Daw Aung San Suu Kyi

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Astrologie : Aung San Suu Kyi présidente dès 2014 ?

Message  Admin le Sam 29 Déc 2012 - 9:21

En cette fin d’année, l’Irrawaddy s’est amusé à interroger San Zarni Bo, astrologue vedette de Birmanie. Il prédit des changements de taille pour 2014.

Les prochaines élections ne sont pas attendues avant 2015. Pourtant, selon San Zarni Bo, ancien prisonnier politique et astrologue récompensé par divers prix internationaux, Aung San Suu Kyi pourrait accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat dès le 7 juillet 2014. «Il pourrait y avoir un gouvernement de coalition ou quelque chose comme ça et, alors, elle accédera à la présidence. Ensuite, à l’issue des élections de 2015, elle sera à nouveau élue présidente», annonce-t-il dans un entretien accordé à l’Irrawaddy. 2014 connaîtra de fait une multitude de changements. Aucun coup d’Etat militaire cependant. «2014 et 2015 seront très bien. Tous les rêves de notre pays deviendront réalité ; tous les rêves de 1988 deviendront réalité», affirme San Zarni Bo dans un grand éclat de rire.

Depuis près de deux ans, la Birmanie est engagée dans une phase de transition sous la houlette du président Thein Sein. Jamais depuis 1962 et l’instauration d’une dictature militaire, le pays n’avait connu de tels changements, tant sur le front politique qu’économique. A en croire San Zarni Bo, leur rythme se ralentira en 2013. Contrairement aux vœux de la Ligue nationale pour la démocratie, la Constitution de 2008 ne sera pas amendée. Hormis quelques changements de portefeuilles ministériels, le pouvoir n’enregistrera aucun bouleversement. Aung San Suu Kyi pourrait, ceci dit, obtenir davantage de responsabilités, en accédant par exemple à un poste ministériel ou même à la vice-présidence. Sur le front des conflits ethniques, si toutes les parties évoqueront la paix, aucun «drapeau blanc» ne sera brandi et les armes continueront de parler.

Dans un pays féru d’astrologie et autre numérologie, pas de doute que les prédictions de San Zarni Bo seront prises au sérieux. Il faudra désormais attendre 2014 pour vérifier leur justesse.

http://asie-info.fr/2012/12/29/astrologie-aung-san-suu-kyi-presidente-des-2014-515586.html
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Re: Daw Aung San Suu Kyi

Message  Admin le Ven 4 Jan 2013 - 7:04

Independence Day



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Aung San Suu Kyi sous le feu des critiques

Message  Admin le Mer 16 Jan 2013 - 9:25

Il est reproché à la Dame de Rangoon d’accepter le soutien financier des cronies de l’ancien régime militaire.

En recourant à l’argent d’hommes d’affaires connus pour leurs liens avec l’ancienne junte pour financer son action politique, l’icône de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi crée la controverse. Selon The Irrawaddy, la compagnie Htoo a notamment contribué à hauteur de 58,000 dollars au programme de reconstruction du système éducatif lancé par le Prix Nobel de la paix en décembre dernier à Rangoon. Son propriétaire, Tay Za, passe pour être l’homme le plus riche du pays et est soupçonné de trafic d’armes. Au travers de sa compagnie Sky Net, Kyaw Win a versé pour sa part 158,000 dollars à la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Son nom est lié à de récentes confiscations de terres. Enfin, Aung San Suu Kyi a visité il y a peu un hôpital subventionné par Max Myanmar, une entreprise longtemps visée par les sanctions de l’Union européenne et des Etats-unis, et dont le propriétaire est Zaw Zaw. Tous ces hommes d’affaires passent pour être des proches de l’ancien pouvoir en Birmanie et auraient amassé leurs fortunes grâce à leurs relations étroites avec la junte.

Aung San Suu Kyi n’a pas tardé à répondre à ces critiques : « Ceux que l’on désigne comme des cronies soutiennent les activités sociales de la LND. Qu’ils nous contactent, nous ou d’autres organisations, ne me dérange pas aussi longtemps que leur soutien est bénéfique à notre peuple, aux réformes démocratiques et aux besoins en matière de santé et d’éducation de notre pays. »

Ce n’est pas la première fois qu’Aung San Suu Kyi essuie des critiques ces derniers mois. Ses silences à propos des persécutions subies par les Rohingyas (minorité musulmane de l’ouest du pays) et de la guerre menée par l’armée gouvernementale contre la minorité kachin ont été mal perçus par les groupes de défenses des droits de l’homme.

http://asie-info.fr/2013/01/16/birmanie-aung-san-suu-kyi-sous-le-feu-des-critiques-516358.html

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Re: Daw Aung San Suu Kyi

Message  Admin le Ven 25 Jan 2013 - 18:24





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Re: Daw Aung San Suu Kyi

Message  Admin le Lun 18 Fév 2013 - 8:00

Institut Français de Yangon







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Re: Daw Aung San Suu Kyi

Message  Admin le Jeu 7 Mar 2013 - 8:08



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Aung San Suu Kyi prône l’unité face aux «conflits» dans son parti

Message  Admin le Sam 9 Mar 2013 - 8:06


La Birmane Aung San Suu Kyi au congrès de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, à Rangoun le 9 mars 2013 (Photo Soe Than Win. AFP)

La chef de file de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi a lancé samedi un vibrant appel à l’unité de son parti, réuni en congrès à Rangoun pour la première fois de son histoire et secoué par des querelles de pouvoir, à deux ans d’élections législatives dont il est le favori.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) réunissait ses 850 délégués pour définir une stratégie, tourner la page de la clandestinité et se préparer à une possible victoire en 2015.

