L'état Kachin, en proie à des combats

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L'état Kachin, en proie à des combats

Message  Admin le Jeu 23 Fév 2012 - 12:05

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi était en campagne électorale jeudi dans l'extrême Nord du pays, en proie à de violents combats entre l'armée et les rebelles Kachins, dont l'issue est jugée essentielle pour l'avenir du pays.
La candidate aux législatives partielles d'avril - qui se présente dans une circonscription rurale proche de Rangoun - a atterri à la mi-journée à Myitkyina, capitale de l'Etat Kachin.

Dans cette région montagneuse aux confins de la Chine et de l'Inde, elle est venue soutenir les candidats locaux de la Ligue nationale pour la démocratie (LND).
"Aung San Suu Kyi vient ici non seulement pour faire campagne mais aussi pour apporter de l'unité," a déclaré à l'AFP Win Mya Mya, une déléguée de la LND, à l'aéroport de la ville où quelque 500 partisans attendaient leur idole en arborant ses couleurs.
"Je suis très heureuse. Je veux la voir en personne car je ne l'ai jamais vue. C'est une femme martyre et une lauréate du prix Nobel", se réjouissait de son côté Khaug Nyoi, une militante de la LND, d'ethnie kachin.
La présence de la "Dame" de Rangoun est lourde de sens dans le seul Etat du pays où des combats violents se poursuivent entre militaires et rebelles, en dépit de la volonté affichée du pouvoir de négocier.
Le nouveau pouvoir dit civil mais contrôlé par d'anciens militaires a multiplié les réformes politiques depuis la dissolution de la junte, il y a un an. Il a aussi promis de mettre fin aux foyers de guerre civile qui mettent en danger l'unité du pays, et perdurent depuis parfois l'indépendance en 1948.
Des négociations ont ainsi été ouvertes et des cessez-le-feu signés ces derniers mois avec plusieurs groupes ethniques, qui représentent ensemble un tiers des 60 millions de Birmans.
Mais la question kachin demeure de loin la plus complexe. Un fort sentiment anti-chinois s'est notamment développé dans la région ces dernières années, poussant le président Thein Sein à arrêter l'an passé les travaux d'un vaste barrage de 3,6 milliards de dollars construit par la Chine.
Et en dépit d'un accès très limité, les informations venues des rares organisations à travailler sur place font état de populations civiles en grande détresse, pris en étau dans les combats.
Suu Kyi, pour sa part, a exigé l'arrêt des violences, répétant - à l'unisson de la communauté internationale - que la paix dans les Etats minoritaires était indispensable pour l'avenir, la crédibilité des réformes et la levée des sanctions occidentales.
Mais elle fait face à une certaine méfiance, sinon défiance, des groupes ethniques dans une société où persiste une certaine xénophobie à leur égard.
Et elle reste considérée par certains comme appartenant à l'élite de l'ethnie majoritaire birmane, comme ses collaborateurs de la LND dont d'ex-militaires.
"L'arrière-garde de la LND a les mêmes modes de pensée que l'ancienne junte", estime un observateur étranger, selon lequel les réformes politiques sont vues par certains leaders ethniques comme "un truc entre Birmans".
La lauréate doit donc se positionner, à quelques semaines des élections, insiste Renaud Egreteau, de l'université de Hong Kong. Trois postes sont à pourvoir en Etat Kachin, où la LND sera opposée à deux leaders ethniques historiques.
"Si la LND veut être présente dans l'Etat Kachin, Aung San Suu Kyi doit faire bonne figure et se montrer consciente de l'impasse actuelle dans laquelle se trouve la minorité kachin", estime-t-il.
Un message qu'elle devra reproduire dans d'autres Etats dans les semaines à venir. "Elle essaye de déconstruire l'image, qui lui colle a la peau, d'un leader birman avant tout", relève le chercheur, décrivant un discours "policé" et "rassembleur".

AFP


Dernière édition par Admin le Sam 29 Déc 2012 - 9:31, édité 2 fois
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Re: L'état Kachin, en proie à des combats

Message  Admin le Sam 25 Fév 2012 - 12:55



L'opposante Aung San Suu Kyi a lancé un appel à l'unité des groupes ethniques en Birmanie, lors d'un voyage électoral jeudi 23 février et vendredi 24 février dans l'extrême nord du pays, toujours en proie à de violents combats entre l'armée et les rebelles Kachin
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Les réfugiés kachin manquent d’aide et sont confrontés à des exactions

Message  Admin le Mar 26 Juin 2012 - 5:08

(Bangkok, le 26 juin 2012) - Plusieurs milliers de réfugiés appartenant à l’ethnie Kachin de Birmanie sont isolés au Yunnan, en Chine, où ils encourent le risque de retour à une zone de conflit et manquent d'une aide humanitaire nécessaire, a déclaré Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié aujourd'hui. Le gouvernement chinois devrait immédiatement fournir une protection temporaire et permettre aux Nations Unies et aux agences humanitaires un accès sans entrave aux réfugiés kachin au Yunnan qui ont fui les exactions de la guerre en Birmanie, a ajouté Human Rights Watch.

« Le gouvernement chinois a généralement toléré les réfugiés kachin séjournant au Yunnan, mais il doit maintenant s’acquitter de ses obligations légales internationales pour s'assurer que ces réfugiés ne soient pas renvoyés et que leurs besoins fondamentaux soient satisfaits », a déclaré Sophie Richardson, directrice pour la Chine à Human Rights Watch. « La Chine n'a aucune raison légitime de les repousser vers la Birmanie ou de les laisser sans nourriture et sans abri. »

Le rapport de 68 pages, « Isolated in Yunnan: Kachin Refugees from Burma in China’s Yunnan Province » (« Isolés au Yunnan : Les réfugiés kachin de Birmanie dans la province chinoise du Yunnan »), décrit comment au moins 7 000 à 10 000 réfugiés d’ethnie Kachin ont fui la guerre et les exactions en Birmanie depuis juin 2011, cherchant refuge dans le sud-ouest de la Chine. Le rapport est basé sur plus de 100 entretiens menés auprès de réfugiés, de personnes déplacées en Birmanie, de victimes d'exactions, de personnels de l’aide d’urgence et d’autres personnes.

Les réfugiés kachin au Yunnan ont décrit à Human Rights Watch leur manque d'abris, de nourriture, d'eau potable, d'assainissement et de soins de santé de base. La plupart des enfants n'ont pas accès aux écoles. En quête de revenus, les adultes cherchent du travail à la journée et sont vulnérables à l'exploitation de la part des employeurs locaux. D’autres réfugiés kachin ont fait l’objet de tests de dépistage de drogue arbitraires en bord de route, d’amendes arbitraires et de détention prolongée et abusive de la part des autorités chinoises, le tout sans procédure en bonne et due forme ni contrôle judiciaire. En outre, certains réfugiés ont été refoulés à la frontière, et les autorités locales chinoises, sous les ordres des autorités centrales, en ont forcé d'autres à retourner dans les zones de conflit en Birmanie.

