Et si les insectes étaient la nourriture du futur ?

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Et si les insectes étaient la nourriture du futur ?

Message  Admin le Ven 19 Nov 2010 - 9:37

Malnutrition, obésité, gaz à effet de serre généré par l'élevage de viande : les insectes, grâce à leurs qualités nutritionnelles, pourraient être une solution alimentaire.

L'idée

Dans les pays occidentaux -aux Etats-Unis notamment-, l'obésité tend à devenir un véritable problème de santé publique ; à l'autre bout de la planète, la sécurité alimentaire est menacée ; par ailleurs, l'augmentation de la consommation de viande constitue une véritable menace pour la planète, puisqu'il est avéré que l'élevage génère près d'un cinquième des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Face à ce triple fléau, les insectes, dont les qualités nutritionnelles sont reconnues, pourraient constituer une alternative intéressante. Les Occidentaux en sont peu friands, alors qu'ils sont déjà très consommés en Asie du sud-est et dans certains pays d'Afrique et d'Amérique du Sud.

Comment la mettre en pratique

L'entomophagie est une pratique ancienne, qui remonte à la Grèce antique, comme l'attestent les écrits d'Aristote lui-même, repris par le National Geographic.

Selon les chiffres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, la FAO, au moins 527 insectes différents sont consommés dans de nombreux pays, notamment l'Afrique du Sud et le Botswana en Afrique, le Venezuela et la Colombie en Amérique du Sud, le Laos, le Cambodge, la Thaïlande, le Vietnam, la Chine ou le Japon en Asie.

Depuis une dizaine d'années, on redécouvre le fort potentiel nutritif des insectes : riches en protéines, en vitamines A et B ou encore en seuls minéraux, leurs bienfaits ont été longtemps sous-estimés.

La production générale d'insectes est peu coûteuse, respectueuse de l'environnement, car non-productrice de gaz à effet de serre, et suffisante pour nourrir un grand nombre de personnes, en leur donnant une alimentation équilibrée, sans matière grasse.

Du coup, les pays occidentaux, Etats-Unis et Canada en tête, commencent à s'y mettre, et l'on y voit fleurir de-ci de-là restaurants et livres dédiés à la cuisine des fourmis au miel, sauterelles grillées, brochettes de crickets et autres larves au chocolat.

La France, réfractaire aux insectes alimentaires
La France accuse quant à elle un retard certain. Alexis Chambon fait figure de précurseur : il est le seul restaurateur et fournisseur français de plats servis avec des insectes, 75 centimes d'euros le cricket, 15 euros le menu dégustation. Le cuisinier espère développer la tendance et vend ses produits dans des salons :

« Nous cuisinons surtout des grillons, des phasmes, des crickets, des teignes de ruche, parce qu'on les trouve en Europe. Nous avons nos propres élevages et proposons toutes sortes de produits, bonbons, sucettes ou pizzas. C'est une véritable gastronomie. Nos produits sont frais et nous cherchons toujours à innover. »

Quelques particuliers s'y mettent aussi, comme l'explique Michel Collin, entomologue :

« Il est possible d'élever chez soi dans un aquarium ses propres crickets. Les consignes sont précises. Il faut acheter une quinzaine de crikets en animalerie pour 10 euros et les nourrir avec des fibres chez soi. L'aquarium fera 60 cm sur 30 cm, avec une surface grillagée et un éclairage pour leur apporter luminosité et chaleur. Je connais une trentaine de personnes dans le Morbihan qui en élèvent. »

Enfin, des sites comme InsectesComestibles.fr permettent de commander bonbons, sucettes, apéritifs aux insectes et proposent des recettes.

Ce qu'il reste à faire

Pour les Occidentaux, l'entomophagie reste malgré tout une idée saugrenue, voire une coutume barbare. Une réticence tout à fait dommageable, puisqu'elle tend à influencer les comportements des pays du sud, comme l'explique Paul Vantomme, spécialiste des forêts à la FAO :

« Nous soutenons cette pratique avant qu'il ne soit trop tard. Car elle s'affaiblit en raison de l'influence des cultures occidentales. Cette nourriture est pourtant plus riche en protéines que la plupart des animaux. Notre rôle est de promouvoir cette gastronomie et de lutter contre la vision qui considère que l'entomophagie est un tabou. »

Selon l'ONU en effet, la consommation d'insectes serait une solution pour résoudre les problèmes de malnutrition dans le monde, qui concernent près d'un milliard d'individus.

Paul Vantomme estime que la sécurité alimentaire, notamment dans les pays pauvres, en dépend. Plus de 1000 espèces comestibles ont été recensées :

« Il ne faut pas oublier que l'objectif de la FAO est d'établir une sécurité alimentaire d'ici 2015. Notre organisation met en place des programmes, notamment au Laos, pour faciliter l'élevage et la culture des insectes. »



Quand les gens essaient ces bestioles, ils décrivent souvent leur goût comme proche de la noisette, du champignon, de la terre ou de la crevette. Les insectes ont un goût plutôt 'normal', pas comme d’autres aliments qui ont des saveurs fortes et inhabituelles, comme les moules ou le fromage. Au 19e siècle aux États-Unis, les langoustes et les crustacés n’étaient pas considérés comme des mets de choix. Ils servaient à nourrir le bétail ou comme engrais pour la terre. Cela montre bien que les comportements alimentaires évoluent. Au Cambodge, les criquets sont tellement appréciés qu’il y a déjà eu des pénuries. Je pense donc qu’il est possible que les insectes deviennent plus que des friandises, c'est-à-dire une source importante de nourriture.