Une éventualité qu’elle est pour l’heure incapable d’assumer, selon les analystes, qui décrivent la réticence des compagnons de route de Suu Kyi, tous octogénaires, à céder la place à une nouvelle génération de militants plus au fait des réalités du pays.

«Nous devons admettre qu’il y a eu des conflits» ces derniers mois, a déclaré Suu Kyi, implorant les délégués d'«agir avec retenue» et de ne pas s’entredéchirer pour des postes.

Les délégués, pour la plupart assez âgés et vêtus d’une veste orange réglementaire, se sont rassemblés dans un restaurant de Rangoun pour entendre leur leader défendre des principes puisés dans les premières années de lutte.

«L’esprit de fraternité est très important. Nous avons été forts dans le passé grâce à cet esprit».

La LND a passé 20 ans dans la quasi-clandestinité sous la junte militaire et beaucoup de ses cadres ont passé de longues années en prison. Elle a désormais réintégré le processus politique légal grâce aux réformes du nouveau régime.

Portée par l’extraordinaire charisme de la lauréate du prix Nobel de la paix, elle est devenue l’an dernier le premier parti d’opposition parlementaire, au terme de législatives partielles remportées haut-la-main.

Mais le parti a été secoué par de vives querelles internes ces derniers mois, conduisant notamment à l’expulsion de quatre membres, qui se sont vu refuser l’accès au congrès.

«Cela n’aurait pas dû arriver», pestait l’un d’entre eux, l’avocat Khin Maung Shein, 66 ans, outré de ne pas avoir pu s’expliquer et affirmant avoir simplement demandé à des militants s’ils souhaitaient intégrer le Comité central.

«Ce genre de choses peuvent être très négatives pour le chef et pour le parti», a-t-il expliqué à l’AFP. «Si ça continue, l’avenir du parti pourrait être fragilisé».

Le congrès, ouvert vendredi pour trois jours, doit permettre à la LND de désigner les 120 membres de son comité central, dont 15 au comité exécutif, derrière une chef de file incontestable.

Il intervient deux ans après l’arrivée au pouvoir du président Thein Sein, un ancien général qui a tourné la page du régime militaire, multiplié les réformes et libéré les prisonniers politiques au cours d’un processus totalement inimaginable quelques mois auparavant.

«Nous devons élire un dirigeant qui soit en accord avec cette ère, en accord avec ce pays et avec le parti. Seul ce type de leader pourra travailler pour la LND», a martelé à cet égard Suu Kyi.

Mais au delà de sa hiérarchie, il appartiendra à la Ligue de lancer des réflexions sur les problèmes du pays - la santé, l’éducation, le retard de développement, la corruption.

«Ce sera un test décisif pour eux, pour savoir s’ils forment un parti qui peut sortir de l’ombre et peuvent prouver qu’ils sont capables de diriger le pays», a estimé un analyste birman sous couvert de l’anonymat.

Plus que jamais, les regards vont se tourner vers la LND, relevait-il. Mais une certaine opacité et désorganisation régnait pourtant autour du congrès, qui a tenu à l’écart les journalistes pour sa première journée.

«Ils ne pourraient pas prendre le pouvoir demain, ils ne sont pas prêts», a constaté un diplomate étranger. «Je crois qu’ils comprennent de plus en plus qu’ils doivent rattraper le retard, étudier, apprendre, et qu’ils doivent tirer profit des deux prochaines années pour le faire».


http://www.liberation.fr/monde/2013/03/09/birmanie-aung-san-suu-kyi-prone-l-unite-face-aux-conflits-dans-son-parti_887377

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Projet de mine de cuivre: Aung San Suu Kyi s'aliène les Birmans

Message  Admin le Dim 24 Mar 2013 - 18:52

Leader de l'opposition politique, Aung San Suu Kyi est vivement critiquée depuis plusieurs mois, dans la région de la montagne de Leptadaung, pour son soutien à un projet de mine de cuivre chinois.


Photo DR Jonah M. Kessel/ Global Post

« Avant, tout le monde ici aimait Mère Suu »

Comme la plupart des salons de thé et des hôtels du Myanmar, le magasin de Sandar, une commerçante de 32 ans, a longtemps accroché une photo d'Aung San Suu Kyi, ou «Mère Kyi », l'icône de la résistance à la dictature militaire.

Mais le portrait du prix Nobel de la paix, n'est aujourd’hui plus cloué au mur du magasin de cette ville située sur la montagne de Leptadaung, dans le nord du pays. « Je l'ai arraché la semaine dernière », explique-t-elle en regardant la photo qui se trouve désormais sur une étagère poussiéreuse.

