La censure va ranger ses ciseaux

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La censure va ranger ses ciseaux

Message  Admin le Ven 30 Mar 2012 - 12:49

Une certaine liberté d’expression, encore inconnue il y a peu, s’affiche désormais dans les kiosques. Mais les journalistes espèrent encore un effort des autorités.

Comme la plupart des journalistes birmans, Ye Naing Moe n’avait jamais fait confiance, à juste titre, aux fonctionnaires du ministère de l’Information. Son père, militant politique, avait été arrêté à quatre reprises et lui-même était épié par les agents du régime. Ses étudiants en journalisme étaient également surveillés et interrogés sur le contenu de ses cours. Quelle n’a donc pas été sa stupéfaction, l’an dernier, quand un haut fonctionnaire du ministère l’a invité à animer une série de formations à l’intention de hauts responsables des relations extérieures du gouvernement. Plus étonnant encore, aucune restriction ne lui a été imposée dans le choix des sujets abordés pendant les ateliers. Pour lui, il s’agissait là d’un signe incontestable d’ouverture des médias en Birmanie. Pendant des décennies, le pays, rebaptisé “Myanmar”, a été montré du doigt par la communauté internationale pour les passages à tabac, les incarcérations et les tortures qu’il infligeait à ses journalistes. Mais l’an dernier, après l’établissement d’un gouvernement théoriquement “civil” sous la houlette du président Thein Sein, les directeurs de publication ont commencé à percevoir un net allègement de la censure.

Le prochain test sera une loi sur la presse qui doit être déposée au Parlement d’ici à la fin de l’année et qui, si elle est adoptée, supprimera le Bureau de la censure et mettra fin à l’obligation de lui soumettre les publications avant leur parution. Elle pourrait également autoriser des entreprises privées à créer des quotidiens, car, jusqu’ici, celles-ci ne peuvent publier que des hebdomadaires.

Les journalistes font remonter ces nouvelles libertés à une allocution de Thein Sein, en mars 2011, dans laquelle il invitait le pays à ­respecter le rôle des médias. Depuis cette date, les censeurs ont de moins en moins corrigé les articles. U Ko Ko, qui publie The Yangon Times et The Flower News, deux hebdomadaires généralistes, raconte qu’il lui arrive de tenter le coup auprès de la censure en lui soumettant des articles interdits par le passé et de les voir aujourd’hui acceptés. “Auparavant, chaque mot était passé au crible. Maintenant, ils changent moins de 10 % du contenu.” Les relations avec les censeurs sont même devenues amicales. “Il y a un an, je ne me serais jamais hasardé à leur poser des questions”, confie Thiha Saw, qui publie l’hebdomadaire politique Open News Weekly. “Aujourd’hui, je peux les appeler.”

Les lecteurs birmans se réjouissent de cette ouverture. Les publications voient leur tirage s’envoler. The Voice Weekly, par exemple, qui se vendait à 32 000 exemplaires l’an dernier, atteint aujourd’hui les 82 000. Mais tout n’est pas positif. Les reportages sur les conflits ethniques et les mauvais traitements infligés par le régime aux minorités ethniques restent bannis.

Il est probable que le mérite des réformes soit en partie à mettre au crédit du directeur de la censure, Tin Shwe, qui, en dépit de ses fonctions, a maintes fois appelé à une plus grande liberté de la presse et promis de dissoudre son propre bureau. Mais son supérieur hiérarchique, le ministre de l’Information Kyaw Hsan, ne semble pas partager cette ouverture. L’an dernier, en réponse à un projet favorable à une plus grande liberté de la presse, il a comparé les médias à de méchantes fourmis rouges.

Les réformes accomplies ont cependant fait naître un espoir sans précédent chez les journalistes. Sithu Zeya, un photographe de 22 ans, a été arrêté en avril 2010 pour avoir pris des photos d’un attentat. Roué de coups, torturé et con­damné à dix-huit ans de prison, il a été relâché en janvier 2012 avec 651 autres prisonniers politiques. Quand on lui a demandé ce qu’il ferait une fois en liberté, il a répondu qu’il reprendrait immédiatement son travail de journaliste. “Les médias sont plus libres maintenant, mais les progrès restent lents et il ne faut donc pas abandonner le combat.”

source http://www.courrierinternational.com/article/2012/03/29/la-censure-va-ranger-ses-ciseaux

Repère

République de l’Union du Myanmar

Superficie 676 578 km2 (France : 547 030 km2).

Population 55 millions (estimation, le dernier recensement datant de 1983), dont plus de 32 % de minorités ethniques. A 90 % bouddhiste. 27,5 % de moins de 14 ans.

Espérance de vie 63 ans pour les hommes, 68 ans pour les femmes.

Taux d’alphabétisation 90 %.

Ressources naturelles Pétrole,

gaz naturel, bois, étain, cuivre, pierres précieuses, énergie hydroélectrique.

Taux de croissance du PIB 5,5 % en 2011.

PIB par habitant 1 300 dollars (France : 35 000 dollars).

Internautes 110 000 en 2009.

Téléphones mobiles 600 000 en 2010.

Source : CIA World Factbook
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Journalisme en Birmanie: des femmes contre la censure

Message  Admin le Jeu 10 Mai 2012 - 5:57

(Rangoon) En Birmanie, pays en pleine métamorphose, de jeunes femmes journalistes repoussent les limites de la censure. Quitte à travailler dans la clandestinité.

À la rédaction du Myanmar Times, le plus grand journal privé de Birmanie, le visiteur est surpris de ne trouver que des jeunes femmes. «Non, ce n'est pas le service de publicité, ici. C'est bien la rédaction!», dit en riant Yadana Htun, la jeune rédactrice en chef adjointe de 27 ans.

«Le journalisme est féminin en Birmanie, indique-t-elle. Au Myanmar Times, 70 % de nos journalistes sont des femmes. Dans les journaux concurrents, elles comptent pour de 50 à 70 %.»

En Birmanie (rebaptisée Myanmar par les militaires), les femmes sont au premier plan du combat pour l'information, dans un des régimes les plus fermés de la planète - mais qui s'ouvre graduellement au monde depuis un an. Après trois soulèvements réprimés dans le sang (1974, 1988, 2007), la junte militaire a enclenché en 2011 une transition démocratique et a relâché la censure. L'actuel président, Thein Sein, général à la retraite, a promis cette année une loi garantissant la liberté de la presse. «Les femmes obtiennent plus facilement des entrevues avec le gouvernement. Ce sont elles qui mettent la main sur les primeurs», précise l'adjointe de rédaction.

Yadana Htun est diplômée en génie électrique, «un domaine difficile pour les femmes en Birmanie», rapporte-t-elle.

Elle a récemment réalisé un reportage sur les réfugiés de guerre dans l'État de Kachin, dans le nord du pays. «Les censeurs ont coupé les passages sur les conditions déplorables des réfugiés passés en Chine. On ne peut pas critiquer la Chine», reconnaît la journaliste. La Chine est le principal investisseur en Birmanie. Son veto au Conseil de sécurité de l'ONU est nécessaire aux généraux birmans pour contrer les pressions exercées par les États-Unis, le Canada et l'Union européenne.

À 28 ans, Nyein Nyein Naing est directrice de l'information au 7-Day News. Elle vient de remporter un prestigieux prix de journalisme créé en 2012 par la profession et le ministère de l'Information (gérant la censure!). Son article primé portait sur les récents cessez-le-feu avec les guérillas des minorités ethniques au pays. Pourtant, le Bureau de surveillance de la presse avait, deux fois (en 2010 et en 2011), frappé son texte d'un interdit de publication!

«Les conflits ethniques font encore l'objet de restrictions, explique la journaliste. Auparavant, pour en traiter, on devait recopier des extraits de La Nouvelle lumière du Myanmar, le quotidien de la junte.»

Publication limitée

Les journaux privés ne sont autorisés à publier qu'une fois par semaine. Nyein Nyein Naing et ses collègues féminines débattent donc hebdomadairement avec les censeurs. «Le jeudi soir, nous envoyons nos textes à la censure», relate-t-elle. Le samedi soir, ils nous reviennent raturés ou éliminés.» Le dimanche matin, dernier jour avant la publication, elle retourne inlassablement affronter les fonctionnaires pour repousser les limites de l'information.

«Je suis venue à ce métier pour écrire sur l'histoire en marche dans mon pays. En 2007, durant la contestation pacifique des moines bouddhistes, raconte-t-elle, nous ne pouvions rien écrire. En lisant notre journal, c'est comme si rien ne s'était passé. On se sent inutiles par moments...»

