Le Cambodge, à savoir ...

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Cambodge, wild wild East

Message  Admin le Mer 20 Fév 2013 - 7:47

On le surnomme le «Pays du Sourire». De jeunes Français, chaque jour plus nombreux, s'y installent, en jouissent ou y dérapent. Bienvenue au Cambodge, terre de tous les possibles et des dernières grandes aventures.

Alors, c'est demain que tu rentres chez les fous ? » Nous sommes à Phnom Penh, royaume du Cambodge, et je viens d'avouer à Antoine que je rentrais en France. A 28 ans, ce patron d'un bar de nuit à Phnom Penh ne regrette pas l'Hexagone : « Quand je rentre en France pour visiter la famille ou régler des affaires administra- tives, j'ai l'impression d'arriver en Corée du nord ! On te gueule dessus, on t'interdit tout... Ici, au Cambodge, tout le monde sourit, on peut fumer dans les bars, se vider dix verres de rhum avant de prendre sa moto, pousser la sono jusqu'au bout de la nuit, s'éclater avec des beau- tés... Tout est possible : il suffit d'allonger quelques mal- heureux dollars. »
Antoine fait partie de ces Français qui ont joué la carte de l'expatriation au Cambodge. Et ils sont chaque jour plus nombreux. Samuel, pigiste installé depuis 2005 :
« Phnom Penh est en plein boum mais tout reste à taille humaine. Imagine, il n'y a qu'une seule tour dans tout le pays ! Rien à voir avec Bangkok ou Saïgon. Et puis,l'arrière-pays reste encore sauvage, pittoresque. Une fois qu'on découvre l'endroit, on s'y attache. » Antoine se souvient de sa « vie d'avant » : diplômes inutilisables, galères parisiennes, métro dodo. En 2007, un ami, déjà atteint par le « mal jaune », l'encourage à visiter Phnom Penh – « Il m'en parlait comme d'un paradis où tout était possible. » Il lui suffit d'un mois pour se décider à
rester. « Quand j'ai vu les dollars que j'avais claqués dans les bars de Phnom Penh, je me suis dit que le plus simple était encore d'en ouvrir un. D'autant que tout se fait vite ici, et pour quatre fois rien. »

100 M2 AVEC UN RMI
Situé près du quai Sisowath, qui est à Phnom Penh ce que la Croisette est à Cannes, le bar d'Antoine n'a rien d'original : une poignée de clients – des sous-officiers à la retraite, des salariés d'ONG, des touristes de passage – enchaînent les verres d'Angkor Beer entourés par une myriade de nymphettes peu vêtues dont Antoine assure, sourire aux lèvres, qu'elles sont juste là pour masser les lombaires, tchatcher et inciter à la consommation. « Enfin, je ne serais pas surpris d'apprendre qu'elles vendent d'autres services... à 20 $ la nuit. »
Antoine a fait école : des dizaines de Français s'ins- tallent dans le quartier, s'improvisant restaurateurs, gale- ristes, aubergistes. Chacun héberge des amis plus ou moins précaires qui n'émergent guère avant l'happy hour. Lulu et Marc, bientôt la trentaine, looks de teufeurs, louent un 100 m2 dans l'hyper-centre avec vue sur le fleuve. Loyer : 70 �chacun. Marc vit sur des indemnités de licenciement et complète ses revenus en mixant dans les bars à Occidentaux. Lulu touche le RMI en France et se refait chaque été, quand la saison des pluies lessive le Cambodge, en partant bosser au noir dans les vergers de Bretagne. Avec un vol Paris-Bangkok à 600, l'opération est rentable.

Profiter des failles du système social français n'est pourtant pas tenable à terme. Chacun cherche donc à monter son « affaire ». C'est souvent là que les choses se gâtent. Bien des « patrons » finissent par déléguer la ges- tion de leur bar à leur petite copine cam-
bodgienne, dilapidant leurs quelques dollars chez la concurrence. La chaleur moite, l'indolence générale, les longs mois de pluie, mais aussi les maladies, finissent généralement par écraser les moins habiles.

