Femmes de, filles de, soeurs de...

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Femmes de, filles de, soeurs de...

Message  Admin le Mar 12 Juil 2011 - 7:27

L'Asie est décidément un réservoir inépuisable de femmes de pouvoir. Dernière lauréate : la Thaïlandaise Yingluck Shinawatra, 44 ans. Après la victoire de son parti aux élections du 3 juillet, cette femme d'affaires au physique avantageux et au sourire éclatant va devenir dans les prochaines semaines la première chef de gouvernement de sexe féminin du royaume.

Le succès de ces femmes de pouvoir en Asie est le fruit d'un double paradoxe : d'abord, le contraste entre leurs réussites et le caractère machiste des sociétés dont elles sont issues. Leurs victoires n'illustrent donc pas toujours une réelle avancée de la position des femmes dans les pays où elles ont été élues : c'est l'héritage familial, au sens politique du terme, qui a joué un rôle fondamental dans leur accession au sommet. Toutes, elles ont été ou sont "femme de", "fille de", "soeur de". Ce qui, bien sûr, ne les a souvent pas empêchées de faire preuve de réelles qualités de détermination, d'intelligence et de résilience.

Yingluck n'échappe pas à cette règle : le succès, elle le doit à son frère Thaksin Shinawatra, ex-premier ministre renversé par les militaires en 2006. La victoire électorale du parti de sa soeur, propulsée candidate il y a deux mois, permet ainsi à l'ancien chef de gouvernement exilé à Dubaï - où il s'est installé il y a trois ans afin d'échapper à une condamnation pour corruption - d'effectuer son retour symbolique en politique. Durant la campagne électorale, Thaksin avait prévenu : "Yingluck, c'est mon clone." On ne pouvait être plus clair. Yingluck est novice dans la gestion des affaires d'Etat, mais les Thaïs qui ont voté pour elle auront aussi voté pour le frère, indirectement.

Un même substrat à la conquête du pouvoir s'était produit, dans des contextes différents, ailleurs sur le continent : Indira Gandhi, deux fois premier ministre de l'Inde, qui fut assassinée en 1984, était la fille du Pandit Nehru, premier chef de gouvernement de l'Inde indépendante. Même si elle a été une formidable - et très controversée - femme de pouvoir, elle ne serait vraisemblablement pas arrivée si haut sans le poids de l'histoire que véhiculait son géniteur, héros de l'indépendance aux côtés du Mahatma Gandhi - avec lequel, faut-il le rappeler, Indira n'avait aucun lien de parenté...

Plusieurs femmes présidentes ou premiers ministres d'Asie sont arrivées au sommet à l'issue de tragédies familiales. Elles ont remplacé leurs pères ou leurs maris assassinés, reprenant à leurs comptes les qualités du défunt, affirmant par leur présence même une certaine continuité : Benazir Bhutto, deux fois premier ministre du Pakistan, dans les années 1980 et 1990, était la fille de l'ex-chef du gouvernement pakistanais Zulfikar Ali Bhutto, renversé par l'armée puis pendu en 1979. Elle-même paya au prix fort son engagement : en décembre 2007, elle meurt dans un attentat à Rawalpindi. Renversement de situation, c'est son mari, Asif Ali Zardari, qui préside aujourd'hui le Pakistan !

La carrière de Chandrika Kumaratunga, premier ministre puis présidente du Sri Lanka (1994-2005), est une sorte de caricature de l'héritière politique : son père, Solomon, fut premier ministre de l'ancienne Ceylan avant d'être tué par un moine bouddhiste en 1959. Sa mère, Sirimavo, fut la première femme au monde à devenir chef d'un gouvernement. Elle remplaça son défunt de mari et fut trois fois premier ministre dans les années 1960, 1970 et 1990 ! La troisième fois, c'est sa fille Chandrika, devenue présidente, qui la nomma à ce poste - où elle n'exerçait plus à la fin qu'un pouvoir nominal... On comprend que les rapports mère-fille ne furent pas toujours des plus faciles.