En juin 2011, les hostilités ont éclaté dans le nord de la Birmanie entre l'armée birmane et l'Armée d'indépendance kachin (KIA) à proximité d'un barrage hydroélectrique chinois dans l'État Kachin. Le conflit a mis fin à un accord de cessez-le-feu de 17 ans et provoqué le déplacement d'environ 75 000 Kachins. Les civils déplacés ont fui vers des territoires contrôlés par la KIA ou par le gouvernement en Birmanie, ainsi qu’en Chine.

Alors que le gouvernement central chinois et les autorités provinciales du Yunnan ont généralement permis aux réfugiés kachin d’entrer et de séjourner en Chine depuis juin 2011, Human Rights Watch a documenté deux cas, impliquant environ 300 personnes, où les autorités chinoises ont ordonné aux réfugiés kachin de retourner en Birmanie. Les autorités chinoises ont également refoulé des demandeurs d'asile kachin à la frontière, les forçant à retourner en zone de conflit.

Les retours forcés ont exposé les réfugiés à un grave danger et ont créé une peur omniprésente d'un retour forcé parmi les réfugiés kachin qui se trouvent toujours dans le Yunnan. Un réfugié de 25 ans dans le Yunnan a expliqué à Human Rights Watch :« Je ne me sens pas du tout en sécurité ici parce que nous sommes toujours à la frontière et trop près du côté birman. Je suis préoccupé car les combats se poursuivent, si les Chinois ne nous acceptent pas, où irons-nous ? Où pouvons-nous vivre ? »

La Chine est un État partie à la Convention sur les réfugiés de 1951 et son Protocole de 1967, ainsi qu’à d'autres traités internationaux relatifs aux droits humains fournissant des protections pour les réfugiés et demandeurs d'asile. La Convention sur les réfugiés interdit le retour forcé « de quelque manière que ce soit » de réfugiés dans des endroits où leur « vie ou leur liberté » serait menacée en raison de leur « race, religion, nationalité, appartenance à une opinion sociale ou politique particulière ». Le non-refoulement est la clause principale de la protection des réfugiés et est essentiel aux obligations légales de la Chine envers les réfugiés.

« Le gouvernement chinois est non seulement légalement contraint, mais aussi tout à fait capable de protéger temporairement les réfugiés kachin et de répondre à leurs besoins de base », a affirmé Sophie Richardson.

Bien que les Kachin déplacés en Birmanie aient reçu un montant limité d'aide de la part d’organismes locaux et internationaux, notamment en provenance de trois convois de l'ONU entre mars et juin 2012, le gouvernement chinois quant à lui n'a fourni aucune assistance aux réfugiés Kachin dans le Yunnan, et n'a pas non plus permis au Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés ou à d'autres grandes organisations humanitaires l'accès à cette population. La seule aide fournie est provenue de réseaux d'aide Kachin privés et locaux opérant dans le Yunnan et l'État Kachin.

Bien que les réfugiés aient exprimé leur gratitude pour cette aide, celle-ci a été insuffisante pour répondre à leurs besoins. Une femme kachin, âgée de 51 ans, a expliqué sa difficulté à nourrir sa famille : « Dès que nous sommes arrivés [en Chine], il n’y avait pas de nourriture, donc nous avons partagé le peu que nous avions », a-t-elle confié à Human Rights Watch. « La guerre va durer longtemps et rendre les choses très difficiles pour nous. Nous sommes loin du village et nous ne pouvons pas nous procurer de la nourriture. Vivre ici est une situation très difficile. »

Certains réfugiés ont évoqué leur retour à la zone de conflit en Birmanie en raison de l'aide humanitaire insuffisante au Yunnan. Une femme kachin âgée de 33 ans a affirmé qu'elle se sentait contrainte de retourner à son domicile dans l'État kachin – lieu d’affrontements intenses – en raison du manque d’aliments pour nourrir sa famille au Yunnan : « Le peu d'argent que nous avions apporté [au Yunnan ], nous l’avions déjà dépensé, et nous étions à la maison d'un membre de famille et il n'est pas bon de rester longtemps. C’était difficile, nous avons donc dû revenir en Birmanie. »

Human Rights Watch a déclaré que les gouvernements préoccupés par cette situation devraient soutenir les organisations locales qui fournissent actuellement une aide à la population réfugiée, et devraient de toute urgence faire pression sur les autorités chinoises pour qu’elles fournissent un accès sans entrave aux réfugiés.

Les réfugiés kachin au Yunnan ont été soumis à des tests de dépistage de drogue arbitraires, ce qui dans certains cas, a conduit à les envoyer dans de violents « centres de réhabilitation ». Chacun des hommes réfugiés interrogés par Human Rights Watch a été testé au hasard pour l'usage de drogues par les autorités locales, dans certains cas à plusieurs reprises au fil du temps, citant cette situation comme leur deuxième problème le plus gênant au Yunnan après l’obtention d’un abri. Après s’être soumis à des tests d'urine humiliants en bordure de route, les réfugiés dont le test est déclaré positif pour usage de drogues illicites se voient donner le choix de payer immédiatement des amendes en espèce inabordables ou d’être confrontés à deux ans d'incarcération, dès le jour même. Deux hommes kachin interrogés par Human Rights Watch ont été arrêtés, testés et condamnés à deux ans dans un centre violent de réadaptation par le travail. En détention, ils ont été forcés de travailler dans le textile et la taille du jade sans compensation, et ils ont été soumis à un traitement cruel, inhumain et dégradant.

« Beaucoup de réfugiés kachin ont déjà enduré de terribles exactions et la guerre en Birmanie, pour finir par s'installer dans une vie de pauvreté extrême au Yunnan », a conclu Sophie Richardson. « Jusqu'à ce qu'il soit sans danger pour les Kachins de rentrer chez eux, le gouvernement chinois a la responsabilité de veiller sur leur sécurité et leur bien-être. »

Récits extraits du rapport « Isolés au Yunnan »
« Après avoir déclaré que les villageois devaient retourner en Birmanie, les militaires sont revenus et ont vérifié pour s'assurer que les villageois étaient partis. Nous avons répondu en disant qu’ils étaient rentrés .... Maintenant, tout le monde est retourné en Birmanie. La plupart sont rentrés au village et certains sont retournés dans les camps [de personnes déplacées] en Birmanie. C’est au bout de deux ou trois jours que les soldats sont revenus pour s'assurer que les villageois rentraient chez eux. Les villageois sont arrivés le 12 juin [2011], et les Chinois nous ont permis de les aider jusqu'au 15 juin. C'est à ce moment-là qu’ils sont venus et ont dit qu'ils devaient rentrer. »
– Chef de village chinois, province du Yunnan, Chine, août 2011

« Quand nous allons prendre un bain dans la rivière, les autorités chinoises nous harcèlent à chaque fois. Il y a un puits d'eau au [camp], mais il y a beaucoup de gens et il est très fréquenté, nous devons donc aller à la rivière pour prendre un bain, et quand nous y allons, les autorités chinoises nous arrêtent à chaque fois et nous posent des questions. Et ils nous suivent tout le temps. Ils marchent derrière nous et ils nous crient dessus. Nous ne nous sentons donc pas très en sécurité. »
– Réfugié kachin, 19 ans, province du Yunnan, Chine, novembre 2011