Les insectes ne sont pas seulement un aliment alternatif. Ils sont bien meilleurs pour la santé que les protéines traditionnelles. Les criquets sont un très bon substitut au bœuf : ils offrent la même quantité de protéines, mais avec davantage de fer. Les larves sont riches en oméga 3, 6 et 9, que l’on trouve aussi dans le poisson, mais elles n’ont pas de mercure. Et cela ne pose pas de problème de les élever par millier. Contrairement à l’élevage d’une vache, tout le monde peut cultiver des insectes. Cela demande peu d’expertise, peu de dépense et peu d’espace. Moi, j’élève des larves dans mes toilettes."



source
http://observers.france24.com/fr/content/20110812-monde-onu-fao-insecte-famine-cuisine-nourriture-alternative-culture-developpement-durable-proteine




Dernière édition par Admin le Mer 10 Oct 2012 - 8:29, édité 1 fois
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Laos : des insectes pour combattre la malnutrition

Message  Admin le Mer 10 Oct 2012 - 8:29

Un projet prometteur mené au Laos par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pourra-t-il être repris par les autorités ?



Les insectes sont la source de protéines de demain et peuvent faire reculer la malnutrition. C’est en partant de ce postulat que la FAO, en collaboration avec le ministère de la Santé du Laos, a lancé en 2010 dans la capitale Vientiane un projet d’insectes comestibles avec un budget de 475.000 dollars sur deux ans, et destiné à promouvoir la production et la consommation de grillons et autres larves du charançon du palmier, écrit l’agence d’information onusienne Irin. Le projet, qui doit s’arrêter en 2013, a été bien accueilli dans un pays où, comme dans d’autres d’Asie du Sud-Est, à l’image de la Thaïlande ou du Cambodge, les habitants ont l’habitude de déguster certains insectes en amuse-gueules à l’heure de l’apéritif. Des techniques d’élevage ont été mises au point avec l’Université nationale du Laos, des « fermes » spécialisées ont vu le jour, et cet engouement pour ce « mini-bétail » particulier semblait promis à un bel avenir et aurait même pu déferler à terme sur le reste du monde.

Pourtant, il semble que la FAO n’ait pas pensé ou même souhaité transmettre aux autorités laotiennes tout le savoir-faire tiré de son expérience, et que celle-ci restera à dormir dans des cartons estampillés ONU lorsque l’agence onusienne aura bouclé le projet dans le pays au million d’éléphants. « Le ministère de la Santé a très peu de données sur le projet d’insectes comestibles car la FAO en est le propriétaire et le corps compétent de ce projet », reconnaît Vansilalom Viengxay, responsable de la division de la nourriture et du contrôle du ministère de la Santé. Somchit Akkhavon, le directeur-général adjoint du département de l’hygiène et de la prévention du même ministère et directeur de projet pour celui des insectes comestibles, confirme que rien n’a été prévu pour que le gouvernement laotien puisse reprendre le projet lorsque le financement de la FAO s’arrêtera. « Les insectes comestibles ne sont pas une priorité pour le ministère de la Santé ou le ministère de l’Agriculture. Il est important de garder le savoir et les traditions, mais il n’y a pas de plans pour reprendre le projet. Certaines fermes à insectes pourront peut-être continuer à fonctionner toutes seules, mais d’autres fermeront à cause de la fin du financement », indique-t-il.

Les autorités du Laos ne savent pas si elles participeront au Comité de coordination pour l’Asie de la FAO et de l’OMS (CCASIA) sur les standards alimentaires mondiaux qui se tiendra à Tokyo du 5 au 9 novembre prochain. Cela dépendra des données qu’elles seront capables de présenter sur les insectes comme « produits d’intérêt » de la région pouvant avoir un marché international.

L’entomologie constitue pourtant un espoir réel contre la malnutrition pour les pays en développement et notamment le Laos, où près de la moitié des enfants de moins de cinq ans et 56% des femmes enceintes souffrent d’une anémie causée par un manque de fer, un grave problème de santé publique selon l’Unicef. Selon la FAO, 100 grammes de sauterelle contiennent 20 grammes de protéines, soit seulement 7 grammes de moins qu’une portion équivalente de bœuf, tandis que 100 grammes de grillon contiennent quatre fois plus de protéines que la même quantité de poulet.

http://asie-info.fr/2012/10/10/laos-des-insectes-pour-combattre-la-malnutrition-511350.html

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Cultiver des algues sur les toits de Bangkok

Message  Admin le Mar 27 Aoû 2013 - 10:01



Déjà utilisée en Afrique notamment pour lutter contre la malnutrition, la spiruline est une algue qui contient une forte dose de protéines. En Thaïlande, une entreprise a décidé de la cultiver sur les toits. Cette algue est la dernière innovation de l'agriculture urbaine, idéale dans une mégalopole qui manque de place.
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