Visiter la Birmanie aujourd'hui: une necéssité !

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Visiter la Birmanie aujourd'hui: une necéssité !

Message  Admin le Lun 23 Mai 2011 - 9:27

Quelques mois seulement après les élections commandées par la junte au pouvoir, les premières depuis vingt ans, et la libération d’Aung San Suu Kyi, la Birmanie va-t-elle s’ouvrir un peu plus aux touristes étrangers ? Et, si c’était le cas, le pays est-il prêt à accueillir plusieurs millions de visiteurs par an, prêts à consommer ses richesses bien gardées ?

Le chauffeur, qui n’avait pas décoché un mot depuis l’aéroport, se retourne brusquement en pointant sur sa droite un vieux portail fermé. « Aung San Suu Kyi », s’exclame-t-il, dévoilant une rangée de dents rougies par le bétel. Nous avons à peine le temps d’apercevoir la maison, cachée par un rideau de végétation, que la Toyota déglinguée qui nous sert de taxi s’engage dans un labyrinthe de petites rues au coeur de la Golden Valley, l’un des quartiers résidentiels les plus huppés de Rangoun. C’est là, sur la rive du lac Inya, que le prix Nobel de la Paix a passé 18 des 20 dernières années de sa vie, assigné à résidence. Il y a encore quelques mois, il aurait été impossible à quiconque d’approcher de la maison. C’est d’ailleurs peut-être le seul signe visible de changement depuis les élections du 8 novembre dernier : les barrages ont été levés et les militaires ont déguerpi. Aung San Suu Kyi est libre. Un symbole fort mais qui ne trompe personne ici. Si les longyi ont remplacé les uniformes, depuis Naypyidaw, Than Shwe et ses sbires gardent une main ferme sur les affaires du pays. Pas question donc d’engager une discussion politique avec notre chauffeur de taxi ou les autres Birmans que nous croiserons au hasard de notre périple. La police secrète, alimentée par un réseau de mouchards présents dans chaque quartier, chaque village, veille à ce que toute forme d’opposition soit identifiée, et neutralisée. De l’avis des observateurs étrangers présents sur place, une majorité de la population perçoit toutefois ces élections comme un « changement ». Et tout changement en Birmanie, si infime soit-il, est porteur d’espoir...


Un raz-de-marée destructeur de cultures...

En ce mois de février, la saison touristique bat son plein. A la Shwedagon, parmi la foule des fervents, les touristes occidentaux sont nombreux à attendre que l’impressionnant stupa couvert d’or, à la tombée du jour, s’illumine de mille feux. On avait pourtant craint le pire. Mais, au grand soulagement des professionnels, les élections de novembre n’ont pas déclenché d’affrontements, qui auraient pu éloigner les touristes, comme après la révolte des moines ou le cyclone Nargis. Après une longue traversée du désert, le secteur, qui fait vivre plusieurs dizaines de milliers de personnes, s’est redressé. Car les touristes sont revenus, encore plus nombreux. Malgré la dictature sévère qui règne sur le pays depuis plus de 50 ans, l’embargo toujours en vigueur et le manque d’infrastructure, la Birmanie attire toujours autant.

N’est-elle pas, après tout, l’un des derniers pays au monde épargnés par le tourisme de masse ? N’est-ce pas cet isolement qui a permis de préserver des cultures, des modes de vie, des traditions souvent piétinés dans d’autres pays sous l’effet destructeur de la croissance et, souvent, de la corruption ? Faut-il reprocher aux touristes étrangers d’aimer cette Birmanie ? De les dissuader de venir alimenter en devises les caisses de dictateurs sanguinaires qui privent le peuple de liberté et lui limitent l’accès aux soins et à l’éducation ? Quels poids peut avoir cette bonne conscience devant un fait reconnu : l’industrie du tourisme est l’un des rares secteurs qui bénéficient directement à la population ? L’un des pays les plus pauvres au monde n’est-il pas, aussi, l’un des plus riches par sa culture, son histoire et ses centres d’intérêt ? De Rangoun à Mandalay, de Bagan au lac Inle, de Mrauk-U à Ngapali, se rendre en Birmanie n’est pas une question de bonne ou de mauvaise conscience, c’est une nécessité. Disons-le sans avoir peur du cliché, cette Birmanie-là possède un atout indéniable : son authenticité. Un pays extraordinairement authentique. L’une des dernières civilisations, peut-être, à avoir évité McDonald’s et Microsoft. Un autre temps où les hommes sont encore au centre d’une roue qui tourne lentement, au rythme des saisons, des récoltes et des chars à boeufs. Comment alors ne pas tomber sous le charme de cette « Thaïlande d’il y a 50 ans », comme on l’entend si souvent dire ? Avec moins de 300 000 touristes par an (contre 15 millions chez son voisin), la Birmanie a échappé, jusqu’à présent, au raz-de-marée destructeur de cultures. C’est certainement le sentiment commun à tous ceux qui ont un jour visité ce pays : c’est un voyage enchanteur. Une plongée dans l’Extrême-Orient de Kipling et Kessel. faite de rencontres inattendues, de découvertes intrigantes, de magie aussi devant ces trésors archéologiques et naturels. C’est tout le paradoxe de la Birmanie. Que deviendrait ce pays si, comme chez son voisin thaïlandais, les généraux finissaient pas concéder certaines libertés, condition d’ouverture au développement ? Il suffit d’un signal, comme la création d’une assemblée parlementaire, pour faire frémir, aux portes du pays, les investisseurs qui lorgnent les immenses richesses de cet ancien royaume et son potentiel de développement. Les Birmans, les minorités ethniques, en seront les premiers bénéficiaires. Et c’est bien là l’essentiel ! Que le peuple reprenne le cours de son destin, interrompu par plus de 50 ans d’obscurantisme.

