La cyber-génération birmane

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La cyber-génération birmane

Message  Admin le Ven 3 Sep 2010 - 12:01

Tin San, l'un des blogueurs les plus populaires de Birmanie, est un optimiste et pionnier autoproclamé: il utilise son blog, officiellement interdit par la junte au pouvoir, pour pousser les gens à voter dans deux mois en toute connaissance de cause.
Ce trentenaire, dont le nom a été modifié par l'AFP par mesure de protection, diffuse des informations sur les candidats de ces premières élections en Birmanie depuis 20 ans, et consacrera son prochain article à la réglementation électorale.
"La plupart des gens en Birmanie ne sont pas habitués à voter", justifie le blogueur qui, évidemment, n'a lui même jamais voté, comme tous les Birmans de moins de 38 ans.
Le scrutin du 7 novembre a été vivement critiqué par les opposants et les pays occidentaux, qui le qualifient de mascarade destinée à renforcer le pouvoir des généraux. Certains Birmans sont partisans du boycott, beaucoup ont depuis longtemps perdu leurs illusions sur le processus.
Mais Tin San appartient à un groupe d'optimistes forcenés, qui prônent la participation et initient un débat sur internet, malgré l'un des systèmes de contrôle les plus répressifs au monde.
"J'ai pas mal d'influence sur mes lecteurs et je souhaite donc qu'ils réfléchissent à l'information", explique-t-il. "Autant que je sache, la plupart des jeunes ne sont pas intéressés par ces élections, tout en aspirant au changement. Mais c'est le début d'un changement. C'est une première étape".
Rangoun, la principale ville du pays et capitale jusqu'en 2005, regorge de cafés internet où se retrouve la jeunesse du pays malgré la lenteur des connections, de fréquentes coupures de courant et d'énormes risques en cas d'activités jugées subversives par le pouvoir.
Ils suivent sur Google la vie des célébrités sud-coréennes, lisent le site de la BBC, discutent sur Google Talk et consultent Facebook. Le tout avec l'aide des employés des cafés, qui les aident à contourner le blocage de certains sites, même s'ils risquent la prison pour les premiers, la fermeture de l'établissement pour les seconds.
Selon l'organisation Reporters sans frontière, la législation birmane sur l'internet est "une des plus liberticides au monde".
Mais Tin San compte quelque 2.000 "amis" sur Facebook et son blog est suivi par des milliers de lecteurs. Il organise aussi des rencontres informelles pour discuter de la façon de contourner les restrictions de la junte.
"Les sites politiques sont interdits mais on peut encore les lire, via par exemple (l'agrégateur de contenus) Google Reader", souligne-t-il. Il donne aussi des recommandations sur la façon de protéger ses données privées sur les sites de socialisation.
Lors de la "révolte safran" emmenée par les moines en 2007, les Birmans ont utilisé internet pour raconter ce qui se passait dans leur pays, en texte et en photos. La junte avait alors décrété une interdiction totale de la toile.
Aujourd'hui, les connexions sont toujours ralenties à certaines dates, telles que le 8 août, anniversaire d'une autre révolte historique, en 1988. Et les contrôles devraient être renforcés durant les élections.
Mais pour l'heure, beaucoup discutent politique avec acharnement.
Win Oo, 28 ans, un nom d'emprunt lui aussi, a reçu une caricature du chef de la junte, le général Than Shwe, grimé en clown. "Si je veux regarder ce genre de choses, je m'assois dans un coin du café internet, pas au milieu. Car on ne sait jamais qui sont les autres utilisateurs", précise-t-il.
La possession d'une telle image, entre autres, a valu 12 ans de prison à un blogueur très connu, Nay Phone Latt, en 2008.

source AFP

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