"Je m’excuse de vous donner plus de travail" ASSK

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premier voyage privé d'Aung San Suu Kyi en province

Message  Admin le Lun 4 Juil 2011 - 9:08

AFP



BAGAN — L'icône de la démocratie birmane Aung San Suu Kyi est arrivée lundi matin à Bagan (centre) pour son premier voyage hors de Rangoun depuis sa libération en novembre dernier, un déplacement décrit comme strictement privé.
Elle a été accueilli à l'aéroport de l'ancienne capitale impériale, l'un des plus beaux sites architecturaux au monde, par son plus jeune fils Kim Aris, de nombreux journalistes et des hommes qui semblaient être des policiers en civil.
Elle n'a fait aucun commentaire mais son fils s'est dit "très heureux".
"Ce sont mes premières vacances en 13 ans. Elle a aussi besoin d'une pause. Nous allons rester ici quatre jours", a-t-il déclaré.
La lauréate du prix Nobel de la paix avait indiqué fin mai préparer une tournée dans le pays, un test grandeur nature de sa popularité après sa libération de résidence surveillée en novembre, et le boycott des dernières élections par son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND, dissoute).
Mais mercredi, interrogée par l'AFP, elle avait laissé entendre qu'elle effectuerait cette tournée seulement après la saison des pluies, qui dure tout l'été.
La semaine dernière, le régime birman lui a sommé de cesser ses activités politiques, l'avertissant du risque qu'elle prendrait à effectuer un voyage en province.
Une allusion directe à 2003, lorsque Mme Suu Kyi et son équipe avaient été agressées dans une embuscade semble-t-il orchestrée par la junte, qui avait fait une centaine de morts selon la LND, quatre selon la junte. L'agression avait conduit à son placement en résidence surveillée pour sept ans.
La communauté internationale s'est insurgée ces derniers jours contre les pressions du régime birman.
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Les «vacances» d'Aung San Suu Kyi au pays de la peur

Message  Admin le Jeu 7 Juil 2011 - 7:30


Aung San Suu Kyi mercredi dans la vallée de Pagan. Crédits photo : Soe Zeya Tun/REUTERS


La dissidente birmane a effectué en silence sa première sortie hors de Rangoun sous le regard admiratif de ses partisans.

Aung San Suu Kyi a quelque chose du joueur de flûte de Hamelin. Dans le sillage de la célèbre opposante birmane, les foules se pressent irrésistiblement.

Malgré sa longue réclusion dans sa maison délabrée de Rangoun et des élections truquées par les généraux qui l'ont marginalisée, les villageois accourent pour apercevoir sa frêle silhouette et pleurent. Aung San Suu Kyi, c'est la défiance à un régime qu'ils exècrent. L'espoir d'un miracle après soixante ans de dictature militaire. Des miettes de liberté qui leur procurent l'ivresse.

Pour son premier déplacement en dehors de Rangoun depuis la levée de son assignation à résidence en novembre dernier, l'icône de la lutte pour la démocratie a choisi la vallée de Pagan, l'un des plus beaux sites architecturaux du monde. Au détour des temples, à l'orée de la forêt sacrée des nats, les génies bienfaisants, elle a prouvé qu'elle était toujours l'objet d'une vénération unanime.

Prison à ciel ouvert
Mais sa marge de manœuvre est étroite. Depuis huit mois, elle s'est abstenue de confrontation directe avec cette junte déguisée en gouvernement civil. Elle s'en est tenue à des questions politiquement moins sensibles comme l'environnement et la santé. Mais si elle se cantonne au terrain social, son image politique risque d'en souffrir.

Ne voulant fournir aucun prétexte aux généraux de l'enfermer à nouveau, elle a présenté cette sortie à haut risque comme des vacances, les premières qu'elle s'accorde en vingt ans, avec son fils cadet Kim et a renoncé à toute déclaration publique. Mais les dizaines de policiers en civil sur ses talons qui veillent à ce que l'enthousiasme des retrouvailles ne bascule pas, savent bien qu'il s'agit d'un premier test politique.

À 65 ans, elle apparaît de plus en plus isolée. Plus de 2000 opposants croupissent encore dans d'infâmes geôles. Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, qui l'avait conduite à une victoire aux législatives de 1990 annulées par la junte, a été dissous en septembre. Il est urgent qu'elle réorganise ses réseaux.

Même dans la nouvelle «démocratie disciplinée et florissante», la magnanimité des généraux a ses limites : quand Aung San Suu Kyi a fait savoir fin mai qu'elle se rendrait dans la campagne birmane à la rencontre de ses partisans, le régime l'a aussitôt «sommée de cesser ses activités politiques» et mise en garde «des risques de chaos et d'émeutes, comme par le passé», si elle effectuait un tel voyage. Une référence on ne peut plus claire à l'embuscade de Depayin, tendue fin 2003 par des hommes de main de la junte contre le convoi du Prix Nobel de la Paix, dans laquelle plusieurs dizaines de ses partisans avaient été tués. «Ces menaces doivent être prises au sérieux », a confirmé lundi Kyaw Win, le numéro deux de l'ambassade de Birmanie à Washington qui a fait défection et a demandé l'asile politique aux États-Unis. «La haute hiérarchie militaire consolide sa mainmise sur le pouvoir et cherche à faire taire les voix de ceux qui veulent la démocratie. »

Si la Birmanie reste un pays gouverné par la peur, les habitants de Pagan goûtent à la joie de partager leur prison à ciel ouvert avec la prisonnière préférée du pays.

Par Florence Compain

http://www.lefigaro.fr/international/2011/07/06/01003-20110706ARTFIG00670-les-vacances-d-aung-san-suu-kyi-au-pays-de-la-peur.php
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Re: "Je m’excuse de vous donner plus de travail" ASSK

Message  Admin le Ven 8 Juil 2011 - 15:49

BAGAN, 8 juillet 2011 (AFP)

L’icône birmane de la démocratie, Aung San Suu Kyi, a bouclé son premier voyage en province depuis sa libération après avoir attiré des admirateurs émus, mais le régime birman ne fermera pas les yeux sur de futures activités politiques, estiment les analystes.
La lauréate du prix Nobel de la paix a pu se promener sans encombre cette semaine dans les splendides temples séculaires de Bagan (centre), suivie à chaque instant par des policiers en civil.
Mais selon les observateurs, les militaires n’auraient pas été si souples si elle avait entamé d’authentiques discours politiques dans les villages.
« Que le régime l’ait joué en douceur avec elle cette fois ne doit laisser personne penser que lorsqu’elle voyagera dans le pays pour se reconnecter avec sa base politiquement, il restera sans rien faire », assure Maung Zarni, chercheur et militant de la London School of Economics.
L’opposante n’a fait aucun commentaire vendredi, avant de prendre l’avion pour rentrer à Rangoun. « On a fait une pause mais on ne s’est pas reposé », a déclaré de son côté son fils Kim Aris, citoyen britannique, qui avait accompagné sa mère.
« Il y avait trop de monde partout mais on ne peut pas y échapper », a ajouté celui qui aura beaucoup tenté de faire barrage de son corps pour préserver sa mère, 66 ans, des mouvements de foule.
Inlassablement, Suu Kyi a signé des autographes et posé pour des photos devant les temples, dans les marchés et les magasins de souvenir, alors que la rumeur de sa présence se répandait comme une traînée de poudre.
« J’ai arrêté ce que je faisais chez moi quand j’ai entendu qu’elle venait. Je devais la voir en personne », a expliqué New Nwe, maîtresse de maison de 54 ans. « Mère Suu. Puissiez-vous être en bonne santé », ont crié des admirateurs, dont certains en larmes.
Si la foule n’avait pas grand chose à voir avec les masses compactes des années 2002-2003, elle a témoigné de ce que sa popularité avait survécu à sept ans de résidence surveillée supplémentaires, jusqu’en novembre.
Mais la question reste entière de sa capacité à effectuer une véritable tournée politique, après les avertissements du quotidien officiel New Light of Myanmar qu’un tel voyage pourrait entraîner « le chaos et des émeutes ».
Pour Trevor Wilson, ex-ambassadeur australien à Rangoun, le pouvoir a fait passer le message que la politique était « zone interdite ». Mais la Ligue nationale pour la démocratie (LND, dissoute) pourrait se risquer à un petit peu de « provocation ».
« Ils doivent prouver qu’ils servent à quelque chose », estime-t-il. « C’est un jeu du chat et de la souris, mais il est difficile de croire que ça va se terminer de façon pacifique. Cela a plus de chance d’aboutir à un peu de désordre, voire des violences mineures ».
En 2003, Mme Suu Kyi et son équipe avaient été agressées en province dans une embuscade semble-t-il orchestrée par la junte, qui avait fait une centaine de morts selon la LND, quatre selon la junte. L’agression avait conduit à son replacement en résidence surveillée.
Craignant des incidents, la LND avait envoyé des gardes du corps à Bagan pour assurer sa sécurité, même si le voyage était estampillé « privé ». La police a aussi, semble-t-il, protégé la « Dame » des mouvements de foule.
Mais son avenir est incertain. Sa libération en novembre avait allégé la pression internationale sur le régime, une semaine après des législatives très décriées que l’opposante a boycottées.
Depuis, la junte a passé le flambeau à un régime aux apparences civiles mais qui reste entre les mains des militaires. Et ces derniers veilleront à ce qu’elle ne redevienne pas une menace.
« Je pense qu’ils restreindraient rapidement ses mouvements si elle leur en donnait le prétexte », estime Wilson.
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Re: "Je m’excuse de vous donner plus de travail" ASSK

Message  Admin le Dim 17 Juil 2011 - 13:36

AFP


L'opposante Aung San Suu Kyi a été invitée par le régime birman à célébrer mardi la "journée des martyrs", en hommage à neuf figures de l'indépendance assassinées en 1947 dont son père, le général Aung San, a-t-on indiqué aujourd'hui de source birmane.

