Koh Tao

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Koh Tao

Message  thanaka le Dim 23 Mai 2010 - 7:39

Koh Tao, en apesanteur, Ou plus exactement en “flottabilité neutre”…

Découvertes subaquatiques

Tout est calme. Seuls les sons lents et profonds de votre respiration rythment les minutes qui défilent. Nul besoin de s’agiter : vous êtes sous l’eau et pourtant, tels des astronautes dans leur capsule vous « flottez » , à ceci près que vous êtes en pleine mer, à 20 mètres en dessous de la surface entourés par d’innombrables créatures multicolores plus ou moins connues. Bien souvent, elles ne daignent même pas vous jeter un regard, ce qui vous laisse le loisir de les observer paisiblement.

Vous avez deviné ? A Koh Tao, il parait que ne pas s’éduquer aux plaisirs de la plongée est un sacrilège tant l’endroit est le plus beau, le plus accessible, le plus sérieux et le moins cher du monde, rien de moins ! Nous décidons de tenter l’expérience, avec la garantie de pouvoir interrompre le cours après la première plongée pour moi, un peu sceptique (Ariane). Il se trouve que nous avions effectué un baptême de plongée deux ans plus tôt qui s’était étonnamment terminé sur un bilan mitigé faute d’explications. Mais grâce aux enseignements calmes et posées de Sylvia, notre instructrice espagnole, nous n’avons pas envisagé d’interrompre le cours après le premier grand bain à 12m.

Certains centres de plongée exercent leurs étudiants en piscine. A Koh Tao, à quoi bon puisque la mer offre un cadre époustouflant pour débuter : 32°C dans l’eau, un bleu turquoise et transparent à l’infini, de nombreuses baies différentes permettant les exercices en milieu peu profond… Alors autant dire que les petits exercices de départ à 2-3m de fond sur le sable s’effectuent sans rechigner. L’appréhension de la première plongée s’estompe de suite lorsque, d’une part, on se rend compte que gérer son matériel n’est pas si compliqué que cela, et d’autre part à la vue du spectacle qui s’offre à nous : coraux, anémones en tous genres, poissons cochers, poissons clown, raies à points bleus, bans de barracudas etc. Les plongées suivantes, 4 en tout, ne sont que plus excitantes puisque nous nous sentons de plus en plus à l’aise. L’équipement lourd et volumineux à terre se fait oublier dans le grand bain. Quelle sensation que celle de se jeter à l’eau en pleine mer, loin de toutes côtes, immergés dans un monde bleu infini dont on ne voit même pas le fond. En profondeur, les reliefs se font de plus en plus étonnants, nous explorons de vraies montagnes sous-marines et nous prenons conscience à quel point ce monde nous est (était ?!) totalement inconnu alors que les océans couvrent 70% de la surface du globe.

Que peut-on faire avec ce fameux brevet (PADI Open Water Course)? Nous n’avons pas l’ambition de devenir des grands explorateurs des fonds marins (quoi que?), mais l’opportunité à Koh Tao était trop belle ! Nous aurons peut-être l’occasion de replonger durant le voyage, notamment en Australie.. . à suivre. Nous ne jetons pas pour autant nos masques et tubas puisqu’à Koh Tao comme ailleurs, c’est un excellent moyen de découvrir les fonds peu profonds. Ainsi avons-nous pu observer de petits requins à pointe noire et Vince une grosse tortue qui nageait bien plus vite que lui (pour sa défense, il n’avait pas de palmes…). Pour notre dernier jour à Koh Tao, la baie de Hin Wong et ses blocs de granit plongeant dans la mer forment le décor idéal d’une dernière session masques-tubas. Encore plus qu’ailleurs, l’eau y est totalement cristalline.

La vie à l’air

Reprenons du début : faut-il déjà arriver à Koh Tao… Depuis Bangkok, un bus de nuit nous dépose à 4h du matin au terminal du ferry ou sont disposées des nattes sur lesquelles tout le monde se jette pour finir sa nuit. Décrivons rapidement le « tout le monde » : que des jeunes de 20-30 ans au sac à dos dont une partie a passé la nuit à boire des bière dans le bus. A 7h, nous embarquons dans un bateau et c’est parti pour Koh Tao ou l’« ile des tortues », connue comme le paradis de la plongée et d’ailleurs dédiée à cela. Les plus fêtards passeront leur chemin pour continuer sur Koh Phangan, réputée pour ses «fêtes de la pleine lune» et ses substances stupéfiantes…

Nous décidons de rejoindre une baie tranquille du sud, Chamlok Bay, où le taxi d’un club de plongée nous dépose gratuitement pourvu que l’on regarde les cours qu’il propose. Après comparaison, nous signons chez « Big Bubble », une petite école conviviale avec des cours en petit groupe.