« Notre santé a changé depuis que nous avons fui. Maintenant nous vivons en groupe, côte à côte, de sorte que les maladies se propagent rapidement. Je n'ai jamais eu de problèmes de santé avant, mais maintenant je me sens toujours faible et fatigué, et quelque chose ne va pas avec mon estomac. J'ai dû aller chez le médecin, mais je n’ai pas pu aller à l'hôpital parce que je n'ai pas d'argent .... Si un enfant tombe malade, chaque enfant tombe malade, et nous n'avons pas de médicaments. Les enfants ont la diarrhée et le rhume en permanence. »
– Réfugié kachin, agriculteur, province du Yunnan, Chine, novembre 2011

« J'ai été testé le 5 août 2011 dans la rue près de la frontière. Ils m'ont demandé : « D’où es-tu ? » J'ai dit que je venais de Birmanie. Une personne était vêtue d'un uniforme de police, mais il y avait une dizaine de personnes au total. Ils avaient une voiture et une moto. Ils m'ont demandé si je consommais de la drogue. J'ai dit que non, que je n'en prenais pas. Ils m'ont fait uriner dans une petite tasse devant eux, puis ils ont mis quelque chose dans la tasse et ont dit : « Ça nous dit que tu prends de la drogue. » Puis ils ont dit:« Tu dois éliminer la drogue qui est en toi. Tu iras en prison. » Ensuite, ils m'ont envoyé en prison. »
– Réfugié kachin, 21 ans, province du Yunnan, Chine, novembre 2011

« Nous sommes confrontés à des problèmes concernant le soutien des besoins des réfugiés. Nous sommes presque à court d'argent pour acheter de la nourriture et des médicaments .... Nous les avons déjà pris en charge pendant neuf mois, avec le soutien de la communauté Kachin, certaines communautés de Birmanie et des groupes confessionnels. Au cours des neuf derniers mois, nous avons obtenu des fonds très limités de la part des ONGI [organisations non gouvernementales internationales]. Désormais, les populations locales disposent de budgets limités pour les soutenir à nouveau. »
– Travailleur humanitaire kachin dans la province du Yunnan, Chine, mars 2012


http://www.hrw.org/fr/news/2012/06/25/chinebirmanie-les-r-fugi-s-kachin-manquent-d-aide-et-sont-confront-s-des-exactions
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Des réfugiés kachin forcés au retour

Message  Admin le Ven 24 Aoû 2012 - 4:30

La Chine a commencé à renvoyer chez eux des membres de la minorité ethnique kachin ayant fui les affrontements dans le nord de la Birmanie. Human Rights Watch s’alarme.

Au cours de la semaine du 19 août, les autorités chinoises ont contraint un millier de Kachins à retourner en Birmanie. Elles s’apprêteraient à en expulser 4.000 autres «de façon imminente», s’inquiète Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué rendu public le 24 août. «La plupart d’entre eux considèreront trop dangereux de regagner leur village et se retrouveront sans nulle part où aller au milieu d’un conflit armé», note encore l’organisation américaine de défense des droits de l’homme, estimant que les «rapatriés» seront notamment exposés aux exactions des soldats birmans.

Depuis juin 2011 et la reprise des combats entre la minorité kachin et l’armée régulière, la Chine a accueilli de 7.000 à 10.000 réfugiés sur son sol, répartis dans une douzaine de camps. Quelque 75.000 autres ont trouvé refuge dans un des 85 camps de fortune ouverts dans l’Etat Kachin. L’accès à ces camps, comme à ceux en Chine, est extrêmement difficile pour les organisations humanitaires en raison des restrictions imposées par les autorités de chacun des deux pays. «Le président Thein Sein devrait, de manière urgente, laisser les agences humanitaires se rendre auprès de toutes les personnes qui ont besoin de leur aide», implore Bill Frelick, directeur du programme réfugiés de HRW.

En dépit de plusieurs rounds de négociations entre la Kachin Independence Organization (KIO), dont l’armée compte quelque 15.000 combattants, et des émissaires du gouvernement birman, peu de progrès vers une cessation des hostilités ont été enregistrés.

http://asie-info.fr/2012/08/24/birmanie-des-refugies-kachin-forces-au-retour-58478.html
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Dans le nord birman, les déplacés en territoire rebelle attendent de l'aide

Message  Admin le Lun 1 Oct 2012 - 7:08

LAIZA (Birmanie) - Après des mois de dialogue de sourd entre pouvoir birman et rébellion kachin, les combats redoublent de violence dans le nord du pays où des dizaines de milliers de déplacés sont pris au piège entre le front et une Chine où ils ne sont plus les bienvenus.


Un enfant de l'ethnie Kachin assis, au camp de Moe Mauk, le 19 septembre 2012
afp.com/Soe Than Win

A Laiza, quartier général des rebelles à la frontière chinoise, la vie suit son cours, presque normalement. Pourtant la première ligne de front n'est qu'à environ dix kilomètres au sud, à Laja Yang, où l'Armée pour l'indépendance kachin (KIA) a installé un camp pour défendre ses positions.

Tout près, le bruit des tirs d'artillerie retentit, parfois pendant des heures. Les troupes birmanes tentent d'avancer vers Laiza, assurent les rebelles.

"Nous continuons à nous battre. Rien n'a changé, sauf qu'ils ont envoyé plus de troupes", explique le colonel James Lum Dau, un responsable basé en Thaïlande de l'Organisation pour l'indépendance kachin (KIO), branche politique de la KIA.

Les dizaines de milliers de civils déplacés après la reprise des combats en juin 2011 sont toujours parqués dans des camps.

Les estimations de leur nombre dans tout l'Etat Kachin varient de 75.000 selon l'ONU à plus de 100.000 selon des sources kachins. Et la plupart d'entre eux sont en zone contrôlée par la KIA, coincés entre les combats et la frontière avec la Chine, qui vient de renvoyer chez eux des milliers de Kachins réfugiés sur son territoire.

"Ils ont été renvoyés dans une situation très difficile", où l'eau et la nourriture manquent, dénonce Phil Robertson, de l'organisation Human Rights Watch. Et "il est assez clair que le gouvernement continue de bloquer l'aide humanitaire pour les zones contrôlées par la KIA".

Même accusation côté rebelles. Le pouvoir "pense que quand il n'y aura plus rien à manger, les Kachins se rendront", estime le colonel Lum Dau.

Dans les camps, les logos rouges et bleus "UK Aid" du bras humanitaire du gouvernement britannique (DFID) sont pourtant bien visibles.

Les Britanniques ont pu fournir nourriture, eau, abris et médicaments à environ 27.500 déplacés, principalement dans les zones sous contrôle rebelle, selon le DFID. Mais uniquement par l'intermédiaire d'ONG locales.

Et les besoins sont toujours importants, notamment en matière de santé.

