Les investisseurs occidentaux reviennent à Rangoon

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Les investisseurs occidentaux reviennent à Rangoon

Message  Admin le Lun 16 Jan 2012 - 11:23

L'apparente volonté des autorités birmanes d'entamer des réformes politiques aiguise l'appétit des entreprises européennes et américaines. Car, sur le plan économique, tout – ou presque – reste à faire dans ce pays.

Lorsqu'il ouvre ses portes, une fois par mois, le British Club de Rangoon est pris d'assaut par des diplomates, des membres d'ONG et des professeurs d'anglais dont les consommations sont décomptées sur une ardoise à l'ancienne. Toutefois, depuis que le gouvernement birman semble s'être décidé à sortir de son long isolement et à entamer des réformes politiques et économiques, une nouvelle clientèle a fait son apparition : les investisseurs occidentaux.

"Les ressources minières dU Myanmar nous intéressent et nous voulons en avoir un meilleur aperçu car la situation pourrait évoluer", explique le responsable d'un fonds de capital-investissement. Plusieurs décennies d'isolement ainsi qu'un sévère régime de sanctions occidentales contre le pouvoir militaire répressif ont fait du Myanmar l'un des pays les plus pauvres d'Asie, dont la survie dépend des milliards de dollars d'investissements chinois dans le secteur minier.

Mais, depuis que la junte a cédé le pouvoir à un gouvernement "civil" en mars dernier, le nouveau président Thein Sein a dévoilé une série de mesures qui ont relancé l'intérêt des investisseurs étrangers pour l'un des derniers marchés asiatiques encore non exploités. "Ici, les milieux économiques estiment que l'heure est venue", explique Wael Elmawie, qui réside au Myanmar depuis 1999 et dirige PEB Steel, une société libanaise de bâtiments métalliques préfabriqués. "Si le gouvernement revient sur les récentes évolutions, il perdra pour de bon la confiance du reste du monde."

Les investisseurs espèrent à présent que la visite début décembre 2011 de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton permettra d'accélérer les réformes et poussera les Etats-Unis et l'Union européenne à alléger les sanctions qui empêchent de nombreuses sociétés occidentales de travailler dans le pays. Fin décembre, le milliardaire George Soros, dont la fondation fait entrer de l'aide dans le pays, a passé huit jours au Myanmar. Ce regain d'intérêt pour le pays est visible dans les grands hôtels de Rangoon où se pressent les délégations d'hommes d'affaires. De nombreuses multinationales se renseignent sur les opportunités commerciales, notamment dans les secteurs du gaz, du pétrole, des télécommunications et des biens de consommation.

Si le régime de sanctions interdit tout nouvel investissement américain, Caterpillar, le premier fabricant mondial d'engins de terrassement en terme de chiffre d'affaires, est présent dans le pays par le biais de sociétés intermédiaires. D'après ses représentants, ces activités sont "entièrement conformes aux lois en vigueur." "Presque toutes les grandes entreprises américaines sont présentes au Myanmar", explique Ernest Bower, responsable du programme Asie du Sud-Est au Center for Strategic and International Studies [un cercle de réflexion de Washington].

Le potentiel du Myanmar ne fait aucun doute. Avant l'arrivée au pouvoir des militaires, c'était l'un des principaux exportateurs de riz en Asie. Le pays était une sorte d'entrepôt stratégique entre la Chine, l'Inde et le reste du Sud-Est asiatique. Outre un marché intérieur de 60 millions d'habitants, le pays est riche en ressources naturelles comme le pétrole, le gaz et divers minéraux. Le secteur touristique est également prometteur, estime le Néerlandais Frank Janmaat, directeur adjoint d'un groupe hôtelier birman. L'année dernière, le pays a reçu 300 000 visiteurs, soit 10 % du nombre de touristes accueillis par son voisin le Laos, un pays bien plus petit.