« Avant, tout le monde ici aimait Mère Suu, comme le Buddha. Mais ce n’est plus le cas ».

Depuis que la junte militaire a annulé la victoire de son parti aux élections générales de 1990, et qu’elle a été placée en résidence surveillée, Aung San Suu Kyi est considérée par beaucoup comme la cheffe légitime du pays. En Birmanie comme à l’étranger, Aung San Suu Kyi est percue comme une combattante de la liberté, comparable à Nelson Mandela ou à Martin Luther King Jr.

Aung San Suu Kyi soutient un projet controversé
Mais depuis plusieurs mois, la Dame de Rangoun est vivement critiquée pour son soutien au projet controversé de mine de cuivre. Les agriculteurs protestent en effet contre l’implantation d’une mine de cuivre à Leptadaung, dans le nord du pays : un projet géré par une société chinoise et la société militaire Myanmar Economic Holding.

A son arrivée dans la région, le leader de l'opposition politique a reproché aux agriculteurs d’avoir protesté sans permis délivrés par la police - ce qui a été demandé et refusé - et a appelé la foule à voir les aspects positifs d'un projet qu’elle juge bénéfique pour l’économie birmane. Le 29 novembre dernier, les opposants à l’implantation de la mine avaient manifesté contre l’insuffisance des indemnisations la violation des normes environnementales.

Violente répression de la manifestation
La violente répression de la manifestation dans le nord du pays avait suscité d’une vague d’indignation à travers tout le pays. Des photographies avaient été publiées sur le site Eleven Media montrant un moine brûlé et un impressionant incendie sur le site. Chargée d’enquêter sur ces évènements dans le cadre d’une commission parlementaire, Aung San Suu Kyi continue toujours de soutenir le projet de mine malgré l’incident.

« Nous avons été choqués », déclare Zaw Win, 40 ans, qui comme de nombreux habitants à essayer d’empêcher l'arrivée du convoi d'Ang San Suu Kyi sur le site.

« Ang San Suu Kyi nous regardait de sa voiture de luxe », a déclaré Zaw Win. Pendant la séance de questions-réponses, « elle nous parlait de manière hautaine, comme si nous étions sans instruction ».

Critiquer Aung San Suu Kyi : un tabou en Birmanie
Critiquer publiquement Aung San Suu Kyi est tabou en Birmanie. Même dans les collines déchirées par les conflits où la méfiance à l’encontre du gouvernement et du parti d’ Aung San Suu Kyi est profonde, les critiques contre Aung San Suu Kyi sont formulées avec un certain tact et politesse. Ceux qui la condamnent avec des termes forts font partie d’une minorité en colère.

« Tous les gens de ce pays aiment Aung San Suu Kyi », dit Maung Ant, un poète de 80 ans avec l'accent britannique qu’on lui a enseigné à l'époque coloniale. « Ils comptent sur elle pour leur libération. Ils ont de grands espoirs en elle ». Mais Maung Ant est fermement opposé au projet d’implantation de la mine. « Désormais, tous ces gens constatent que leurs espoirs ne se réaliseront pas ». « Notre pays a été dans l'obscurité pendant de nombreuses années. Nous avions espéré trouver quelqu'un pour nous sortir de cette situation. Nous pensions que c'était elle ».

« Désormais, elle n'est plus notre chef »
Presque tous les villageois interrogés par GlobalPost autour de la montagne Letpadaung ont expliqué être prêts à accueillir Aung San Suu Kyi à bras ouverts si elle arrêtait de soutenir ce projet de mine.

« Autrefois, les gens ont beaucoup donné de leur vie pour elle. Certains sont allés en prison pour elle », déclare un manifestant, originaire de Yangon, qui a rejoint le mouvement anti-mines. « Désormais, elle n'est plus notre chef ».

U Sanvara, un moine de 54 ans, a rencontré Aung San Suu Kyi lors de sa tournée dans la région minière. « Tante Suu dit qu'elle est le leader du peuple », indique-t-il. « Mon cœur dit que ce n'est plus vrai. Elle appartient au régime, et ne répond pas aux désirs de la population ».

Une série de promesses
Depuis la visite d’Aung San Suu Kyi à Letpadaun, une série de promesses ont été faites par les responsables, comme la compensation des terres, le respect des normes environnementales ou encore la création d'emplois. « Les villageois concernés recevront une attention particulière », a souligné Myint Aung, un gestionnaire de projet de la mine.

Win Tin, l’un des fondateurs du parti de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a quant à lui soutenu Aung San Suu Kyi, expliquant qu’elle avait fait face au problème avec « bravoure et de courage ». « Si l'armée avait traité ces problèmes, la crise aurait été beaucoup plus profonde », selon lui.

Une confiance fragilisée
Mais pour les villageois, comme Nay Zar Oo, 25 ans, leurs sentiments envers Aung San Suu Kyi ne seront plus jamais les mêmes. « Quand elle est venue ici, elle nous a demandé de laisser le projet de mine de cuivre se poursuivre. Que c’était notre avenir et que nous allions pouvoir en profiter », explique la jeune femme. « Mais ce n'est pas vrai. Nos bénéfices proviennent de la terre : des légumes, du bois pour se chauffer et tout ce qui vient de la montagne ».