"Les réfugiés souffrent surtout de diarrhée et du paludisme. Ils souffrent aussi d'hépatites et de malnutrition", souligne Doi Pyi Sa, président du comité d'aide aux réfugiés, notant qu'il y a assez de médicaments "pour l'instant".

Les combats entre rebelles et armée birmane ont repris l'an dernier après 17 ans de trêve. Et si le gouvernement qui a succédé à la junte en mars 2011 a réussi à conclure des cessez-le-feu avec d'autres groupes de minorités ethniques, les négociations avec les Kachins n'ont rien donné. Et aucune rencontre n'a eu lieu depuis plusieurs mois, selon ces derniers.

Ils reprochent notamment au gouvernement de ne vouloir discuter que de retrait des troupes, alors qu'ils veulent évoquer la situation politique d'un peuple qui réclame plus de droits et d'autonomie depuis l'indépendance en 1948.

Le président Thein Sein a, lui, assuré cette semaine que les négociations se poursuivraient pour "renforcer les mesures de confiance" déjà prises, jusqu'à un "accord de paix final".

En attendant, les civils continuent de porter le fardeau de la guerre civile. Kham Mai, 26 ans, a fui son village en juillet 2011. "Nous y vivions paisiblement avant", se rappelle cette mère de deux enfants, un bébé accroché dans le dos.

"Mais nous avons pris peur quand d'autres ont commencé à partir", ajoute-t-elle entre deux rangées d'abris en bambou sur pilotis dans le camp de Je Yang, près de Laiza, qu'elle n'a que peu d'espoir de quitter rapidement.

"C'est une situation désespérée" qui continuera à se dégrader, pronostique Robertson. Mais dans cette région très reculée, loin des caméras, les opinions et gouvernements risquent de s'en désintéresser.

"Jusqu'où les choses doivent-elles empirer pour que l'on parle de catastrophe'".

http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/dans-le-nord-birman-les-deplaces-en-territoire-rebelle-attendent-de-l-aide_1168193.html
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Entre la Birmanie et la Chine, l'errance des réfugiés kachin

Message  Admin le Mar 9 Oct 2012 - 22:11



En à peine plus d'un an, Mungji Hkawn Nan a déménagé à trois reprises. La première, c'était le 10 juin 2011, pour quitter Lusu Edin, son village à cheval entre les zones sous contrôle du gouvernement birman et de l'Armée de l'indépendance kachin.
Après dix-sept ans, le cessez-le-feu dans cet Etat du nord de la Birmanie a vécu. Alors que le reste du pays s'extirpe de la dictature, les Kachin sombrent dans la guerre. Les troupes gouvernementales lâchent leurs chiens, qui tuent porcs et volailles, maigres ressources des paysans de ces forêts montagneuses. Dans leur avancée, les soldats birmans font des villageois leurs porteurs forcés. Les femmes craignent ces hommes en armes, des cas de viols ont été rapportés, certains militaires sont sous méthamphétamines.

"Nous ne pouvions rien dire, nous avions peur, alors nous sommes partis pour la Chine", se souvient cette mère de six enfants. La famille demeurera dans un camp temporaire côté chinois jusqu'au 8 décembre 2011, date à laquelle elle s'installe au camp de Laying. Sous la pression du gouvernement chinois, son séjour ne durera pas, quand bien même la Chine est partie prenante de la Convention de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés qui, rappelle Human Rights Watch, interdit les rapatriements forcés en zone de guerre "de quelque manière que ce soit".

La pression monte dès février 2012. Des officiels chinois viennent au camp. Ils répètent avec insistance qu'un des belligérants finira bien par gagner, il est donc temps de déguerpir. L'argument est bien mal fondé. Les combats ne cessent de s'intensifier. Depuis l'été 2012, les troupes birmanes se sont rapprochées de la petite capitale rebelle, Laiza, collée à la frontière de la Chine.

La situation est assez préoccupante du point de vue kachin pour que l'état-major ait déménagé. Par sécurité, le quartier général, situé sur une colline dominant la ville, a été transféré dans un hôtel à une trentaine de mètres des gardes-frontières chinois. Au deuxième étage, les sacs de sable sont empilés pour protéger le bureau du plus haut gradé. Au quatrième, la salle de bal est devenue cellule de crise, couronnée d'une banderole aux couleurs de l'insurrection – le rouge du sang versé, le vert des paysages et des mines de jade.

Sur une carte, le directeur de la recherche de l'armée kachin, Maran Zau Tawng, évalue la distance : à douze kilomètres à l'ouest, le village de Laja Yang est pilonné depuis trois positions birmanes pour ouvrir une route jusqu'au fief des insurgés. Le front le plus violent est certainement celui du contrôle du jade, le nerf de la guerre kachin. Les tirs sont nourris autour de la première mine de jadéite de la planète, Hpakant.

Au début, les réfugiés ne prennent pas trop au sérieux les exhortations chinoises. Mais en avril 2012, les agents chinois sont là tous les jours : "Ils sont venus si souvent que je serais incapable de compter", se souvient Mungji Hkawn Nan. Les injonctions se font plus concrètes. Dans trois jours, le camp sera brûlé, menace-t-on. Voilà les réfugiés contraints de reprendre la route : "Le jour du départ, il y avait de nombreux policiers dans le camp, ils prenaient des photos." Certains repasseront pour tenter de récupérer les matériaux de construction des abris et constateront que le camp a été détruit.

Sur environ 7 000 réfugiés qui avaient franchi la frontière, plus de 3 100 ont été expulsés au cours de l'été. Il en resterait 3 900 côté chinois, dont 2 000 dans un camp assis sur le "poste frontière numéro six supérieur", que la Chine laisse tranquille sans apporter d'aide, explique-t-on côté kachin. Les autres ont eu les moyens de louer un logement en Chine ou se sont dissimulés dans la nature. Le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères a argumenté au printemps qu'il ne s'agissait pas formellement de réfugiés, qu'ils ont généralement été tolérés par la Chine, qui leur a apporté de l'aide humanitaire.

La Chine a-t-elle renvoyé des réfugiés en zone de guerre ? La rébellion kachin se fait discrète sur le sujet, elle dépend de ce puissant voisin pour tout : de l'essence à la connexion Internet en passant par le riz et le réseau de téléphonie mobile. "Ils ont leurs propres fermes en terre kachin. Nous comprenons qu'ils ont eu à fuir en Chine mais lorsque nous aurons ici une situation stable nous les ferons revenir", explique La Nan, porte-parole de l'Organisation pour l'indépendance kachin (KIO). Le secrétaire du bureau d'aide humanitaire de la KIO, Lama Zau Rau, est plus explicite : "Oui, par exemple, ceux originaires du village de Man Wing, à une quinzaine de kilomètres de la Chine, qui n'est plus sûr."

La région est passée sous contrôle birman depuis que les 12e et 27e bataillons kachin y ont été défaits. En privé, les Kachin voient plusieurs raisons au reflux chinois, l'approche du très sensible 18e Congrès du Parti communiste chinois ou la ferveur religieuse chrétienne qu'il ne faudrait pas transmettre.