Hla Hla Win, 28 ans, avait choisi à l'époque de faire la chronique de la «révolte de Safran». En 2008, elle enseignait dans un monastère bouddhique. Elle s'est rendue clandestinement en Thaïlande pour y apprendre le journalisme vidéo avec la télévision en exil Democratic Voice of Burma (DVB). Diffusée par satellite, la DVB est établie en Norvège et en Thaïlande. La chaîne est financée de l'étranger. Elle a notamment été longtemps soutenue par le centre Droits et démocratie au Canada, organisme récemment aboli par le gouvernement conservateur. DVB diffuse des reportages réalisés clandestinement pour éviter la censure. Jusqu'à récemment, ses journalistes travaillaient sans même se connaître entre eux.

Hla Hla Win a payé le prix fort pour son engagement: deux ans et demi de prison. On vient de la libérer, avec la dernière vague de prisonniers politiques amnistiés par le président Thein Sein, en janvier 2012. Le gouvernement a même invité le directeur de DVB à une rencontre de travail, en février dernier.

Hla Hla Win continue ses reportages pour la DVB, sans licence, malgré ses conditions de libération (l'État pourrait lui imposer la poursuite de sa peine de 18 ans d'incarcération). Prudente, elle a abandonné la caméra cachée et se concentre sur des talk-shows avec de célèbres dissidents birmans.

Hla Hla Win a un grand respect pour les journalistes autorisés. «Quand j'étais en prison, c'est grâce à eux que j'ai pu savoir, même de façon limitée, ce qui se passait dans mon pays», se souvient-elle. «J'ai constaté combien ils travaillent fort pour aller chercher la nouvelle, et, surtout, la publier.»

http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/201205/09/01-4523444-journalisme-en-birmanie-des-femmes-contre-la-censure.php
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Le patron de la censure annonce la fin de sa mission

Message  Admin le Ven 1 Juin 2012 - 14:34

Depuis sept ans, Tint Swe a fait trembler les rédacteurs en chef de Birmanie à la tête du département de la censure. Mais à la faveur des réformes, l'ex-militaire prépare ni plus ni moins que son abolition, à dater de fin juin.



Depuis quelques mois, le contrôle par le régime de Naypyidaw de ce qui sort dans les médias birmans s'est considérablement adouci au fur et à mesure que se multipliaient les réformes politiques.

Et dans un entretien avec l'AFP à Rangoun, dans son bureau du Département de l'enregistrement et de la surveillance de la presse (PSRD), Tint Swe a affirmé que le secteur entrait dans une ère de liberté.

"Il n'y aura plus de surveillance de la presse à partir de fin juin. Il n'y aura pas de contrôle des journaux et magazines", a-t-il expliqué.

"Je dirais que c'est le bon moment, plutôt que de dire que nous sommes prêts", a-t-il reconnu, précisant que son service continuerait d'exister pour l'enregistrement des nouvelles publications et l'archivage.

"Quand le parlement et le gouvernement travaillent au processus démocratique, comment la censure peut-elle poursuivre son travail?".

A Rangoun, certains doivent se pincer pour y croire. Depuis sept ans qu'il dirige le PSRD, il a fait changer des titres, couper des paragraphes, annulé des articles entiers, au service d'un régime militaire qui n'entendait laisser aucun espace à la critique.

"Il avait l'un des pires boulots en Birmanie", raconte le responsable d'un hebdomadaire de Rangoun. "Les ministres, responsables et hommes d'affaires le harcelaient pour supprimer les papiers, et les journalistes le harcelaient pour qu'ils les conservent".

Mais en mars 2011, la junte a confié les rênes du pouvoir à d'anciens soldats. La réforme, d'abord apparue comme cosmétique, s'est révélée plus profonde que nul ne l'imaginait.

En quelques mois, le président Thein Sein a notamment libéré des centaines de prisonniers de conscience et demandé à l'opposante Aung San Suu Kyi, longtemps en résidence surveillée, de réintégrer l'échiquier politique légal.

Rapidement, les journalistes ont entrepris de repousser les limites de leurs prérogatives, quand d'autres, enfermés depuis de longues années, étaient également libérés.

En mars, l'hebdomadaire The Voice, citant des parlementaires anonymes, a rapporté que le Bureau de l'auditeur général, équivalent de la Cour des comptes, avait découvert des fraudes et détournements de fonds aux ministères des Mines, de l'Information, de l'Agriculture et de l'Industrie.

Une plainte d'un ministère est en cours. Mais un tribunal a déjà donné raison au journal sur le fait qu'il n'était pas tenu de divulguer le nom du journaliste auteur de l'enquête.

"Le contexte politique est plus libre, les gens sont plus libres de leurs pensées et nous, au comité de censure, avions le plus grand mal à nous ajuster", a admis Tint Swe, admettant une période "sensible" après de nombreuses années de défiance.

Mais récemment, le très conservateur ministre de l'Information Kyaw Hsan a été décrit par les analystes comme de plus en plus isolé. Certaines sources le donnent même partant lors d'un hypothétique remaniement ministériel.

Le pouvoir travaille depuis quelques mois sur un projet de loi sur la presse. Le texte n'a pas été publié, mais des journaux ont été consultés sur son contenu, qui couvrirait notamment les droits et devoirs des journalistes et un code de déontologie.

Selon des sources officielles, la loi pourrait être votée lors de la prochaine session du parlement en juillet. Et elle s'accompagnera de la création d'un Conseil de la presse.

"Les gens disent que le Conseil de la presse sera comme le département de la censure. C'est faux", a assuré Tint Swe, le décrivant essentiellement comme un intermédiaire entre la profession et le ministère. Une fonction dont l'ancien officier affirme clairement se réjouir.

"Que la censure soit abolie est la meilleure nouvelle qui soit pour tous les gens dans le secteur", a-t-il estimé.

http://www.france24.com/fr/20120601-birmanie-le-patron-censure-annonce-fin-mission
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Pourquoi tout cela ??

Message  Blue Sky le Mar 5 Juin 2012 - 12:46

Oui , je me demande vraiment quel est la raison profonde de ce revirement aussi inespéré qu'inattendu de la part de la junte au pouvoir en matière de libertés personnelles et d'ouverture économique ??
Je me suis posé la question assez longtemps , trop heureux comme beaucoup sans doute de voir enfin Aung San Suu Kyi libre de mouvement et d'opinion , avec tout ce que cela signifie de symbolique et tous les changements que cela peut ( va ) drainer ?
Etonnant , non ??
J'en ai trouvé qu'une seule de raison , et je voudrai bien que d'Autres m'en trouvent des différentes et plus réjouissantes .
L'argent . Et le retour au pouvoir après l'avoir volontairement perdu ??

On connaît la cupidité terrible de la junte au pouvoir .
Or , l'isolement du pays était un frein à l'enrichissement personnel , un général birman , c'est quand même du pipeau par rapport à un Saoudien moyen , non ???
L'ouverture politique entraine un courant de sympathie inégalé , la demande est exponentielle vis à vis des To qui ont pignon sur rue , les tarifs aussi , et il y a plein de pti nouveau ... en qques semaines !!!
A 2500 € les dix jours pour un prix moyen , et cela aujourd'hui , y en qui vont voir grossir le compte en banque ...
On est bien d'accord , c'est pas le back packer moyen qui est invité sur place , mais plutôt le quidam qui va sauter d'hotels à 100 € la nuit vers un autre ... par avion à ... 400 € le saut de puce . Hotels , avions , on sait à qui cela appratient m, je vois mal Aung Saan Suu Kjy nationaliser le tout ...
Après ...Aung San Suu Kyi joue déjà à son corps défendant la tête de gondole de la communication touristique ...
Je ne vois pas comment elle ne va pas prendre le pouvoir , on est entrain de Lui jeter à la figure tant la junte n'en veut visiblement plus ... momentanément ! !
Député aujourd'hui , la voix est royale jusqu'au pouvoir à la tête du pays .

Je ne suis pas sur que le pays en matière d'entité suive longtemps .. trop de disparités régionales , trop de pauvreté , pas de moyens et beaucoup d'espoirs éventés au gré des espérances nées de la démocratie ...les minorités vont morfler sec , se rebeller , et je ne vois pas un gouvernement démocratique tout neuf et sans expérience manier le baton contre son peuple .
Vu les zozos autour de ce beau pays , je n'espère rien des voisins .. ou le pire , en embuscade avec les bons vieux tontons macouttes locaux ??
ca va les rajeunir !!!
Le recours à la force pour le maintien de l'ordre sera le bienvenu , et en plus justifié voir souhaité , isnt'it ??
et le symbole de la démocratie Birmane enfin laminé !!