C'est la première fois depuis neuf ans que la lauréate du prix Nobel de la paix peut participer à cette cérémonie. Elle avait été libérée en novembre 2010 après sept ans de résidence surveillée. "L'invitation à participer à la journée des martyrs a été envoyée au domicile de Mme Aung San Suu Kyi's jeudi. Elle devrait y participer", a indiqué une source gouvernementale birmane ajoutant que le maire de Rangoun dirigerait la cérémonie au mausolée. Une source proche de l'opposante a confirmé qu'elle serait bien présente. Selon des sources au sein de la Ligue nationale pour la démocratie (LND, dissoute), l'opposante avait prévu une cérémonie alternative et une marche des militants depuis le siège du parti vers le mausolée, si elle n'était pas invitée.

Le 19 juillet 1947, quelques mois avant l'indépendance du pays, plusieurs ministres et le premier ministre, le général Aung San, avaient été abattus. Le père d'Aung San Suu Kyi reste encore aujourd'hui considéré comme un héros national.

L'icône de la démocratie vient de boucler son premier voyage en province depuis sa libération, au cours duquel elle a attiré des admirateurs émus. Mais les analystes estiment que le régime ne fermera pas les yeux sur de futures activités politiques.
Ce voyage à Bagan (centre) avec son fils avait été décrit comme strictement privé. Mais elle a aussi évoqué sa volonté d'organiser une tournée en province. Un projet en suspens après les avertissements du quotidien officiel New Light of Myanmar qu'il pourrait entraîner "le chaos et des émeutes". Depuis sa libération, la junte a passé le flambeau à un régime aux apparences civiles, mais qui reste entre les mains des militaires.

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Mme Suu Kyi appelle à un cessez-le-feu entre armée et minorités

Message  Admin le Jeu 28 Juil 2011 - 15:56



L'opposante Aung San Suu Kyi a appelé jeudi à un cessez-le-feu immédiat entre l'armée birmane et plusieurs groupes rebelles ethniques, dans sa première lettre ouverte au nouveau président "civil" birman.
"Je voudrais demander sincèrement un cessez-le-feu immédiat et la résolution pacifique des conflits récents, dans l'intérêt de tous les groupes ethniques" du pays, a-t-elle écrit dans ce texte également adressé aux représentants de plusieurs minorités.


"La réconciliation nationale ne peut pas être construite par des moyens militaires", a-t-elle ajouté, alors que le régime l'a récemment mise en garde contre la poursuite de ses activités politiques.
De nombreux groupes minoritaires, qui représentent un tiers des 50 millions d'habitants de la Birmanie, n'ont jamais pacifié leurs rapports avec le pouvoir central depuis l'indépendance en 1948. Depuis, une guerre civile oppose la capitale à certains de ces groupes, qui réclament plus de droits et d'autonomie.
Les combats se sont intensifiés ces derniers mois entre l'armée et plusieurs groupes rebelles, dans le nord et l'est du pays.
"Je suis prête à me battre autant que je peux pour soutenir un cessez-le-feu et un processus pacifique", a ajouté Suu Kyi.
La prix Nobel de la paix, libérée de sept années de résidence surveillée une semaine après les élections décriées de novembre, semble tester depuis quelques semaines les limites de sa liberté, alors que le régime, par l'intermédiaire du quotidien officiel New Light of Myanmar, lui a demandé de cesser ses activités politiques.
Elle a annoncé en juin une tournée politique, dont la date n'a pas été précisée, puis effectué début juillet son premier déplacement hors de Rangoun, à Bagan (centre), où elle a attiré des admirateurs émus. Sans pour autant se départir d'un cadre strictement privé.
Selon une source au sein de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), son parti dissous, elle prévoit un autre voyage début août.
"Elle va aller méditer pendant environ trois jours dans un monastère à Rangoun, et après elle ira probablement à Bago", au nord de Rangoun, a indiqué cette source, sans préciser si le voyage serait politique ou privé.
New Light of Myanmar l'a également mise en garde contre son projet de tournée politique, qui risquerait d'entraîner "le chaos et des émeutes".
Elle a rencontré lundi pour la première fois un ministre du gouvernement, un événement salué par les observateurs qui doutent malgré tout qu'il réponde aux demandes de mesures concrètes de la communauté internationale.
Depuis les élections de novembre, la junte du généralissime Than Shwe s'est auto-dissoute et a passé la main fin mars à un gouvernement dit "civil" mais entièrement contrôlé par les militaires. Le nouveau président n'est autre que le Premier ministre sortant et ex-général Thein Sein.

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Aung San Suu Kyi commémore le soulèvement réprimé de 1988

Message  Admin le Lun 8 Aoû 2011 - 11:34

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, libérée en novembre de résidence surveillée, a participé lundi à une cérémonie commémorant le soulèvement réprimé du 8 août 1988, qui a fait d'elle une héroïne nationale.

La date symbolique du 8-8-88 avait marqué le début d'un soulèvement populaire, animé par des étudiants et qui avait attiré dans les rues des centaines de milliers de personnes. Le pouvoir avait vacillé et six semaines s'étaient écoulées avant une violente répression qui avait fait quelque 3.000 morts.

"Je voudrais que vous tous, vous pensiez à ce qui s'est passé et que vous ne l'oubliiez pas", a-t-elle écrit dans le livre d'or d'un monastère de Rangoun où 400 personnes ont assisté à cette cérémonie.

La lauréate du prix Nobel de la paix, qui vivait à Londres, était rentrée en Birmanie au chevet de sa mère malade en avril 1988. Elle n'est jamais repartie.

La fille du héros de l'indépendance Aung San a vite pris un rôle de premier plan dans le mouvement pro-démocratique, qui la conduira dès l'année suivante à sa première assignation à résidence par la junte. Elle a passé la majeure partie des 20 dernières années enfermée.

En 1990, sa Ligue nationale pour la démocratie (LND), aujourd'hui dissoute, avait remporté les élections, mais la junte ne l'avait jamais autorisée à prendre le pouvoir.

Lors de la cérémonie de lundi l'accompagnait Win Htein, son responsable de la sécurité, qui avait participé aux événements de 1988 et qui a passé la majorité des années suivantes en prison.

"Ce que je ressens aujourd'hui, c'est le souvenir de tous ces gens et ces étudiants qui ont perdu la vie pour la démocratie, et pas seulement en 1988. Je me souviens aussi des étudiants militants qui ont commencé en 1988 et qui sont toujours en prison aujourd'hui", a déclaré cet homme de 70 ans à l'AFP.

Depuis les élections décriées de novembre, la junte du généralissime Than Shwe s'est auto-dissoute et a passé la main fin mars à un gouvernement dit "civil" mais entièrement contrôlé par les militaires.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110808.AFP1266/birmanie-aung-san-suu-kyi-commemore-le-soulevement-reprime-de-1988.html
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Le gouvernement promet de continuer le dialogue avec Suu Kyi

Message  Admin le Ven 12 Aoû 2011 - 11:21

AFP

NAYPYIDAW - Le nouveau gouvernement civil birman a tenté vendredi d'apaiser les critiques, promettant de continuer le dialogue avec l'opposante Aung San Suu Kyi et annonçant une visite du rapporteur spécial des Nations unies.

Lors de la première conférence de presse organisée à Naypidaw depuis la dissolution de la junte fin mars, le ministre de l'Information Kyaw Hsan a espéré de bons résultats de la coopération avec la lauréate du prix Nobel de la paix.

Mme Suu Kyi, libérée en novembre de sept années de résidence surveillée, avait rencontré fin juillet pour la première fois un membre du nouveau gouvernement, le ministre du Travail Aung Kyi.

Une deuxième rencontre a eu lieu vendredi à Rangoun.

Dans une déclaration commune à l'issue de moins d'une heure d'entretien, ils se sont engagés à coopérer pour la paix et la stabilité et pour développer le système démocratique, et à éviter des déclarations qui peuvent mener aux conflits.

Nous continuerons ce type de rencontres pour le bénéfice du peuple, a assuré de son côté Kyaw Hsan à une centaine de journalistes invités dans la capitale Naypyidaw, juste avant cette réunion.

Il y a moins de deux mois, le régime, qui est toujours contrôlé par les militaires malgré une apparence civile, avait pourtant réclamé à l'opposante de mettre un terme à ses activités politiques. Une demande qu'elle n'a pas suivie à la lettre.

Elle n'a certes pas organisé la tournée politique en province annoncée. Elle a en revanche testé les limites de sa liberté en effectuant début juillet son premier déplacement en dehors de Rangoun, à Bagan (centre). Ce voyage avec son fils, lors duquel elle avait attiré des admirateurs émus, avait toutefois un caractère strictement privé.

L'opposante a également annoncé pour ce dimanche son premier déplacement politique, mais d'une seule journée, à Bago, à une centaine de kilomètres de Rangoun.

Elle a également publié une lettre ouverte au président, offrant ses services pour parvenir à un cessez-le-feu entre l'armée et des groupes ethniques rebelles dans plusieurs régions.

Vendredi, Kyaw Hsan a également évoqué en des termes exceptionnellement bienveillants la Ligue nationale pour la Démocratie (LND), le parti de Mme Suu Kyi dissous par la junte en mai 2010 pour avoir décider de boycotter les élections décriées de novembre.

Alors que le gouvernement lutte pour la réconciliation nationale, il apporte autant d'aide que possible à la LND, a-t-il déclaré, l'appelant à s'enregistrer légalement.

Les premières discussions de juillet entre Mme Suu Kyi et Aung Kyi avaient été saluées par les observateurs, qui avaient malgré tout douté qu'elles répondent aux demandes de mesures concrètes de la communauté internationale, qui réclame notamment la libération des plus de 2.000 prisonniers politiques.

Kyaw Hsan a d'autre part annoncé, sans donner de date, la visite prochaine de Tomas Ojea Quintana, rapporteur spécial de l'ONU pour la Birmanie.

Quintana, qui a réclamé une commission d'enquête internationale sur les violations des droits de l'Homme dans le pays, n'a pas été autorisé à y revenir depuis février 2010.