« S'il vous plaît, dites à Tante Suu que nous voulons toujours l'aimer », déclare Nay Zar Oo. « Peut-être que nos attentes étaient trop grandes. Nous attendions trop d'elle. Nous le faisons toujours ».

Global Post/ Adaptation Louise Michel D. pour JOL Press

http://www.jolpress.com/aung-san-suu-kyi-mine-cuivre-birmanie-article-818299.html
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l’armée rappelle son rôle politique devant Aung San Suu Kyi

Message  Admin le Mer 27 Mar 2013 - 10:02


La députée de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi et le général Zaw Win lors d'une parade militaire à Naypyidaw, le 27 mars 2013 (Photo Nyein Chan Naing. AFP)


La députée de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, muette sur les violences religieuses de ces derniers jours, a assisté mercredi pour la première fois aux cérémonies annuelles de l’armée, dont elle était pourtant, il y a deux ans à peine, l’ennemie intime.

La lauréate du prix Nobel de la paix n’avait jamais participé à cette «journée des forces armées» et sa présence révèle combien son positionnement politique évolue chaque jour un peu plus.

Jusqu’en 2011, les célébrations du 27 mars se résumaient à une démonstration de force des militaires, qui l’ont maintenue enfermée pendant 15 ans et dominé le pays pendant un demi-siècle.

Mais celle qui est désormais députée soutient les réformes du nouveau gouvernement et se rapproche de ses ennemis d’hier. «Elle a participé (aux célébrations) parce qu’elle était invitée», a éludé Nyan Win, porte-parole de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Dans un entretien avec la BBC diffusé en janvier, elle avait même avoué aimer «beaucoup l’armée». «Parce que je l’ai toujours vue comme l’armée de mon père», avait ajouté la fille du général Aung San, héros de l’indépendance assassiné.

La chef de l’opposition a donc suivi la parade des 6.000 soldats défilant avec chars, hélicoptères et avions de combats devant leur commandant en chef, le généralissime Min Aung Hlaing. Une cérémonie moins pompeuse que sous la junte, mais qui aura permis à l’armée de rappeler son rôle politique.

«Tatmadaw (nom de l’armée birmane) protège la nation de toutes sortes de dangers, mais joue également son rôle dans la politique nationale en accord avec la volonté du peuple, quand la nation fait face à des conflits ethniques ou des luttes politiques», a-t-il déclaré.

«Nous devons construire notre Tatmadaw pour qu’elle soit forte et puissante, moderne et patriotique», a-t-il ajouté, assurant que la troupe souhaitait «consolider le chemin vers la démocratie».

Des propos intervenus dans un contexte de très grande tension entre bouddhistes et musulmans.

Les violences qui ont fait 40 morts la semaine dernière à Meiktila (centre) continuent de faire tache d’huile. Plusieurs nouvelles mosquées ont été détruites mardi dans d’autres localités, selon des sources policières, alors que certaines communes étaient placées sous couvre-feu.

En 2012, des affrontements entre bouddhistes de la minorité ethnique rakhine et musulmans de la minorité apatride des Rohingyas avaient déjà fait plus de 180 morts et 110.000 déplacés dans l’ouest.

Suu Kyi avait été alors critiquée pour ne pas avoir pris la défense des Rohingyas, limitant ses interventions à un appel à l’état de droit. Mais elle n’a pas non plus pris la parole depuis mercredi dernier, lorsqu’une querelle entre un vendeur musulman et des clients à Meiktila a dégénéré dans des conditions obscures.

Il aura fallu l’intervention de l’armée et l’imposition de l’état d’urgence pour ramener le calme. Et, chose inimaginable il y a deux ans, des habitants se sont réjouis de l’arrivée des militaires.

Mardi, le représentant spécial des Nations Unies pour la Birmanie Vijay Nambiar a estimé que les évènements de Meiktila avaient témoigné d’une «efficacité brutale», émettant l’hypothèse d’émeutiers «venus d’ailleurs» et regrettant une «propagande incendiaire» des deux côtés.

Ces tensions religieuses alourdissent en tout cas considérablement l’atmosphère dans un pays sur lequel un vent d’espoir souffle depuis le début des réformes politiques, en 2011.

Alors que la majorité ethnique bamar (birmane) considère le bouddhisme comme une partie intégrante de l’identité nationale, les analystes décrivent une fracture dangereuse pour l’avenir.

http://www.liberation.fr/monde/2013/03/27/birmanie-l-armee-rappelle-son-role-politique-devant-aung-san-suu-kyi_891597
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L'opposante birmane Aung San Suu Kyi de plus en plus critiquée

Message  Admin le Lun 1 Avr 2013 - 9:35

Il y a tout juste un an, l'opposante birmane Aung San Suu Kyi a fait son entrée en politique. Ce fut une journée historique. En prêtant serment devant le Parlement, la Dame de Rangoun a mis fin à plus de deux décennies de confrontation avec les militaires. Mais l'image de l'opposante -sacralisée par une majorité de birmans- commence à s'écorner.