Au Bangladesh, l'actuelle premier ministre, Cheikh Hassina, est la fille de Mujibur Rahman, père de l'indépendance. Lui aussi connu une fin tragique : il fut assassiné en 1975. Cheikh Hassina en est aujourd'hui à son deuxième passage au pouvoir, qu'elle n'a cessé d'échanger, depuis des années, avec sa rivale acharnée, Khaleda Zia. Cette dernière fut l'épouse du dictateur Zia Ur Rahman, tué lui aussi durant un contre coup d'Etat en 1981. Ce qui propulsa en politique cette femme au foyer, qui n'aurait jamais songé à accéder à de telles fonctions si le destin ne l'avait pas décidé pour elle.

Quant à Corazon Aquino, femme d'un leader d'opposition philippin assassiné, Benigno Aquino, elle fut portée à la tête de la présidence de l'archipel en 1986, à l'issue de l'extraordinaire révolution populaire contre le dictateur Ferdinand Marcos.

Terminons la liste en mentionnant l'Indonésienne Megawati Sukarnoputri, fille de l'ancien président Sukarno, élue chef de l'Etat en 2001. Et aussi, aux Philippines, le long passage comme présidente de Gloria Macapagal Arroyo (2001-2010), elle-même fille de l'ancien chef de l'Etat Diosdao Macapagal à la fin des années 1950.

Tout de même, il y a un mystère dans la prolifération de ces égéries asiatiques, dont le bilan au pouvoir est varié, parfois fort mitigé - mais ni plus ni moins que celui les hommes. L'inconscient collectif d'un sous-continent indien marqué par la révérence pour la Shakti, cette puissance de la féminité, cette énergie complémentaire exsudée par les déesses du panthéon hindou, pourrait-il fournir des éléments d'explication ?

Si elles ont un point commun, ce n'est en tout cas pas la mise en pratique du féminisme : en général, elles n'ont pas démontré une grande appétence à se battre pour améliorer la condition des femmes de leur pays... Point positif, elles peuvent se targuer d'être toutes arrivées au pouvoir par le biais d'élections : la figure de la femme putschiste est, ici comme ailleurs, encore inconnue.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/07/08/femmes-de-filles-de-soeurs-de_1546463_3216.html
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En Asie, le pouvoir des femmes en héritage... pour l'instant

Message  Admin le Jeu 4 Aoû 2011 - 6:18

AFP - BANGKOK — La future Premier ministre thaïlandaise rejoindra cette semaine une longue liste de femmes asiatiques parvenues au pouvoir grâce à leurs liens familiaux. Une tendance qui n'est pas forcément un signe de victoire pour la parité, selon les analystes.
Yingluck Shinawatra, novice en politique, est passée de l'anonymat à la célébrité lorsque son frère, l'ancien Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, l'a propulsée tête-de-liste du parti d'opposition Puea Thai pour les législatives du 3 juillet. En la décrivant comme son clone.
Et cette ascension fulgurante, qui doit faire d'elle vendredi la première Thaïlandaise chef de gouvernement, n'est pas unique en Asie-Pacifique, où beaucoup de femmes sont arrivées au sommet grâce à leur nom, souvent après la mort d'un membre de leur famille.
En 1960, après l'assassinat de son mari, Sirimavo Bandaranaike devient Premier ministre du Sri Lanka. Elle est la première femme au monde à occuper ce poste.
En Inde, Indira Gandhi suit les traces de son père Jawaharlal Nehru, comme la Pakistanaise Benazir Bhutto et l'Indonésienne Megawati Sukarnoputri.
Et la Birmane Aung San Suu Kyi aurait également repris le flambeau de son père, héros de l'indépendance, si la junte avait accepté sa victoire aux élections de 1990.
Mais selon les analystes, ce phénomène est plus lié à l'hégémonie de dynasties politiques dans la région qu'à une amélioration de l'égalité homme-femme.
Les femmes asiatiques traditionnelles ne "sont pas supposées être des leaders politiques" dans une région dominée par une culture patriarcale "macho", commente Paul Chambers, chercheur à l'université Payap de Chiang Mai, en Thaïlande.
Mais des partis politiques "sous-développés" laissant des familles puissantes dominer ont créé des opportunités pour des femmes. En dernier recours.
Ces dynasties préfèrent faire confiance à leur famille, mais "quand des hommes chef de parti n'ont pas de parent masculin disponible, ils se tournent vers leurs filles", ajoute-t-il.
Certains hommes sont aussi parvenus au pouvoir de cette façon, tempère Bridget Welsh, professeur de sciences politiques à Singapour. Comme le mari de Bhutto, Asif Ali Zardari, actuel président pakistanais.
Les dynasties politiques existent aussi ailleurs, mais l'Asie manque singulièrement de femmes étant parvenues au sommet d'une autre manière.
En Thaïlande, la victoire de la photogénique femme d'affaires Yingluck, accompagnée du slogan "Thaksin pense, le Puea Thai fait", a été vue plus comme celle de son frère que comme une avancée du féminisme.
Et si les Thaïlandaises occupent des places de choix dans le monde des affaires, elles n'étaient que 13% dans l'assemblée nationale issue des précédentes élections de 2007, selon l'Union interparlementaire.
Alors que la moyenne est de 19,5% dans le monde et de 18,3% en Asie, selon cette organisation des parlements du monde.
Avoir une femme à la tête du pays ne garantit pas non plus un changement d'état d'esprit des populations.
Ainsi, malgré leur histoire de femmes fortes au pouvoir, plus de 50% des Pakistanais et des Bangladais estiment que les hommes sont de meilleurs dirigeants, selon une étude de 2007 du Pew Research Centre.
"L'Asie n'a pas encore eu sa Margaret Thatcher", commente Chambers en référence à l'ancienne Premier ministre britannique.
Mais les choses changent malgré tout, petit à petit.
Par exemple à Taïwan, la leader de l'opposition Tsai Ing-wen, sans soutien familial, est candidate à l'élection présidentielle de janvier 2012.
"Ayant vu des femmes dirigeantes, les électeurs asiatiques sont de plus en plus susceptibles d'accepter de plus en plus de femmes politiques. Alors le temps est venu pour une présence féminine plus importante dans la politique asiatique", prédit Chambers.
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Message  Admin le Mer 19 Oct 2011 - 4:25

