiétante d’où peuvent à tout moment sortir les forces du malheur. Le neak ta – mot qui peut se traduire par « l’ancien » – incarne souvent l’ancêtre défricheur du lieu qui, à sa mort, est érigé en génie tutélaire. Il continue, au fil des âges, à protéger ses descendants, à la condition que ces derniers sachent se montrer attentionnés et reconnaissants.

S’attirer les faveurs des génies et des ancêtres

Dans une chapelle d’Angkor Vat – « la pagode d'Angkor », monument du XIIe siècle originellement dédié à Vishnou, dieu majeur du panthéon hindou –, trois Cambodgiennes se pressent autour d’une statue à l’identité incertaine. Aux yeux des spécialistes, il pourrait tout aussi bien s’agir de Vishnou que de Lokeshvara, le bodhisattva (1) de la compassion. La population locale, elle, voit dans cette œuvre hiératique drapée d’une étoffe safran le génie Ta Reach, qui règne sur les ancêtres et les esprits. Leurs sacs en plastique remplis d’offrandes – poulet, oranges, jus de fruits –, les trois amies sont venues de Phnom Penh afin de remercier Ta Reach de la bonne fortune qu’il leur a accordée après leur visite de l’année précédente : leurs affaires commerciales se portent très bien. Pour tenter de faire perdurer ces effets bénéfiques, elles reviendront plusieurs fois dans les prochains mois. Pendant qu’elles disposent leurs présents sur des plateaux dorés, devant la statue noircie par les bâtonnets d’encens que les fidèles font brûler à profusion – toujours en nombre impair, pour conjurer le mauvais sort –, un policier chargé de la surveillance du site s’asperge discrètement d’eau bénite. Devant le génie, les offrandes s’amoncellent : parmi les fruits, quelques billets de banque et une énorme tête de cochon qu’un officiant ne tardera pas à récupérer. Les mets seront ensuite distribués aux moines, aux personnes démunies et à des associations caritatives. Néanmoins, certains dévots préfèrent récupérer leurs offrandes au bout d’une dizaine de minutes – la divinité étant alors censée avoir eu le temps de se servir – pour les partager ensuite lors d’une fête entre voisins.

À Angkor Thom – « Angkor la Grande », la capitale édifiée à la fin du XIIe siècle par Jayavarman VII, qui se convertit au bouddhisme –, une autre statue, très récente, témoigne du regain de religiosité qui investit les anciens temples : c’est celle de Yiey Kom, la grand-mère bossue. Une ancêtre toujours coquette, à en juger par le maquillage dont les femmes venues lui rendre hommage s’appliquent à la parer, faisant de même pour ses assistantes revêtues de couleurs criardes. Devant le groupe de statues, bananes, cannettes de thé, encens, bracelets, voire cigarettes et alcool : si le Bouddha ne reçoit que des offrandes sobres, les génies et autres esprits, eux, s’accommodent très bien de cadeaux plus festifs.

Accompagnée de son mari, une femme se dirige vers la pagode boud­dhiste qui se trouve non loin d’Angkor Vat. « Mon père était originaire d’ici, explique-t-elle. Je viens toujours au moment de la fête des morts pour lui rendre hommage. » Cette dernière, appelée Pchum Ben, est un des temps forts les plus importants de l’année au Cambodge. Pendant quinze jours, entre la mi-septembre et la mi-octobre, au moment où la lune décroît et que le ciel est obscurci par les nuages de la mousson, il est dit que Yama, le roi des Enfers, libère les âmes des morts pour qu’elles se mêlent un temps aux vivants. Si, ayant cherché dans au moins sept pagodes, ces esprits ne trouvent pas leur part d’offrandes, ils maudiront leur famille. La tradition veut donc que tout un chacun se rende dans sept pagodes pour déposer à leurs ancêtres, par le biais des moines, des gâteaux de riz gluant, des produits d’hygiène ou des fleurs de jasmin. Tandis que plusieurs familles bavardent dans la cour de la pagode, d’autres se recueillent auprès des moines récitant des textes sacrés en pali, la langue de la religion. Près du bâtiment, des femmes font la vaisselle, pendant qu’un homme prépare un repas gargantuesque pour tout le monde. Dans un coin, des personnes se prosternent devant la statue d’un génie tout en bavardant gaiement.

Pas de doute, la vie est revenue à Angkor. Et si l’on trouve, un peu partout dans les temples, des bâtonnets d’encens allumés en nombre par les touristes pour attirer la chance, moyennant quelques billets – de la même manière que l’on jetterait des pièces de monnaie dans la fontaine de Trevi à Rome –, la cité khmère semble renaître de ses cendres. Témoin d’une foi millénaire, à la croisée entre plusieurs traditions religieuses, Angkor incarne l’âme enfouie d’un peuple qui ose aujourd’hui renouer avec des croyances mises à mal par les aléas de l’histoire.

Virginie Larousse

(1) Dans le bouddhisme, être ayant la capacité d’aider les hommes à atteindre l’Éveil.

http://www.lemondedesreligions.fr/savoir/angkor-sanctuaire-vivant-de-la-foi-khmere-25-10-2013-3489_110.php
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Re: National Geographic - Angkor

Message  Admin le Ven 22 Nov 2013 - 13:35

http://www.southeastasianarchaeology.com/category/archaeology-in-cambodia/  
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L'eau, une question cruciale pour un site classé

Message  Admin le Dim 15 Déc 2013 - 5:47

La capitale de l'ancien empire khmer (IXe-XIIIe), déployée sur 400 kilomètres carrés, a une structure sophistiquée, d'une complexité raffinée: mariage de l'eau, de la forêt et des sanctuaires dédiés aux divinités hindoues, Shiva et Vishnu, et à Bouddha.
Avec sa rivière sacrée qui prend sa source au mont Kulen, ses trois bassins de retenue, les barays, ses innombrables temples, pyramidaux ou plats, mandalas encadrés de douves, et un réseau de canaux quadrillé, Angkor a été abandonnée au XVIe siècle sans, qu'aujourd'hui encore, on sache pourquoi. Sécheresse, famine ? Guerres incessantes avec les voisins ?