Bon , svp , j'aimerai bien que l'on me convainct de l'inverse .
MERCI





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Re: La censure va ranger ses ciseaux

Message  Admin le Mer 6 Juin 2012 - 6:04

Rendez vous au Starbucks de Yangon l'année prochaine ?

A ce jour et comme toujours, aucun "spécialiste' n'a rien vu venir...alors de quoi serait fait demain, c'est du poker !
mais tout semble aller sur la bonne voie

Il est certain qu'il y a du monde au portillon pour investir, comme surement de nombreux birmans qui souhaitent revenir au pays après des années d'éxil.

Tout ce que l'on peut remarquer, c'est que les réformes avancent semaine après semaine (et toutes semblaient impossible à imaginer au début de l'année 2011)

Peut-être que les généraux ont pris conscience que leur modèle pouvait vaciller rapidement au regard des évènements internationaux et qu'il était préférable de lacher du lest par eux-mêmes, plutôt que de se faire renverser.

Bref....wait and see !

Le meilleur à venir, il faut l'esperer waï





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un élan populaire

Message  Blue Sky le Mer 6 Juin 2012 - 15:42

je ne doute pas du formidable élan que va drainer ce changement , et je ne doute pas non plus de la volonté et de la capacité des Birmans , et cela me réjouis , et je me réjouis pour Eux .
Mais comment dire ??
j'ai comme un doute quant à la véritable voix que va suivre la junte .. je veux bien qu'un général ait la volonté d'un changement vers une organisation plus juste , j'admet même que cette volonté puisse être partagée même au sein de l'armée .
Mais elle a cumulé tant de privilèges , tant de pouvoirs , que j'ai du mal à croire en un relachement de tout le monde vers la voix du partage .


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La Birmanie après la censure

Message  Admin le Ven 8 Juin 2012 - 5:57

Les tout jeunes journalistes birmans cherchent leurs marques dans un pays en plein bouleversement.


Des dizaines de jeunes journalistes accueillent Aung San Suu Kyi au siège de son parti en avril 2012. © Ye Aung Thu / AFP

Par ALEXANDRE MARCHAND, À RANGOON

Les murs roses du bureau d'Aung Ye Maung Maung sentent la peinture fraîche. Le rédacteur en chef du Myanmar Post Global nous reçoit pieds nus, un longyi foncé noué à la taille, dans les locaux de son hebdomadaire nichés en bordure d'une route polluée du nord de Rangoon. Âgé de deux ans, le magazine fait partie de la floppée de titres venue submerger les étalages de journaux de l'ancienne capitale birmane. "Entre une vingtaine et une trentaine de publications ont été créées depuis 2010 et il y en aura encore bien plus dans les mois à venir", explique le rondouillard jeune homme. Dans une pièce sans fenêtre, trois de ses journalistes noircissent d'une écriture soignée des feuilles entières que des sténographes taperont à l'ordinateur dans la salle adjacente. Un peu plus loin, des graphistes élaborent une publicité destinée au prochain numéro à l'aide de Google Images.

Ici, presque tous les reporters ont entre 20 et 25 ans. Du haut de ses 23 printemps, Maung Maung possède déjà huit ans d'expérience depuis sa sortie d'un lycée de Rangoon en 2004. Tous les jours, le rédacteur en chef parcourt les médias qui lui tombent sous la main pour essayer de dénicher des idées d'articles. "Les gens ici n'ont pas d'idée précise de ce qu'est l'information, on apprend sur le tas", analyse-t-il. "Nous essayons d'éduquer nos lecteurs en parlant de sujets qui les touchent : la distribution d'électricité, la santé...", énumère Maung Maung en faisant défiler les pages de l'exemplaire de la semaine.

Articles "refusés"

Dans un coin, une pile de feuilles trône : c'est le brouillon du prochain numéro. La longue analyse sur le rapprochement de Naypyidaw et Pyongyang est barrée d'une croix au feutre bleu traversée d'un grand "Refusé". Idem pour une interview d'un cadre de la Ligue nationale pour la démocratie, le parti d'Aung San Suu Kyi. Au total, près d'un tiers des articles n'ont pas passé le tamis de l'organe de censure officiel aux sonorités délicieusement orwelliennes : le "Press Scrutiny and Registration Department" (PSRD). Les navettes entre les censeurs et la rédaction nécessitent une semaine complète entre le premier jet et l'autorisation de publication.

Et pourtant, quelque chose a changé. En troisième page de l'hebdomadaire que Maung Maung tient dans ses mains se trouve notamment une photo de "La Dame", chose impensable il y a quelques années. "Avant, il leur arrivait de suspendre notre brouillon pendant deux semaines, maintenant ils me passent seulement un coup de fil en me disant : "Ne faites plus jamais ça !" Nous pouvons écrire sur Aung San Suu Kyi quand elle discute d'éducation ou de santé par exemple, c'est plus compliqué quand elle parle directement de la Constitution ou du gouvernement", clarifie le rédacteur en chef. Mais les temps évoluent, et vite : ce qui est interdit aujourd'hui sera permis demain.

Tout à construire

Le véritable tournant a eu lieu juste avant les élections de novembre 2010. À cette date, la censure a commencé à se relâcher, les "journaux" (terme que les Birmans utilisent pour désigner en réalité des magazines, les rares quotidiens étant des publications gouvernementales) ont pu commencer à parler de politique. En octobre 2011, Tint Swe, le directeur du PSRD lui-même, avait déclaré qu'il serait souhaitable que la censure de la presse soit abolie "dans un futur proche". Ce sera chose faite sous peu : l'homme qui faisait trembler les rédacteurs en chef a annoncé le 1er juin que la fin de la surveillance de la presse serait effective à la fin du mois.

La nouvelle loi sur les médias devrait être votée à la session parlementaire de juillet, et rentrer en vigueur d'ici la fin de l'année 2012. Elle préciserait notamment les droits et devoirs des journalistes et instituerait une charte déontologique. Le gouvernement semi-civil du président Thein Sein est conscient que la liberté d'expression est l'une des vitrines qui pourraient permettre la levée complète des sanctions des pays occidentaux et l'arrivée d'investisseurs étrangers dans une économie birmane exsangue.

En attendant, Maung Maung et ses comparses tâtonnent dans un paysage chaque jour plus mouvant, cherchent leurs sujets, leurs angles. Au sortir d'un demi-siècle de dictature militaire, ces jeunes sans formation héritent d'un paysage médiatique sclérosé où leurs aînés n'ont jamais pratiqué le journalisme indépendant. Il leur reste tout à construire. À construire la Birmanie de demain.

source http://www.lepoint.fr/monde/la-birmanie-apres-la-censure-07-06-2012-1470422_24.php
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Les médias accusés de couverture biaisée des conflits dans l'état d'Arakan

Message  Admin le Mar 12 Juin 2012 - 20:00

Les déclarations du ministre en chef de la région de Rangoon, Myint Swe, le 10 juin 2012, lors d'une conférence de presse, illustrent la fragilité de l'assouplissement des conditions de travail des journalistes birmans. Le ministre en chef, dont les propos ont été relayés par le journal Irrawaddy, a ouvertement menacé la profession de sanctions pénales en cas de couverture néfaste des affrontements qui agitent l'état d'Arakan, les accusant dans un second temps d'”attiser le conflit”. Le général Tint Swe, (...)


Les déclarations du ministre en chef de la région de Rangoon, Myint Swe, le 10 juin 2012, lors d'une conférence de presse, illustrent la fragilité de l'assouplissement des conditions de travail des journalistes birmans. Le ministre en chef, dont les propos ont été relayés par le journal Irrawaddy, a ouvertement menacé la profession de sanctions pénales en cas de couverture néfaste des affrontements qui agitent l'état d'Arakan, les accusant dans un second temps d'”attiser le conflit”. Le général Tint Swe, chef de la Division d'enregistrement et de vérification de la presse (Press Scrutiny and Registration Division, PSRD), a ordonné aux médias de soumettre leurs articles pour validation par le bureau, rétablissant de facto le système de censure préalable, mis en place par la junte.

Les tensions dans l'Etat d'Arakan continuent de grimper après une nouvelle flambée de violence, le 10 juin, qui a fait cinq blessés en dépit d'une présence militaire et policière de plus en plus importante dans l'état. Elles ont été déclenchées par la découverte, le 29 mai 2012 dans le village de Maung Taw, du corps d'une fille arakanaise portant des signes de viol.