Ils sont désormais 57 965 déplacés à s'amasser dans des camps côté kachin, "probablement plus de 100 000 si l'ont compte les déplacés en territoire sous contrôle birman", précise Lama Zau Rau. Or l'aide humanitaire est bloquée côté birman et les visites d'agences des Nations unies et d'ONG sont limitées en provenance de Chine puisque le passage est contrôlé. La rébellion kachin distribue des vivres mais l'hiver arrive.

Le soir, on entend les obus au loin depuis le camp au sortir de Maija Yang, seconde ville sous contrôle kachin, où est arrivée Mungji Hkawn Nan le 25 août avec ses six enfants. 2 433 personnes y vivent, dont 33 familles expulsées de Chine. La mère de famille de 37 ans s'y sent paradoxalement plus en sécurité que sous la pression côté chinois. La guerre, elle y songe tout le temps, elle se demande s'il faudra de nouveau prendre la route. Elle repense parfois aussi aux officiels chinois : "Ils doivent être bien satisfaits que nous soyons partis."

Même Aung San Suu Kyi suscite le doute
C'est un étrange dilemme pour la rébellion kachin: l'ennemi devient respectable mais il lance simultanément l'offensive sur ses collines du nord. Le conflit n'est pas nouveau. Il date du départ des colons britanniques. Les régions peuplées par les minorités sont à l'époque jugées trop sous-développées pour former des Etats indépendants. A Panglong, le 12février 1947, les représentants du gouvernement birman et des ethnies périphériques signent un accord ouvrant la voie à la création de l'Union birmane, en 1948. Il précise que «le principe de la pleine autonomie dans l'administration des régions frontalières est accepté».
Les minorités rejettent rapidement la domination birmane. L'Organisation pour l'indépendance kachin (KIO) est fondée en 1961. D'autres financeront leurs troupes par la production d'héroïne; chez les Kachin, c'est le jade. Il faut attendre 1994 pour voir la signature d'un cessez-le-feu, qui a volé en éclats au mois de juin2011. Les Kachin ont refusé l'offre perçue ici comme une provocation en l'absence de négociation politique: intégrer l'armée nationale ou être contraints par la force de rendre les armes, proposition que le président Thein Sein abandonnera en signe de bonne volonté.
Depuis, le pays a bien changé: libération de prisonniers politiques, levée de la censure de la presse, etc. «Les changements en cours sont ce que devait être un réel processus de démocratisation, juge La Nan, porte-parole de la KIO. Mais il n'y a rien jusqu'à présent concernant nos problèmes.»
Les Kachin reprochent à la Birmanie de monter davantage de troupes au front kachin et de recourir à l'artillerie. «La manière dont Thein Sein parle et celle qu'ont les Birmans d'agir sont très différentes», dit un membre de la KIO. Même les personnages les plus consensuels sont ici décriés. En 1947, le père de la Birmanie, Aung San, a été l'un des signataires des accords de Panglong. Un texte dont les imprécisions sont perçues comme le péché originel. «Il nous a trahis», lance le Père Joseph, curé catholique de la capitale rebelle, Laiza. Même sa fille n'échappe pas aux soupçons. «Aung San Suu Kyi, son cœur est bon, son esprit est brillant, reconnaît volontiers James, employé d'un «ministère» de la KIO, mais fondamentalement, elle est Birmane.»
Harold Thibault (Laiza, Etat kachin, Birmanie, envoyé spécial)


http://www.lemonde.fr/international/article/2012/10/09/entre-la-birmanie-et-la-chine-l-errance-des-refugies-kachin_1772162_3210.html


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Dans le nord de la Birmanie, la guerre redouble d’intensité

Message  Admin le Sam 29 Déc 2012 - 9:30

Quatre avions de chasse et deux hélicoptères auraient bombardé des positions de la guérilla kachin le 28 décembre. Les hostilités durent depuis juin 2011.

De nombreux accords de paix conclus depuis un an entre le pouvoir birman et une dizaine de minorités ethniques en armes tiennent bon. Toutefois, dans le nord de la Birmanie, à la frontière avec la Chine, la réconciliation nationale n’est toujours pas à l’ordre du jour. Au contraire. Depuis le 25 décembre, l’armée régulière birmane a intensifié ses offensives, selon des résidents sur place interrogés par Eleven Media News. Ce même jour de Noël, la minorité kachin, de confession chrétienne, avait pourtant décrété unilatéralement une cessation des hostilités.

A en croire les commandants de la Kachin Independent Army (KIA), l’armée birmane semble aujourd’hui décidée à se rapprocher de leur quartier général de Laiza. Non loin de là, la localité de Lajayan a ainsi essuyé des tirs à l’arme lourde avant d’être prise pour cible, le 28 décembre au matin, par des chasseurs bombardiers et des hélicoptères, selon l’Irrawaddy. Les bombardements auraient duré trois heures. On ignore s’ils ont fait des victimes. Les jours précédents de fortes explosions avaient fait plusieurs victimes et, en décembre, ce sont 140 affrontements, mineurs ou plus importants, qui ont été recensés.

La reprise des hostilités en juin 2011 a mis fin à un cessez-le-feu qui a tenu pendant 17 ans. Les ressources naturelles de l’Etat Kachin sont convoitées tant par le pouvoir central birman que par la Chine voisine. Mais les dirigeants kachin refusent d’abandonner leur contrôle sur la région et résistent à ces appétits croissants. Depuis dix-huit mois, quelque 100.000 civils ont dû fuir les affrontements.

http://asie-info.fr/2012/12/28/dans-le-nord-de-la-birmanie-la-guerre-redouble-dintensite-515619.html
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Re: L'état Kachin, en proie à des combats

Message  Admin le Jeu 3 Jan 2013 - 9:49

Éclipsés par les heurts entre bouddhistes et musulmans dans l’État Rakhine, les combats qui opposent depuis un an et demi les troupes birmanes à l’Armée pour l’indépendance du Kachin, au nord-est du pays, ont fait des dizaines de milliers de déplacés.

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Birmanie : que veut la rebellion kachin ?

Message  Admin le Sam 5 Jan 2013 - 10:49

L’armée birmane l’a confirmé : elle a mené des attaques aériennes contre les rebelles de la minorité kachin dans le nord du pays, à la fin du mois de décembre 2012. Le conflit, qui dure depuis dix-huit mois dans cette zone stratégique du pays, est en train de s’aggraver. Explications avec Mireille Boisson, coordinatrice Birmanie à Amnesty International France.

Les faits - 03.01.2013 - Avec l'AFP

Dans l’extrême nord de la Birmanie, le conflit s’intensifie entre l’armée régulière et les rebelles kachins qui refusent de quitter leur quartier général implanté sur la frontière chinoise à une dizaine de kilomètres de la ville de Laiza.

