La corruption en Birmanie

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La corruption en Birmanie

Message  Admin le Jeu 3 Juin 2010 - 6:43

Dominique Falcioni, responsable d'Info-Birmanie, groupe Strasbourg, et Frédéric Debomy, président d'Info-Birmanie

« La Birmanie, pays corrompu, figure en queue de peloton des systèmes de santé (190e sur 191 au classement de l'OMS). Malgré de riches ressources naturelles, les besoins alimentaires ne sont pas couverts en raison de la réquisition de la main d'oeuvre et la destruction des cultures vivrières. L'exploitation éhontée des forêts de teck constitue la 2e source de revenus de la dictature. Le pays est un narco-Etat, les dirigeants sont impliqués dans le trafic de drogue et le blanchiment d'argent. La junte consacre près de la moitié du budget à l'armée et aux réseaux d'espionnage. Les espoirs mis par la junte dans le développement touristique se sont traduits par le recours au travail forcé pour les infrastructures (Mandalay) et l'expulsion des populations locales des sites touristiques majeurs (Pagan).
Depuis avril 2009, la situation politique et des droits de l'homme est en déclin avec une recrudescence des offensives et des exactions militaires, notamment contre les minorités Karen, Shan et Kokang, sans oublier le déplacement forcé, lié à ces offensives, de 120 000 personnes au cours des 18 derniers mois.
Les sanctions internationales (d'ampleur réduite, car l'embargo sur les armes est uniquement européen) sont insuffisantes pour ouvrir la voie au changement ».

source http://www.dna.fr/courrier/20100601_DNA009837.html
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Dans une Birmanie en pleine ouverture, une vidéo de policiers corrompus filtre sur le Net

Message  Admin le Jeu 20 Sep 2012 - 17:08

Sur ces images amateur filmées à Rangoon, la plus grande ville de Birmanie, des agents de la circulation soudoient les employés des bus qui passent sur leur route. Une scène courante selon notre Observateur sur place, qui se félicite en revanche du fait que les internautes birmans osent enfin briser l’omerta.



Sur la vidéo, filmée subrepticement du haut d’un immeuble, une scène se répète : un bus de voyageurs bondé s’arrête l’espace de quelques secondes, un homme saute hors du véhicule le temps d’aller donner un bakchich au policier posté sur le trottoir, puis il remonte à bord du véhicule. La vidéo, qui est apparue sur Internet il y a deux semaines, a rapidement été partagée sur Facebook par de nombreux internautes birmans. Pour l’heure l’identité du vidéaste et la date à laquelle il a filmé ces images ne sont pas connues. Notre Observateur à Rangoon affirme en revanche avoir reconnu les bus qui circulent dans sa ville.

En 2011, la Birmanie arrivait au 180e rang sur 183 dans la liste des pays corrompus, établie par l’organisation Transparency international.
http://cpi.transparency.org/cpi2011/results/



"De plus en plus de gens ont maintenant le cran de dénoncer les actes de corruption"

Aung Aung (pseudonyme) habite à Rangoon.


C’est courant à Rangoon. Quasiment toutes les semaines j’assiste à ce genre de scènes lors de mes déplacements en ville. La personne qui va donner l’argent au policier est en général celle qui est chargée de vendre les tickets de bus aux passagers. Le plus souvent, il donne un billet de 1000 kyat (environs 0, 80 euros). C’est, de toute façon, moins cher que de payer l’amende que le policier vous infligera si vous ne lui donnez pas son bakchich. Ça se passe le plus souvent aux heures de pointe, au moment où les bus sont bondés et qu’ils enfreignent la loi sur le nombre de passagers qu’ils peuvent légalement transporter. Nos bus appartiennent à des compagnies privées. Le conducteur comme le vendeur de billets sont payés au nombre de passagers et par conséquent n’hésitent pas à faire entrer un maximum de personnes.