“Les médias sont confrontés à un retour en arrière très inquiétant de la part du gouvernement, qui a pourtant annoncé, à travers les déclaration de Tint Swe, que la PSRD cesserait d'exister à la fin du mois. Les menaces pénales à l'encontre des journalistes et le rétablissement de la censure sont inacceptables”, ont déclaré Reporters sans frontières et son organisation partenaire, la Burma Media Association.

“Les événements actuels sont la preuve que la liberté d'information est très loin d'être acquise. Depuis plusieurs mois, nous rappelons que ces libertés ne doivent pas seulement être considérées comme des conséquences de la démocratisation du pays mais bien comme les conditions sine qua non de celle-ci. Les conflits actuels le montrent. Il est urgent qu'un cadre légal et des mesures de protections soient adoptées. Le rôle des médias lors de crises de ce type est crucial. Si leurs devoirs et responsabilités méritent d'être rappelés, leurs droits d'informer librement et leur présence sur leur terrain ne doivent pas être entravés”, ont ajouté les deux organisations.

“Des médias ont fait des efforts sérieux pour produire une couverture de qualité. Mais, en l'absence d'institutions capables d'impulser une réelle direction à l'ensemble des médias et de protection légale, et compte tenu de la diversité des moyens et de la relative inexpérience de certains médias ou journalistes, les rédactions ont la charge de rappeler les codes éthiques de la profession à leurs journalistes, et surtout d'assurer la protection des reporters qu'elles envoient couvrir les conflits.”

Selon les déclarations de Myint Swe, les médias couvrant les événements “de manière dangereuse pour la stabilité de l'Etat” risquent de se voir sanctionnés en vertu de la section 5 de l'Emergency Provisions Act et de la section 505b du code pénal birman.

La première section prévoit une peine de sept ans de prison ou une amende d'un montant non fixé pour des publications qui influenceraient le comportement des individus en mettant en danger la sécurité de l'État.

La seconde, sanctionne d'une peine de deux ans d'emprisonnement tout acte visant à provoquer la peur et la panique dans la société civile, et pouvant inciter à des crimes contre l'État ou l'ordre public.

Myint Swe, cité par Irrawaddy, a également accusé les journalistes d'attiser le conflit et les a exhorté à écrire en considération de leur responsabilité publique et non seulement de la concurrence avec les autres médias. Le New Light of Myanmar, journal contrôlé par l'État, appelle à baisser le ton et à agir avec tolérance.

Dans ce climat de tensions sociales, le gouvernement a rétabli son contrôle strict de l'information. La censure préalable des publications a été restaurée par la PSRD. Les médias qui ne soumettront pas leurs articles avant publication seront passibles de sanctions, en vertu du Printers and Publishers Registration Act, établi en 1962 par l'ancien dictateur Ne Win.

Des modifications du cadre législatif régissant les médias ont été annoncées depuis longtemps par le gouvernement, mais n'ont toujours pas vu le jour. Elles incluent la création d'un Conseil de la presse, intégré au ministère de l'Information et censé remplacer le bureau de la censure (PSRD) de l'État .

Toutefois, les directives annoncées par le ministre de l'Information et de la Culture Kyaw Hsan concernant le Conseil de la Presse, ont été critiquées par des journalistes.

La première version de la nouvelle loi sur les médias se fondait encore sur la législation de 1962, prévoiyait des sanctions issues du code pénal et ne concernait que la presse écrite. La deuxième version est actuellement en cours de rédaction.

Le média en exil, Democratic Voice of Burma, a récemment rappelé à ses reporters et journalistes dix recommandations qui, si elles sont suivies, participeront à garantir une couverture équilibrée des événements dans l'état d'Arakan :

1. Les articles ne doivent pas attiser les tensions.
2. Ne pas utiliser un langage marqué en termes raciales/religieux
3. Au moins que ce soit nécessaire, ne pas mentionner l'appartenance religieuse/racial des individus
4. Utiliser des guillemets pour les chefs religieux et les leaders de chaque faction
5. Toujours utiliser plusieurs sources, une indépendante et d'autres provenant de deux factions
6. Signaler clairement les informations non confirmées
7. Les citations des autorités et des membres du gouvernement doivent être vérifiées auprès d'une autre source. Si cela n'est pas possible, il faut déclarer qu'il a été impossible de procéder à la vérification.
8. Ne pas citer des déclarations extrémistes de type racial /religieux
9. Être conscients de la possibilité de manipulation des médias de la part de groupes d'intérêt.
10. Les reportages doivent être approuvés avant publication par les rédacteurs ou autres responsables en charge.
La Birmanie se situe à la 169e place, sur 179 pays recensés, dans le classement mondial de la liberté de la presse 2011-2012 établi par Reporters sans frontières.


Posted: 2012-06-12 18:05:00

Source : RSF (rsf.org)

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Re: La censure va ranger ses ciseaux

Message  Admin le Jeu 21 Juin 2012 - 5:41



A short reportage style documentary piece about press reforms in Myanmar as seen through the eyes of veteran journalist Maung Wuntha, editor of the People's Age weekly magazine. Produced by Brendan Brady and Adam Kaufman
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La liberté par la presse

Message  Admin le Jeu 28 Juin 2012 - 5:27

Tout a commencé par des comptes rendus sportifs aux messages politiques dissimulés. Eleven Media s’est ensuite imposé comme le premier groupe de presse du pays, à l’avant-garde du journalisme indépendant.

Le Dr Than Htut Aung, PDG du groupe de presse Eleven Media, le plus grand du Myanmar, est un homme investi d’une mission et il n’a pas de temps à perdre. Depuis la fondation de son “empire”, il y a douze ans, son enthousiasme et celui de son équipe rédactionnelle ne faiblissent pas. Ils font campagne avec candeur et audace en faveur d’une politique transparente et responsable de la part des autorités et contre le climat répressif qui a longtemps prévalu. Un combat qui a valu en 2011 à l’hebdomadaire Weekly Eleven News Journal le prix de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, pour avoir osé se dresser contre la junte et avoir “fait preuve d’une ingéniosité extraordinaire pour passer à travers les mailles du filet de la censure et informer la population”.

L’instauration de la démocratie, dont la liberté de la presse fait partie intégrante, est une lutte de tous les instants. En se remémorant la création de son groupe de presse, il y a plus d’une décennie, Than Htut Aung confie avec modestie : “Honnêtement, je dois avouer que je n’avais aucun intérêt sérieux pour la presse et aucune ambition particulière. Je ne disposais pas des compétences professionnelles requises pour devenir un homme de média…”

Etudiant en médecine, Than Htut Aung obtient une place dans une université anglaise en 1988, mais les militaires refusent de lui délivrer un passeport. Il décide alors, à 25 ans, de se lancer dans les affaires. “J’ai d’abord réalisé quelques profits, assez modestes d’ailleurs. Plus tard, ça n’a plus marché du tout. Une de mes entreprises a même dû mettre la clé sous la porte. Et puis s’est présentée l’occasion de publier le First Eleven Sport Journal.” A ses débuts, en 2000, l’hebdomadaire fonctionne avec une équipe de trois personnes et affiche un tirage de 5 000 exemplaires. Il conquiert rapidement un lectorat de plus en plus important, en sachant, dans cet environnement répressif et autocratique, glisser intelligemment des messages politiques dans ses articles sur le football. “L’homme au centre – l’arbitre – n’est pas juste… Le football ne se joue pas seulement à 22 mais avec tout le public” (un clin d’œil à la vie politique parlementaire). Les lecteurs, jeunes et vieux, amateurs du ballon rond commencent à adorer ces accents politiques. Les services de renseignements ne sont pas toujours dupes.

En 2003, ils font irruption dans les bureaux d’Eleven Media après la publication dans Eleven d’une série d’articles sur un massacre de civils. Un rédacteur est condamné à mort pour “trahison”. Eleven est dénigré comme étant “le symbole de la contestation”. Than Htut Aung est arrêté mais relâché faute de preuves. L’année suivante, la censure redouble de vigilance. Faisant fi de ces pressions, Eleven reprend de plus belle son cheval de bataille.

Son équipe comprend désormais une cinquantaine de collaborateurs et son tirage s’élève à 12 000 exemplaires. La publication de quotidiens est réservée aux médias d’Etat : peu importe, Than Htut Aung contourne la loi en lançant, en 2003 puis en 2005, un deuxième et un troisième hebdomadaire [Premier Eleven Sports Journal et Weekly Eleven News Journal]. La censure officielle règne en maître : il faut compter un ou deux jours aux articles sportifs pour être validés ; trois ou quatre pour les autres textes. “Nous devions faire preuve d’intelligence et de prudence, raconte Than Htut Aung. Certains types des services de renseignements étaient très forts…” Après 2005, la censure se relâche quelque peu après être passée sous la tutelle du ministère de l’Information, au lieu de celle du ministère de l’Intérieur. En 2008, le trio d’hebdos s’enrichit avec la parution du Biweekly Eleven News Journal. Eleven Media affiche alors un tirage cumulé de 350 000 exemplaires.