Il reste toutefois de nombreux défis à relever. Il n'existe ni système bancaire, ni réseau de télécommunications, ni cadre légal efficaces, et l'économie reste contrôlée par une poignée de nantis fidèles au pouvoir. Et par le passé, les périodes de réforme ont été suivies de revirements spectaculaires. Pour l'heure, les investissements étrangers se concentrent dans les secteurs du gaz, du pétrole, de l'énergie hydroélectrique et des mines. La France, la Corée du Sud, la Thaïlande et surtout la Chine arrivent en tête. Ces entreprises créent relativement peu d'emplois, alors que leur activité a un coût environnemental très élevé pour les communautés locales, explique Sean Turnell, spécialiste de l'économie birmane à l'université Macquarie de Sydney, en Australie. Bref, elles ne font pas grand-chose pour créer "les fondations d'une future croissance".

Même si le gouvernement poursuit ses réformes, les investisseurs étrangers seront confrontés au manque de main-d'œuvre qualifiée. La junte a en effet négligé le système éducatif et fermé les universités pendant plusieurs années. "Les gens veulent un avenir meilleur, mais il faudra du temps pour les former", conclut Elmawie.

OUVERTURE A quoi joue le pouvoir ?

Si le gouvernement birman est sans nul doute engagé dans une politique de libéralisation économique visant à attirer les investisseurs étrangers, sa décision, le 9 janvier, de suspendre la construction d'une centrale électrique de 4 000 MW autour de la future zone industrielle de Dawei (anciennement Tavoy) envoie un message pour le moins ambigu. "La suspension du projet illustre le climat imprévisible qui prévaut au Myanmar même si le nouveau gouvernement cherche à redorer son image afin d'attirer des investisseurs pour relancer son économie", écrivait ainsi au lendemain de cette décision le Bangkok Post, faisant état du trouble du consortium Italian-Thai Development (ITD).

Numéro un de la construction en Thaïlande, ITD a obtenu en 2010 des autorités birmanes une concession dans cette région ouvrant sur la mer d'Andaman pour y implanter un port en eau profonde, un chantier naval, une raffinerie pétrolière, une usine pétrochimique, une aciérie, une fabrique d'engrais et la fameuse centrale, rappelle le webzine The Irrawaddy (publié depuis Chiang Mai, en Thaïlande, par des exilés birmans). Une voie ferroviaire, une autoroute et un pipeline doivent aussi être construits pour se raccorder au réseau thaïlandais et, plus loin, à la Chine. Un premier investissement de 8 milliards de dollars [6,2 milliards d'euros] a été annoncé. A terme, ce sont plusieurs dizaines milliards qui pourraient être injectés dans cette zone de 200 km2, qui changera radicalement le visage de la région. "Les nouvelles infrastructures raccourciront énormément les routes d'approvisionnement en énergie de la Thaïlande et auront le potentiel de faire de cette zone

sur la mer d'Andaman un carrefour commercial pour la Chine et l'Asie du Sud-Est en évitant le détroit de Malacca engorgé", poursuit The Irrawaddy.

Aujourd'hui, l'ensemble du projet n'est pas compromis mais seulement la mégacentrale au charbon, dont une large partie de la production électrique était destinée à la Thaïlande. Le gouvernement birman estime qu'une structure plus modeste, de 400 MW, suffirait à répondre aux besoins de ce nouveau pôle industriel. Néanmoins, après la suspension annoncée le 9 janvier, les cercles d'affaires risquent de redoubler de prudence avant de s'engager dans le pays. Pourquoi alors une telle volte-face du pouvoir ? Quatre mois après l'annulation d'un projet de barrage hydroélectrique chinois dans le nord du pays, cette décision, écrit Francis Wade sur son blog dans Asian Correspondent, "met à mal notre capacité à rationaliser ce qui se passe dans la capitale Naypyidaw". Le gouvernement a dit tenir compte de l'opposition grandissante dans l'opinion publique, inquiète de l'impact écologique et des déplacements de population. Engagées dans des pourparlers de paix avec différents groupes ethniques, les autorités doivent aussi composer avec la rébellion karen qui contrôle en partie la région et qui s'est élevée contre le projet de construction d'une route vers Bangkok. Pour mener à bien sa politique d'ouverture, tant en direction de l'opposition et de la société civile à l'intérieur que vers des chancelleries et milieux d'affaires à l'extérieur, le président Thein Sein est donc dans le devoir de réaliser un savant numéro d'équilibriste.

http://www.courrierinternational.com/
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Re: Les investisseurs occidentaux reviennent à Rangoon

Message  Admin le Dim 22 Jan 2012 - 13:02


Les réformes politiques menées tambour battant par la Birmanie aiguisent l'appétit des investisseurs étrangers, attirés par un potentiel aussi riche que sous exploité, mais qui devront s'accomoder d'un environnement compliqué, marqué par des décennies de gestion militaire. | Soe Than Win


Au fur et à mesure que le gouvernement multiplie les réformes politiques, et que l'Occident évoque la levée progressive des sanctions économiques, le pays de 60 millions d'habitants s'ouvre à l'économie de marché.