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"Yingluck" sous le flot des critiques

Message  Admin le Sam 29 Oct 2011 - 6:53

Depuis son accession au pouvoir, en août, la dame était attendue au tournant : Yingluck Shinawatra, 44 ans, première femme de l'histoire de la Thaïlande à la tête d'un gouvernement, est submergée par un flot de critiques à propos de sa gestion des inondations, un désastre qui menace désormais directement le coeur de Bangkok. Les adversaires politiques de la soeur cadette de l'ancien premier ministre Thaksin - renversé par les militaires en 2006 et aujourd'hui en exil - conjuguent leurs efforts pour traîner dans la boue le chef du gouvernement.
Les responsables de gestion de crise dont elle s'est entourée n'ont certes brillé ni par leur efficacité ni par leurs talents de communicateurs : déclarations contradictoires, annonces floues, manque patent de coordination, les efforts déployés par le "FROC", acronyme anglais désignant le centre des opérations de secours, ont été perçus comme étant placé sous le signe de la plus grande confusion. Et le fait que la première ministre soit une ancienne femme d'affaires dépourvue d'expérience politique n'a pas aidé cette dernière à affirmer son autorité.

"Elle a fait le mauvais choix dans la désignation des responsables, s'insurge avec colère l'urbaniste Niramon Kulsrisombat, professeur à l'université Chulalongkorn de Bangkok. Rendez-vous compte : les personnes dirigeant le FROC sont l'actuel ministre de la justice, le ministre de l'intérieur et un ancien chef de la police. En quoi sont-ils compétents pour s'occuper de questions aussi complexes nécessitant une vraie connaissance technique ?" Entre autre exemple, ce même ministre de la justice, Pracha Promnok, a dû reconnaître récemment que le volume des quantités massives d'eau descendant du nord du pays vers Bangkok après une période de fortes moussons "avait été sous-estimé"...

Au demeurant, un gouvernement aux manettes depuis à peine plus de deux mois ne peut-être tenu pour responsable d'une catastrophe redoutée de longue date par les experts, et dont l'anticipation avait été superbement ignorée par les gouvernements précédents. "Par le passé, les premiers ministres ne se sont jamais préoccupés du management des flux aquatiques, et c'est pourquoi on en paie aujourd'hui les conséquences", reconnaît l'urbaniste Kulsrisombat. Qui accuse tout de même : "Ce gouvernement a battu tous les records de nullité !"