Qu’adviendra-t-il alors, quand des vagues de touristes déferleront chaque année dans le pays ? Bagan la magnifique, Inle et son écosystème si fragile, les plages, les îles du Sud encore peu spoliées, Mandalay la royale, Rangoun la coloniale, mais aussi les régions aujourd’hui fermées aux étrangers, résisteront-elles à cet afflux massif de visiteurs et de capitaux ? Le futur gouvernement birman suivra-til l’exemple du Sri Lanka, où la priorité, depuis la fin du conflit avec les Tigres tamouls, est donnée à la préservation de l’environnement et des cultures et au développement durable ? Ou prendra-t-il, comme on peut le craindre, le chemin de son voisin siamois, où corruption et préservation des ressources naturelles ne font pas toujours bon ménage ? Visiter la Birmanie aujourd’hui c’est aussi repartir avec ce sentiment mitigé : avoir la chance d’y être allé « avant »...


Gîte et couvert
Si les Français de Birmanie ne sont pas très nombreux, certains s’y sont installés depuis de très longues années. C’est le cas de Natasha et Anne-Cécile, qui viennent d’ouvrir à Rangoun une charmante maison d’hôtes et un restaurant ; d’Hervé, directeur de l’agence de voyage Gulliver, spécialiste du tourisme taillé sur mesure, et de Yannick, qui vit à Inle depuis plus de 14 ans, où il s’adonne à diverses passions, en plus de la direction de l’hôtel le plus luxueux du lac.
Rencontre avec ces Français heureux de vivre dans l’un des pays les plus fermés au monde...
Lorsque Natasha Schaffner et Anne-Cécile Brajon sont tombées sur cette belle maison au charme colonial avec dépendances et grand jardin tropical comme on n’en trouve plus beaucoup dans la Golden Valley, le quartier résidentiel situé au Sud du lac Inya, les deux amies savaient qu’elles avaient trouvé ce qu’elles cherchaient. Après quelques mois de travaux pour décorer les quatre chambres d’hôtes de la maison avec goût et simplicité, aménager un restaurant de plein air surmonté d’une grande toiture et recruter le personnel, l’Alamanda a ouvert ses portes en octobre dernier.

Les deux amies n’ont pas eu à attendre très longtemps pour connaître le succès. Ce nid au coeur d’une oasis de verdure et de tranquillité en plein centre de Rangoun, à quelques pas de l´école française Joseph Kessel, est vite devenu le repère des expatriés et des résidents du coin, qui apprécient autant le cadre en plein air que les plats de Natasha. Cette cuisinière hors de pair, qui a tenu pendant six ans la cafétéria de l’Alliance française, où elle animait aussi un atelier de théâtre, sait de quoi elle parle quand il s’agit de jouer avec les casseroles pour concocter de bons petits plats bourgeois, « ceux qui, au début du siècle dernier, étaient enseignés aux filles de bonne famille », aime à rappeler cette mère de deux enfants. Salades composées, filets de boeuf, escalope normande, filet mignon, mousse au chocolat, mais aussi tajine et couscous : la carte est simple, mais comprise de tous les palais, même étrangers...

Dynamique ! Voilà un qualificatif qui sied comme un gant à Anne- Cécile, « la deuxième roue du carrosse », qui, à défaut de toucher aux fourneaux, est au four et au moulin. La maison, l’intendance et le marketing, c’est d’ailleurs son affaire. Débarquée à Rangoun dans le cadre de ses études d’archéologie – elle a appris le birman aux Langues O –, elle n’en est jamais repartie. Tour à tour prof à l’Alliance et interprète pour la Croix Rouge Internationale, elle vient juste de, dit-elle, « trouver le temps » de se marier. Il faut dire que la maison n’a pas désempli depuis son ouverture, le bouche à oreille a fait son oeuvre et les agents de voyage les ont tout de suite soutenues. D’autant qu’il n’existait pas encore d’endroits aussi confortables et personnalisés dans l’ancienne capitale. C’est chose faite !

Alamanda Inn
60/B, Swe Taung Gyar Rd, Bahan Rsp, Rangoun
Tél (951) 534 513
alamanda.inn@gmail.com

source http://www.gavroche-thailande.com/actualites/birmanie/1570-visiter-la-birmanie-aujourd-hui-une-necessite
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