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Premier déplacement politique d'Aung San Suu Kyi qui appelle à l'unité

Message  Admin le Dim 14 Aoû 2011 - 8:12

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a appelé dimanche à l'unité de son pays lors de son premier déplacement politique hors de Rangoun depuis sa libération de résidence surveillée en novembre, attirant des milliers d'admirateurs sur son passage.

La lauréate du prix Nobel de la paix est arrivée dimanche matin dans la province de Bago, à une centaine de kilomètres chez elle, malgré les mises en garde du régime concernant sa sécurité.

La police a tenté d'écarter les centaines de personnes massées le long des routes entre les villes visitées pour saluer le cortège d'une trentaine de voitures transportant l'opposante, des membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), son parti dissous, des diplomates et des journalistes.

Ses partisans criaient à son passage ou agitaient de petits drapeaux portant l'inscription "Nous aimons mère Suu"!".

L'opposante, 66 ans, a commencé ce déplacement d'une seule journée par la visite d'une pagode dans la ville de Bago. Avant d'inaugurer deux bibliothèques, prononçant à chaque fois un discours, à Tha Nat Pin devant 600 personnes et à Bago, devant quelque 2.000 personnes.

"Nous pourrons développer ce pays seulement si nous travaillons tous ensemble", a-t-elle déclaré. "L'unité est la force, l'unité est nécessaire partout et elle est nécessaire surtout dans notre pays".

Elle a assuré avoir déjà "essayé de son mieux" depuis ses débuts en politique il y a plus de vingt ans. "Je continuerai autant que je pourrai", a-t-elle promis.

Au moment de quitter Rangoun au petit matin dimanche, elle avait souligné à l'AFP être dépendante "du soutien du peuple". Un soutien largement mis en évidence sur le terrain.

"Je suis très heureuse de la voir. Nous le sommes tous (...) Je ne l'avais jamais vue en personne", a commenté Win Win Myint, une étudiante de 23 ans.

Alors que l'opposante a connu par le passé des tournées particulièrement difficile, le porte-parole de la LND Nyan Win avait indiqué samedi à l'AFP que sa sécurité serait assurée par les membres du parti, avec l'aide des autorités.

En 2003, elle et son équipe avaient été agressées dans une embuscade, semble-t-il orchestrée par la junte au pouvoir, qui avait fait une centaine de morts selon la LND, quatre selon le régime.

L'agression avait conduit à son placement en résidence surveillée pour sept ans, jusqu'à sa libération en novembre dernier, une semaine après des élections très critiquées.

En juin, le régime l'avait prévenue que la tournée politique en province qu'elle avait évoquée risquait d'entraîner "le chaos et des émeutes".

Juste après, la lauréate du prix Nobel de la paix avait testé les limites de sa liberté en effectuant début juillet son premier déplacement hors de Rangoun, à Bagan (centre), où elle avait déjà attiré des admirateurs émus. Mais ce voyage de quelques jours avec son fils avait un caractère strictement privé.

Depuis, les relations semblent s'être un peu réchauffées entre le régime et Mme Suu Kyi qui a rencontré par deux fois un membre du nouveau gouvernement "civil".

Leur premier entretien du 25 juillet avait été salué par les observateurs, qui avaient malgré tout douté qu'il réponde aux demandes de mesures concrètes de la communauté internationale, qui réclame notamment la libération des plus de 2.000 prisonniers politiques.

Vendredi, le gouvernement a promis de continuer le dialogue avec l'opposante, lors de sa première conférence de presse depuis la dissolution de la junte fin mars.

Depuis le scrutin décriée de novembre, la junte du généralissime Than Shwe s'est autodissoute et a passé la main, fin mars, à un gouvernement dit "civil" mais entièrement contrôlé par les militaires.

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les médias d'Etat abandonnent les slogans anti-BBC

Message  Admin le Jeu 18 Aoû 2011 - 8:26

Les médias d’État birmans ont abandonné les bandeaux incendiaires, publiés depuis plusieurs années en dernière page de quotidiens officiels, fustigeant les médias étrangers comme la BBC. Ils accusaient les médias étrangers de diffuser des “programmes meurtriers” et de “semer la haine parmi le peuple” , à l’aide de formules telles que “l’anarchie engendre l’anarchie, pas la démocratie”, ou “Eliminez ceux qui incitent aux troubles et à la violence”.
“Nous avons arrêté ces slogans sur la BBC et VOA (Voice of America, ndlr) étant des meurtriers sur les ondes dans les journaux d’Etat” , a indiqué à l’AFP un responsable gouvernemental sous couvert de l’anonymat. “Nous voulions simplement couvrir plus d’informations dans les journaux” , a-t-il ajouté, précisant que ces messages quasiment quotidiens depuis le cyclone Nargis en 2008 étaient arrêtés indéfiniment. Le régime birman avait été très critiqué pour sa gestion de cette catastrophe qui avait fait 138 000 morts et disparus.
De nombreux Birmans comptent sur les émissions de radio diffusées depuis l’extérieur du pays pour s’informer. L’opposante Aung San Suu Kyi était elle-même une auditrice fidèle de la BBC et d’autres lors de ses longues années de résidence surveillée.

http://teleobs.nouvelobs.com/articles/birmanie-les-medias-d-etat-abandonnent-les-slogans-anti-bbc
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Entre prudence et espoir après les gestes d'apaisement du régime

Message  Admin le Lun 22 Aoû 2011 - 9:28

Le nouveau gouvernement "civil" birman, qui vient de tendre la main à l'opposante Aung San Suu Kyi, cherche à se débarrasser de son image de paria sur la scène internationale, mais les espoirs de réformes concrètes sont encore minces, selon les analystes.

La lauréate du prix Nobel de la paix s'est entretenue pour la première fois vendredi avec le nouveau président Thein Sein, le dernier geste en date d'un régime qui tente d'apaiser les critiques.

Presque rien n'a filtré de cette rencontre d'environ une heure avec l'ancien général et ancien Premier ministre de la junte, mais les analystes y voient malgré tout une étape importante pour le gouvernement issu des élections décriées de novembre.

La junte du généralissime Than Shwe a été dissoute et ses pouvoirs officiellement transférés fin mars à un gouvernement "civil".

Ces nouveaux dirigeants, la plupart d'anciens militaires ayant abandonné l'uniforme pour se présenter aux élections, veulent montrer qu'"ils sont aux commandes et pas l'armée", souligne l'analyste Aung Naing Oo, du Vahu Development Institute.

"Ils veulent être vus en train de faire quelque chose de bien pour le pays, et par dessous tout, qu'ils sont un gouvernement civil, quels que soient leurs liens avec l'ancien régime".

Mme Suu Kyi a elle-même été surprise par le changement d'attitude des autorités à son égard, selon l'analyste. Et quelles que puissent être leurs motivations, ce dialogue est "extrêmement important" pour la réconciliation nationale.

La lauréate du prix Nobel de la paix a été libérée de sept années de résidence surveillée en novembre, une semaine après les élections auxquelles elle n'a pas participé.

En juin, le gouvernement lui avait demandé d'arrêter ses activités politiques et prévenue que la tournée politique qu'elle avait évoquée risquait d'entraîner "le chaos et des émeutes". Mais il semble avoir changé de stratégie ces dernières semaines.

L'opposante a rencontré par deux fois le ministre du Travail, avant le président personne. Elle a aussi pu effectuer sans encombre son premier déplacement politique en dehors de Rangoun, appelant à l'unité du pays devant des milliers de partisans.

Les autorités ont également appelé à des négociations de paix avec les groupes ethniques rebelles et autorisé la visite à partir de dimanche du rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'Homme en Birmanie, Tomas Ojea Quintana, pour la première fois depuis février 2010.

Mais malgré ces "avancées", il est encore "trop tôt pour dire si c'est un nouveau départ ou des gestes vides de sens", souligne Win Min, chercheur basé au Etats-Unis.

Le nouveau régime est prêt à "tolérer certaines activités de l'opposition et à coopérer avec elle sur des questions de développement, pour gagner une reconnaissance régionale et internationale", poursuit-il.

L'Occident impose depuis des années des sanctions politiques et économiques contre la Birmanie, réclamant des réformes, en particulier la libération des quelque 2.000 prisonniers politiques et la fin des violations des droits de l'Homme.

Le gouvernement voudrait d'autre part convaincre ses pairs de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (Asean) qu'il a mérité de se voir confier la présidence du groupe régional en 2014.

Le parti créé par la junte a remporté une victoire écrasante lors du scrutin de novembre et le gouvernement veut le prestige de cette présidence avant la prochaine échéance électorale en 2015, souligne un spécialiste de la Birmanie qui a préféré rester anonyme.

Mais dans un pays dirigé par des juntes successives pendant un demi-siècle, certains progrès, comme la fin de la guerre civile avec des groupes rebelles ethniques, prendront beaucoup plus de temps, souligne-t-il.

"Nous devons être très prudents en imaginant que la réforme d'un pays comme la Birmanie arrivera du jour au lendemain. Mais cela avance dans la bonne direction, et plus rapidement que quiconque aurait pu l'imaginer".

http://www.challenges.fr/article/20110821.AFP3887/birmanie-entre-prudence-et-espoir-apres-les-gestes-d-apaisement-du-regime.html
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"Des événements positifs, mais il faut rester prudent avec la Birmanie"

Message  Admin le Mar 23 Aoû 2011 - 7:03



L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a été reçue, pour la première fois, vendredi 19 août, par le président Thein Sein. Il s'agissait de la troisième rencontre en moins d'un mois entre l'opposante, libérée en novembre après sept années de résidence surveillée, et un membre du nouveau gouvernement birman. Lex Rieffel, chercheur à la Brookings Institution, à Washington, et spécialiste de la Birmanie, juge ces rencontres de façon positive mais reste prudent. Il est impossible, selon lui, de savoir si elles sont un réel signe de changement.