Au lendemain des élections de novembre 2010, dénoncées comme une mascarade et qui seront suivies de la formation d’un gouvernement “civil” présidé par Thein Sein, Than Htut Aung s’ingénie à convaincre le nouveau pouvoir de dialoguer avec l’opposition, Aung San Suu Kyi entre autres, et de prendre contact avec la communauté internationale. “Le président est un type bien, il a un bon esprit et nous avons de la chance de l’avoir”, commente le fondateur d’Eleven Media. En 2011, le groupe s’engage sur un nouveau front. Il prend la tête de la contestation du projet de barrage hydroélectrique [à intérêts chinois] de Myistone – un projet catastrophique du point de vue écologique, émanant d’un gouvernement qui n’assume aucune responsabilité et ne songe aucunement au bien-être de la population. Pour le onzième anniversaire du groupe, Than Htut Aung défie ouvertement le pouvoir dans un discours et à travers une série d’articles. “J’ai informé le gouvernement et l’opposition de la situation qui prévalait réellement dans notre pays. Au XIXe siècle, les superpuissances étaient britannique et française. Elles ont colonisé l’Inde et la Birmanie. Au XXe siècle, ce fut le tour des Etats-Unis, qui ont pris le Vietnam, la Corée et l’Allemagne. Le XXIe siècle sera le moment de la Chine et nous ne pouvons pas lui sacrifier notre pays”, assène Than Htut Aung. Face à la contestation grandissante suscitée par le barrage chinois, le gouvernement annonce, dans une volte-face sans précédent, la suspension du chantier. Les journalistes d’Eleven Media continuent de mener l’enquête et révèlent au début de l’année 2012 que les travaux se poursuivent. Ce qui pousse le gouvernement à ordonner un abandon définitif du projet.

Pour Than Htut Aung, l’ouverture politique de ces derniers mois est “fantastique”. Comme s’il avait du mal à s’en convaincre, il répète le mot. D’après lui, les changements ont été conduits à un rythme plus soutenu que ceux observés pendant les “printemps arabes” et sont manifestement plus solides. Le chemin n’en est pas moins encore très long. Le projet de loi sur la presse reste empreint de l’ancienne façon de penser, répressive, et son élaboration a manqué de transparence. “Nous souhaiterions voir la presse du Myanmar s’épanouir, comme en Thaïlande”, déclare Than Htut Aung.

Eleven Media emploie aujourd’hui 120 journalistes et continue de sortir ses quatre hebdomadaires. Than Htut Aung souhaiterait que ses journalistes et la population détiennent des parts du groupe. Un projet de sortie en Bourse est annoncé pour 2016. “Ce n’est pas que pour l’argent. Je ne détiens pas cette société de presse, elle appartient au peuple du Myanmar, qui a souffert et continue à se battre pour la démocratie et la liberté.”

http://www.courrierinternational.com/
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La Birmanie abolit la censure des médias

Message  Admin le Lun 20 Aoû 2012 - 7:50



Le pays était jusqu'à présent considéré comme l'un des pires en matière de liberté de la presse par Reporters sans frontière.

La censure sur les médias a été officiellement abolie lundi en Birmanie, a indiqué le ministère de l’Information après la levée des dernières restrictions qui pesaient sur les publications en charge des sujets politiques et religieux.

Le Département de l’enregistrement et de la surveillance de la presse (PSRD) du ministère «a autorisé les journaux dans la catégorie Politique et Religion à publier sans envoyer au préalable leurs brouillons», a indiqué le ministère sur son site internet.

«(...) La censure sur toutes les publications locales a été levée à dater du 20 août 2012», a-t-il précisé, concrétisant une libéralisation progressive du secteur depuis l’avènement du nouveau régime en mars 2011. Cette mesure, annoncée à l’AFP par Tint Swe, patron du PSRD, il y a quelques mois, avait été prévue au départ pour la fin juin.

Le pouvoir travaille parallèlement sur un projet de loi sur la presse. Le texte n’a pas été publié, mais des journaux ont été consultés sur son contenu, qui couvrirait notamment les droits et devoirs des journalistes et un code de déontologie. La loi devrait être accompagnée de la création d’un Conseil de la presse.

Le pays était jusqu'à présent classé parmi les pires de la planète en matière de liberté de la presse (169e sur 179 selon Reporters sans frontières). Mais plusieurs journalistes détenus ont été libérés ces derniers mois, comme d’autres prisonniers politiques, au fur et à mesure que le régime qui a succédé à la junte militaire multipliait les réformes politiques.

http://www.liberation.fr/monde/2012/08/20/la-birmanie-abolit-la-censure-des-medias_840647
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Un zeste de liberté pour la presse

Message  Admin le Mer 22 Aoû 2012 - 22:01

Les journalistes birmans saluent la décision annoncée le 19 août de ne plus les obliger à soumettre, avant publication, leurs articles à l’implacable censure officielle. Mais ils estiment la mesure insuffisante pour rétablir une complète liberté des médias.

Tint Swe, le chef du Service d’enregistrement et de surveillance de la presse (Press Scrutiny and Registration Board, PSRD) du ministère de l’Information, a annoncé aux rédacteurs en chef des hebdomadaires que, désormais, leurs publications “n’[étaient] plus tenues de passer par le service de censure”. Il a précisé que la mesure entrait dans le cadre des changements politiques survenus au sein du ministère [le gouvernement birman a entrepris des réformes politiques depuis mars 2011]. Toutefois, les lois qui limitent rigoureusement la liberté de la presse restent en vigueur.



“C’est une réelle avancée”, concède Zaw Thet Htwe, porte-parole du Comité pour la liberté de la presse, “mais il faudrait également abolir la Loi sur l’électronique de 2004, ainsi que la très sévère Loi sur l’enregistrement des imprimeurs et des éditeurs de 1962, de manière à ce que le quatrième pouvoir puisse jouir d’une entière liberté”. Par le passé, les journalistes étaient condamnés à de lourdes peines de prison pour infraction à cette législation. Ainsi, durant la “révolution de safran” [les manifestations de septembre 2007 contre la junte birmane ont été baptisées ainsi, car elles étaient menées par les bonzes vêtus de leurs habits couleur safran], blogueurs et autres “journalistes citoyens” ont été traduits en justice en vertu de la Loi sur l’électronique, pour avoir communiqué avec des médias d’opposition basés hors du pays par le biais d’Internet. 


Le PSRD lui-même a été créé le 6 août 1964, deux ans après que la junte militaire constituée peu auparavant eut imposé en 1962 la Loi sur les imprimeurs et les éditeurs. Depuis un an, il a permis à des publications qui ne couvrent pas l’actualité de paraître sans passer au préalable sous les fourches caudines de la censure, mais c’est la première fois en quarante-huit ans que les médias d’information obtiennent cette facilité. Cependant, le contenu éditorial des journaux doit toujours se conformer à une liste de 16 obligations, qui obligent les rédacteurs en chef et les journalistes à respecter la déontologie de leur profession. Ils doivent s’assurer de la véracité des informations qu’ils rapportent. Informations qui ne doivent pas porter atteinte à la sécurité nationale ni à “la dignité de l’Etat”. 


“Nous pourrons rédiger nos articles plus librement, puisqu’ils ne seront plus examinés à la loupe. Reste que les rédacteurs en chef devront assumer une plus grande responsabilité pour leur publication”, commente Thiha Saw, rédacteur en chef de l’Open News Journal et de la revue Myanma Danna. Il note en particulier que la corruption constitue un sujet particulièrement sensible à couvrir, car nombre de hauts dirigeants du pays en sont accusés. Toute publication qui écorne la réputation d’un service gouvernemental risque de se voir retirer son visa de publication, en vertu de la Loi sur les imprimeurs et les éditeurs. Ces derniers sont également passibles de sévères sanctions, comme le prévoit le Code pénal, s’ils sont déclarés coupables d’inciter le public à une activité illégale. Pour Thiha Saw, le vrai problème ne tient pas à la loi de 1962 mais aux nombreux “décrets, réglementations et directives” mis en place au fil de cinquante années de dictature militaire afin de museler les médias. 