Riche en hydrocarbures, en bois et en minerais, porté par un climat très favorable pour l'agriculture, la Birmanie affiche aussi un énorme potentiel touristique et va devoir s'équiper en infrastructures lourdes.
"Les chiffres explosent, on ne trouve plus une place dans les hôtels en haute saison", se félicite un homme d'affaires étranger dans le tourisme et l'immobilier.
Les autorités ont récemment donné aux hommes d'affaires bien en cours de Rangoun "une liste d?immeubles qu'ils cherchent a vendre", a-t-il expliqué. Et l'atmosphère est à la dérégulation. "Des licences qui prenaient des semaines à obtenir s?obtiennent dans la journée".
Seuls les groupes présents avant la mise en place des sanctions, à la fin des années 90, ont pu rester. C'est le cas du groupe Total. Lorsque les autres compagnies seront autorisées à les rejoindre, elles découvriront un pays accablé par un demi-siècle de gestion militaire.
Le parlement doit encore voter la première loi sur les investissements. Et les tribunaux n'ont ni compétence, ni indépendance.
Le système bancaire s'est à peine remis d'une violente crise en 2003. Et le taux de change au marché noir est près de cent fois plus intéressant que l'officiel.
L'économie parallèle s'est donc épanouie, notamment le commerce transfrontalier et l'émigration illégale de travailleurs, qui rapatrient leurs revenus comme ils peuvent.
"La législation est obsolète donc les gens travaillent par leurs propres moyens. Ils ne veulent pas être dans l'illégalité mais ils n'ont pas le choix", explique Toe Naing Mann, fils du puissant président de la chambre basse, l'ex-général Shwe Mann, qui a délaissé les affaires pour aider son père.
"Le nouveau gouvernement essaye de s'ouvrir et de réduire les restrictions, les contrôles, les coûts des transactions, pour créer un environnement favorable", explique de son côté le chercheur Winston Set Aung, co-fondateur de l'Asia Development Research Institute de Rangoun.
Mais "les investisseurs étrangers pourraient bien avoir besoin de comprendre comment fonctionne l'économie informelle avant qu'elle n'intègre l'économie formelle".
Pour les très gros opérateurs, il faudra donc sans doute attendre un peu. Avant de quitter le pouvoir en mars 2011, la junte avait lancé un vaste programme de privatisations, notamment du port de Rangoun et des stations-services.
Mais Toe Naing Mann souligne que le pays manque d'infrastructures pour rendre viable la distribution d'essence. Et écarte l'hypothèse de l'arrivée des géants mondiaux.
"Parfois, nous protégeons trop nos intérêts nationaux", reconnaît-il sans admettre directement que les hommes d'affaires liés à la junte avaient tiré le meilleur profit des privatisations.
Le ministre japonais du Commerce vient pour autant d'emmener une délégation de chefs d'entreprises et des hommes d'affaires américains préparent une visite exploratoire.
Mais comme pour le Vietnam des années 90, lorsque les Etats-Unis avaient levé leur embargo, ce sont d'abord avocats et cabinets de conseil qui vont prendre pignon sur rue.
Le secteur des hydrocarbures, les mines et le bois seront assaillis de demandes de licences, ainsi que la banque et le tourisme, pronostique Aekapol Chongvilaivan, de l'Institut des études pour l'Asie du Sud-Est à Singapour.
Mais la corruption, la mauvaise gestion et les "déséquilibres de la politique macro-économique" restent problématiques, relève-t-il, regrettant que les "réformes des marchés industriels et financiers se soient débattues dans des infrastructures inadéquates, des politiques incertaines et un morne climat des affaires".
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La Birmanie promet huit ans d'exemption fiscale aux investisseurs étrangers

Message  Admin le Dim 29 Jan 2012 - 1:20

DAVOS (Suisse) - Le gouvernement birman a annoncé samedi à Davos qu'il prévoyait d'offrir aux investisseurs étrangers huit ans d'exemption fiscale, alors que les entreprises occidentales se précipitent vers l'ancien paria de la communauté internationale.