L’armée birmane « tire beaucoup depuis des hélicoptères de combat et utilise l’artillerie lourde très près du quartier général », rapporte à l’AFP un observateur qui préfère garder l’anonymat. Les combats sont « plus importants » depuis quelques jours, renchérit le colonel James Lum Dau, un porte-parole de l’Organisation pour l’indépendance kachin, basé en en Thaïlande.

Relativement exceptionnelles, ces attaques aériennes par l’armée birmane ont fait réagir l’ONU. Son secrétaire général Ban-Ki-moon appelle « les autorités birmanes à cesser toute action qui pourrait mettre en danger les vies des civiles dans cette zone ou aggraver le conflit dans la région ». De même, l’ambassade américaine à Rangoon s’est dite préoccupée par la situation dans l’Etat de Kachin.

Après 17 ans de trêve, cela fait désormais 18 mois que les combats ont repris entre l’armée régulière et les rebelles kachins, provoquant des déplacements massifs de populations.

« Les revendications kachins ne sont pas très claires, ce qui complique les négociations »


Entretien avec Mireille Boisson, coordinatrice Birmanie à Amnesty International France
03.01.2013 - Propos recueillis par Camille Sarret

Pourquoi, après 17 ans de paix, le cessez-de-feu a été rompu en juin 2011 entre l'armée birmane et l'Armée pour l'indépendance kachin (KIA) ?

Les combats ont repris il y a 18 mois parce que le gouvernement central voulait que les soldats de la KIA intègrent l'armée régulière et deviennent des garde-frontières. C'est un problème que l'on retrouve partout le long de la frontière birmane, dans ce qu’on appelle les zones ethniques. Le gouvernement a réussi à négocier avec les Karens, les Môns, les Shans du nord. Mais avec les Kachins, ça bloque.

Il faut dire que l'armée kachin contrôle un large territoire, ce qui lui permet d'avoir la mainmise sur le trafic de bois et de jade avec la Chine. De son côté, l'Etat birman ne fait aucune promesse convaincante pour sortir cette région de la pauvreté.


Que réclament les indépendantistes kachin ?

Officiellement, la KIO, l'Organisation pour l'indépendance kachin, la branche politique de la KIA, demande l'application des accords de Panglong de 1947 qui promettaient dans toutes les zones ethniques un referendum pour faire un Etat fédéral. Aujourd'hui, elle ne réclame plus l'indépendance en tant que telle mais une plus grande autonomie et un meilleur respect du droit, notamment du droit foncier quand le gouvernement central décide, par exemple, d’inonder une vallée pour la construction d’un barrage hydraulique.

Néanmoins, ses revendications ne sont pas très claires, ce qui complique les négociations. Le gouvernement birman voudrait négocier réellement. Mais les chefs de guerre kachins, eux, ont plus intérêt à faire perdurer cet état de conflit. C'est ce qui leur permet d'accéder au pouvoir, aux trafics, à l'argent.


Quelle est la situation pour les populations civiles ?

Les civils sont pris en étau entre l'armée birmane et la KIA. Ils n'arrêtent pas de fuir d'un endroit à l’autre. Ils essayent notamment de passer la frontière chinoise mais la Chine les repousse. Donc, la majorité reste dans la zone contrôlée par l'armée kachin mais dans cette zone ils ne bénéficient d'aucune aide humanitaire.

Ni le Programme alimentaire mondial ni le Haut commissariat aux réfugiés ni les ONG ne parviennent à apporter des secours. Le gouvernement central ne les autorise pas à passer la ligne de front et il est impossible de transiter par la Chine. On parle de 80 000 déplacés, selon les sources kachins.


Quel rôle joue le puissant voisin chinois dans ce conflit ?

La Chine veut surtout la paix à ses frontières pour faire passer en toute sécurité son oléoduc et sa ligne de chemin de fer. Elle dit aux deux parties de négocier mais elle refuse de servir d'intermédiaire. Elle reste en retrait.

Toutefois, il y a quelques jours, un tir d'obus de l'armée birmane est passé au-dessus de la tête des rebelles et a atterri en territoire chinois. Ce qui risque de poser un problème diplomatique. La Chine va certainement réagir mais on ne sait pas encore comment.


Comment se positionne l'opposante charismatique Aung San Suu Kyi ?

Elle reste assez silencieuse comme elle l'a été, l'été dernier, au moment des violentes persécutions contre les Rohingyas dans l'ouest du pays. Ce qu'elle dit, en résumé, c'est que tout va se régler par l'Etat de droit. Je crois que c'est un optimisme assez irréaliste. Sur le fond, ce n'est pas faux. Mais il faudrait d'abord réussir à faire la paix pour qu'il y ait un Etat de droit.

Les chefs de guerre ne semblent plus lui faire confiance. C'est certainement son point faible. Pourtant c'est son père qui avait mis au point les accords de Panglong. Elle devrait être dans cette ligne. Les minorités kachins sont assez déçues par son manque d’engagement.


Qui peut alors faire avancer les négociations ?

Les militants politiques issus de la génération 1988, qui ont été libérés de prison il y a un an dans le cadre des réformes menées par le nouveau gouvernement civil, ont essayé de négocier en rappelant qu'il existait un droit de la guerre, que l'armée régulière n'avait pas le droit de violer les femmes kachins… Ils se sont aussi posés en médiateur pour que les humanitaires puissent arriver sur place. Mais cela n’a pas été un grand succès.

En réalité, les négociations sont dans l'impasse. Mais la population civile, elle, aspire à la paix. Il y a un mois et demi, des manifestations ont été organisées à Laiza pour réclamer la fin des combats et l'envoi d'ordinateurs à la place des fusils.

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/birmanie-aung-san-suu-kyi-liberation-novembre2010/p-24031-Birmanie-que-veut-la-rebellion-kachin-.htm

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Les rebelles kachins appellent Suu Kyi à l'aide

Message  Admin le Dim 6 Jan 2013 - 10:03



La chef de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi a refusé dimanche d'intervenir dans les négociations entre le pouvoir et les rebelles kachins tant que le gouvernement ne lui en donnerait pas clairement le mandat.
Au lendemain d'un appel d'un groupe de médiation pour qu'elle prenne ses "responsabilités" et alors que les combats se sont intensifiés fin décembre dans le nord de la Birmanie, Aung San Suu Kyi reste prudente et refuse de s'impliquer directement dans les conflits ethniques qui déchirent une partie du pays. La chef de l'opposition birmane et lauréate du prix Nobel de la paix a ainsi assuré dimanche n'avoir reçu aucune demande "officielle" du gouvernement, des rebelles de l'ethnie minoritaire des Kachins, ou des médiateurs. "Ce dossier est actuellement entre les mains du gouvernement, non" ?", a-t-elle répondu à une question sur son intervention. Elle a aussi écarté l'idée de contacter les rebelles. "Ils ne m'ont pas invitée. Comment pourrais-je y aller sans leur invitation ?".

Dans un discours au parlement en juillet, Suu Kyi avait pourtant appelé de ses voeux un plus grand respect pour les minorités. Mais elle a déçu depuis nombre de ses partisans en s'abstenant de prendre la défense d'une minorité musulmane apatride, les Rohingyas, dans l'ouest du pays. Et cette situation menace de se reproduire dans le cas des Kachins, qui font face à l'armée birmane dans le nord.