Aung San Suu Kyi a longtemps été synonyme de courage, d'obstination, d'indépendance, de volonté hors du commun face à la brutalité d'une junte militaire qui a régné sans partage durant cinq décennies.

Son combat pour la démocratie lui a valu un Prix Nobel de la paix. Mais depuis son élection au Parlement l'an dernier, Aung San Suu Kyi est de plus en plus critiquée, y compris par d'anciens admirateurs. Ils mettent en cause son attitude vis-à-vis de la junte. On lui reproche une proximité et peut-être même une complaisance.

Par exemple, son apparition à la parade annuelle de l'armée le 27 mars dernier aux côtés de ceux qui l'ont maintenue enfermée en résidence surveillée pendant 15 longues années en a agacé plus d'un.

Autre grief, son silence pesant devant les violences meurtrières entre bouddhistes et musulmans, qui ont éclaté en juin dernier dans l'Ouest et qui agite de nouveau le centre du pays depuis une dizaine de jours. Cette attitude a tout l'air d'un fin calcul politique en prévision des élections présidentielles dans deux ans.

En évitant le sujet ethnique, l'opposante veut se donner toutes les chances de remporter ces élections sans froisser une majorité nationaliste et parfois xénophobe. Ce pari est dangereux tant le chemin de ce pays vers la démocratie reste long et semé d'embûches.

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20130401-opposante-birmane-aung-san-suu-kyi-plus-plus-critiquee
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Re: Daw Aung San Suu Kyi

Message  Admin le Mar 21 Mai 2013 - 7:00







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Re: Daw Aung San Suu Kyi

Message  Admin le Lun 27 Mai 2013 - 12:38





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Aung San Suu Kyi, "Mère" esseulée

Message  Admin le Jeu 4 Juil 2013 - 7:55

Un an après son entrée au Parlement, la figure de l'opposition birmane reste une icône. Mais ses récentes concessions vis à vis du pouvoir et de l'armée ont déconcerté, voire déçu certains de ses plus fidèles alliés.


Le 14 mars 2013, à Monywa, Aung San Suu Kyi est prise à partie par des villageois convaincus qu'elle "roule" désormais pour le gouvernement.
Reuters/Soe Zeya Tun

Le portrait d'Aung San Suu Kyi trône toujours en bonne place dans son bureau: "Je n'ai pas osé y toucher." Il marque une pause et fixe le visage grave, au mur. "J'ai toujours cru en elle. Jusqu'à l'an dernier, en tout cas." Then Than Oo, un avocat installé à Mandalay, l'une des plus grandes villes de Birmanie, s'est toujours senti proche d'Aung San Suu Kyi. Au début de 2012, dès qu'il apprend qu'elle se présente à l'élection législative, il crée un comité de soutien. Après le triomphe de sa candidate et de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) - le parti qu'elle a fondé en 1988 avec une poignée d'opposants -, Then Than Oo garde toutefois la tête froide. Il sait que rien ne va vraiment changer : seuls 10 % des mandats ont été renouvelés et la LND reste minoritaire au sein d'un Parlement acquis au pouvoir. Mais il fait confiance à la "Mère", comme l'appellent de nombreux Birmans. De l'intérieur, pense-t-il, elle saura accélérer l'ouverture, et pousser la démocratisation du pays.

Un an plus tard, il attend toujours : "Chaque fois qu'elle s'exprime, c'est pour défendre la position du gouvernement, qui est aux mains des militaires. Je ne la reconnais plus..."

Rares sont ceux, en Birmanie, qui parlent avec autant de franchise d'Aung San Suu Kyi. Ici, la "Mère" est adorée comme une divinité. Chacune de ses apparitions suscite l'émerveillement : idole de tout un peuple, elle semble marcher sur l'eau... Au fil des rencontres, malgré tout, les langues se délient. Et si la lauréate du prix Nobel de la paix a parfois été comparée à Nelson Mandela ou à Gandhi, dans son propre pays, pourtant, cette femme courageuse et tenace déconcerte certains de ses alliés fidèles. Parfois, même, elle déçoit. Sa présence aux côtés d'une clique de généraux, en mars dernier, lors du défilé militaire annuel, à Nay Pyi Daw, la capitale, a gêné ses plus ardents supporteurs. Quelques semaines plus tôt, éberlués, ils l'ont entendue déclarer, au micro de la BBC : "J'aime l'armée." Par sa maladresse ou sa sincérité naïve, cet aveu a choqué les prisonniers politiques, récemment libérés, que l'armée a torturés pendant des années.

Pourquoi la Lady prend-elle le risque de s'aliéner le soutien de ses proches ? L'explication tient en un mot : réconciliation. Agée aujourd'hui de 68 ans, forte de son aura, elle est sans doute la seule en mesure de pacifier un pays meurtri par un demi-siècle de dictature. Pour cela, mieux vaut intégrer l'armée à ce processus que la tenir en dehors. D'autant qu'elle aura bientôt besoin des militaires...