Après avoir rencontré deux fois le ministre du travail cet été, Aung San Suu Kyi a été reçue, vendredi, par le président de la Birmanie. Que faut-il penser de ces rencontres ?

Lex Rieffel : Ce sont des événements positifs, mais il faut rester prudent car c'est toujours très difficile de savoir comment interpréter quoi que ce soit avec ce pays qui, depuis longtemps, ne fait pas preuve de transparence. Toutefois, le moment choisi pour la première rencontre entre Aung San Suu Kyi et le ministre du travail est intéressant. Cette rencontre s'est faite en parallèle d'un atelier sur les politiques macroéconomiques. Or, même si c'est un peu provoquant de dire ceci, les Birmans souffrent davantage de mauvaises politiques macroéconomiques que d'un manque de démocratie. Donc après une décennie de souffrance pour le peuple birman, les ateliers sur l'économie sont sûrement plus utiles que les rencontres entre Aung San Suu Kyi et les membres du gouvernement. Mais ce qui est intéressant, c'est le fait que ces deux événements aient eu lieu en même temps.

Quelle est la situation politique en Birmanie aujourd'hui ?

Il y a un nouveau gouvernement depuis le mois de mars, dit "civil" car il est multipartite, même s'il est bien évidemment dominé par l'armée. Autre nouveauté, il y a un gouvernement à la fois au niveau national et au niveau régional. Pour la première fois en vingt ans, de nouveaux partis peuvent voir le jour, les partis politiques d'opposition ont un siège au Parlement et leurs membres, avec certaines limites, peuvent dire ce qu'ils pensent. Depuis l'année dernière il y a une augmentation saisissante de la liberté d'expression.

Y a-t-il eu également des changements au niveau diplomatique ?

Tout à fait. J'ai participé à une réunion en Birmanie, au mois de juin, organisée par le ministère des affaires étrangères. Il y avait de nombreux diplomates étrangers et en comparaison avec la situation il y a un an, le gouvernement entretient un dialogue beaucoup plus sérieux avec ses homologues étrangers. Je vois aussi que l'Australie, le Royaume-Uni et, dans une moindre mesure, l'Union européenne font des efforts assez importants pour tester le nouveau gouvernement et juger de ses intentions.

Pourquoi ces récents changements, notamment concernant l'attitude du gouvernement à l'égard d'Aung San Suu Kyi ?

C'est impossible de le savoir exactement et de connaître la stratégie des dirigeants de ce pays. Toutefois, il y a des faits qui montrent que c'est une priorité pour le nouveau gouvernement d'obtenir la présidence tournante de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) en 2014. Les dirigeants birmans semblent donc avoir reçu le message que les pays membres de l'Asean ne peuvent l'accepter sans certains gestes de leur part.

Cela veut-il dire que le nouveau gouvernement est plus enclin à faire des compromis que celui de la junte militaire ?

Il faut faire très attention et ne pas vouloir sur-interpréter ce qu'il se passe. En même temps, il faut éviter de prendre une posture négative. Pendant longtemps, le monde a regardé la Birmanie sans aucune nuance, estimant que toutes les actions de son gouvernement étaient mauvaises. On commence à s'éloigner de cette façon de voir les choses, mais les changements concrets qui feraient vraiment la différence pour les gens n'ont pas encore été entrepris. Pour cela, il faudrait qu'il y ait en Birmanie un système bancaire qui fonctionne, une monnaie décente, et que des emprunts soient fournis au secteur rural de façon à assurer une augmentation du niveau de vie et pour assurer la même croissance économique qu'en Chine, en Corée, à Taïwan ou en Indonésie.

Aung San Suu Kyi a-t-elle un rôle à jouer ou est-elle juste un symbole dont se servent les dirigeants ?

C'est difficile à dire. Elle a clairement le potentiel pour jouer un rôle important dans l'avenir, mais je me garderai bien de faire la moindre prédiction.

Source www.lemonde.fr

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Re: "Je m’excuse de vous donner plus de travail" ASSK

Message  Blue Sky le Mer 24 Aoû 2011 - 15:58

salut ,
pour oam , la reponse a ce "changemenbt d'attitude " , Tu l'as donné toi meme :

Le gouvernement voudrait d'autre part convaincre ses pairs de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (Asean) qu'il a mérité de se voir confier la présidence du groupe régional en 2014

et si cela est accordé à ce gouvernement , ce dont je ne doute un seul instant , et bien Me Kyi pourra repartir sagement en residence surveillée ..

Blue Sky

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Pourquoi le régime se rapproche d'Aung San Suu Kyi

Message  Admin le Jeu 25 Aoû 2011 - 6:00


L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a rencontré ce vendredi pour la première fois le nouveau président "civil" Thein Sein, le 19 août. le régime devait renouer le dialogue avec la "Dame de Rangoun" pour devenir légitime aux yeux de la population.

REUTERS/Myanmar News Agency/Handout

Le régime birman a repris contact avec l'opposante Aung San Suu Kyi. Pourquoi? L'éclairage de David Camroux, chercheur spécialiste de l'Asie du Sud-est.
L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, s'est dite "encouragée" par sa rencontre, le 20 août, avec le président Thein Sein. Professeur à Sciences-Po et chercheur associé au Centre d'études et de recherches internationales (CERI), David Camroux revient sur les raisons de ce rapprochement inédit entre le régime et la "Dame de Rangoon".

Comment expliquer le changement de ton du régime birman vis-à-vis d'Aung San Suu Kyi?
Les élections de 2010, malgré leurs défauts, ont changé la donne politique en Birmanie. Le pays est désormais gouverné par un gouvernement militaire derrière une façade démocratique, avec un Parlement élu. Il y a donc aujourd'hui des institutions nouvelles qui impulsent leur propre dynamique. Dans ce contexte, le régime devait renouer le dialogue avec Aung San Suu Kyi pour devenir légitime aux yeux de la population. Il y a eu des élections, mais le peuple n'a pas voté. Ce rapprochement est donc un enjeu de politique intérieure.

Et un enjeu diplomatique?
Oui. C'est un signal envoyé à la communauté internationale, qui appelait à la réconciliation avec la lauréate du prix Nobel de la paix. Avec peu d'efforts, le régime achète une légitimité au niveau international.

Dans quelle mesure les divisions au sein du régime peuvent-elles favoriser l'opposition démocratique?
Le système politique reste opaque. Il est difficile de savoir l'ampleur réelle des divisions. Ce qui est certain, en revanche, c'est que la Birmanie prépare déjà l'après-Thein Sein [président 'civil' de la Birmanie et ancien premier ministre de la junte militaire]. Cette rencontre avec Aung San Suu Kyi est un signe de l'affaiblissement du régime: en créant un Parlement, les militaires ont lancé une dynamique qu'ils ont du mal à contrôler.

Quels sont les risques pour Aung San Suu Kyi?
Aung San Suu Kyi est une femme politique redoutable, malgré son isolement, qui joue aujourd'hui sur les deux tableaux: elle s'affirme comme le leader légitime de l'opposition, en mobilisant ses nombreux soutiens dans la population. Elle s'affirme aussi par rapport au régime. Qui sait parfaitement qu'elle seule pourra lever un jour les sanctions et l'embargo contre la Birmanie. Il y a donc un intérêt partagé.

Quid des 2100 opposants politiques?
Nous pouvons être raisonnablement optimistes. Et cela pour deux raisons. D'abord parce qu'il y a une convergence au niveau international: les pays occidentaux et les pays de l'Asie du Sud-Est souhaitent assouplir les sanctions contre la Birmanie. Ensuite parce que la région devient plus démocratique: l'Indonésie, une ancienne dictature militaire il y a seulement une quinzaine d'années, est devenue aujourd'hui un grand pays démocratique. Ces deux facteurs incitent le gouvernement birman à s'ouvrir davantage. Les opposants politiques vont pouvoir affaiblir le système de l'intérieur.

A moyen terme, un "printemps birman" est-il possible sans Aung San Suu Kyi?
En Birmanie, les soulèvements populaires n'ont jamais abouti à un changement de régime. Dans ce pays profondément bouddhiste, où il y a un demi-million de moines, et un demi- million de militaires, c'est la force des armes contre la force des convictions. L'armée n'est pas toujours gagnante. Si elle a réprimé dans le sang les rébellions, comme lors de la Révolution de safran en 2007, elle n'a jamais pu se débarrasser de l'opposition, qui est moralement plus forte aujourd'hui qu'hier.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/birmanie-pourquoi-le-regime-se-rapproche-d-aung-san-suu-kyi_1023495.html
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Une transition est-elle à l'œuvre en Birmanie?

Message  Admin le Lun 5 Sep 2011 - 6:09

Le régime birman a fait un petit pas vers l'ouverture cette été en invitant l'opposante Aung San Suu Kyi dans la capitale Naypyidaw pour rencontrer le nouveau président «civil». Mais pour Frédéric Debomy, président d’Info Birmanie, il faut que le régime aille désormais au-delà des symboles.

La junte militaire au pouvoir en Birmanie ferait-elle enfin preuve d'ouvture? La question s'impose à l'observateur frappé de voir Aung San Suu Kyi, dirigeante de la Ligue Nationale pour la Démocratie, applaudie à Nay Pyi Daw (capitale du pays) par un parterre d'officiers jusque-là acharnés à sa perte.