"Beaucoup d’internautes birmans ont félicité, sur les réseaux sociaux, la personne qui a pris cette initiative"

Mais ce qui n’est pas courant du tout, c’est que l’on puisse voir tout ça en vidéo. Beaucoup d’internautes birmans ont félicité sur les réseaux sociaux la personne qui a pris cette initiative car on sait tous qu’il faut un certain courage pour filmer la police. J’ai le sentiment que de plus en plus de gens ont maintenant le cran de dénoncer les actes de corruption. L'une des raisons de ce changement, c’est que le nouveau gouvernement [en 2011, la junte militaire a été remplacée par un gouvernement civil, soutenu par l’armée, NDLR] a relâché, dans une certaine mesure, la pression exercée par le passé sur les médias. Il arrive désormais que des médias privés évoquent de façon très claire des cas de corruption. [Les médias officiels restent, quant à eux, les porte-voix du gouvernement, NDLR]. En général, ces journaux révèlent des cas de corruption à grande échelle, liées notamment au monde des affaires. Dernièrement, des centaines de personnes ont manifesté contre la construction d’une mine de cuivre après avoir appris par un journal local que des pots-de-vin avaient été versés dans le cadre du projet. [Après ces révélations, le ministère des Mines a toutefois poursuivi en justice le journal local, NDLR]. Et cette dynamique générale encourage très probablement les citoyens à dénoncer les cas de corruption auquel ils sont confrontés au quotidien. Reste à savoir si les autorités vont s’attaquer à ces problèmes à mesure que sortiront les informations.

"Ces derniers mois, les pots-de-vin sont moins courants dans l'administration"

Avant le changement de gouvernement, les gens avaient l’habitude de voir le personnel administratif leur demander de payer quand ils avaient besoin de quelque chose, comme par exemple de refaire un passeport. Mais depuis que le gouvernement a lancé une réforme des institutions publiques, afin notamment d’en améliorer l’efficacité, les pots-de-vin sont moins courants. [Le gouvernement a augmenté les salaires des employés afin de lutter contre la corruption, et des lois anti-corruption sont actuellement discutées au parlement, NDLR]. Personnellement, quand j’ai fait refaire mon passeport dernièrement, on ne m’a rien demandé en échange. En revanche, le souci désormais c’est que certaines personnes se mettent d’elles mêmes à proposer de l’argent dans l’espoir de faire accélérer les choses car la bureaucratie ici reste extrêmement lente.

http://observers.france24.com/fr/content/20120920-birmanie-pleine-ouverture-video-corruption-policiers-filtre-net-rangoon
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le président déclare la guerre à la corruption

Message  Admin le Ven 28 Déc 2012 - 7:26

Lançant la troisième phase de ses réformes, le président Thein Sein a dit vouloir s’attaquer aux malversations qui gangrènent l’administration.

Dix-neuf mois après avoir accédé à la tête de la Birmanie, le réformateur Thein Sein, général à la retraite d’une toute puissante armée, s’est fixé un nouveau cheval de bataille. Dans un discours télévisé prononcé le 26 décembre devant les plus hauts membres des gouvernements central et régionaux, il a annoncé partir en guerre contre la prévarication. Ne ménageant pas ses critiques à l’encontre des fonctionnaires véreux, il a enjoint l’ensemble des serviteurs de l’Etat à montrer l’exemple afin d’engager le pays sur la «voie de la bonne gouvernance», rapporte l’Irrawaddy. «Des réformes dans la gestion des organisations gouvernementales seront menées dans le cadre de la troisième phase de notre stratégie de réforme visant au développement du pays.» La première phase s’était concentrée sur les changements politiques et la réconciliation nationale, la deuxième sur les réformes économiques.

Thein Sein a reconnu que, «selon les standards internationaux, la bonne gouvernance est encore très faible au Myanmar». Dans son dernier index, Transparency International considère la Birmanie comme le 5e pays le plus corrompu au monde. Corruption et système judiciaire déficient refroidissent de fait certains investisseurs étrangers qui, pourtant, lorgnent avec grand intérêt, sur le potentiel de ce nouveau marché. Thein Sein en a conscience. Mais, selon des observateurs, il a aussi conscience des limites de son influence sur une partie de la bureaucratie et de l’armée. Si bien que sa nouvelle bataille est loin d’être gagnée.

http://asie-info.fr/2012/12/28/birmanie-le-president-declare-la-guerre-a-la-corruption-515545.html
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