Nous avons actuellement en Birmanie des lois qui sont plutôt restrictives concernant les investissements, mais nous sommes en train de les revoir, a indiqué à des journalistes le ministre-adjoint aux Transports ferroviaires, Lwin Thaung.

Ce dernier a expliqué, devant des journalistes au Forum économique mondial (WEF), que son pays avait fait appel à des consultants étrangers auxquels nous avons demandé de préparer les lois nous rendant plus attractif que nos voisins.

Rangoun prévoit une loi promettant l'exemption fiscale jusqu'à huit ans et si le projet est profitable pour la Birmanie, nous prolongerons cette initiative, a ajouté le ministre.

La loi a été préparée et sera adoptée fin février, a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Industrie, U Soe Thane, a pour sa part indiqué avoir rencontré un vif intérêt pour son pays de la part des dirigeants économiques réunis au WEF de Davos, dans l'est de la Suisse.

J'ai rencontré de nombreuses personnes, non seulement des ministres mais aussi des patrons d'entreprises. Nous avons pris contact avec eux, expliqué notre potentiel, notre emplacement et nos connexions vers la Chine et l'Inde, a-t-il souligné, ajoutant qu'ils se précipitent vers nous.

Selon U Soe Thane, la Birmanie table sur une croissance économique de 6% en 2013, rendant le pays attractif pour les investisseurs étrangers.

Nous disposons d'un important potentiel hydro-électrique, nous avons un grand potentiel en matière de pêche (...). Tous nos habitants comprennent l'anglais, ce qui rend la communication facile, a-t-il souligné.

La Birmanie, longtemps considérée comme un paria par la communauté internationale, a récemment entrepris d'importantes réformes.

Le rythme s'est spectaculairement accéléré ces derniers mois, après l'autodissolution en mars 2011 de la junte, au pouvoir pendant près d'un demi-siècle. Le pouvoir a été transféré à un gouvernement civil, bien que contrôlé par d'anciens militaires.

L'Union européenne a enclenché le 23 janvier un allègement de son régime de sanctions, saluant les remarquables réformes politiques engagées par le pouvoir en place.

Quelques rares multinationales occidentales sont présentes en Birmanie, comme le groupe pétrolier français Total, arrivé en Birmanie avant l'introduction des sanctions dans les annnées 1990.


AFP
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"le pire système juridique" du monde pour les affaires

Message  Admin le Sam 11 Fév 2012 - 14:56

La Birmanie a été classée, pour la sixième année consécutive, comme le pays offrant le moins de protection légale aux entreprises et investisseurs étrangers. Les récentes réformes politiques pourraient changer la donne.
Faire des affaires en Birmanie n'est pas aisé. Le pays offre toujours aux investisseurs étrangers le "pire système juridique" du monde malgré les récentes réformes politiques. C'est le constat de la société Maplecroft, spécialisée dans l'analyse de risques, dans un rapport publié mercredi.
Comme lors des cinq dernières années, "la Birmanie a été classée comme le pays offrant le moins de protection légale aux entreprises et investisseurs étrangers", indique la compagnie britannique. Suivent la Corée du Nord, la Somalie, le tout nouveau Soudan du Sud, le Turkménistan, Cuba, le Cambodge, l'Afghanistan, la Syrie et la Libye.
"Avec les récentes réformes politiques et la probabilité d'une levée des sanctions, la Birmanie offre un énorme potentiel aux entreprises spécialisées dans le gaz et le pétrole", selon Maplecroft. La situation incertaine au Proche-Orient et en Afrique du Nord "ont rendu les ressources en hydrocarbures birmanes encore plus attirantes". Mais les entreprises "doivent garder à l'esprit que des risques opérationnels et stratégiques importants vont probablement persister sur le court-terme".
Birmanie: la nouvelle destination à la mode?
"Des améliorations tangibles de l'état de droit, y compris l'amélioration de l'indépendance judiciaire, et une meilleure transparence du système réglementaire, seront nécessaires avant que le potentiel économique à long terme soit réalisé".
Dans un communiqué publié fin janvier après une mission en Birmanie, le Fonds monétaire international (FMI) avait estimé que le pays avait "un potentiel de croissance important", prévoyant 5,5% pour l'année fiscale 2011-2012 et 6% pour 2012-2013. Il pourrait devenir la nouvelle destination à la mode "s'il peut tourner à son avantage ses richesses naturelles, sa force de travail jeune et la proximité de certaines des économies les plus dynamiques du monde", avait ajouté le Fonds.
Des réformes spectaculaires
La junte au pouvoir pendant près d'un demi-siècle s'est autodissoute et a transféré en mars 2011 ses pouvoirs à un nouveau gouvernement "civil", bien que toujours contrôlé par d'anciens militaires. Cette nouvelle équipe a multiplié les réformes spectaculaires, poussant l'Occident à envisager une levée progressive des sanctions économiques et aiguisant l'appétit des investisseurs étrangers attirés par un pays riche en hydrocarbures, en bois et en minerais.
Mais les infrastructures lourdes manquent, le parlement doit encore voter la première loi sur les investissements et le système financier doit être réformé dans un pays où cohabitent de multiples taux de change.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/birmanie-le-pire-systeme-juridique-du-monde-pour-les-affaires_1080088.html
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Re: Les investisseurs occidentaux reviennent à Rangoon