Le 6 juin dernier, lors du Forum économique mondial sur l'Asie de l'Est, à Nay Pyi Daw, Aung San Suu Kyi a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2015. Sur la route du pouvoir se dresse toutefois un obstacle de taille : la Constitution. Celle-ci stipule qu'un candidat marié ou ayant eu des enfants avec un étranger ne peut devenir président. Or son mari, Michael Aris, décédé en 1999, était britannique, tout comme ses deux fils, Alexander et Kim. Pour faire sauter cette "clause anti-Lady", comme l'appellent les diplomates, un seul moyen : réviser la Constitution, ce qui revient à gagner le vote des députés (qui occupent 75 % des sièges), mais aussi des militaires, qui s'arrogent les 25 % restants. D'où sa stratégie douce à l'égard de l'armée, faite de déclarations accommodantes et de quelques concessions. Comme dans l'affaire de la mine de cuivre...

Monywa, une ville du centre, le 14 mars dernier. Des centaines de villageois attendent Aung San Suu Kyi. A peine descend-elle de voiture qu'elle est prise à partie. "Vous nous avez trahis !" hurlent les manifestants. Cruelle déconvenue pour la Lady, qui a plutôt l'habitude d'être adulée... Pourquoi cette fureur ? Depuis plusieurs mois, les habitants s'opposent à l'exploitation d'une mine de cuivre, qui signifierait l'expulsion de centaines de personnes. En face d'eux, un consortium constitué d'une entreprise militaire birmane et d'industriels chinois. Lors de manifestations, réprimées dans la violence par la police, des moines ont été gravement brûlés. Le gouvernement, embarrassé, propose à la Lady de créer une commission de conciliation. Elle accepte, au grand soulagement du pouvoir, mais aussi des villageois : la "Mère" allait les aider ! Sauf que... Personne, à Monywa, n'imaginait qu'elle puisse se prononcer en faveur des businessmen. Très vite, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre : Aung San Suu Kyi "roule" pour le gouvernement et les "cronies", ces hommes d'affaires birmans qui se sont constitué d'immenses empires économiques grâce à leurs liens, souvent nébuleux, avec les généraux. Accusation injuste, juge Thiha Saw, rédacteur en chef de Myanmar Freedom, nouveau quotidien en langue anglaise : "Les conclusions de son rapport étaient plutôt modérées. La Lady se prononçait effectivement en faveur de l'exploitation du site, à condition toutefois que les fermiers reçoivent de meilleures compensations financières et que l'environnement soit préservé. Son erreur a été de se rendre trop vite sur place : personne n'avait eu le temps de lire le document." Maladresse à l'égard des villageois. Habileté, en revanche, à l'égard des militaires : "Elle les a rassurés, commente, anonyme, un politicien local. En acceptant cette mission, elle leur a montré qu'elle pouvait être conciliante. En même temps, elle a envoyé un signal fort aux Chinois, tout-puissants dans la région : elle n'a pas l'intention de les chasser du pays, à condition qu'ils respectent ses règles."

Au sein de la population, cet épisode a laissé des traces. Parmi les innombrables minorités ethniques, la Lady n'est plus vraiment en odeur de sainteté. Dans le Nord-Est, les Kachin, en guerre ouverte avec le pouvoir, lui reprochent son silence persistant. Pourquoi ne les défend-elle pas ? "Je n'ai reçu aucune demande officielle des autorités ou des rebelles, a-t-elle déclaré, au début de janvier, alors qu'un groupe de médiation l'enjoignait de "prendre ses responsabilités" dans ce conflit. Ce dossier est entre les mains du gouvernement, non ?" Plus au sud, les Chan expriment, eux aussi, quelques griefs : "Un Prix Nobel de la paix n'a pas besoin de recevoir une invitation officielle pour s'exprimer sur les droits de l'homme", tempête Hkun Htun Oo, dirigeant charismatique de la Ligue nationale chan pour la démocratie. Et, pour cet Occidental qui, durant les "années noires", a joué un rôle de médiateur entre la Lady et les militaires, mais qui veut rester dans l'ombre, celle-ci n'a guère le choix : "Elle pense déjà à la présidentielle, estime-t-il. Elle doit ménager les Bama, l'ethnie dominante qui représente 2 habitants sur 3. C'est pour cette raison qu'elle ne s'implique pas dans les affaires régionales. Ce faisant, elle a perdu tout crédit aux yeux des minorités. Pour preuve, les rebelles Kachin ont refusé de l'inviter dans les négociations sur le cessez- le-feu qu'ils ont menées avec le gouvernement."

A l'épreuve de la realpolitik, Aung San Suu Kyi risque d'écorner son image. "Tout le monde essaie d'exploiter ses déclarations, commente Susanna Hla Hla Soe, directrice d'une association de femmes karen, une ethnie du Sud-Est. Mais quel pouvoir a-t-elle ? En réalité, elle n'a aucune marge de manoeuvre." Cruelle posture : qu'elle parle ou qu'elle garde le silence, Aung San Suu Kyi suscite le dépit. L'exemple des Rohingyas, minorité de confession musulmane vivant dans l'Etat d'Arakan (Sud-Ouest), est révélateur. Depuis 1994, une loi interdit à cette ethnie d'élever plus de deux enfants. Cette mesure discriminatoire fait l'objet de vifs débats, dans un contexte de fortes tensions religieuses. En 2012, plus de 200 Rohingyas ont été tués dans des affrontements avec des Arakanais, en majorité bouddhistes. A la fin de mai, Aung San Suu Kyi s'est finalement prononcée contre cette loi, en dénonçant cette "violation flagrante des droits de l'homme". Mais elle n'ira pas plus loin. Car elle sait que le moindre de ses propos "promusulmans" est aussitôt repris par ses détracteurs. Parmi ceux-ci, un moine, Wira Thu, certainement le plus dangereux des nationalistes birmans.