De fait, des évolutions sont à l'oeuvre en Birmanie : à un pouvoir nettement centralisé s'est substituée une structure de pouvoir plus complexe, donc certainement plus propice à l'éclosion de tensions internes. On semble déjà distinguer des dissensions entre potentiels réformateurs et ligne dure du régime. Le sort du général Than Shwe, homme fort de la dictature depuis 1992, est incertain : si certains pensent qu'il continue de tirer les ficelles du nouveau régime "civil" issu des élections contestables du 7 novembre 2010, d'autres évoquent une possible perte d'influence. Le "généralissime" n'est certes plus le commandant en chef des armées, remplacé dans ses fonctions par le général Min Aung Hlaing. En outre, la mise en place d'un Conseil suprême d'Etat, organe extraconstitutionnel qui aurait été la véritable instance décisionnelle du pays et dont Than Shwe aurait assuré la direction, n'a pas eu lieu, qu'elle ait été une simple rumeur ou qu'elle ait été abandonnée. A contrario, c'est un proche du général qui a été récemment nommé à la direction des renseignements militaires, ce qui rend plus difficile l'interprétation des transformations à l'oeuvre au sein du pouvoir birman. La mise à l'écart du vieux dictateur ne saurait être une mauvaise nouvelle pour ceux qui aspirent à des évolutions démocratiques en Birmanie : peu ouvert au compromis, l'homme semblait abhorer Aung San Suu Kyi dont il ne supportait pas qu'on prononce le nom en sa présence.

Pour autant, il faut se garder de tout enthousiasme précipité : la reprise du dialogue entre Aung San Suu Kyi et la dictature est certes encourageante, la nomination d'un proche conseiller de la dissidente comme conseiller spécial du président en matière économique étant un autre pas dans la bonne direction.

Enfin, l'appel fait aux exilés (opposants politiques compris) pour qu'ils rentrent au pays est un geste inédit. Mais l'expérience passée invite à la modération. Sans exclure qu'une partie de l'appareil d'Etat puisse souhaiter entreprendre des évolutions, il faut rappeller que "tout changer pour que rien ne change" est un procédé récurrent chez les militaires birmans : en 1974 déjà, le général Ne Win avait voulu légitimer sa dictature en lui donnant une apparence civile. Une nouvelle Constitution avait été promulguée, créant une assemblée nationale et des comités populaires locaux. L'existence de ces instances, à l'autonomie factice, n'empêcha nullement Ne Win de se maintenir au pouvoir jusqu'en 1988, avant qu'une junte encore plus brutale ne prenne sa relève. En outre, des interrogations demeurent : quel pouvoir a réellement le Premier ministre Thein Sein, qui s'est récemment entretenu avec Aung San Suu Kyi? On se rappelle en effet la façon dont Khin Nyunt, alors Premier ministre, avait été soudainement démis de ses fonctions en 2004 pour être placé en résidence surveillée.

D'autre part, les gestes de bonne volonté du régime ne sont-ils pas motivés par les échéances à venir? La dictature sait en effet très bien que la mise en place d'une commission d'enquête sur les crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Birmanie (qui l'inquiète) sera à l'ordre du jour de la prochaine Assemblée générale des Nations unies, en septembre 2011. Il réalise aussi que sa métamorphose en un régime "civil" n'a pas convaincu : en mal de reconnaissance internationale, il espère convaincre ses partenaires de l'Association des nations d'Asie du Sud-est de lui permettre d'occuper la présidence tournante de l'organisation en 2014.

Il faut donc demeurer prudent tant que les signes d'une véritable volonté du régime de tourner la page de la dictature demeurent insuffisants. Les faits, seuls, doivent nous permettre de juger de son évolution. Il faut donc rappeler que près de deux mille prisonniers politiques demeurent enfermés tandis que les attaques de l'armée contre les populations civiles se poursuivent dans les régions du pays où vivent les minorités ethniques.




Frédéric Debomy, président d'Info Birmanie, a coordonné le livre "Résistances. Pour une Birmanie libre." (Aung San Suu Kyi, Stéphane Hessel et Info Birmanie) aux éditions Don Quichotte.

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/050911/une-transition-est-elle-loeuvre-en-birmanie
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Re: "Je m’excuse de vous donner plus de travail" ASSK

Message  Admin le Lun 12 Sep 2011 - 6:44

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Re: "Je m’excuse de vous donner plus de travail" ASSK

Message  Admin le Jeu 15 Sep 2011 - 6:52

Reporters sans frontières a dénoncé hier la condamnation d'un journaliste birman à dix années de prison supplémentaires pour avoir prétendument diffusé des “informations nuisibles à la tranquillité et à la cohésion du gouvernement”. La peine du journaliste de Democratic Voice of Burma, qui avait déjà écopé de 8 ans de prison pour ces faits, s’élève désormais à dix-huit ans d'emprisonnement.

"Nous sommes scandalisés par ce verdict inacceptable. Sithu Zeya, âgé de seulement vingt-et-un ans, n’a commis aucun crime. Comment le gouvernement birman peut-il prétendre être sur la voie de la démocratisation tandis que sa Justice agit en totale violation des droits humains fondamentaux. Les récents événements, démontrent que les mesures ’d’ouverture’ prises jusqu’ici par le gouvernement participent en réalité d’une stratégie de communication et n’illustrent pas une véritable intention d’accorder plus de liberté à la presse et aux citoyens birmans", dénonce l'organisation de défense de la liberté de la presse.

www.lefigaro.fr
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"Une chance de changement", selon Aung San Suu Kyi

Message  Admin le Ven 16 Sep 2011 - 6:08

En ce 15 septembre, journée internationale de la démocratie, pour la première fois, un événement a pu être organisé au Myanmar, en l'occurrence au siège de la Ligue nationale pour la démocratie de Rangoon, rapporte The Irrawaddy. A cette occasion, l'icône de l'opposition birmane s'est dite encouragée par la direction prise par le pouvoir ces dernières semaines. Le président Thein Sein, qu'Aung San Suu Kyi a rencontré récemment dans la capitale Naypyidaw, multiplie les gestes d'ouverture à l'égard de la dissidence politique. "Je pense que nous avons atteint un point où se présente une chance de changement", a déclaré le Prix Nobel de la paix.



source http://www.courrierinternational.com/breve/2011/09/15/une-chance-de-changement-selon-aung-san-suu-kyi


Les satiristes de retour au bercail

Quatre comiques de la célèbre troupe Thee Lay Thee, exilés en Thaïlande au lendemain de la “révolution de safran” de septembre 2007, ont atterri le 11 septembre à Rangoon, écrit le webzine The Irrawaddy. Ils sont les premiers dissidents à répondre à l’invitation à rentrer au pays lancée voilà un mois par le président Thein Sein. Ce dernier, qui tient à redorer l’image du régime, a multiplié ces dernières semaines les signes d’ouverture envers l’opposition. Les plus sceptiques refusent encore de lui accorder trop de crédit. Trois autres membres de la même troupe resteront ainsi à l’étranger tant que leur leader, Zarganar, qui purge une peine de vingt-huit ans de prison pour avoir critiqué la réponse des autorités au cyclone Nargis, ne recouvrera pas la liberté.

source http://www.courrierinternational.com/breve/2011/09/15/les-satiristes-de-retour-au-bercail
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Aung San Suu Kyi: "La justice n'est pas une vengeance"

Message  Admin le Ven 16 Sep 2011 - 17:19


Aung San Suu Kyi (ici à Kyaukpadaung, près de Mandalay, le 6 juillet) voudrait que chaque Birman puisse vivre comme il l'entend.

AFP PHOTO / SOE THAN WIN

A Rangoon, le Prix Nobel de la paix et leader de l'opposition démocratique, veut donner le bénéfice du doute au pouvoir. Elle dit croire à un lent mouvement de réforme et d'ouverture.

A 66 ans, Aung San Suu Kyi dirige depuis plus de deux décennies la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), principale formation de l'opposition birmane. Libérée de son assignation à résidence le 13 novembre 2010, peu après des élections desquelles son parti fut exclu, elle s'entretient depuis peu avec divers membres du gouvernement, ainsi qu'avec le président Thein Sein. Le pays n'est officiellement plus contrôlé par l'armée, mais les militaires conservent le pouvoir en réalité: un quart des sièges au Parlement leur sont réservés. La Birmanie compterait près de 2000 prisonniers politiques, selon les associations de défense des droits de l'homme.

Votre assignation à domicile a pris fin il y a dix mois. Aujourd'hui, êtes-vous libre de tous vos mouvements?
Oui, tout à fait. D'ailleurs, depuis quelques années, je pars toujours du principe que je suis libre de mes mouvements... tant que je ne suis assignée à résidence!

Qu'attendez-vous des discussions engagées avec le gouvernement?
Davantage de réformes démocratiques et des conditions de vie améliorées pour la population. Mais il est trop tôt pour évoquer le détail de nos échanges.

Le pouvoir est-il un interlocuteur crédible?
Si vous n'accordez pas un minimum de confiance aux personnes avec lesquelles vous engagez un dialogue, mieux vaut ne pas discuter du tout. Chacun doit donner à l'autre le bénéfice du doute, sans quoi il n'y a pas de négociation possible.

Depuis vingt ans, vous avez discuté à plusieurs reprises avec le pouvoir. Etes-vous plus optimiste, cette fois-ci?
Le gouvernement actuel et le président, tout particulièrement, cherchent à améliorer la situation.

Que pouvez-vous offrir au gouvernement en échange de réformes démocratiques?
Nous savons ce qu'est une démocratie. Pour autant, nous n'avons rien de particulier à offrir, mais nous pensons que l'Etat gagnerait à mettre en place un processus participatif, et c'est la raison pour laquelle diverses forces vives et organisations oeuvrent déjà à la reconstruction du pays.

Serait-il juste de dire que vous négociez car vous ne croyez pas aux chances de succès d'un soulèvement populaire?
Pourquoi croire que les soulèvements sont le seul moyen d'aboutir au changement? La meilleure voie passe par un processus de dialogue et de négociation, car vous créez alors un précédent vertueux: chacun apprend, au fil du temps, la valeur du dialogue et de la négociation. Il est très important que chacun comprenne ce processus, car il permet de constituer une fondation solide pour l'établissement d'une société démocratique, pacifique et harmonieuse.

Quels signes récents nourrissent votre espoir?
La situation s'améliore dans les médias. Ils peuvent désormais publier des articles écrits par des membres de la Ligue nationale pour la démocratie et par moi-même. Les journalistes peuvent écrire sur nous, aussi. La presse nationale était remplie de critiques acerbes contre la BBC. Ce n'est plus le cas. Les médias disposent aujourd'hui d'une plus grande marge de manoeuvre, me semble-t-il. L'accès à Internet est devenu plus facile, aussi. Il y a un progrès, donc ; nous espérons qu'il se confirmera.