La loi sur la presse de 1962 demeurera en vigueur jusqu’à ce qu’un nouveau texte sur les médias soit voté par le Parlement dans le courant de l’année. Le 7 août, le ministère de l’Information a présenté aux bureaux du président un projet qui sera ensuite soumis au Parlement, rapporte Tint Swe. Après quoi, ajoute-t-il, la nouvelle loi sera promulguée. La mesure a été prise alors que les membres du Comité pour la liberté de la presse prévoient d’organiser des manifestations en faveur de la liberté des médias. Le Comité a été créé il y a trois semaines, dans le but de réclamer la fin de la censure et de la répression contre les médias. Malgré la levée partielle de la censure, les manifestations auront lieu comme prévu.

http://www.courrierinternational.com/article/2012/08/21/un-zeste-de-liberte-pour-la-presse
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Malgré la fin de la censure, une liberté de la presse à conquérir

Message  Admin le Sam 25 Aoû 2012 - 6:00


Les journalistes birmans ont été libérés cette semaine de la chape de plomb de la censure, mais aucun d'entre eux ne se prend à crier victoire: la liberté, disent-ils à l'unisson, ne passera que par une profonde réforme législative qui devra garantir leurs droits.

La législation en vigueur en Birmanie demeure la Loi sur l'enregistrement des imprimeurs et éditeurs, promulguée en 1962, l'année du premier coup d'Etat qui a plongé le pays dans un demi-siècle de pouvoir militaire.

De quoi entretenir la prudence de la profession. "Je salue le changement des règles de la censure, mais ce ne sera pas la dernière et nous ne sommes pas devenus une presse libre pour autant", tranche sans détour Nyein Nyein Naing, directrice exécutive de l'hebdomadaire 7Days News.

"Tant que la loi de 1962 demeure sans être amendée, la véritable liberté de la presse sera toujours en question".

Parmi le foisonnement législatif qui a saisi ces derniers mois le parlement birman figure précisément la future loi sur la presse. Mais même si quelques journaux ont été consultés, le projet est resté confidentiel et sa promulgation ne devrait pas être immédiate.

"Nous devons conserver un oeil attentif sur l'authentique liberté qu'offrira la loi sur les médias à venir, et aussi sur le contrôle et les restrictions qui demeureront", souligne à cet égard Thiha Saw, rédacteur en chef du magazine Open News.

Cette circonspection n'est pas surprenante, 18 mois seulement après le départ des militaires et la mise en place d'anciens généraux certes réformateurs, mais dont le CV s'inscrit dans les plus grandes heures de l'ancienne junte.

Et même si les réformes du président ont pris de cours les plus sceptiques, les observateurs craignent que le nouveau régime veuille modifier son image et obtenir la levée des sanctions internationales, plus que réformer en profondeur la liberté de la presse.

"Les journalistes prennent toujours le risque d'être emprisonnés, harcelés, intimidés. Donc au mieux, c'est une demi mesure", juge ainsi Shaw Crispin, représentant en Asie du Sud-Est du Comité américain de protection des journalistes (CPJ).

"Vous pouvez publier un papier sans consulter le comité de censure, mais si ce que vous publiez est critique, ou s'ils le perçoivent comme tel, vous êtes sujets à de nouvelles formes de menaces".

Reporters sans frontières, qui classe le pays 169e sur 179 en matière de liberté de la presse, reste elle aussi très réservée, notamment sur les risques de censure post-publication.

Mercredi, un tribunal a écouté la plainte en diffamation du ministère des Mines contre l'hebdomadaire Voice Weekly. Citant des parlementaires anonymes, le journal avait écrit que le Bureau de l'auditeur général, équivalent de la Cour des comptes, avait découvert des fraudes dans quatre ministères, dont son adversaire du jour.

Les juges diront le 6 septembre s'ils donnent suite à la plainte.

"Nous sommes face à une affaire qui menace toute l'industrie des médias," a estimé après l'audience Kyaw Min Swe, rédacteur en chef de Voice Weekly, jugeant que l'affaire permettrait de jauger comment les "trois pouvoirs - exécutif, législatif et judiciaire, ndlr - considèrent le quatrième".

Zaw Thet Htwe, journaliste et ex-prisonnier politique, couvrait l'audience, portant comme plusieurs autres une casquette noire avec l'inscription en blanc "Press freedom", prêt à militer pour que "le quatrième pouvoir obtienne une totale liberté et puisse travailler pour le pays dans cette difficile période de transition".

Des journalistes ont déposé une demande d'autorisation de manifester le 28 août pour la liberté de la presse. Jeudi, la police a refusé. Les organisateurs devaient se réunir dans la journée pour discuter de la suite à donner à leur projet.

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120824.AFP6583/birmanie-malgre-la-fin-de-la-censure-une-liberte-de-la-presse-a-conquerir.html
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Des quotidiens "privés" peut-être début 2013

Message  Admin le Dim 2 Sep 2012 - 14:59



Le pouvoir birman pourrait accorder des licences à des quotidiens privés dès le début de l'année prochaine, a déclaré dimanche le nouveau ministre de l'Information dans un hebdomadaire local, promettant de bâtir une presse "aux normes internationales".

"Je crois sincèrement que les quotidiens (privés) sont essentiels dans un pays démocratique", a déclaré au Myanmar Times Aung Kyi, nommé pour remplacer le très conservateur Kyaw Hsan dans le cadre d'un tout récent remaniement.

Cette ouverture du marché de l'information suppose un cadre légal et un code de conduite, a-t-il relevé. Mais sous réserve que le pays en soit doté dans les mois à venir, cela pourrait être le cas "au début de l'année prochaine", a-t-il estimé.

La censure pesant sur les médias a été officiellement abolie fin août. Le pouvoir travaille parallèlement à un projet de loi sur la presse.

Interrogé sur la date de sa promulgation, Aung Kyi a refusé de répondre, jugeant indispensable de soumettre le projet aux médias avant de l'envoyer aux parlementaires. "Je suis sincère dans ma volonté de parvenir à une loi complète sur les médias, aux normes internationales", a-t-il assuré.

La Birmanie reste pour l'instant classée parmi les pires nations de la planète en matière de liberté de la presse (169e sur 179, selon Reporters sans frontières).

Mais plusieurs journalistes détenus ont été libérés ces derniers mois, comme d'autres prisonniers politiques, au fur et à mesure que le régime qui a succédé à la junte militaire en mars 2011 multipliait les réformes politiques.

Aung Kyi a promis que la loi de 1962 serait abolie. Ce texte régit pour l'heure les activités du secteur et son maintien alimente les doutes de ceux qui affirment notamment qu'elle obligera les journalistes à l'auto-censure et permettra au pouvoir de punir ceux qui iraient trop loin.

Le ministre a aussi évoqué une réforme des journaux d'Etats, parmi lesquels figurent le New Light of Myanmar, organe officiel de l'ancienne junte. "Nous travaillons à des changements significatifs dans ces publications d'ici à un mois ou deux. Ces réformes impliqueront le secteur privé", a-t-il expliqué.

Quant aux journalistes étrangers, il n'a pas évoqué directement la possibilité de l'attribution de visas permanents. Mais "il n'y pas de problèmes pour leur accorder des visas. Ils peuvent venir librement, aujourd'hui".

Plusieurs d'entre eux ont été rayés cette semaine d'une liste noire dressée par l'ex-junte et sur laquelle figuraient aussi des diplomates et des observateurs des droits de l'Homme.

http://www.france24.com/fr/20120902-birmanie-quotidiens-prives-peut-etre-debut-2013
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Malgré la fin annoncée de la censure, un hebdo attaqué en diffamation

Message  Admin le Jeu 20 Sep 2012 - 11:42

RANGOUN - En Birmanie les responsables de l'hebdomadaire privé The Voice Weekly ont annoncé avoir été inculpés jeudi pour diffamation contre le ministère des Mines que le journal avait accusé de fraudes, quelques semaines après l'abolition officielle de la censure dans le pays.




Citant des parlementaires anonymes, le journal avait écrit que le Bureau de l'auditeur général, équivalent de la Cour des comptes, avait découvert des fraudes dans quatre ministères dont celui des Mines, qui l'avait attaqué en justice.

"Le tribunal a accepté le chef d'accusation" de diffamation, a expliqué le rédacteur en chef du titre, Kyaw Min Swe, inculpé en compagnie de son éditeur. Une décision qui intervient plusieurs semaines après une audience au cours de laquelle le ministère avait accusé le journal d'avoir nui à sa "dignité".

Le dossier est considéré comme emblématique de la lutte pour la liberté de la presse dans un pays bouleversé depuis un an et demi par de profondes réformes politiques.

Plusieurs journalistes emprisonnés ont été libérés ces derniers mois, comme d'autres prisonniers politiques, au fur et à mesure que le régime qui a succédé à la junte militaire en mars 2011 multipliait les gestes d'ouverture. Fin août, la censure sur les médias a même été officiellement abolie.