Des négociations sans résultat

Les combats entre l'armée et la branche armée de l'Organisation pour l'indépendance kachin (KIO) avaient repris en juin 2011 après 17 ans de trêve. Ils ont redoublé de violence depuis une semaine à une dizaine de kilomètres de Laiza, quartier général rebelle. Des dizaines de milliers de civils ont été déplacés. Samedi, un homme d'affaires de la minorité ethnique des Kachins, qui tente de faciliter les négociations, avait estimé que la députée Aung San Suu Kyi avait "la responsabilité de mettre en oeuvre la paix", rappelant qu'elle en avait fait un thème de campagne électorale.

Le gouvernement, d'ex-militaires réformateurs qui ont succédé à la junte en mars 2011, a entamé il y a un an et demi des négociations avec les groupes ethniques rebelles, en conflit avec le pouvoir central depuis l'indépendance en 1948. Mais les discussions avec les Kachins n'ont rien donné.

Le quotidien officiel New Light of Myanmar a par ailleurs répété que le président Thein Sein avait ordonné aux militaires de s'en tenir à la légitime défense. "Avec la confiance mutuelle, la compréhension et l'empathie, les problèmes pourraient être réglés facilement", a assuré le quotidien, précisant que Thein Sein plaidait pour le "maintien du dialogue".


Source sur TF1 News : Birmanie : les rebelles kachins appellent Suu Kyi à l'aide
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Re: L'état Kachin, en proie à des combats

Message  asiaonly le Mar 8 Jan 2013 - 9:03

Birmanie : le silence jugé coupable d’Aung San Suu Kyi

Le Prix Nobel de la paix refuse d’intervenir dans la guerre qui fait rage dans l’Etat Kachin. De plus en plus de voix condamnent son attitude sur ce chapitre.

Dans le nord de la Birmanie, les combats entre l’armée gouvernementale et la minorité kachin ont redoublé d’intensité depuis Noël. L’armée a même procédé à des frappes aériennes sur les positions ennemies. Des frappes qui ont déclenché une vague de condamnations de la part de la communauté internationale, Nations unies et Etats-Unis en tête. A l’intérieur du pays, beaucoup souhaiteraient qu’Aung San Suu Kyi use de son autorité morale pour aider à trouver une solution négociée. Pourtant, selon le Straits Times de Singapour, la Dame de Rangoon a déclaré le 6 janvier refuser d’intervenir sans le feu vert du gouvernement.

Son silence à propos de l’éruption de violences entre bouddhistes et musulmans dans l’Etat Rakhine, dans l’ouest de la Birmanie, lui avait déjà valu d’essuyer de vives critiques. Aujourd’hui, même l’Irrawaddy, publication historiquement proche de celle qui incarna pendant plus de vingt ans l’opposition à la junte, ne mâche plus ses mots. Tant sur la guerre en cours dans l’Etat Kachin que sur les milliers de boat people fuyant l’Etat Rakhine, dont beaucoup périssent en mer, «le Prix Nobel de la paix garde un silence inapproprié», écrit le webzine dans un éditorial. «Suu Kyi, qui aura 70 ans quand le pays se rendra aux urnes en 2015, est bien loin de la voix qui inspirait les masses opprimées du pays. Aujourd’hui, il semble qu’elle se contente d’attendre les instructions du gouvernement avant de prendre position sur l’absolue évidence : que le bain de sang doit cesser, sans quoi les blessures de la Birmanie ne cicatriseront jamais.»

http://asie-info.fr/2013/01/07/birmanie-le-silence-juge-coupable-daung-san-suu-kyi-516065.html
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Birmanie: guerre secrète contre les Kachins

Message  Admin le Mer 16 Jan 2013 - 9:32

Éclipsés par les heurts entre bouddhistes et musulmans, les combats opposant les troupes birmanes à l’Armée kachin pour l’indépendance, ont fait des milliers de déplacés.

"This is a mad country…”, lâche, dépité, un jeune homme d’une vingtaine d’années à l’adresse du seul Occidental présent dans ce café internet de Myitkyina, la capitale de l’état de Kachin.

Un “pays fou”, c’est tout ce que lui inspire, entre colère et lassitude, la énième coupure de courant de la journée. Celle-ci a anéanti brutalement l’écriture de son mail après trente minutes d’attente pour se connecter.

“Le débit est si lent que je n’ai pas le courage de recommencer aujourd’hui. On verra demain”. Et il ajoute avec une prudence de principe: “Enfin, si les combats ne reprennent pas. Sinon, ils risquent de tout bloquer”. La semaine dernière encore, le choc de l’artillerie résonnait dans Myitkyina.

“Ici, on est en enfer”

“Ils”, ce sont les chefs de l’armée birmane, la Tatmadaw, soupçonnés de couper la maigre connexion internet de la ville au gré de leurs offensives contre l’Armée pour l’indépendance kachin (KIA), bras armé de l’Organisation pour l’indépendance kachin (KIO).

Dans cet état ethnique du Nord-Est du pays, frontalier de la Chine, la KIO mène depuis 1961 une guérilla contre le pouvoir des généraux birmans, fraîchement reconverti en gouvernement civil.

Aujourd’hui, la revendication d’indépendance des débuts a cédé la place à un combat pour l’autonomie de l’état de Kachin au sein de l’Union fédérale de Birmanie. Mais après dix-sept ans de paix, le cessez-le-feu signé en 1994 entre les deux armées a été brutalement rompu en juin 2011, ouvrant la reprise de combats sporadiques dans toute la région.

À l’origine du conflit, le projet de construction d’un gigantesque barrage hydroélectrique à Myitsone, au nord de Myitkyina. Ce projet financé par la Chine est dénoncé comme une catastrophe écologique et humaine par ses nombreux opposants.



Comme le note l’agence Églises d’Asie, “l’armée affirme n’avoir fait que défendre les employés chinois du barrage en construction, tandis que la KIA dénonce des attaques à l’arme lourde des forces armées venues en masse sécuriser la zone du chantier”.

Le 30 novembre 2011, l’annonce surprise du président birman Thein Sein de suspendre le projet “sous sa forme actuelle” a provoqué l’ire de Pékin, mais n’a pas entravé les combats.

“Hier encore, raconte une habitante de Myitkyina, plusieurs bus remplis de soldats de l’armée birmane ont traversé la ville. Dans un village proche, ils ont égorgé 80 poulets”.

Tout en renvoyant dos à dos les deux armées, l’évêque de Myitkyina, Mgr Francis Dau Tang, narre avec force détail les actes de torture et d’humiliation infligés l’été dernier par l’armée birmane à 70 soldats de la KIA.