Croyez-vous à de profondes réformes, qui déboucheraient sur un régime respectueux des droits de l'homme et un texte constitutionnel qui écarterait les militaires du pouvoir?
Nous devons tous oeuvrer pour des changements véritables, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain, ni en un mois, ni en un an. Mais c'est un but que nous devons nous fixer. Après tout, c'est ainsi que le monde a évolué. Regardez l'Espagne d'il y a quarante ans, et voyez où en est ce pays aujourd'hui. Les circonstances changent, les pays changent, les gouvernements changent.

Quelle place réserver à la justice dans le processus de réconciliation nationale?
Il doit toujours y avoir une place pour la justice. Mais la justice, ce n'est pas la même chose qu'une vengeance. Quand nous parlons de justice, nous décrivons une situation dans laquelle chacun assume ses responsabilités et rend compte de ses actes. Ce n'est pas la même chose que de distribuer des bons ou des mauvais points ou de tenter par tous les moyens de prouver la culpabilité d'Untel ou Untel. L'état de droit n'encourage pas la vengeance; l'état de droit est fondé sur la justice.

Leader de la Ligue nationale pour la démocratie, pourriez-vous représenter l'ensemble de l'opposition?
Personne ne peut le faire. La démocratie implique la diversité, et l'opposition n'est pas un bloc.

Dans une Birmanie démocratique, accepteriez-vous de devenir la présidente si le peuple se prononçait en ce sens?
Il est trop tôt pour parler de ces sujets, me semble-t-il. Nous ne cherchons pas à obtenir la présidence, pour qui que ce soit. Nous essayons seulement de constituer les bases saines d'une démocratie.

En vous engageant dans la lutte pour la démocratie, imaginiez-vous que le chemin serait si long et difficile?
Pour être honnête, je ne raisonnais pas, à l'époque, en termes d'années ou de décennies. Pour autant, je n'ai pas été surprise quand la lutte s'est révélée si difficile. Dans un sens, j'étais prête à toutes les éventualités - une transition politique rapide et facile ou longue et difficile.

A quoi ressemble la journée normale d'Aung San Suu Kyi?
Elle est très remplie. La dernière fois que j'ai été assignée à résidence, cela a duré sept ans. Auparavant, je n'ai connu la liberté que pendant deux ou trois ans. Quand vos mouvements sont restreints pendant si longtemps, beaucoup de travail s'accumule!

Reste-t-il un peu de temps pour votre vie privée?
Plus ou moins. Cela dépend de ce que vous entendez par là, car ma famille n'est plus auprès de moi, mais... je tente de m'accorder un peu de temps pour lire des ouvrages sans rapport avec mon activité politique.

Que pensez-vous du long-métrage que le cinéaste Luc Besson vous a consacré?
Je n'en sais rien. Je n'en ai pas vu le moindre extrait. J'ai rencontré le réalisateur brièvement, mais nous n'avons pas évoqué son film, car le scénario n'était pas terminé.

Que ressentez-vous à l'idée qu'un film vous soit consacré?
Dans un sens, j'ai l'impression que cela n'a rien à voir avec moi. C'est un film, conçu par quelqu'un - un homme, une société -, dont je suis censée être le sujet principal. Je me sens un peu détachée du projet.

Si vous pouviez voyager à l'étranger, dans quel pays souhaiteriez-vous vous rendre en premier?
En Norvège, car c'est un pays qui nous a beaucoup soutenus lorsque nous étions confrontés aux pires difficultés.

A quel point la religion joue-t-elle un rôle dans votre engagement?
Je ne suis pas très religieuse. J'essaie d'être fidèle à mes croyances bouddhistes. Cela dit, je respecte toutes les religions.

Y a-t-il un personnage historique que vous admirez tout particulièrement?
Oui, Marie Curie. C'était une femme extraordinaire, très forte. J'aime les personnalités dévouées à une cause, surtout quand la cause est bonne! Elle aspirait à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Je l'admire énormément pour sa détermination et pour ses réalisations.

D'où tirez-vous la force de votre engagement?
Je veux que, dans mon pays, chacun puisse vivre comme il l'entend.
Une majorité de Birmans vous aime, même s'ils ne peuvent pas l'exprimer ouvertement...
Oui, et cela m'oblige. Je leur dois des comptes. Mais j'ai toujours dit que je ferai de mon mieux. Je n'ai jamais fait de promesses irréalistes.

Comment souhaiteriez-vous que l'on se souvienne de vous?
Comme de quelqu'un qui a fait son devoir.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/aung-san-suu-kyi-la-justice-n-est-pas-une-vengeance_1030971.html
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La laque de la transition birmane

Message  Admin le Lun 26 Sep 2011 - 10:48

En août et septembre 2007, des dizaines de milliers de Birmans s’étaient mobilisés contre la Junte militaire, suscitant l’espoir d’un changement démocratique pacifique dans un pays soumis depuis la fin des années 1950 à une dictature de fer.
Les images de la « Révolution safran » avaient fait le tour du monde. Et puis, très vite, la répression s’était abattue, les lumières s’étaient éteintes et le pays était retombé dans l’oubli.
La sortie, début septembre à Toronto, du nouveau film de Luc Besson, The Lady, a, un furtif instant, replacé la Birmanie au menu de l’actualité. Le réalisateur y décrit le drame de l’opposante Aung San Suu Kyi, assignée à résidence et soumise au chantage de la Junte, alors que son mari, résidant à Londres, est atteint d’un cancer en phase terminale. Même s’il s’attache à décrire une histoire privée au sein de l’Histoire publique de la Birmanie, The Lady appartient à la lignée des grands films qui célèbrent le courage politique et la dignité humaine. Comme Cry Freedom de Richard Attenborough qui, en 1987, décrivit l’amitié entre Steve Biko, leader sud-africain de la Conscience noire, et le journaliste « libéral » blanc Donald Woods, il offre une puissante allégorie de la lutte toujours inachevée, toujours réversible, pour la liberté.
Ce film renforce le statut d’icône mondiale qu’incarne le Prix Nobel de la Paix 1991. « Vous êtes l’exemple extraordinaire de quelqu’un qui a travaillé pendant des années au milieu de difficultés incessantes, lui confiait récemment Stéphane Hessel (Résistances. Pour une Birmanie libre, Ed. Don Quichotte, 2011). Et vous n’avez jamais perdu ni votre foi ni l’espoir. »
A l’exemple des grands dissidents, Andrei Sakharov, Vaclav Havel ou Nelson Mandela, qui ont illuminé l’histoire du siècle dernier, les démocrates birmans ont conquis une place spéciale dans l’imaginaire de la liberté. En dépit des incertitudes de toute transition démocratique et des doutes que suscite l’énorme complexité ethnique de ce pays, la longue marche de l’opposition birmane revêt un caractère binaire, exemplaire, essentiel, comme dans une pièce de théâtre classique qui oppose la lumière aux ténèbres, Antigone à Créon.
C’est la force de ces images et de ces représentations qui détermine en grande partie l’attitude de la communauté internationale à propos de la Birmanie. Qu’ils croient vraiment aux valeurs démocratiques dont ils se réclament ou qu’ils maugréent en critiquant les obstacles posés par l’éthique à la réalisation de bonnes affaires, les dirigeants des Etats-Unis et de l’Union européenne sont cadrés par le symbolisme de la Dame de Rangoon. Les sanctions qu’ils ont adoptées au fil des ans contre le régime birman s’expliquent largement par leur souci de ne pas être – ou de ne pas paraître – hostiles à cette héroïne du combat universel pour la démocratie.
Et pourtant, derrière l’apparente unanimité vertueuse des pays occidentaux, les luttes d’influence font rage. Aux Etats-Unis comme en Europe, des milieux d’affaires estiment qu’il est temps de normaliser les relations avec le nouveau gouvernement birman, issu des élections, pourtant entachées de multiples irrégularités, de novembre 2010.
Les arguments de ces cercles « réalistes » sont directs : la Birmanie regorge de matières premières, aux frontières stratégiques de l’Inde et de la Chine. Ces deux géants, ajoutent-ils, se sont engagés sans complexe en Birmanie, développant d’ambitieux projets industriels, énergétiques et portuaires, raflant la mise face à des démocraties occidentales entravées par le « lobby des droits de l’Homme ». Finalement, proclament-ils, les sanctions devraient être levées afin de favoriser l’évolution graduelle vers un Etat de droit minimal.
En avril dernier, en dépit des pressions exercées par les partisans de la normalisation, en premier lieu par l’Allemagne, l’UE a prorogé ses politiques restrictives à l’encontre de la Birmanie, tout en exemptant quelques hauts dignitaires de sa liste des personnes soumises aux sanctions, afin, officiellement, de permettre un éventuel dialogue avec le régime.
Le différend intra-européen porte aussi sur la création sous les auspices des Nations unies d’une Commission internationale d’enquête sur les crimes contre l’humanité imputés à la Junte militaire birmane. A ce jour, douze membres de l’UE, dont la Belgique et la France, appuient cette résolution, mais ils sont soutenus par une large coalition de la société civile, de la Confédération syndicale internationale à Human Rights Watch.
La «qualification» de l’actuel gouvernement birman est au cœur de la controverse. Les partisans d’une normalisation, insistant sur les gestes posés par le pouvoir, en particulier la libération d’Aung San Suu Kyi, évoquent le scénario d’une «transition politique graduelle» et comparent la situation birmane à celle de la Corée du Sud, qui passa en 1987 de la dictature à la démocratie, ce qui contribua à transformer ce pays en 12e puissance industrielle du monde.
Dans beaucoup de milieux, toutefois, même si Aung San Suu Kyi a évoqué dimanche «des évolutions positives», le scepticisme reste de mise. Rien n’est résolu, avertit Joshua Kurlantzick, du Council on Foreign Relations, dans la revue Current History, décrivant un pays confronté aux conséquences de l’ouragan Nargis de 2008 qui fit plus de 130.000 victimes et démontra l’impéritie et le cynisme du régime, menacé par des rébellions ethniques et rongé par la corruption et le népotisme.
Les nouveaux habits civils du nouveau gouvernement, ajoutent les opposants, ne trompent que ceux qui veulent se laisser illusionner. L’armée, pilier du système, conserve l’essentiel du pouvoir. Ses soldats continuent à se livrer à des exactions : viols, déplacements et travail forcés, torture. Ses hommes de paille vampirisent l’économie du pays.
La presse, comme le signale un rapport du Comité de protection des journalistes (CPJ) publié aujourd’hui à New York (Crispin, Marthoz et Aung Zaw, In Burma, transition neglects press freedom), reste soumise à un sévère contrôle. Quatorze journalistes au moins sont en prison, les sujets sensibles comme l’affairisme des militaires, les affrontements entre l’armée et les groupes insurgés ou encore les mégaprojets d’infrastructures chinois sont tabous. Le pouvoir harcèle également les médias birmans exilés, comme la Democratic Voice of Burma et le magazine Irrawaddy, qui sont les seuls à fournir une information critique et crédible sur le pays. Ces derniers mois, ils ont été victimes d’attaques de déni de service distribué (DdoS) et de piratage de leurs sites.
Les signes d’espoir, nous confiait un opposant, viennent de la fortitude de la Dame de Rangoon, mais aussi du développement, après le désastre de l’ouragan Nargis, d’une société civile qui a appris à se prendre en main et agit sur le terrain pour répondre aux besoins immédiats de la population.
A ce jour, toutefois, la démocratisation birmane est plus mince que la laque qui recouvre le siège où continue à trôner le général Than Shwe, président du Conseil suprême d’Etat et détenteur réel du pouvoir.

