Cambodge - Un bungalow au pays des Khmers

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Cambodge - Un bungalow au pays des Khmers

Message  Admin le Sam 24 Sep 2011 - 6:11


Photo : Mélissa Guillemette - Un bungalow dans l’île de Koh Rong

Le pays des Khmers offre des plages vierges et des collines fraîches qui invitent à la détente. Pour vivre la mer autrement et savourer la campagne dans son calme le plus plat, les routards en quête d'aventure pourront choisir le Cambodge. Un périple qui a une saveur de bout du monde.

Sen Monorom — Dans un dossier qui remonte au début de l'été, le magazine américain Newsweek se demandait s'il est encore possible de voyager dans des lieux isolés et passablement authentiques en cette ère du tourisme de masse et des vols pas plus chers qu'un trajet de bus. L'auteure de ces lignes était alors de retour du Cambodge, où, justement, elle s'était sentie dans une Lonely Planet: au sud-ouest du pays et dans les collines de l'est.

Si le Cambodge est connu avant tout pour les temples d'Angkor Wat, septième merveille du monde attirant un peu plus de deux millions de touristes par année — soit pratiquement la totalité des visiteurs entrant au pays—, il offre aussi des oasis éloignées du bruit des motos et des flashs d'appareils photo. À condition de ne pas rechercher le grand luxe, car dans ce cas, mieux vaut s'en tenir à Angkor Wat et à Phnom Penh, la capitale. Le Cambodge s'ouvre rapidement au tourisme, mais il faut garder en tête que le pays est officiellement sorti du conflit indochinois il y a 12 ans à peine...

Pour qui trouve son plaisir dans l'aventure et la simplicité, les îles du sud sont tout indiquées. Depuis la capitale, des autobus climatisés munis de téléviseurs (diffusant des vidéoclips cambodgiens ou des films thaïs traduits en khmer: dépaysement garanti) mènent les voyageurs jusqu'à Sihanoukville, petite ville de la côte, ouverte sur le golfe de la Thaïlande. Si cette localité a tout pour satisfaire les jeunes touristes en quête de fêtes sur la plage, de boom-boom et de cocktails enivrants, les touristes à la recherche de tranquillité opteront pour les îles, ou du moins pour un hébergement plus à l'écart.

Nous avons posé nos pénates sur l'île de Koh Rong, qui pourrait aisément être rebaptisée «le paradis». Elle n'a absolument rien à envier au superbe mais hypertouristique archipel thaïlandais Ko Phi Phi, où une partie du film The Beach, avec Leonardo DiCaprio, a été tournée en 2000, et a l'avantage d'être encore méconnue. Nous aurions également pu opter pour Koh Rung Saloem, sa voisine aux deux montagnes et à la baie en coeur, pour Koh Russei ou encore pour Koh Ta Kiev, qui offre des sorties en kayak de mer.

Un bateau met deux heures et demie pour parcourir la vingtaine de kilomètres séparant Sihanoukville et Koh Rong, qui est pratiquement déserte si ce n'est quelques maisons sur pilotis typiquement cambodgiennes. En arrivant sur l'île, les habitants, dont un grand nombre de pêcheurs, vous feront un grand sourire avant de reprendre leur partie de cartes ou leur besogne. Au total, ils sont moins de 1000 à vivre dans les quatre hameaux de l'île de 78 kilomères carrés.

Et puis vlan! On regarde autour et cette île nous charme par sa beauté toute en collines, la chaleur de la mer, le son du sable qui fait «squick-squick» sous nos pieds, comme du fromage en grains.

Il faut ensuite choisir un bungalow parmi les trois complexes qui se trouvent sur l'île. Koh Rong n'a rien de luxueux à offrir, que de charmantes petites cabanes en bois rond — sur pilotis, ou là-haut, dans les arbres — et des douches à l'eau froide. Mais le calme qui y plane est un luxe qu'on retrouve à peu d'endroits aujourd'hui! Entre autres choses, cinq bons kilomètres de plages vierges où l'on entend voler les mouches, qui sont en petit nombre sur l'île, sachez-le.

Rudy, le propriétaire de Paradise Bungalow, l'un des complexes, a justement choisi d'emménager sur Koh Rong pour ce calme qui y règne, après trois ans passés à Sihanoukville. La région se développe rapidement. «Quand je suis arrivé à Sihanoukville, il y a quatre ans, il n'y avait pas de route là où se trouvent aujourd'hui toutes les pensions [il y en a des dizaines!], raconte l'Allemand d'origine, qui parle aujourd'hui le khmer. J'ai vendu mon commerce et me voilà ici.» Parions qu'il devra bientôt déménager, vu le plan qu'ont des promoteurs sur 20 ans pour Koh Rong, qui inclut un aéroport et des hébergements de luxe à la tonne... Raison de plus pour visiter l'île au plus vite! Pour l'instant, pas même une moto n'y circule.

Que peut-on y faire? Baignade, randonnée dans la jungle à la recherche de cascades ou sur les kilomètres de plages tout autour, et plongée sous-marine ou en apnée avec la Dive Shop établie sur l'île. La plongée n'est certainement pas la meilleure en Asie du Sud-Est, mais elle permet tout de même de découvrir une vie aquatique riche, dont les poissons-clowns, les nudibranches et les poissons-scorpions. Une simple saucette nocturne permet quant à elle de nager avec le plancton, qui s'illumine sous nos mouvements en traînées de mini-néons vert fluo. Un moyen de défense tout à fait charmant.