Pour les bouddhistes radicaux, "c'est une traître à la nation"
Monastère de Masoeyein, à Mandalay. De jeunes disciples en robe carmin se hâtent vers la salle de prière, tandis que les premières gouttes d'orage s'écrasent dans la cour poussiéreuse. Pour atteindre la salle d'audience de Wira Thu, il faut passer devant d'immenses affiches. Inscrits en grosses lettres noires, ces mots : "Souvenez-vous." En dessous, des photos de cadavres mutilés de moines tués lors des émeutes avec les Rohingyas. "On m'appelle le Ben Laden bouddhiste ou le nazi birman, lance-t-il en guise d'accueil. Mais c'est excessif. Je veux juste préserver notre pays des djihadistes qui cherchent à y prendre pied." Son téléphone portable sonne. C'est un moine de Lashio, ville située plus à l'est. Des troubles viennent d'éclater avec des musulmans. "Comment Aung San Suu Kyi peut-elle prendre leur défense ? fulmine-t-il en raccrochant. Chaque fois qu'unmusulman est tué, elle se fend d'un hommage. Pourquoi n'a-t-elle jamais montré de compassion pour un bouddhiste ? C'est une traître à la nation !"

 
Accrochés au mur, sept portraits le représentent dans des poses hiératiques. Derrière lui, deux jeunes disciples filment notre rencontre. Le soir même, des photos seront postées sur son site. Plus de 9 000 personnes le suivent sur Facebook, s'enorgueillit-il. Et sa notoriété ne cesse d'enfler. Libéré au début de 2012, Wira Thu a passé sept ans en prison, pour incitation à la haine contre les musulmans. Mais que veut-il vraiment ? "La gloire", sourit Pannajota, un autre professeur - plus modéré - qui officie dans le même monastère. "C'est un être complexe, estime Maung Maung, chef de la communauté musulmane de Mandalay, qui l'a longtemps fréquenté. Il est capable, le même jour, de porter de la nourriture à des familles musulmanes dans le besoin et d'inciter au boycott de magasins islamiques ! Le feu dans une main, l'eau dans l'autre, dit un proverbe birman." En tout cas, son influence est ravageuse. D'autres monastères, situés dans les villes de Mogok ou de Thaton, sont en train de se radicaliser. A Meiktila, bourg situé à trois heures de route de Mandalay, le discours qu'il a prononcé à la fin de mars a galvanisé la foule. Une cinquantaine de musulmans ont été tués, des dizaines de maisons, incendiées. Aujourd'hui, la situation reste tendue. Le couvre-feu est toujours en vigueur dans la ville, et les musulmans se cachent. Pour leur parler, il faut les retrouver dans des arrière-boutiques, à l'abri des curieux.

"Regardez mon fils ! s'exclame Wein Tein, petit homme replet d'une quarantaine d'années, en montrant une photo prise sur son mobile. C'était une star, ici ! Il venait d'être sélectionné dans l'équipe nationale de foot." Vêtu d'un maillot clair, le garçon a l'air espiègle, avec ses yeux mutins et son menton piqué d'une barbiche. Mais il ne portera jamais les couleurs birmanes. Le 20 mars, en rentrant de l'entraînement, il a été tué à coups de machette par des émeutiers. "Ils ont arrosé son corps d'essence puis ils l'ont enflammé, nous n'avons rien retrouvé", dit son père d'une voix étranglée. Qui a fait ça ? Wein Tein n'en sait rien. "Des inconnus, des voisins, peut-être même des clients, explique ce vendeur de voitures. Je n'éprouve pas de haine. Je souhaite seulement que la vie reprenne comme avant." Un espoir sans lendemain.  

Les bulldozers ont déblayé les décombres, mais ils n'ont pas chassé la peur. Plus de 5 000 musulmans sont réfugiés dans des camps de fortune ; d'autres ont fui la région. Et ceux qui continuent de vivre dans leurs maisons sont sur le qui-vive. "Les braises ne sont pas éteintes, raconte Minn Aung, leader musulman local. Personne ne se sent en sécurité. J'ai été menacé à plusieurs reprises et j'ai peur pour ma famille. Les bouddhistes ne nous considèrent plus comme des Birmans. Lorsqu'ils ont mis le feu à nos maisons, ils ont entonné l'hymne national..." A quelques kilomètres, dans le village de Yin Taw, sous un soleil écrasant, des fidèles se pressent par dizaines dans une minuscule mosquée - la seule qui n'ait pas été incendiée durant les émeutes. "Si encore la police nous aidait ! se lamente le vieux Htay Aung, en gravissant péniblement les trois marches d'entrée. La semaine dernière, je suis allé voir ce qu'il en reste de ma maison. Cinq hommes fouillaient les décombres. J'ai voulu les chasser, mais des policiers m'ont interdit d'entrer. "Il vous faut une autorisation", m'ont-ils dit. Et les cinq voleurs ont continué à me narguer. Le gouvernement ne fait rien pour nous protéger. Aung San Suu Kyi, non plus. Nous n'attendons plus rien d'elle."