L'organisation Reporters sans frontières continue pour autant de classer le pays au 169e rang sur 179 en en matière de liberté de la presse. Les journalistes estiment qu'une véritable liberté de la presse ne passera que par une profonde réforme législative qui devra garantir leurs droits.

La loi est actuellement en cours de préparation.

Le procès, dont la prochaine audience sur le fond aura lieu le 5 octobre, "nuit au processus de réforme et à l'image du gouvernement", a déclaré Thein Nyunt, avocat de The Voice Weekly et député d'un petit parti d'opposition.

Juste avant l'abolition de la censure, The Voice Weekly et un autre titre avaient été suspendus pour n'avoir pas soumis certains articles à la censure préalable.

Cette décision avait fait descendre dans la rue des dizaines de journalistes qui craignaient que le régime ne revienne sur ses promesses. La suspension avait pris fin au bout de 15 jours.

http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/birmanie-malgre-la-fin-annoncee-de-la-censure-un-hebdo-attaque-en-diffamation_1163598.html
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Le magazine d'opposition autorisé en Birmanie

Message  Admin le Lun 10 Déc 2012 - 21:33



Avec une couverture sur la visite officielle du président américain, le magazine The Irrawaddy va pour la première fois être distribué officiellement en Birmanie, annonce le site Internet de ce journal créé par d’anciens étudiants ayant fui la répression contre les manifestations de 1988. Produit à Chiang Mai depuis 1993, le titre circulait sous le manteau à l'intérieur du pays. Reconnu pour ses enquêtes et ses éditoriaux, The Irrawaddy s'est imposé peu à peu comme une source fiable d'informations sur les événements majeurs en Birmanie.

L’un des fondateurs du principal parti d'opposition, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), Win Tin, se souvient même d’avoir réussi à le lire durant ses dix-neuf années de détention. "Il était introduit clandestinement avec des numéros de Newsweek et du Time".

La version papier avait disparu depuis décembre 2011, l’équipe s’étant concentrée sur le développement du site Internet. Kyaw Zwa Moe, rédacteur en chef de la version anglaise, se réjouit à l’idée de voir les lecteurs pouvoir enfin lire le magazine en public dans son pays. "La distribution de ce premier numéro permettra de tester la détermination du gouvernement envers la liberté de la presse et le processus de réforme, car nous n’avons pas changé, explique Kyaw Zwa Moe, et nous continuerons à couvrir les sujets sensibles et d’importance pour le peuple birman."

http://www.courrierinternational.com/breve/2012/12/10/le-magazine-d-opposition-autorise-en-birmanie
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"un pied dedans, un pied dehors", le nouveau credo des médias exilés

Message  Admin le Mar 11 Déc 2012 - 12:49

RANGOUN (AFP) - Loués pendant des années pour leur courage sous la junte, les médias exilés birmans et leurs journalistes longtemps clandestins rentrent peu à peu chez eux au grand jour. Au risque de se voir reprocher d'être désormais trop proches du nouveau régime.

La Democratic Voice of Burma (DVB), site internet et télévision basé à Olso, qui revendique une audience de 5 millions de personnes, a ouvert il y a quelques mois un bureau à Rangoun.

Et si elle l'a fait dans un appartement discret et sous un nom d'emprunt, ses journalistes sont désormais reçus officiellement par les plus hauts responsables du gouvernement qui a succédé à la junte en mars 2011.

Une situation inimaginable il y a un peu plus d'un an lorsque la presse officielle accusait chaque jour la DVB et d'autres médias étrangers comme la BBC de diffuser des "programmes meurtriers".

"Avant, je ne dormais jamais sur mes deux oreilles (...). Je pouvais être arrêtée, cela pouvait arriver n'importe quand", raconte à l'AFP Hla Hla Win, vidéo reporter qui a passé deux ans et demi derrière les barreaux avant d'être relâchée en janvier avec des centaines d'autres prisonniers politiques.

"J'ai été surprise par la nouvelle administration. Je n'aurais jamais imaginé qu'ils autoriseraient ce genre de choses", poursuit celle qui avait été condamnée à 20 ans d'emprisonnement.

Signe de ces temps nouveaux, l'Irrawaddy distribuera pour la première fois cette semaine sa version papier en Birmanie, tout en maintenant sa base en Thaïlande.

"Notre stratégie, c'est un pied dedans, un pied dehors, parce que nous voulons maintenir notre indépendance éditoriale", explique Aung Zaw, directeur du groupe.

Le pays est malgré tout encore loin de satisfaire aux critères d'une presse libre, comme en témoigne le planisphère de Reporters sans frontières accroché au mur du bureau de la DVB, où le pays apparaît toujours en noir, aux côtés notamment de la Corée du Nord ou de l'Iran.

Mais la censure a été abolie en août, l'opposante Aung San Suu Kyi et le président américain Barack Obama font la Une des magazines, et les journaux osent écrire sur des scandales de corruption. Et si des journalistes ont été poursuivis en justice, aucun n'a récemment été arrêté.

La nouvelle politique des médias exilés ne va pourtant pas sans critiques. Certains leur reprochent ainsi d'avoir sacrifié leurs principes.

"Je suis déçu de voir que ces médias exilés +transplantés+ pratiquent désormais trop d'autocensure", regrette ainsi Maung Maung Myint, de l'Association des médias birmans, qui représente principalement des journalistes en exil.

"Dans certains cas, ils ont perdu leur impartialité (...). Le gouvernement joue avec eux", ajoute-t-il, dénonçant un mélange des genres lorsque la DVB organise des séminaires pour le ministère de l'Information.

Le groupe a effectivement "formé du personnel" et organisé un voyage du ministère en Norvège pour "étudier le modèle scandinave", a indiqué à l'AFP le ministre adjoint de l'Information, Ye Htut.

Mais "nous n'avons pas changé notre politique éditoriale", rétorque Aye Chan Naing, rédacteur en chef de la DVB, qui va abandonner son siège d'Oslo tout en conservant ses studios en Thaïlande.

Ses journalistes ne font selon lui qu'appliquer les règles du métier en donnant la parole aux représentants du pouvoir qu'ils ne pouvaient approcher auparavant. "La situation en Birmanie permet désormais (...) d'interroger une personne, une entreprise ou une autorité qui est accusée".

"Rappelez-vous que nous ne sommes ni les porte-parole ou des militants ni de l'opposition, ni du régime", insiste de son côté Aung Zaw.

Aye Chan Naing reconnaît toutefois que parler à des ministres qui les considéraient il y a peu comme des "ennemis" peut être "controversé".

Mais "nous devons tous changer, pas seulement le gouvernement", relève-t-il. "En tant que journaliste, nous devons séparer notre émotion personnelle de l'Histoire".

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20121211.AFP7501/birmanie-un-pied-dedans-un-pied-dehors-le-nouveau-credo-des-medias-exiles.html
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En Birmanie, la presse toujours plus libre

Message  Admin le Lun 31 Déc 2012 - 10:53

Le 1er avril 2013, les quotidiens privés seront autorisés. Ils ne l’étaient plus depuis 45 ans.

Deux ans après le lancement des réformes et un an après la tenue d’élections législatives partielles qui ont vu l’accession de la Dame de Rangoon au Parlement, c’est toute l’industrie de la presse qui connaîtra un bouleversement en profondeur. Le 1er avril, les sociétés privées seront en effet à nouveau autorisées à publier des quotidiens, a annoncé le 28 décembre le ministère de l’Information cité par l’Irrawaddy. Le dépôt des dossiers pour obtenir une licence s’ouvrira le 1er février. Le dernier quotidien privé, Ludu (Le peuple), avait été fermé en 1967 par le dictateur Ne Win. Depuis, seuls des quotidiens d’Etat, voix officielle des militaires au pouvoir, paraissaient.

A la faveur de la transition démocratique amorcée depuis près de deux ans en Birmanie, le pouvoir a relâché son emprise implacable sur les médias. Par dizaines, des nouveaux titres sont apparus dans les kiosques. Ces derniers n’hésitent plus à aborder des sujets politiques et même à reproduire des images de l’opposante historique Aung San Suu Kyi. La censure a été progressivement levée. En août dernier, l’obligation pour la presse généraliste de soumettre ses articles avant parution a fini par disparaître elle aussi.