Il dénonce surtout les attaques de civils et les ravages causés par les mines antipersonnel dans toute la région. “L’ONU et les États-Unis devraient venir ici pour voir ce qui se passe vraiment, au lieu de se contenter des paroles du gouvernement. Il y a tant de pourriture sous les belles réformes qui cachent la répression des rébellions ethniques. Ici, on est en enfer…”

Aggravation des combats

Si dans son discours à l’université de Rangoun, le 19 novembre, le président Obama a appelé à la fin des violences communautaires entre bouddhistes et musulmans rohingyas dans l’état Rakhine, il n’a soufflé mot de la situation chez les Kachins.

À l’évêché de Myitkyina, le père Vincent Zinwa Shan Lum boucle son sac pour se rendre, à trois jours de marche et de bateau, dans sa paroisse de Sumpra Bum, dont le territoire couvre 125 villages. Contrôlée à la fois par le gouvernement et par la KIA, cette zone particulièrement reculée, dépourvue de transports et d’électricité, a vu son isolement aggravé par les combats.

Là-bas, le prix du sac de riz a été multiplié par quatre depuis un an. Le père Vincent explique: “Pris en tenaille entre les deux camps, les habitants des zones de combats n’ont d’autre solution que la fuite pour sauver leur vie. La plupart des villageois de la région de Sumpra Bum se sont réfugiés dans la jungle, où ils survivent comme ils peuvent.”

Privés de leurs terres et confrontés au blocus sur la nourriture et les médicaments visant à isoler la KIA, ils sont les plus mal lotis des 100.000 civils déplacés et réfugiés depuis le début du conflit.

Impacts psychologiques

Aujourd’hui, plus de 30.000 déplacés ont rejoint les dizaines de camps qui ont ouvert dans la région de Myitkyina, contrôlée par le gouvernement. Au camp de Ja Mai Kaung, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) a fait construire les baraquements de bois qui les abritent, tandis que la Caritas assure leur approvisionnement en nourriture.



Mais pour les 70.000 Kachins qui s’entassent dans les camps sous contrôle de la KIO, le long de la frontière chinoise et dans la province chinoise du Yunnan, la situation est bien moins enviable.

Les conditions d’accès imposées par le gouvernement birman et par la Chine y limitent au maximum l’aide des ONG. Déplacés et réfugiés manquent de nourriture, de médicaments et de personnel médical. Hommes torturés, femmes violées, enfants employés comme supplétifs par l’armée birmane dès quatorze ans: les souffrances qu’ils ont traversées s’accompagnent de nombreux troubles psychologiques.

“Près de la moitié des déplacés souffrent de dépression et d’autres impacts psychologiques”, affirme Moon Nay Li, coordinateur de l’Association des femmes kachins de Thaïlande (KWAT).

Dans le camp de Ja Mai Kaung, les déplacés errent, désœuvrés. S’ils sont libres de leurs mouvements et peuvent espérer trouver des petits boulots ici et là dans Myitkyina, peu d’entre eux parviennent à s’occuper réellement.

“Nous sommes des agriculteurs, lance Naw Seng, père de famille de 40 ans, réfugié à Ja Mai Kaung. Loin de ma terre, je ne sais rien faire…” Comme tous ici, il n’espère qu’une chose: revenir au plus tôt dans son village débarrassé des soldats et de leurs exactions. Pour ses trois enfants, l’école se résume à quelques cours dans un bâtiment de fortune dépourvu de livres et de matériel pédagogique.



L’éducation, c’est le combat de sœur Denis Jatong, dont le foyer de Myitkyina accueille depuis sept ans des jeunes filles pauvres des ethnies kachin et naga. Vingt d’entre elles bénéficient d’un parrainage d’Enfants du Mékong. Depuis la reprise des combats, l’afflux de nouvelles arrivantes a doublé.

“La plupart de leurs parents habitent les camps de déplacés sur la frontière chinoise et ne veulent pas qu’elles reviennent, de peur qu’elles ne soient violées. Ici, elles se sentent en sécurité. Mais elles sont aujourd’hui trente. Impossible d’en accueillir d’autres.”

À Wai Maw, un autre foyer de Myitkyina tenu par sœur Marie-Céline, Lum Noi Rosa, 18 ans, a été enlevée le 15 juin dernier par des soldats de la KIA à la recherche de “volontaires” pour faire la cuisine et porter leur matériel. Grâce à l’entremise de la sœur, elle a été relâchée trois semaines plus tard sans avoir été maltraitée. Mais début octobre, c’est une adolescente de 15 ans qui a été violée et tuée par des soldats de l’armée birmane.

Justice et égalité pour les Kachins

Alors que les négociations du 30 octobre entre le gouvernement et la KIO ont échoué, l’avenir s’annonce sombre pour les Kachins. Du côté de la KIO, le message est clair: “La cause profonde de la guerre est politique. Pour y mettre fin et ramener la paix, ces problèmes doivent être résolus par des moyens politiques”, a annoncé cette année l’organisation dans un communiqué. En clair, une réforme de la constitution qui promeut un véritable système fédéral dans toute la Birmanie.

Pour Manam Tuja, ancien vice-président de la KIO, seul ce système permettra aux Kachins de ne plus vivre en citoyens de seconde zone et leur donnera les moyens de défendre leur culture et de contrôler eux-mêmes leurs ressources naturelles.

À l’évêché de Myitkyina, le père Joseph Yung Wa renchérit: “Officiellement, il n’existe pas de discrimination entre les Birmans et les minorités ethniques du pays. Pourtant, de l’école aux infrastructures routières et sanitaires, nous manquons de tout! Dans l’état de Kachin, un seul pont a été bâti sur le fleuve Irrawaddy. Le gouvernement ne fait rien pour nous. Il est seulement intéressé par le jade et l’or dont regorge la région. Ce dont les Kachins ont besoin, c’est de justice et d’égalité.”

Ici, l’espoir suscité cette année par le retour d’Aung San Suu Kyi sur la scène politique ne rencontre que peu d’écho, comme en témoigne encore le père Joseph.

“Si elle était présidente, elle pourrait faire quelque chose. Mais elle est simplement députée et son parti reste très minoritaire au Parlement. Son action ne peut être que limitée, d’autant que pour moi, cette guerre fait partie de l’agenda politique du gouvernement. Il a suivi un plan de libéralisation pour apparaître respectable vis-à-vis de la communauté internationale. Mais la guerre dans l’état de Kachin montre qu’il reste déterminé à faire ce qui lui plaît en Birmanie.”

Source http://www.youphil.com/fr/article/06110-guerre-birmanie-myanmar-aung-san-suu-kyi-kachin-rohingya?ypcli=ano
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Re: L'état Kachin, en proie à des combats

Message  Admin le Jeu 21 Fév 2013 - 8:25



Myanmar's reformist government has held peace talks with a federation of ethnic groups to try to resolve issues including the conflict in the northern state of Kachin.

The United Nationalities Federal Council, which was formed by about a dozen ethnic groups including the Kachin, met Minister of the President's Office Aung Min and other officials in the northern Thai city of Chiang Mai.

But as Al Jazeera's Wayne Hay reports, hopes are not high for a breakthrough.

Source, credit to Aljazeera- http://www.aljazeera.com/video
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Re: L'état Kachin, en proie à des combats

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