Les chemins de fer cambodgiens repartent sur de nouveaux rails

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Les chemins de fer cambodgiens repartent sur de nouveaux rails

Message  Admin le Sam 23 Oct 2010 - 6:24

PHUM KSENG, Cambodge (AP) — Désormais privatisés, les chemins de fer cambodgiens tentent de renaître de leurs cendres avec un programme de rénovation. Fermé l'an dernier, le réseau ferré a repris officiellement du service vendredi avec l'ouverture d'une ligne de fret entre Phnom Penh et Touk Meas, près de la frontière vietnamienne.

Des experts en développement ont convaincu le gouvernement cambodgien de privatiser le train. A terme, promettent-ils, la rénovation du réseau permettra de relancer l'économie et de lutter contre la pauvreté. Elle favoriserait également la création envisagée d'une liaison régionale entre Singapour et Kunming en Chine.

"C'est un symbole puissant de la reconstruction et du redéveloppement du Cambodge", assure Lachlan Pontifex, expert de l'aide au développement auprès du gouvernement australien.

La réhabilitation du réseau pourrait toutefois aggraver la situation de milliers de Cambodgiens pauvres qui vivent et vendent des marchandises le long des voies, et craignent d'être expulsés de leurs logements. De leur côté, les conducteurs de "trains bambou", chariots de fortune qui transportent des passagers sur les voies, risquent de voir disparaître leur maigre gagne-pain.

Les promoteurs du programme de rénovation disent s'efforcer de minimiser ses effets indésirables, et dépenser des millions pour indemniser les personnes affectées.

Depuis une dizaine d'années, le pays connaît une forte croissance, marquée par un intense trafic routier. Le réseau ferré est lui en mauvais état. Un voyage en train entre Phnom Penh et Battambang, à 300km au nord-ouest, prend plus d'une journée, contre moins de quatre heures pour le même trajet en taxi.

Les autorités ont stoppé le trafic ferroviaire en novembre 2009 et passé un accord avec la société australienne Toll pour fonder une co-entreprise afin de rénover et gérer les chemins de fer. Toll a reçu 84 millions de dollars (60 millions d'euros) de prêts, notamment de la Banque asiatique de développement.

Après 5 millions de dollars (3,6 millions d'euros) d'investissements dans des nouveaux rails, des signaux, la réparation de locomotives et la formation de la main-d'oeuvre, la ligne Phnom Penh-Touk Meas a commencé à fonctionné avant son inauguration vendredi. Elle sera complètement achevée en 2013 avec notamment de nouveaux embranchements vers des ports.

"L'amélioration des infrastructures améliorera la compétitivité de l'économie cambodgienne et favorisera les investissements directs dans le pays", explique Putu Kamayana, directeur du bureau cambodgien de la Banque asiatique de développement.

Pour le moment, seul le fret est concerné par la nouvelle ligne, et le principal bénéficiaire à court terme devrait être l'industrie cimentière de Touk Meas. Selon les autorités, la concurrence du rail tire déjà les tarifs du transport maritime vers le bas, et devrait faire baisser le prix de marchandises.

De leur côté, des milliers de Cambodgiens vivant aux abords des voies ferrées s'inquiètent pour leur avenir. Jusqu'à 3.650 familles pourraient perdre leur logement ou leur moyen de subsistance. Le Banque asiatique de développement affirme qu'une enveloppe de plus de 3,5 millions de dollars (2,5 millions d'euros) a été prévue pour indemniser ceux qui devront déménager.

C'est une bien maigre consolation pour des villageois comme Khun Sarom, 38 ans, qui tient avec sa famille un commerce à quelques mètres des voies dans le village de Phum Kseng, à 80km de la capitale. Il vit dans cette maison depuis 20 ans, gagnant environ 5 dollars (3,6 euros) par jour en vendant des cigarettes et des DVD piratés, mais ne possède pas de titre de propriété pour le terrain.

Il dit ne pas savoir grand-chose du programme de rénovation ferroviaire et ne sait pas s'il pourra recevoir de l'argent ou du terrain en cas d'expulsion.

Au nord de Phnom Penh, Prak Pheam, 31 ans, déclare que le projet mettra son petit "train bambou" à la retraite. Il dit gagner au mieux 25 dollars (18 euros) par semaine et avait espéré toucher de l'argent pour compenser cette perte de revenu, mais cela ne devrait pas être possible. Seule une poignée de conducteurs de tains bambous ont été informés qu'ils recevraient quelque chose, affirme-t-il.

Source AP
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