Birmanie : l'environnement massacré

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Birmanie : l'environnement massacré

Message  Admin le Jeu 29 Mar 2012 - 12:44

Les élections du 1er avril en Birmanie n'ont pas mis un terme à la guerre que se livre l'armée régulière et les minorités ethniques du Triangle d'or. Cette zone frontalière avec la Chine et la Thaïlande est le cœur des richesses birmanes et le carrefour de tous les trafics. Reportage.
Ko Aye avait 16 ans lorsqu’un bataillon birman a détruit son village dans l’Etat Karen du nord de la Birmanie. Les soldats ont mis le feu à toutes les maisons, détruit les rizières et les réserves de nourriture. Comme tous les villageois, il s’est alors enfui vers la Thaïlande. Une longue marche de plusieurs mois, à travers la jungle épaisse du Triangle d’Or. Ko Aye a maintenant 40 ans. Son univers se limite à la clôture de bambous qui marque les limites du camp de Mae La, l’un des plus grands et des plus anciens camps de réfugiés karens, dans le nord de la Thaïlande. Dans cet endroit oublié, coincé entre la jungle et le fleuve Salaween, vivent 50 000 exilés karens. « Quand ces gens arrivent en Thaïlande, ils sont immédiatement enregistrés par le HCR, le Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés, et transférés dans l’un de ces camps. Là, ils peuvent manger, aller à l’école et bénéficier d’un peu de sécurité », explique la responsable du Comité pour les réfugiés karens, une ONG installée à Bangkok. Le camp de Mae La est l’un des neuf camps de Thaïlande où se pressent les 150 000 réfugiés politiques de Birmanie.

Au premier abord, Mae La ressemble à un gros village de montagnes : des baraques de bois, parfois montées sur pilotis, un puits pour l’eau potable, une petite clinique et des écoles. Seule la présence de quelques militaires thaïlandais rappelle que Mae La n’est pas un village comme les autres. Les étrangers n’ont d’ailleurs pas le droit d’y passer la nuit. De l’autre côté de la frontière, les ethnies Karens ou Kachins sont toujours en guerre contre l’armée régulière birmane. A quelques jours des élections, la tension reste palpable à la frontière. Trafic de drogue, arrivée continue de nouveaux réfugiés et combats incessants. Comme la plupart des réfugiés de Mae La, Ko Aye espère un jour rentrer chez lui. Mais, malgré les élections, il ne croit guère à la chute prochaine de la junte militaire. « J’ai peur des soldats birmans, ils nous ont fait tellement de mal », explique-t-il.

Trafics de pierres précieuses et de bois

Le Triangle d’or est le cœur de tous les trafics. « Il y a encore beaucoup de zones de non-droit en Birmanie, explique Jeff Rutherford, un Américain installé en Thaïlande et spécialiste des questions environnementales pour l’ONG Fair Earth Consulting. Le problème vient de la junte. Les militaires sont à l’origine des problèmes environnementaux. Les commandants régionaux du Nord de la Birmanie, ceux qui ont le pouvoir dans cette zone entre la Chine et la Thaïlande, agissent en totale impunité. Ils sont à la tête des trafics de pierres précieuses, de bois et sont responsables de la déforestation. Ils vendent directement de l’autre côté de la frontière. Tout cela est très opaque et se fait au détriment des populations et bien entendu au détriment de l’environnement. Prenez le bois de teck. Il a complètement disparu en seulement 10 ans. C’est le cas aussi des animaux sauvages comme les tigres. Et la Chine est la destination de tous ces trafics ».

La Chine mise en effet très gros sur la Birmanie pour diversifier ses sources d’approvisionnement en matières premières et aussi en énergie. Elle négocie directement avec les généraux au pouvoir et, en échange des armes fournies à l’armée birmane, Pékin veut passer en force dans la région. Au delà des trafics à la frontière, il y a en effet des projets de barrages et de gazoducs.

Projets de pipeline

Deux projets de pipelines sont ainsi en construction dans l’ouest du pays et doivent alimenter les mégalopoles et les usines chinoises de l’autre côté de la frontière. Ces projets sont particulièrement controversés et font l’objet d’une lutte féroce entre l’armée birmane et les rebelles. Près de 30 000 personnes sont en effet menacées d’expulsion selon les associations de défense de l’environnement qui ont publié un rapport intitulé « Sold Out ». Dans cette zone interdite aux journalistes étrangers, plus de 6 000 soldats birmans auraient été déployés pour sécuriser les chantiers.