Message  Admin le Jeu 16 Fév 2012 - 0:43



Après un demi-siècle de dictature militaire et de mauvaise gestion économique, la Birmanie, pays riche en ressources naturelles, ouvre son économie. Des économistes expliquent comment l'économie birmane pourrait aller de l'avant
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La Birmanie va s'ouvrir davantage aux investissements étrangers

Message  Admin le Sam 17 Mar 2012 - 0:48

RANGOUN (Reuters) - Après des décennies d'isolement, la Birmanie va libéraliser ses règles d'investissement en autorisant les étrangers à créer une entreprise sans s'associer à un partenaire local et en leur accordant une exonération fiscale pendant cinq ans.

Il s'agit de la réforme économique la plus audacieuse depuis l'arrivée au pouvoir l'an dernier d'un gouvernement civil issu en partie de la junte militaire, qui se montre particulièrement désireux d'attirer les investisseurs étrangers.

Le projet de loi que s'est procuré Reuters autorise les étrangers à détenir la totalité du capital de leur entreprise. Ils pourront en outre créer une joint-venture avec des entrepreneurs birmans ou des organismes publics à condition que les capitaux étrangers représentent au moins 35% du total du capital.

Les investisseurs étrangers peuvent également louer des terres à l'Etat ou à des particuliers autorisés à le faire. Le bail initial pourrait aller jusqu'à 30 ans selon le type d'investissement et son importance, et pourrait être renouvelé deux fois par tranches de 15 ans.

Les entreprises étrangères ne pourront par ailleurs pas employer de main-d'oeuvre étrangère sans qualification, tandis que les Birmans devront représenter au moins 25% de la main-d'oeuvre qualifiée au bout de cinq ans, 50% au bout de 10 ans et 75% au bout de 15.

L'obligation faite aux firmes étrangères de produire uniquement pour l'exportation est abrogée, dans le but de réduire la dépendance du pays aux importations.

Le projet de loi tente également de rassurer les investisseurs concernant d'éventuelles modifications des réformes et saisies de leurs capitaux par l'Etat.

La loi devrait être approuvée par le parlement pendant la session qui se termine ce mois-ci. Le président aura ensuite 14 jours pour l'approuver ou pour la renvoyer devant le parlement.

La Birmanie est riche en ressources et se situe dans une zone particulièrement stratégique, entre l'Inde et la Chine. Elle dispose par ailleurs de ports sur l'océan Indien.

Handicapée par un demi-siècle d'isolement, les sanctions de l'Union européenne et des Etats-Unis, des infrastructures dépassées, un système bancaire paralysé et une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée, l'économie birmane a tout à construire.

Les sanctions occidentales devraient être levées si les élections législatives partielles du 1er avril se déroulent sans accroc.