* Journaliste et essayiste belge

http://www.libe.ma/La-laque-de-la-transition-birmane_a21782.html
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Un petit air de «glasnost»

Message  Admin le Mer 28 Sep 2011 - 6:06


La cheffe de l’opposition Aung San Suu Kyi lors de l’inauguration d’une bibliothèque près de Rangoon. (AP)

L’opposante et Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a qualifié de «positifs» les changements déjà intervenus. A la tête de l’Etat, les relations sont tendues entre réformistes et radicaux

Il souffle sur Rangoon un air de perestroïka. Depuis la formation au printemps d’un gouvernement civil composé surtout d’anciens généraux issus d’une junte militaire cruelle et corrompue qui s’est «autodissoute» le 30 mars, on est en train d’assister à une accélération du processus censé mener la Birmanie vers une «démocratie disciplinée», selon les propres termes du pouvoir.

«Nous jouissons en ce moment d’un degré de liberté politique réel. Je suis aujourd’hui plus optimiste que je ne l’étais il y a quelques mois», juge Toe Kyaw Hlaing, ancien président du syndicat des étudiants en médecine durant le mouvement démocratique de 1988, noyé dans le sang par la soldatesque birmane.

Emanant d’un homme qui voit régulièrement Aung San Suu Kyi, chef de file de l’opposition et dissidente divinisée, une telle remarque en dit long sur les changements en cours. The Lady (la Dame), comme tout le monde l’appelle ici, exprime désormais, pour la première fois, son optimisme. En termes mesurés, certes, mais qui tranchent sur le scepticisme qu’elle affichait depuis sa libération, en novembre 2010, au terme de sept années continues de résidence surveillée.

Depuis qu’elle a rencontré, le 19 août, le président Thein Sein, elle répète qu’elle pense que ce dernier cherche à provoquer des changements «positifs». Même si la «question de savoir jusqu’où il pourra aller mérite d’être examinée», comme elle l’a indiqué, le 18 septembre, à l’AFP.

Rien n’a filtré de précis sur la teneur des discussions lors de cette rencontre inopinée qui a symbolisé avec éclat la politique d’ouverture. Mais selon une source birmane, l’épouse du président aurait, avant le dîner en intimes, spontanément pris dans ses bras l’ancienne bête noire du régime!

La plupart des analystes restent prudents sur la pérennité de la glasnost à la sauce birmane. «Les réformistes ont pour l’instant la main sur l’appareil d’Etat, mais les durs du régime, les affidés – de l’ancien dictateur Than Shwe – sont en mesure de fomenter un putsch au cas où le processus démocratique irait trop loin», estime une personnalité birmane familière du premier cercle du pouvoir, qui requiert le plus strict anonymat.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/0afe652e-e942-11e0-b258-a372580f62b0/Un_petit_air_de_glasnost
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Médias birmans en exil : les ondes de la liberté

Message  Admin le Ven 14 Oct 2011 - 6:40

En avril dernier, la junte militaire a intronisé un gouvernement civil chargé d’engager le pays vers une démocratie qu’elle qualifie de « disciplinée ». Impensable il ya encore quelques mois, les autorités viennent de débloquer l’accès à certains sites de médias étrangers. Un signe d’ouverture qui ne fait pas oublier qu’une vingtaine de journalistes sont toujours détenus dans les geôles du pays et qu’oser parler de démocratie reste passible de peine de prison. Leurs collègues clandestins continuent de lutter au quotidien depuis l’étranger ou sur le terrain pour témoigner des risques encourus. L’un d’eux, la Democratic Voice of Burma, nous a ouvert ses portes.
C’est dans une atmosphère sérieuse mais néanmoins chaleureuse que je suis reçue dans les bureaux de la Democratic Voice of Burma (DVB), à Mae Sot, en Thaïlande. Pour y parvenir, un journaliste est venu me chercher dans le centre-ville. L'adresse doit être tenue secrète. C’est ici que le réseau des vidéo-journalistes s’organise. Surnommés « VJ », ils sont chargés de récolter informations et témoignages en Birmanie, en toute clandestinité, caméra au poing et, surtout, sous le manteau. Myo Min Naing me reçoit. Le responsable du réseau des VJs a passé onze ans en prison pour ses activités politiques. Sa meilleure arme aujourd’hui, c’est l’information. « La liberté de la presse n’existe pas en Birmanie, déplore-t-il. Mais nous sommes prêts à prendre tous les risques pour informer le peuple et dénoncer les abus du régime. » Une dizaine de journalistes travaillent dans les locaux de la DVB, équipés d’ordinateurs, de télévisions, de magnétoscopes et d’un studio.

Une couverture périlleuse

Pwagyi est en charge de la coordination des opérations sur le terrain. Il m’explique qu’une centaine de leurs journalistes opèrent depuis la Birmanie. Tous mènent une double vie. Ils sont pour la plupart enseignants, avocats ou policiers et viennent d'un milieu aisé, afin de pouvoir justifier, en cas d’arrestation, le port d'une caméra ou d'un appareil photo. Pour plus de sécurité, ils ne se connaissent pas. « Je n’ai rencontré personne de la DVB en Birmanie, raconte Joseph Allchin, reporter qui a couvert les élections de novembre 2010. Je ne savais ni qui ni où ils étaient. En cas d’arrestation et d’interrogation musclées, voire même de torture, je n’aurais rien pu révéler. » Sam (un pseudonyme) est l’un des journalistes de la DVB qui a couvert la révolution safran en 2007. Un travail qui a donné lieu à un documentaire, Burma VJ, nominé aux Oscars en 2010. Les images que le monde a pu visionner de cet événement proviennent pour la plupart de ces journalistes, ceux de l’étranger ayant été refoulés par le régime. Sam raconte comment il a réussi à passer à travers les mailles du filet : « En cas d’arrestation, Il faut être malin et improviser rapidement une histoire pour justifier sa présence, le port d’une caméra ou d’un appareil photo. Et détruire rapidement les preuves sans se faire voir. Beaucoup d’informateurs du gouvernement sont déguisés en civil. Il s’agit aussi de savoir les repérer, de part leur allure, mais aussi de part leur comportement. »

Les ondes de la liberté

Depuis une vingtaine d’années, plusieurs médias birmans en exil ont vu le jour sous l’impulsion de la génération des révoltés de 1988. Parmi les plus célèbres, la Democratic Voice of Burma, l’Irrawaddy et Mizzima. La DVB a été créée en 1992, en Norvège, par des exilés proches d’Aung Saan Suu Kyi. Depuis 2005, cette chaîne de radio-télévision diffuse par satellite en Birmanie. Suivie chaque jour par près de 10 millions de téléspectateurs et d’auditeurs dans le monde, elle est financée par des ONG et la communauté internationale, notamment la Norvège, le Danemark et les États-Unis. « Les donateurs nous soutiennent pour lutter contre la censure du gouvernement birman. Ils attendent de nous un travail journalistique indépendant et une information de qualité », estime Joseph Allchin. Au cours de l’entretien, je remarque un journal en anglais posé sur le bureau, le New Light of Myanmar. « C’est un quotidien contrôlé par l’État. Tous doivent publier en deuxième page des textes de propagande désignant les médias étrangers et birmans en exil, tels que la BBC ou la DVB, comme des assassins propagateurs de haine », explique Myo Min Naing.