« Tout ces gens que l’on expulse, que vont-ils devenir ? », s’interroge Paul Sein Twa, un membre d’une ONG birmane pour la défense de l’environnement. Son « Groupe de Travail pour la défense de l’Environnement en Birmanie » est installé en Thaïlande. Par peur des représailles des militaires birmans. « La plupart des villageois sont agriculteurs. Cela veut dire qu’ils vont devoir abandonner leurs champs et leurs maisons et ils vont se retrouver ici, en Thaïlande, dans les camps de réfugiés. Ils vont devoir trouver leur propre moyen de subsistance ». L’essentiel des richesses du pays se trouve en effet concentré dans la jungle du Triangle d’or. Une zone que se disputent les minorités ethniques et le gouvernement depuis 50 ans. Les pipelines notamment qui doivent alimenter la Chine traversent l’Etat Kachin, toujours en guerre avec la junte.

« Dans ces régions, la situation reste grave, en particulier dans l'Etat kachin. Au cours de l'année passée, les violations des droits de l'Homme dans les régions ethniques ont augmenté, explique Benoît Bourtembourg de l’ONG Actions Birmanie. En dépit des pourparlers de cessez-le-feu, l'armée gouvernementale continue ses attaques à l'encontre des civils et perpétue de graves violations des droits humains, y compris des exécutions extrajudiciaires, des viols, l'usage de la torture, du travail forcé, la destruction de maisons, d'églises, de récoltes et de villages entiers. Plusieurs organisations non-gouvernementales ont documenté ces abus. Selon les Nations unies, il y aurait 55 000 déplacés internes dans l'Etat kachin et dans le nord de l'Etat shan. Les attaques perdurent également dans les régions karen et karenni ».

Investissements massifs de la Chine

Mais malgré ces violences et les sanctions qui pèsent toujours sur la Birmanie, « les investissements étrangers et surtout Chinois ont atteint 20 milliards de dollars l’an dernier, explique Paul Sein Twa. C’est beaucoup d’argent qui se retrouve déversé dans ces zones de guerre et les militaires se servent. Il y a un projet de barrage chinois qui se trouve en plein territoire Kachin et on sait que la Chine fait pression sur la Birmanie pour envoyer plus de troupes dans cette zone. Et la nettoyer ». Résultat, des combats incessants et des milliers de réfugiés. Victimes innocentes de cette guerre pour les matières premières.

« La grande majorité des activistes politiques, des organisations de la société civile, des représentants des minorités ethniques et du peuple de Birmanie sont d'accord sur le fait que les sanctions européennes doivent être levées de façon graduelle, étape par étape, en réponse aux progrès constatés sur le terrain, et qu’une levée générale de l'ensemble des sanctions enverrait le mauvais message et pourrait en fait ralentir le processus de réforme plutôt que de le renforcer », conclut Benoît Bourtembourg.

Un avis que ne partage pas Luc de Waegh. Le directeur de West Indochina conseille les entreprises étrangères désireuses d’investir en Birmanie. « Moi je leur dit, venez voir. C’est le moment d’investir. Les Birmans nous attendent à bras ouverts et ils sont notamment très intéressés par le domaine des technologies vertes. Je travaille actuellement avec une société belge spécialiste du traitement des déchets et nous conseillons le gouvernement birman sur les questions de crédit carbone. Vous voyez tout n’est pas si noir, explique cet ardent partisan de la levée des sanctions. Je trouve dommage de punir 55 millions de Birmans sous prétexte de donner une leçon de morale à 200 généraux corrompus. Si une grande entreprise socialement responsable, cotée en bourse, veut investir en Birmanie, alors elle doit pouvoir le faire ».

Hommes politiques, ONG, hommes d’affaires… tous attendent maintenant les résultats des élections du 1er avril. Un scrutin libre, équitable et une percée des partis démocratiques sonneraient sans doute le glas d’une Birmanie placée au ban des nations depuis 20 ans. Mais dans la jungle du Triangle d’or, les trafics ne sont pas prêts de cesser.

http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,institutions,etats,birmanie_environnement_massacre,137099.jsp
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La biodiversité menacée par l’ouverture

Message  Admin le Mar 8 Mai 2012 - 5:53



Face à l’arrivée massive d’investisseurs, la Birmanie est confrontée à la nécessité de protéger l’environnement si elle veut éviter le sort des pays voisins.