Aung Hla Tun, Hélène Duvigneau pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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La Birmanie suscite les convoitises des investisseurs asiatiques

Message  Admin le Sam 12 Mai 2012 - 7:41

Les hommes d'affaires asiatiques se précipitent aux portes de la Birmanie à mesure que la transition démocratique s'y accélère, bien que de nombreux freins demeurent à l'investissement.
Riche en ressources naturelles (minerais, métaux, hydrocarbures) et potentialités touristiques, ce pays d'Asie du Sud-Est peuplé de 62 millions d'habitants a de quoi attirer les investisseurs.
Une bonne part des sanctions qui entravaient ses échanges avec l'extérieur a été levée depuis le remplacement de la junte par un pouvoir civil, dirigé depuis début 2011 par un ancien chef militaire, le président Thein Sein.
Symbole de cette marche accélérée vers la démocratie, l'opposante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi vient de faire son entrée au Parlement.
Le Fonds monétaire international (FMI) estime que l'économie birmane va croître de 5,5% cette année.
"Personne ne peut ignorer le potentiel de la Birmanie", résume Jeremy Kloiser-Jones, directeur de la société d'investissement Bagan Capital, basée à Hong Kong.
Il souligne que les entreprises japonaises témoignent un "intérêt particulièrement fort". Le Japon a annoncé le mois dernier renoncer à une créance de 3,7 milliards de dollars due par la Birmanie, relançant de surcroît des programmes d'aides suspendus.
"Avec la reprise des prêts en yens, des occasions d'affaires gigantesques s'offrent à nous", se réjouit une porte-parole de la maison de commerce nippone Marubeni, qui vient d'ouvrir un bureau dans la capitale, Naypyidaw, en plus de celui dont elle disposait au sein du poumon économique birman, Rangoun. Elle cherche des projets dans les secteurs de l'électricité et des transports.
L'une de ses compatriotes et concurrentes, Itochu, met l'accent pour sa part sur la prospection de métaux rares comme le molybdène et le tungstène, d'après un porte-parole de la firme qui voit la Birmanie comme la "dernière frontière" à conquérir dans cette région du monde.
Mais les Japonais sont loin d'être les seuls Asiatiques motivés par ces nouvelles perspectives.
Le Premier ministre malaisien, Najib Razak, s'est rendu en Birmanie en mars pour tenter de développer un commerce bilatéral qui a déjà bondi d'un tiers en 2011.
De nombreux obstacles demeurent, prévient toutefois Khoo Kay Peng, directeur d'une société malaisienne de marketing, GFW Urban Youth, qui veut construire un hôtel à Rangoun.
Il évoque les difficultés à louer des locaux, les baux n'étant aujourd'hui valables qu'un an, et les entraves à l'achat immobilier pour les étrangers.
"C'est bien d'y aller quand même car c'est un pays qui peut très bien se développer", explique-t-il à l'AFP.
La Thaïlande et la Chine voisines sont les plus engagées en Birmanie où elles ont réalisé à elles deux un volume d'affaires de 9,4 milliards de dollars en 2010, d'après des statistiques de l'Union européenne.
Les Chinois n'ont pas hésité à investir avant le départ de la junte, achetant du gaz, du pétrole et du bois en grande quantité.
Des entreprises sud-coréennes étaient aussi actives en Birmanie lorsque Mme Suu Kyi était encore en résidence surveillée. Elles avaient investi le domaine de l'énergie.
Le retour sur investissement n'y est pas toujours évident.
Le FMI souligne que le système des changes reste problématique, avec de lourds coûts de transactions et une appréciation artificielle de la monnaie locale.
La décision récente du gouvernement birman d'aller vers un système de changes flottant pourrait améliorer la situation, juge toutefois l'organisation.
D'après Yoshihiro Araki, directeur de recherche à l'Organisation du commerce extérieur du Japon, des soucis logistiques peuvent aussi contrarier les opérations sur place, comme les coupures de courant fréquentes et les difficultés à téléphoner à l'étranger.
"Seules les entreprises capables de produire leur électricité elles-mêmes et prêtes à former leurs salariés doivent y aller", estime M. Araki, qui a travaillé trois ans à Rangoun.

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/energie-environnement/actu/afp-00442833-la-birmanie-suscite-les-convoitises-des-investisseurs-asiatiques-321634.php
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