Le gouvernement vient cependant d'instaurer une réforme pour convaincre d’un assouplissement de la censure. Dorénavant, les articles sur l’art, le sport, la santé, les nouvelles technologies, la littérature pour enfants et les romans de gare n’auront plus besoin de recevoir le sceau de publication du Bureau de la censure. Mais si un article critique le régime, le journaliste et le rédacteur en chef seront condamnés pour crime d’État. « C’est un coup d’épée dans l’eau. Cela nous force simplement à nous autocensurer », s’insurge Myo Min Naing. Plus surprenant peut-être, en septembre dernier, le gouvernement a autorisé la diffusion sur internet de sites étrangers jusque là censurés. Parmi eux, Voice of America, la BBC, YouTube, mais aussi Democratic Voice of Burma. Une mesure qui suit les déclarations du président Thein Sein en mars dernier, qui avait souligné que le gouvernement et le peuple devaient « respecter le rôle des médias » et que ceux-ci constituaient un « quatrième pouvoir » dans le pays. Selon David Mathieson, spécialiste de la Birmanie à Human RightsWatch, ces récentes mesures et déclarations ne constituent pas un espoir pour la liberté de la presse en Birmanie. « Beaucoup de journalistes sont toujours en prison et le système drastique de la censure persiste, insiste-t-il. Le gouvernement cherche en réalité à se servir des médias pour améliorer son image et mieux contrôler la diffusion des informations. Il a pour volonté de sophistiquer son système de propagande. »


Ennemis publics

En Birmanie, les journalistes clandestins, considérés comme des ennemis publics, vivent dans les mêmes conditions que les prisonniers politiques. La DVB compte à elle seule 17 journalistes derrière les barreaux. « Nous recevons parfois des mails des nos collègues en prison. On sait tout de suite qu’il s’agit de membres du gouvernement qui tentent d'infiltrer notre réseau », explique Myo Ming Naing. Pour mieux comprendre leurs conditions de détention, rendezvous est pris dans les bureaux de l’AAPP, l’association d’aide aux prisonniers politiques basée à Mae Sot, en Thaïlande. Min Min, le responsable communication de l'AAPP, me reçoit et me montre des maquettes de prisons birmanes et des photos qui reproduisent les conditions de détention des prisonniers. Lui-même a passé cinq ans dans les prisons birmanes pour avoir tenté de créer un syndicat étudiant. Il fut jugé sans avocat pour le défendre et a été torturé à maintes reprises par des officiers militaires. « Une fois, ils m’ont frappé continuellement pendant 14 jours d'affilée, le jour, mais aussi en plein milieu de la nuit, révèle-t-il. Parfois, je devais rester debout dans une position très douloureuse. Si je tombais, ils me frappaient. Après avoir mangé, ils me battaient jusqu'à ce que je vomisse. Comme c'était très douloureux, j’ai appris à me nourrir le moins possible, juste de quoi survivre. Cela faisait moins mal comme ca. »

Pour Min Min, le mouvement démocratique en Birmanie reste en marche. « En prison, j’ai rencontré beaucoup d’enseignants, d’avocats et de politiciens. Nous parlions souvent de démocratie, des systèmes français, anglais ou américain, de la nature de la démocratie, qui change d'un pays à l'autre. Nous nous demandions souvent ce qu’elle devrait être en Birmanie. C’est grâce à ces rencontres que j’ai décidé de travailler pour l’AAPP. » Son président, Bo Kyi, se dit ne pas être dupe face à la démocratie « disciplinée » proposée par le gouvernement. « La torture reste une pratique courante, affirme-t-il. La plupart des prisons ne possèdent pas de cliniques pour soigner les malades et les prisonniers sont sousalimentés. Afin d’effectuer une véritable transition démocratique, le gouvernement doit libérer sans conditions les prisonniers politiques. Il faut une véritable réforme, un décret officiel. » Les reporters clandestins ont sans doute un rôle important à jouer dans les débats internationaux sur les changements politiques en Birmanie. « Je veux dire la vérité à mon peuple. Nous sommes tous fatigués de la propagande d’État. Je veux raconter aux Birmans son présent et son histoire ». conclut Sam.

XUAN DAO LE

http://www.gavroche-thailande.com/actualites/birmanie/1836-medias-birmans-en-exil-les-ondes-de-la-liberte
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Re: "Je m’excuse de vous donner plus de travail" ASSK

Message  Admin le Mar 25 Oct 2011 - 10:04

Ang San Suu Kyi reconnait une évolution politique en Birmanie



L'ancien prisonnier politique et prix nobel de la paix Ang San Suu Kyi a déclaré que les réformes engagées par le gouvernement représentaient une ouverture majeure depuis les années 1980 tout en assurant qu'il était encore trop tôt pour demander la fin des sanctions occidentales. Dans une interview donnée au Wall Street Journal Asia, Ang San Suu Kyi évoque deux raisons: le grand nombre de prisonniers politiques et la situation avec les minorités ethniques, victimes de violents conflits avec le gouvernement.


A voir ce diaporama ----> http://goo.gl/RYL6q



A lire http://online.wsj.com/article/SB10001424052970203911804576651051732968950.html?mod=rss_asia_whats_news

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Aung San Suu Kyi pourrait briguer un siège au Parlement birman

Message  Admin le Sam 29 Oct 2011 - 9:14

Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix 1991 et figure de l'opposition birmane, pourrait briguer un siège au Parlement lors d'une élection partielle, a indiqué samedi le porte-parole de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).


Questionné sur la possibilité de voir Aung San Suu Kyi se présenter à cette élection, Nyan Win a dit "je pense qu'elle le fera et personnellement, je souhaiterais qu'elle le fasse".

Suu Kyi avait confié à Reuters il y a mois attendre le feu vert du comité exécutif de son parti avant de décider ou non de se présenter.

Une série d'élections partielles doit avoir lieu avant la fin de l'année en Birmanie.

Aung San Suu Kyi, 66 ans, qui a passé 15 ans en résidence surveillée pour son combat en faveur de la démocratie, a été remise en liberté en novembre de l'année dernière.

En octobre, la Birmanie, l'un des pays les plus fermés au monde qui commence à s'ouvrir après un demi-siècle de régime autocratique, a libéré près de 300 prisonniers politiques, dont plusieurs opposants.


Reuters
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Aung San Suu Kyi s'entretient avec un ministre

Message  Admin le Dim 30 Oct 2011 - 16:29

RANGOON
L'opposante birmane et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a rencontré dimanche le ministre du Travail birman Aung Kyi, avec lequel elle a discuté d'une amnistie, de pourparlers de paix avec les groupes ethniques armés, et de questions économiques et financières, selon un communiqué commun lu par le ministre après la rencontre.

Le 11 octobre dernier, environ 200 des quelque 2.000 prisonniers politiques qui seraient détenus dans le pays avaient été libérés dans le cadre de l'amnistie de 6.300 détenus.

Après des décennies d'oppression menée par la junte au pouvoir, le régime birman donne des signes d'ouverture depuis l'installation en mars dernier d'un gouvernement civil élu, mais soutenu par l'armée. AP

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Aung San Suu Kyi "a l'intention" de briguer un siège au Parlement

Message  Admin le Lun 21 Nov 2011 - 7:36


"Si je pense que je dois participer aux élections, je le ferai", avait-elle déclaré. "Certaines personnes s'inquiètent du fait que participer pourrait faire du tort à ma dignité. Franchement, si vous faites de la politique, vous ne devez pas penser à votre dignité". ( © AFP Soe Than Win)

RANGOUN (AFP) - La chef de file de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi "a l'intention" de briguer personnellement un siège au parlement lors d'une prochaine élection législative partielle, a indiqué lundi à l'AFP un porte-parole.

"Mme Suu a dit qu'elle avait l'intention de participer aux élections", a indiqué Nyan Win, confirmant ainsi des déclarations faites vendredi par la lauréate du prix Nobel de la paix.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) avait décidé vendredi de revenir dans la légalité et de présenter des candidats dans 48 élections partielles, un an et demi après sa dissolution suite à l'annonce du boycott du scrutin de novembre 2010.

La dissidente, véritable icône de la lutte pour la démocratie dans son pays et dans le monde, avait alors appelé ses camarades à disputer les sièges dans "toutes les circonscriptions".

"Si je pense que je dois participer aux élections, je le ferai", avait-elle déclaré. "Certaines personnes s'inquiètent du fait que participer pourrait faire du tort à ma dignité. Franchement, si vous faites de la politique, vous ne devez pas penser à votre dignité".

Suu Kyi, qui a fait toute sa carrière politique sous la bannière de la LND, s'est lancée en 1988 lors d'un discours prononcé à Rangoun, avant de fonder la LND.

Mais elle ne s'est jamais présentée elle même dans une élection.

Elle était déjà en résidence surveillée en 1990, lorsque le parti avait remporté haut-la-main le scrutin sans jamais être autorisé à exercer le pouvoir. Et elle était toujours privée de liberté lors des élections de l'an passé, qu'elle et ses compagnons de route avaient boycottées.

Depuis, le paysage politique s'est transformé. La junte a cédé la place à un régime dit "civil", certes contrôlé par l'armée mais à la tête duquel le président Thein Sein a multiplié les réformes, espérant sortir de l'isolement international qui épuise le pays.

Le président a salué ce weekend le retour de Suu Kyi dans l'échiquier politique national.

"Nous travaillerons ensemble pour le développement futur de notre pays, et l'intérêt du peuple, c'est ce que j'ai dit à Aung San Suu Kyi", a-t-il déclaré selon l'hebdomadaire anglophone Myanmar Times, en précisant que les dates des partielles n'avaient pas encore été fixées.

Le weekend a été fructueux pour le régime birman, qui souhaitait rompre son isolement international et a pu constater que les réformes commençaient à porter leurs fruits.

Vendredi, le président américain Barack Obama a indiqué que la secrétaire d'Etat Hillary Clinton se rendrait en Birmanie le 1er décembre, pour la première visite d'un chef de la diplomatie américaine en 50 ans. Il a précisé s'y être engagé après avoir parlé au téléphone avec l'opposante elle même.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé le lendemain qu'il se rendrait "le plus tôt possible" en Birmanie, exhortant le pays à poursuivre les réformes "sans attendre".

Lors d'un sommet asiatique, Naypyidaw a enfin obtenu la présidence tournante en 2014 de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean). Des responsabilités qui va lui permettre d'organiser les sommets annuels du bloc régional et d'inviter notamment le président américain.

Les experts soulignent cependant que l'étape ultime, la levée des sanctions occidentales contre le régime, n'est pas encore d'actualité et passera par la libération des centaines de prisonniers politiques encore sous les verrous dans le pays.

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Re: "Je m’excuse de vous donner plus de travail" ASSK

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