La ruée des hommes d’affaires vers la Birmanie (Myanmar) pour étudier les possibilités d’investissement inquiète les militants de la protection de l’environnement. Ils craignent que la riche biodiversité de ce pays, isolé de l’extérieur pendant les soixante années de régime militaire, devienne victime de l’ouverture économique engagée depuis un an par le gouvernement civil du Président Thein Sein.

La Birmanie n’a pas été épargnée dans le passé par les entrepreneurs avides d’exploiter les forêts et les autres ressources naturelles, qu’il s’agisse des firmes coloniales britanniques avant la seconde guerre mondiale, des forestiers de Thaïlande dans les années 90 ou des firmes hydroélectriques de Chine plus récemment. Mais ce pays, situé entre les flancs de l’Himalaya, le sous-continent indien, la péninsule malaise et l’Asie du Sud-Est continentale abrite encore une faune considérablement plus variée que celle des nations voisines. On y trouve 1.099 espèces d’oiseaux sud-est asiatiques sur un total de 1.324. En termes de superficie, sa forêt tropicale se classe dans les premiers rangs mondiaux aux côtés du Brésil, de l’Inde et de la République Démocratique du Congo.

Les organisations de protection de l’environnement comme la Société de Préservation de la Vie sauvage (Wildlife Conservation Society) craignent surtout l’arrivée massive d’investisseurs malaisiens et indonésiens dans le domaine des plantations de palmiers à huile. Il n’existe pas encore de loi sur la protection de l’environnement dans le pays.

http://asie-info.fr/2012/05/08/birmanie-la-biodiversite-menacee-par-louverture-53437.html
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Les forêts birmanes ne couvrent plus qu’un quart du pays

Message  Admin le Sam 25 Aoû 2012 - 6:04

L’accélération de la déforestation en Birmanie a fait chuter le couvert forestier de 70% du pays au 19e siècle à moins de 24% à l’heure actuelle, selon une commission parlementaire. En effet, à cause des coupes illégales, de l’exportation du tek, du recours au bois de chauffe et de la recherche de terres agricoles les forêts birmanes disparaissent à un rythme rapide. En 2005, la moitié du pays était encore recouverte par des forêts. « Le secrétaire de la Commission parlementaire sur la préservation des ressources naturelles et l’environnement Appelle à une interdiction totale des exportations de bois », rapporte le site Xinhua le 22 août. La Birmanie exporte 75% du tek mondial, principalement vers l’Inde et la Chine. Les ventes de bois à l’étranger ont rapporté plus de 640 millions de dollars pour l’année fiscale 2010-2011.

http://www.goodplanet.info/
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Re: Birmanie : l'environnement massacré

Message  Admin le Ven 20 Sep 2013 - 22:35



In February 2013 Partnerships for International Strategies in Asia (PISA) collaborated with Yangon based NGO, ALARM, to offer a week long pre-training program for 45 mid-level government officials from Burma's line ministries with portfolios most likely to be impacted by climate change. The Myanmar Leadership Institute on Climate Change (MLICC) was designed to build capacity at the national level on mainstreaming climate change into development policies. The objective of the pre-training was to introduce the officials to what PISA terms, climate-wise development (CWD). CWD seeks the advancement of the community in tandem with responsible management of natural resources, investment in human capacity, and good governance. This methodology seeks to mitigate the tension inherent in development policies that seek rapid economic gain and the need for longer-term environmental and political stability.
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Re: Birmanie : l'environnement massacré

Message  Admin le Lun 30 Sep 2013 - 8:03

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Why Burma's forests must be preserved

Message  Admin le Dim 1 Déc 2013 - 5:26



Burma is the largest country in mainland South-East Asia and about 40% is forested - however, "forest" can include anything from a silent, severely degraded habitat that supports relatively few animals, to ancient, old-growth habitat teeming with life

The country is known to support 233 globally threatened species, including 37 that are critically endangered and 65 endangered

The habitats of Burma are extremely diverse, ranging from rich alpine floras and tropical pine forests in the north, to dry hardwood and mixed deciduous forest in the central dry zone, to tropical rainforests in the far south

The forested hills and mountains of Burma conceal rich deposits of coal, copper, gold, zinc, tungsten, gems and other minerals

The vast majority of high-quality rubies on the world market come from Burma - it is also a top producer of jadeite, the most expensive form of jade

.../...


http://www.bbc.co.uk/news/magazine-25088368 study 
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