EN TAULE POUR AVOIR REFUSÉ LE LOYER
« Trop de Français vivent
ici en circuit fermé sans rien connaître de la mentalité
khmère, continue Antoine. Au début, tout leur semble facile, ils se sentent encouragés par les sourires. Mais ils oublient que derrière le sourire de leur petite amie gérante se camoufle parfois un rapace. » Et malheur à celui qui se retrouve sans un sou, tel ce jeune Suisse mis à la porte de son propre bar par son ex. On l'a retrouvé un peu plus tard baignant dans son sang, le dos brisé à coups de barres de fer. « Les Cambodgiens évitent le conflit à tout prix, ils préfè- rent fuir, mentir, biaiser, corrompre, toujours avec le sourire, confie un autre Français croisé dans un bar. Mais si un conflit éclate, alors il n'y a plus de limites. Quand un Cambodgien frappe, c'est pour tuer, ou mutiler. » Dans un pays où « perdre la face » est inimagina- ble, mieux vaut donc
faire profil bas.
Il y a aussi ce patron de bar qui avait choisi d'inves- tir 5000 $ pour rénover son établissement. Le local appar- tient à un général de l'armée royale qui décide alors de multiplier le loyer par quatre. Le patron cherche à négo- cier. Le lendemain, la police défonce sa porte et « trouve » de la drogue dans sa chambre. Prison. Le général récu- père un local flambant neuf, le patron doit débourser une caution pour recouvrer sa liberté. Retour à la case départ, les dettes en plus.

RUSSES vs CORSES
Discrétion : ici, c'est le credo de quasiment tout le monde. Car on sait qu'un certain nombre d'expatriés sont venus faire oublier un passé trouble. Il suffit de se rendre à Sihanoukville, la plus grande station balnéaire du pays. Surplombant la mer, la colline de laVictoire n'était encore il y a peu qu'un village cambodgien comme les autres. Aujourd'hui, des dizaines de gargotes laissent échapper
des chansons de Brassens ou de Ferré, avec en terrasse des Corses et des Sétois au visage buriné enchaînant les tournées de pastis.
C'est dans l'un de ces bars interlopes, où même les filles semblent pouvoir jouer du couteau, que l'on croise Jean-Pierre (appelons-le comme ça).Sa vie est un roman sombre : pilleur de tombes en Colombie, mercenaire au Surinam, combattant en Bir- manie et au Laos, il a posé ses valises dans le royaume khmer : « Pour la première fois, je suis dans un pays qui ne me brûle pas les pieds. Ici, on peut vivre comme un prince, tranquillement. Il suffit juste de ne pas susciter les jalousies. »
boîte de nuit sur la plage de la Victoire, où le DJ mixe
depuis la carcasse d'un avion Antonov AN-24 ! Un pilier de bar du quartier français finit par cracher le morceau :
« Les mecs d'ici n'ont pas pu faire face. Quand un Russe
veut acheter, on ne lui refuse pas. Ceux qui ont voulu jouer aux durs ont trouvé leurs maîtres. »

PAYS À VENDRE
Il est heureusement d'autres façons de vivre la grande aventure cambod- gienne. Pierre-Yves, 38 ans, s'est toujours tenu loin des bars crasseux de la capi-
tale. Arrivé comme Casque bleu au début des années 90,
il découvre un Cambodge dévasté par des années de guerre mais où les hommes semblent plus vivants qu'en France. Lui aussi tombe amoureux du royaume, « de sa lumière, de ses femmes, de ses forêts ». Il s'installe sur les hauts plateaux de l'Est, transformant l'ancienne villa du gouverneur en un hôtel de charme. Chaque mois, il organise des marches à travers la jungle pour aller à la rencontre des tribus animistes auxquelles il apporte des soins médicaux. Cela lui permet de prendre le pouls d'une région livrée à tous les appétits et où la forêt disparaît dramatiquement, remplacée par des anacardiers ou des plantations d'hévéa.
Car c'est bien là que le bât blesse : tout est possible au Cambodge parce que tout, ou presque, est à vendre. Pays de libertés, bien sûr, mais qui s'épanouissent sur un terreau d'inégalités sociales, sur des injustices criantes. A côté du Cambodge paradisiaque décrit par tant d'expats, il y a un autre Cambodge : celui des pay- sans spoliés de leurs terres, des bidonvilles écrasés par les bulldozers, des réseaux de prostitution. Si certains, ici, se croient au paradis, c'est aussi parce que d'autres vivent dans les derniers cercles de l'enfer.