« Sers-toi une bûche », nous lance Ariane la Québécoise assise dans un bar sur la plage [comprendre : prends-toi une chaise…]. En effet, plonger nous permet également de rencontrer des gens et nous passerons ainsi quelques soirées bien sympathiques avec Ariane et Stéphanie (monitrice de « planche à neige là »), deux « cousines d’Amérique » et leur copain Tim d’Australie, mais aussi Joe l’Anglais, Julian l’Autrichien et Ursie qui partage le cours avec nous. Ce qui fait que Chamlok Bay se transforme rapidement en petit village ou tout le monde se connait soit du club de plongée, soit du bateau, soit les voisins de bungalows etc, le tout dans une ambiance saine et très décontractée. L’immersion est plus en mer qu’en Thaïlande donc, mais l’atmosphère bien sympathique nous a plu.

Les six demi-journées de cours sont réparties sur 4 jours, mais nous passons en tout 7 jours sur l’île. Nous bullons la première journée et explorons les environs en moto les deux derniers jours. Les distances sont ridicules mais le terrain est particulièrement ardu… Si vous pensiez faire de la moto à Koh Tao, détrompez-vous, vous ferez plutôt du cross. Les pistes de sables en montagnes russes sont assez comiques à franchir à deux sur notre bécane et bien souvent je dois descendre pour permettre à Vincent de monter l’engin.

Derrière les masques (et tubas)

Il suffit d’une question anodine posée sur le bateau, « Qui gère l’école de plongée ? », pour apprendre des choses assez surprenantes sur le fonctionnement de cette île de 21 petits kilomètres carrés. « Big Bubble » est gérée par un Allemand, mais le propriétaire est Thaï. Celui-ci fait partie d’une riche famille de propriétaires de clubs de plongées, restaurants, boutiques,… Ainsi apprenons-nous que l’essentiel des ressources de l’île appartient à quelques familles et que la mafia n’est pas bien loin.

La police y serait entièrement corrompue. Elle passe d’ailleurs régulièrement dans le club récupérer quelques billets ou vendre des posters du Roi ou des autels de prières dont l’achat ne se refuse pas. En échange, elle est peu regardante sur les permis de travail des employés. Les bateaux utilisés pour aller plonger sont tous gérés de la sorte : le capitaine est Thaï et est secondé par des réfugiés Birmans qui travaillent pour pas grand-chose, lorsque le capitaine daigne les payer. Tandis que le capitaine vit dans sa cabine, les Birmans, eux, installent une petite natte le soir une fois les touristes partis et voilà, c’est chez eux. Nous avions déjà été sensibilisés au mépris des Thaïs pour les Birmans ayant fui leur régime, notamment dans la région où nous avions marché à l’ouest de Chiang Mai qui compte d’ailleurs de nombreux camps de réfugiés. A Koh Tao, c’est criant. Et nous ne cherchons pas à blâmer Big Bubble plus que les autres, vous verrez les mêmes configurations sur tous les bateaux : des moniteurs de plongée occidentaux, un capitaine Thai et des petites mains Birmanes. Ce n’est pas glorieux mais il semblerait que ce soit ainsi sur toute l’île.

Dans un environnement a priori si tranquille, les règlements de compte seraient nombreux, et les capitaines de bateau toujours armés. Des corps sans vie seraient retrouvés de temps en temps en mer ou même sur l’île ! Mais rassurez-vous, nous sommes restés bien loin de toutes ces histoires, et si certains humains se laissent aller aux bavardages indiscrets, sous l’eau, les poissons gardent précieusement les mystères de Koh Tao et leurs ballets incessants resteront comme l’un des plus beaux souvenirs de Thailande…

Notre seul regret : ne pas avoir de photos de cette magnifique expérience, faute de matériel adéquat. Une amie de Bergen, passionnée de plongée sous-marine, prend toujours d’excellentes photos avec son Canon G10 équipé d’un caisson étanche. A titre d’exemple, voilà ce qu’on peut faire quand on a le talent de Janice et qu’on plonge en Indonésie: http://www.kodakgallery.com/gallery/creativeapps/slideShow/Main.jsp

Infos pratiques : les 6 demi-journées de cours PADI Open Water chez Big Bubble, comme ailleurs sur l’île, coutent 9800 Bahts, négocié à 9000 , 4 nuits d’hôtel incluses par personne chez l’un de leurs partenaires, ou 6 nuits en couple (choix parmi des chambres aux environs de 500 Bahts, très correct). Ce qui nous fait donc 225€ par personne (1€=40B), nuits comprises. A titre de comparaison, cette formation coute environ 450€ en France. Nous avons trouvé le staff très compétent, l’ambiance chaleureuse, et les conditions de sécurité irréprochables !

source http://aroundzeworld.com/?p=820
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