UN DISPOSITIF COMPLEXE

Alors faute d'entretien, et livré à l'emprise de la jungle, le dispositif complexe de ce réseau hydraulique, avec ses canaux et digues en terre, a cessé de fonctionner. Le rétablir est l'objectif, depuis 2004, avec la création du département de gestion de l'eau, de l'ingénieur cambodgien Hang Péou. Il est convaincu que le système ancien des khmers peut gérer les périodes de sécheresse comme les fortes pluies de mousson, dont les derniers épisodes en 2012 et 2013, avec les typhons Nari le 14 octobre et Krosa le 1er novembre, ont provoqué des inondations telles que la catastrophe pour les populations a été évitée de justesse.

Analysant par le menu chaque élément du système, l'ingénieur a œuvré au rétablissement des connexions entre ses différents éléments. « Les douves autour des temples ne sont pas un système de défense, explique-t-il. Elles ont un double rôle, collecter l'eau pendant la saison des pluies, la stocker et recharger la nappe phréatique. Les anciens utilisaient l'eau et le sable pour stabiliser les monuments, sans fondations et très lourds, à cause du poids de la pierre. »

Au fil des ans, les villageois avaient coupé une digue et ses canaux latéraux pour détourner l'eau vers leurs rizières, alors le baray nord, bassin de retenue des eaux de ruissellement des Monts Kulen, situé à 60 kilomètres au nord de la capitale, demeurait à sec. La connexion a été rétablie, le bassin de nouveau rempli.

LES DOUVES DE LA « GRANDE VILLE »

Intrigué, à la porte sud d'Angkor Thom, par le nom d'un fossé « Sam Peou Loun », littéralement « La barque passe harmonieusement », Hang Peou a compris que l'eau circulait autrefois entre Angkor Vat et Angkor Thom. La canal a été reconnecté, les douves de la « Grande Ville » sont depuis 2010 en eau.

Hang Peou a aussi conclu que les deux autres barays Ouest et Est étaient alimentés par la rivière de Siem Reap. Mais son débit ne cesse de diminuer, à cause de la déforestation par la culture sur brûlis tout autour d'Angkor et sur le Mont Kulen où la rivière prend sa source. Une photo aérienne témoigne de la catastrophe annoncée si rien n'est fait : les monuments tiennent debout quand le sable sur lequel ils reposent est gorgé d'eau. Et l'alimentation de la ville et des villages dépend aussi de la rivière.

1 300 LINGAS

Elément vital pour le site, élément sacré aussi. Le lit rocheux de la rivière Siem Reap, qui symbolise le Gange, est sculpté de 1300 lingas, symbole phallique dela divinité hindoue Shiva. Autour des berges, les vestiges en grès d'anciens sanctuaires (32 kilomètres carrés) vont être étudiés, en 2014, lors des fouilles programmées.

Jean Baptiste Chevance, responsable de la Fondation archéologie et développement du Phnom Kulen (ADF), tire la sonnette d'alarme : « seuls 8 200 des 37 500 hectares de forêt sont conservés. Les trois quarts des habitants des dix villages établis sur le massif pratiquent la culture sur brûlis pour la plantations de noix de cajou. Des populations en précarité constante ». L'archéologue français rappelle que le Kulen est le château d'eau d'Angkor et il plaide pour l'urgence de sa reforestation.

Afin d'améliorer et optimiser la gestion du système hydraulique, une convention a été signée entre l'Autorité nationale Apsara et la France, lors de la cession des 3 et 4 décembre à Siem Reap, du Comité international pour la conservation et le développement durable d'Angkor. Sera installé un système de télémétrie pour des stations de mesure sur le modèle mis en service sur la Bièvre dans la région parisienne. Un programme de quatre ans, d'un million d'euros par an, financé par Apsara avec l'apport des Syndicats pour l'Assainissement de la Vallée de la Bièvre et de l'Agglomération parisienne (SIAVB, SIAAP), et de Veolia, principalement.

DES FOUILLES PRÉVENTIVES

La France demeure très active, tous azimuts, au Cambodge, comme l'a rappelé à Siem Reap, le 5 décembre, Aurélie Filippetti. La ministre de la culture a confirmé que le soutien logistique et financier, dans tous les domaines de l'action culturelle et de la transmission des savoirs, ne faiblirait pas. Les chantiers en cours en témoignent. Celui de L'Ecole française d'Extrême Orient (EFEO) du Mébon avec son bassin sacré où reposait le grand Vischnu de bronze aujourd'hui exposé au musée national de Phnom Penh, est financé à hauteur d'1,3 millions d'euros. S'ajoutent les fouilles préventives de l'Inrap avant l'extension de l'aéroport de Siem Reap, qui ont déjà mis au jours quantité de céramiques vernaculaires et des vestiges de temples ; ou encore la découverte d'un sanctuaire pré-angkorien enfoui sous une digue du baray ouest. La formation délivrée par les architectes de l'Ecole de Chaillot continue. Au total, un budget de 2,3 millions d'euros court jusqu'en 2015. Il fait suite aux 17 millions d'euros, hors mécénat, apportés depuis vingt ans par la France sur le site angkorien pour sa sauvegarde.

Florence Evin
Journaliste au Monde
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