LÉGENDAIRE INDOLENCE
Incontestablement, le Cambodge a changé depuis ces dernières années : les routes se bitument, les 4x4 chas- sent les cyclopousses, la jeunesse se délecte des modes venues de Corée ou du Japon. Mais si Phnom Penh résonne du vacarme des marteaux-piqueurs, on est encore très loin de la frénésie chinoise. Quelque chose, sans doute, parvient à limiter le massacre : la légendaire indolence des Khmers. Les colons français avaient inventé un proverbe : « Les Viêtnamiens plantent le riz, les Cam- bodgiens le regardent pousser. »Tous les expats le diront : le Cambodge est un pays déconcertant de nonchalance.
Antoine reconnaît que c'est là un des traits de carac- tère auxquels il a été le plus sensible : « Malgré une acti- vité de façade, la plupart des Cambodgiens refusent d'être esclaves du travail. C'est un pays dans lequel on prend le temps de se sourire, de s'ennuyer, de manger,de faire la sieste. Le temps libre est un bien précieux que la plupart refusent de céder, même contre de l'argent. » Comme pour lui donner raison, sa barmaid s'est endor- mie derrière le bar. Antoine, patron compréhensif, prend garde à ne pas la réveiller. Près de nous, l'un des clients descend son ultime bière en dévisageant les deux frêles masseuses qui l'entourent. Visiblement, il n'a pas envie de dormir seul. Ça tombe bien, les filles non plus. Pour celui-là aussi, la nuit cambodgienne promet d'être mer- veilleuse.

BRUNO DENIEL-LAURENT

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Qatar Airways atterrit au Cambodge

Message  Admin le Ven 22 Fév 2013 - 9:31

La compagnie aérienne Qatar Airways inaugure aujourd’hui sa nouvelle liaison entre Doha et Phnom Penh au Cambodge, via Ho Chi Minh Ville.

Depuis ce 20 février 2013, la compagnie qatarie propose un vol quotidien entre sa base et l’aéroport de la capitale cambodgienne, à bord d’Airbus A330-300 pouvant accueillir 30 passagers en classe Affaires et 275 en Economie. Les vols du mercredi, jeudi et dimanche décollent à 1h15 pour arriver après une escale de 80 minutes au Vietnam à 14h15, avec retour de Phnom Penh à 16h50 pour atterrir à 23h30 à Doha. Horaires plus tardifs les lundi, mardi, vendredi et samedi, avec départ à 7h30 (arrivée 20h30) et retour à 22h50 (arrivée le lendemain à 5h30 à Doha, toujours via Ho Chi Minh Ville).

Phnom Penh devient la onzième destination en Asie du sud-est de Qatar Airways après Bali, Bangkok, Hanoi, Ho Chi Minh Ville donc, Jakarta, Kuala Lumpur, Singapore, Manille, Phuket et Yangon. Elle est la première compagnie du Golfe à se poser au Cambodge, où le seul transporteur non asiatique présent est Air France – jusqu’au 30 mars prochain.

La capitale du Cambodge accueille également les low cost AirAsia, Jetstar Asia Airways et Tiger Airways, ainsi que les Asiana Airlines, Bangkok Airways, China Airlines, China Eastern Airlines, China Southern Airlines, Dragonair, Eva Air, Korean Air, Malaysia Airlines, Myanmar Airways, SilkAir, Thai Airways et autres Vietnam Airlines.

http://www.air-journal.fr/2013-02-20-qatar-airways-atterrit-au-cambodge-567433.html
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Re: Le Cambodge, à savoir ...

Message  Admin le Lun 9 Sep 2013 - 11:00

Liaison directe Bangkok-Cambodge en bus: toujours l’arnaque au visa

http://www.cambodge-post.com/?page_id=3054   
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Re: Le Cambodge, à savoir ...

Message  Admin le Dim 13 Oct 2013 - 22:07

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Re: Le Cambodge, à savoir ...

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