L'affaire a pris désormais un tour très politique. La façon dont ce test crucial pour l'actuel cabinet est jugé par certaines élites et la presse s'inscrit aussi dans le contexte de récents et tragiques événements : au printemps 2010, une partie du centre des affaires de Bangkok avait été paralysée par le mouvement des "chemises rouges" obéissant au frère de l'actuelle première ministre, déjà en exil à la suite du putsch de 2006. Cette confrontation, qui incarnait le gouffre séparant les élites urbaines du monde paysan, avait été violemment réprimée par l'armée. Le bain de sang avait fait plus de 90 morts et plus d'un millier de blessés. Après les élections du 3 juillet qui ont donné une victoire sans conteste au Peu Thaï (Partis pour les Thaïs) de Yingluck Shinawatra, les adversaires de cette dernière semblent aujourd'hui tenir leur revanche.

Entre autres exemples, le gouverneur de Bangkok, Sukhumbhand Paribatra, n'a cessé jusqu'à il y a peu de contredire les décisions gouvernementales, allant même jusqu'à déclarer au public : "Ecoutez-moi, et moi seulement ! Je vous dirai quand il sera temps d'évacuer !". Mais ce même gouverneur, proche de l'ancien Parti démocrate au pouvoir, a récemment préféré compter sur des pratiques magiques pour sauver la capitale en participant à un antique et obscur rituel khmer destiné à "chasser l'eau"... Il est en tout cas avéré que "Yingluck", ainsi que tout le monde l'appelle ici, a brûlé le capital de sympathie qu'elle avait acquis durant la campagne électorale en juin, y compris dans certains cercles très hostiles à son ancien premier ministre de frère.

"On la traite de buffle stupide, de midinette, de poupée Barbie sans cervelle, écrit dans le quotidien The Nation le chercheur thaï Pavin Chachavalpongpun, rattaché à l'Institut des études pour le Sud-Est asiatique de Singapour. C'est vrai qu'elle a sans doute réagi trop lentement. Mais doit-elle être accusée de tous les maux ? Pourquoi le département de l'irrigation a-t-il choisi de ne pas délester les énormes quantités d'eaux contenues dans les barrages au commencement de la saison des pluies en mai (soit bien avant l'accession au pouvoir de "Yingluck") et refusé de le faire en dépit d'une mousson particulièrement abondante ? Pour l'heure, ceux qui se plaignent le plus sont les résidents de Bangkok qui ont jusque-là eu la chance de garder les pieds au sec..."

Alors que la situation s'aggrave et que le fleuve Chao Phraya commence à déborder près du palais royal - même si la majorité de Bangkok n'est pas affectée -, des rumeurs de "putsch aquatique" circulent, alimentées par les radios des "chemises rouges", toujours prêtes à dénoncer la main occulte des militaires dans ce royaume qui a connu en quatre-vingts ans dix-huit coups d'Etat réussis ou avortés. Rien ne permet d'étayer ces rumeurs. Mais il semble que l'armée, selon certains experts des questions militaires, ait choisi de faire cavalier seul dans les opérations de secours. Histoire, sans doute, de démontrer les piètres qualités d'administratrice d'une première ministre qui tire sa seule légitimité de son frère Thaksin, détrôné par ces mêmes militaires...

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/10/28/yingluck-sous-le-flot-des-critiques_1595615_3216.html
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Re: Femmes de, filles de, soeurs de...

Message  Admin le Mer 18 Juil 2012 - 17:16




Première femme à occuper le poste de premier ministre en Thaïlande, Yingluck Shinawatra, revient sur sa première année de mandat. Une année difficile puisque la Thaïlande a dû faire face à des inondations qui ont coûté la vie à plus de 500 personnes au mois d’octobre 2011. La Première ministre thaïlandaise s’exprime aussi sur sa prochaine rencontre avec François Hollande.

http://www.france24.com/fr/20120717-Yingluck-Shinawatra-Thaksin-Shinawatra-Thaïlande-France-Asie
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Chronique siamoise : tout glisse sur la carapace de Crabe

Message  Admin le Mer 1 Aoû 2012 - 6:34

Sous son air candide, la cheffe du gouvernement thaïlandais Yingluck Shinawatra tire son épingle du complexe jeu politique thaïlandais.