Le sport prisé des insulaires? Il s'appelle «farniente dans le hamac» avec un bon livre pour seul équipement. Le Paradise possède un restaurant où une musique bien choisie donne rapidement envie de se caler dans les coussins installés un peu partout.

Un boui-boui 100 % cambodgien se trouve parmi les maisons sur pilotis près du quai, où l'on mangera le meilleur des amoks dégustés au cours du voyage, soit un curry de poisson au lait de coco cuit dans une feuille de bananier. Il faut toutefois s'armer de patience puisque Celia, la serveuse et cuisinière en chef, prépare les plats pratiquement un par un. Mais qui est pressé sur une île presque déserte?

À l'aventure

Pour s'évader à nouveau, on reprendra le bateau et le bus aux vidéoclips pour se rendre dans les collines et les vallées de l'est du pays, le Mondulkiri. Dans cette région la plus sauvage du Cambodge, le temps ralentit à mesure que le thermomètre descend de quelques degrés. Avril est peut-être le mois le plus chaud de l'année, mais — surprise — la couverture de laine est essentielle au moment d'aller au lit.

La province du Mondulkiri abrite plusieurs minorités qui ont une culture et une langue totalement différentes des Khmers. En fait, avant 2003, aucune route ne reliait cette région au reste du pays. Elle s'ouvre tranquillement au tourisme, mais encore une fois, il s'agit d'une destination pour routards aventuriers.

La ville principale de la province, Sen Monorom, surnommée la petite Suisse pour ses deux lacs, accueille les touristes. Nous avons choisi un bungalow à deux kilomètres en dehors de la ville où logeaient plusieurs familles avec de jeunes enfants, visiblement heureux de se trouver dans un immense terrain de jeux.

Un incontournable de la région est la visite des chutes de Bousra, dont la plus grande fait 25 mètres de haut. Les différents bassins d'eau sur la rivière font de l'endroit une piscine parfaite, surtout après une journée chaude.

Pour profiter des verdoyantes collines autrement que par la contemplation (c'est magnifique), on peut entre autres louer des vélos de montagne et s'amuser jusqu'à ce que nos mollets nous demandent pardon. Les treks en forêt sont toutefois la principale attraction de la région: des guides certifiés amènent les touristes pour des randonnées d'une à plusieurs nuits. Les randonneurs sont hébergés dans les villages des minorités locales ou dans un hamac fermé en plein coeur de la jungle. Le guide se charge des repas... et du vin de riz!

On pourra marcher ou encore se faire porter par un éléphant pendant la randonnée. La minorité Bunong, la plus populeuse de la région, entretient un rapport particulier avec l'éléphant. Selon la tradition, les gens doivent marier les pachydermes avant de les laisser goûter le fruit défendu, ce qui n'a rien pour favoriser l'élargissement du troupeau car les mariages coûtent cher et se font rares...

Le Nature Lodge, petit établissement écotouristique géré par un Cambodgien et une Israélienne, organise des journées de découverte des éléphants comprenant la visite d'un village bunong, une promenade avec leurs éléphants (qui mangent 300 kilos de feuilles par jour, ce qui veut dire plusieurs branches en cours de randonnée) et une baignade avec les immenses bêtes pour les laver. Tous les profits restent dans la communauté bunong.

Certains éléphants à travers le Mondulkiri sont toutefois malmenés, utilisés sans relâche comme des tracteurs aux champs. À ce sujet, une visite à l'Elephant Valley Project, dirigé par un Britannique, sera éclairante. Il y prend soin d'éléphants maltraités. Il fait d'ailleurs des levées de fonds sur Facebook pour acheter aux maîtres les éléphants fatigués. Les touristes peuvent visiter l'endroit, mais les coûts sont assez élevés.

Nous choisissons un trek accompagné d'une éléphante, Kikrouille, qui porte le bagage et nous fait traverser les rivières sur son dos. Don, notre guide qui sait parler anglais («I can to speak english!»), connaît parfaitement la région. Il nous fera goûter les petits fruits sur la route, dont les mangues sauvages («You can to eat fruit»), et nous donnera beaucoup de renseignements sur le Mondulkiri et ses habitants, sur la façon de préparer une terre pour l'agriculture en pleine jungle, à des kilomètres du plus proche village, ou sur le mariage dans les règles de l'art cambodgien («No money, no honey»). La randonnée à travers collines et vallées est douce, adaptée à tous les types de marcheurs. La nuitée en pleine jungle s'est déroulée aux abords d'une chute d'eau, dans des hamacs, à la belle étoile. Promis, «you can to have fun» par ici!



En vrac

Guide Le Lonely Planet Cambodge 2011 est pratique pour dénicher de bonnes adresses.

Transports locaux À pied, sur les îles. En tuk-tuk (carriole tirée par une moto) et en moto en ville, en bus ou en minivan entre les villes. Attention, les minivans sont plus rapides pour certaines routes, mais le nombre de passagers est jusqu'à trois fois plus élevé que le nombre de sièges...

Goûter Le luk-lak, l'amok, les smooties aux fruits frais et le riz collant.

Boire La lager nationale, soit la Angkor Beer (au fameux slogan «My country, my beer»), brassée à Sihanoukville.

Trouver l'ami Don Le Nature Lodge a toute une banque de guides de randonnée, dont Don. www.naturelodgecambodia.com

Source http://www.ledevoir.com/art-de-vivre/voyage/332114/un-bungalow-au-pays-des-khmers
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