A-t-elle conscience de susciter autant de déception ? "Oui, affirme un diplomate. En entrant au Parlement, elle m'a confié qu'elle s'engageait sur une voie de compromis et qu'il y aurait des manifestations d'impatience. Le problème, c'est qu'elle est mal entourée. Il y a peu de gens qualifiés autour d'elle." L'ancien médiateur, cité plus haut, est plus sévère : "Elle s'est détournée de tous ceux qui l'avaient soutenue durant ses années noires, affirme-t-il. Peut-être a-t-elle besoin de faire le vide pour se reconstruire. Ce doit être difficile de subir une telle pression médiatique quand on on a été isolé du monde pendant tant d'années. Mais, du coup, elle est plus seule que jamais..." Si au moins elle pouvait s'appuyer sur son parti ! Forte de 1 million de membres, la LND n'a jamais paru si puissante.  

Dans tous les villages, elle a planté son drapeau rouge et or. Pourtant, au siège de l'organisation, les militants montrent un autre visage : celui d'un mouvement gangrené de l'intérieur. "L'ambiance a changé depuis les élections, révèle Kyaw, l'un des responsables. De nouvelles têtes se sont imposées aux postes de direction. Pour la plupart, il s'agit d'anciens membres de l'Usdp [Parti de la solidarité et du développement de l'Union], au pouvoir. Nous les soupçonnons de vouloir noyauter la LND pour le compte du gouvernement. Il y a aussi des hommes d'affaires qui font un pari intéressé sur l'avenir. Riches et éduqués, ces nouveaux "militants" traitent les membres historiques avec condescendance. Il y a souvent des bagarres. C'est arrivé en mars, juste avant le Congrès, dans trois bureaux de Rangoon."

"Il ne faudrait pas que la LND vire à la dictature..."
Ancienne prisonnière politique, Su Su Nway s'est éloignée de l'organisation : "La moindre décision doit être visée par trois ou quatre responsables. Il y a trop d'inertie, personne ne prend d'initiative par crainte de s'attirer les foudres d'Aung San Suu Kyi." La nouvelle génération fait tout pour évincer l'ancienne, ajoute-t-elle : "Les jeunes n'ont pas le droit de parler aux "vieux". S'ils désobéissent, ils n'ont plus accès aux formations - anglais et droit, par exemple - que le parti met à la disposition des militants." Deux anciens prisonniers politiques, Ye Aung et Ko Tin Maung Go, confirment ses dires : "Si vous n'allez pas dans leur sens, ils vous mettent sur la touche. Il ne faudrait pas que ce parti vire à la dictature..." Preuve d'un malaise, les défections sont légion. Dans le delta du fleuve Irrawaddy, 134 membres historiques de la LND ont démissionné en bloc, au début de l'année, après une altercation avec le porte-parole, Nyan Win.

Ce n'est que récemment que la Lady s'est rendu compte du problème. "Lors d'une réunion du comité central, à la fin de mai, elle a réalisé qu'il y avait des brebis galeuses, relate Kyaw. Mais il était trop tard pour agir, les postes avaient été attribués pour cinq ans."

"De toute manière, Aung San Suu Kyi n'a pas le temps de réorganiser le parti", soupire Win Tin, l'un des fondateurs de la LND.  

A 84 ans, cet ancien journaliste, qui a passé plus de dix-neuf ans de sa vie en prison, arbore une chemise bleue identique à celle qu'il portait en détention. Il la quittera, dit-il, le jour où son pays sera libre... A mots couverts, il confirme que la LND va mal. Mais que faire, sinon avancer ? "Il faut tenir jusqu'en 2015.".

Ce sera difficile. Mal structuré, déserté par l'intelligentsia, le parti risque de s'effondrer sur lui-même. Anciens compagnons de route d'Aung San Suu Kyi, les ex-étudiants de la Génération 88, dont la plupart ont été libérés l'an dernier, ont choisi de rester à l'écart de la LND. Ils viennent de créer un mouvement, Pour la paix et une société ouverte. "Nous voulons servir de médiateur dans certains conflits ethniques", explique Pyone Cho, l'un de ses leaders. De cette structure informelle émergera, dans les prochains mois, un parti politique. Quel rôle jouera-t-il en 2015 ? "Si la Génération 88 et la Lady travaillent ensemble, le pays est sauvé", estime Su Su Nway. Mais la Dame le souhaite-t-elle ? Et les anciens prisonniers politiques resteront-ils dans son giron ? Pour Aung San Suu Kyi, icône d'un peuple, la course pour la présidence risque d'être très longue.


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Re: Daw Aung San Suu Kyi

Message  Admin le Sam 26 Oct 2013 - 22:02

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