A la fin d’un récent séminaire de sciences politiques à l’université Thammasat de Bangkok, l’historien thaïlandais Charnvit Kasetsiri évoquait cette singulière capacité des femmes asiatiques au pouvoir à tromper leur monde. L’universitaire rappelait que beaucoup d’observateurs se moquaient de Megawati Sukarnoputri en Indonésie ou de Corazon Aquino aux Philippines quand elles avaient pris leurs fonctions présidentielles. «Elles ont toutefois toutes deux mené leur mandat présidentiel à terme. Ne sous-estimez pas Yingluck», concluait-il. Ne vendons pas, donc, la carapace de «Crabe» trop tôt.

Comme tous les enfants de Thaïlande, Yingluck Shinawatra a en effet reçu dès son plus jeune âge un surnom d’une syllabe, qui correspond à certaines caractéristiques physiques ou de comportement. «Crabe» (Pou en thaï) est attribué aux enfants qui donnent l’impression de rester dans leur carapace, d’être sur la réserve. Dans la Yingluck première ministre de Thaïlande de 2012, il reste un peu de la timide étudiante de Chiang Mai, à la fois sérieuse et respectueuse, une jeune femme qui veut bien faire et ne pas décevoir. A la tête de l’exécutif thaïlandais, elle prête certainement le flanc à la critique. Ses réponses habituelles aux questions épineuses sont de dire qu’il faut en référer au ministre ou au chef de département directement concerné. Ses injonctions de cheffe du gouvernement sont le plus souvent de dire aux ministères et aux diverses agences de «se coordonner».

Interrogée récemment par la presse thaïlandaise sur une possible visite dans le sud à majorité musulmane du royaume, en proie à une violente insurrection séparatiste depuis janvier 2004, elle répond que les «technologies de communications sont suffisamment bonnes» pour qu’elle transmette ses ordres aux autorités sans se déplacer, tout en ajoutant qu’elle n’exclut pas d’y descendre «si cela est utile». Dans un récent entretien publié par Le Monde, elle avoue sans fard qu’elle aura hâte de «faire du shopping» à Paris, une fois les rencontres officielles terminées. Et, interrogée sur ses goûts musicaux lors de sa conférence de presse devant le Club des correspondants étrangers en Thaïlande, elle dit sa faiblesse pour les «chansons faciles» qui l’aident à se relaxer.

On est loin, certes, du brio d’un Abhisit Vejjajiva, de la hauteur de vues d’un Anand Panyarachun ou du propos incisif d’un Chuan Leekpai. Mais une majorité des Thaïlandais préfèrent sans doute cette femme élégante, pleine de charme et qui fait bonne figure aux côtés des chefs de gouvernement et chefs d’Etat de la planète à un politicien verbeux qui leur semblerait hors de portée. D’ailleurs, Yingluck Shinawatra ne laisse rien au hasard. Elle a fortement insisté, lors de son voyage en France à la fin de juillet, sur les détails du protocole, sachant qu’une équipe de télévision thaïlandaise la suivrait et que son image serait regardée dans les foyers du royaume. Un autre entretien avec la presse française, paru dans Le Figaro, révèle une certaine finesse de Yingluck, qui répond sans répondre, esquive et botte en touche. Au final, on ne peut pas lui reprocher grand-chose.

Il reste bien sûr la principale équivoque, celle de sa relation avec son frère ainé de 20 ans, l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, enfui de Thaïlande en 2008 peu avant d’être condamné à deux ans de prison pour abus de pouvoir. Le grand frère tire-t-il les ficelles de Crabe ? Bien malin qui peut répondre, sauf à être une petite souris qui puisse assister aux conversations entre Méo, tel qu’est surnommé Thaksin selon une minorité ethnique du nord, et le candide crustacé.

Max Constant

http://asie-info.fr/2012/07/29/chronique-siamoise-tout-glisse-sur-la-carapace-de-crabe-57310.html
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