A l’heure d’Internet, nombre de publications actualisent déjà leur contenu en temps réel. Les groupes de presse se préparent, en outre, activement depuis des mois au passage au quotidien. Nombre d’entre eux ont déjà recruté du personnel supplémentaire dans cette perspective. Parallèlement, le Conseil de la presse, formé en septembre, met actuellement une touche finale au projet de la loi sur les médias qui remplacera le code de la presse existant. Il pourrait être finalisé aux premiers jours de l’année 2013.

http://asie-info.fr/2012/12/31/en-birmanie-la-presse-toujours-plus-libre-515769.html
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La Birmanie s'émeut de son premier magazine d'éducation sexuelle

Message  Admin le Lun 7 Jan 2013 - 10:15



Jolies filles dévoilant une épaule ou un discret décolleté, poses langoureuses et "secrets de la chambre à coucher". Le premier magazine birman estampillé "éducation sexuelle" met en émoi une société des plus pudiques qui expérimente les limites d'une nouvelle liberté.

Dans les rayons depuis novembre, "Hyno" --qui signifie "enchanter" ou "hypnotiser"-- est déjà un incontournable pour les jeunes générations, frustrées par des décennies d'une censure qui vient enfin d'être abolie.

Mais si les demoiselles en tenues légères et les colonnes sur les "bénéfices des câlins" ou les mystérieux "mensonges modernes d'avant mariage" semblent bien inoffensifs pour des yeux occidentaux, elles ont provoqué les foudres des Birmans les plus conservateurs. Et une interdiction de la vente aux moins de 18 ans.

Le magazine n'est ni trop osé, ni aussi salé que Playboy comme le prétendent les commentaires sur Facebook, se défend pourtant le rédacteur en chef de Hyno, Ko Oo Swe.

C'est "une combinaison d'éducation sexuelle et de divertissement", justifie-t-il à l'AFP, expliquant l'assimilation à la célèbre revue américaine par l'étiquette rouge en couverture qui interdit la lecture aux mineurs.

Mais il reconnaît avoir violé un tabou. "Les questions autour du sexe restent cachées en Birmanie. Notre société est plus ouverte, mais je pense que l'éducation sexuelle est toujours faible".

Depuis l'abolition en août de la censure qui, outre les questions politiques, interdisait notamment photos et articles portant atteinte à la morale, les magazines de mode ou de société ont commencé à repousser les limites, jusqu'ici sans être sanctionnés.

Mais Hyno, qui fait recette malgré un prix assez élevé de 3 dollars dans l'un des pays les plus pauvres du monde, est le premier du genre et va bien plus loin.

faux seins, fausses fesses

Résultat, le ministère de l'Information a envoyé une lettre au Conseil intérimaire de la presse dénonçant une publication "immorale", et l'accusant de publier "des articles et photos relatifs à la sexualité non appropriés pour la culture birmane".

Et certains marchands de journaux refusent de le mettre en rayons, y voyant plus un magazine de charme que d'éducation sexuelle. "Même si on me donnait ces magazines à vendre dans mon magasin, je ne les accepterais pas", assure Mg Mg Lwin, responsable d'une des plus importantes librairies de Rangoun.

Mais d'autres restent persuadés que le périodique peut jouer un rôle crucial dans la prévention des maladies sexuellement transmissibles, et à plus long terme pour l'évolution des mentalités dans un pays qui sort de 50 ans d'isolement.

Des médias modernes peuvent combler le vide laissé par le tabou de l'éducation sexuelle, estime le Dr Ne Win, du Fonds des Nations unies pour la population. "Nos activités ne sont pas aussi importantes qu'une couverture médiatique qui peut toucher des centaines de lecteurs en un court laps de temps".

Même son de cloche chez les jeunes. "Pour ceux qui sont plutôt vieux-jeu, (l'éducation sexuelle) est une chose honteuse", regrette Yoon Lae Khin, 20 ans, étudiante et bénévole pour l'Association médicale de Birmanie (MMA).

"Ma mère comprend qu'il y a des choses que nous devons savoir, mais c'est très difficile pour parler de sexe devant mon père et mes frères et soeurs. Alors nous avons besoin de cette information dans les magazines", poursuit-elle.

Reste à savoir quelles informations et quels conseils. Ceux de ce magazine qui bouscule la morale birmane prennent parfois une forme inattendue, comme cet article sur un jeune marié confronté lors de sa nuit de noce aux "mensonges d'avant mariage" de son épouse, dotée de faux seins et de fausses fesses.

"Au lieu d'un sentiment chaud et doux, ce qu'il avait dans les bras était simplement un corps maigrichon", relève l'auteur de l'article, médecin et ami du mari déçu qui décide de se consoler dans les bras de prostituées.

"Tu vas au bordel, n'est-ce pas? Alors prends ça", poursuit-il en lui mettant un préservatif dans les mains.

Source Le Point


Une birmane vend le magazine d'"éducation sexuelle" Hyno dans les rues de Rangoun, le 20 décembre 2012
afp.com/Soe Than Win

Source L'Express

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Birmanie: le premier magazine d'éducation sexuelle interdit

Message  Admin le Jeu 10 Jan 2013 - 10:40

RANGOUN - Le premier magazine d'éducation sexuelle birman, qui faisait scandale depuis sa mise en rayons en novembre, a été interdit mais sa direction a promis jeudi de combattre la décision, première du genre à frapper une publication depuis la dissolution de la junte en 2011.

Le comité du ministère de l'Information en charge du secteur, responsable de la censure avant son abolition en août, a révoqué la licence du magazine de +séduction et éducation sexuelle+, a indiqué jeudi le quotidien d'Etat New Light of Myanmar.

Hnyo avait obtenu une licence de magazine de mode mais ce qu'il publiait était plutôt proche de la pornographie, a justifié Ye Tint, directeur du comité cité par le journal.

Le ministère avait précédemment envoyé une lettre au Conseil intérimaire de la presse, dénonçant une publication immorale et des articles et des photos liés au sexe, non appropriés pour la culture birmane.

Hnyo, avec ses photos de jolies filles à peine dénudées et ses articles sur les secrets de la chambre à coucher ou les bénéfices des câlins, était interdit aux moins de 18 ans. Son contenu, inoffensif pour des yeux d'Occidentaux, avait provoqué les foudres des Birmans les plus conservateurs.

Son interdiction a forcé le magazine à interrompre l'impression en cours de son second numéro, a indiqué jeudi à l'AFP son rédacteur en chef Ko Oo Swe, qui a décidé de continuer à se battre parce que l'éducation sexuelle est nécessaire en Birmanie.

J'essaie de déposer une demande pour une nouvelle licence en tant que magazine de santé (...). Ils ont pris des mesures non pas contre la publication d'un magazine d'éducation sexuelle mais parce que Hnyo était dans la mauvaise catégorie, a-t-il estimé.

Il a assuré que les photos devaient attirer l'attention des lecteurs mais que le numéro deux avait été modifié.

J'ai mis des interviews d'ONG sur les droits des prostituées et beaucoup de choses sur la prévention du sida, a-t-il ajouté, évoquant sa volonté de travailler aussi sur la violence contre les femmes et le trafic d'êtres humains.

Des professionnels de santé et l'ONU avaient soutenu le magazine, estimant qu'il comblait le vide laissé par l'absence d'éducation sexuelle dans le pays et luttait notamment contre les maladies sexuellement transmissibles.


http://www.romandie.com/news/n/_Birmanie_le_premier_magazine_d_education_sexuelle_interdit54100120130624.asp
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Les journalistes birmans se font de nouveau entendre

Message  Admin le Jeu 17 Jan 2013 - 9:21

Après avoir subi pendant 48 ans la censure sous la dictature militaire, les journalistes birmans reprennent de la voix pour participer à l'ouverture politique lancée début 2011. "Ils repartent au combat et à la tâche", explique Benjamin Ismaïl, responsable de l'Asie-Pacifique à Reporters sans Frontières (RSF), auteur d'un rapport sur "Le printemps birman" publié jeudi 17 janvier et nourri de plusieurs semaines d'enquête sur place. Ceux qui étaient encore en prison ont été libérés en octobre 2011 à la faveur d'une amnistie.
Après le retrait, fin août 2012, de RSF de la liste noire birmane, M. Ismaïl et le directeur général de l'ONG, Christophe Deloire, se sont rendus en Birmanie, où les médias ont été libérés de la surveillance du bureau de la censure (Press Scrutiny and Registration Division, PSRD).

Pour l'organisation, la situation s'est certes améliorée – de nouveaux médias indépendants émergent et ceux qui avaient choisi l'exil, comme Irrawady Magazine, reviennent -, mais il reste encore des interrogations.

LOI SUR LA PRESSE ATTENDUE

D'abord dans le domaine législatif. Certaines lois "liberticides", adoptées sous la junte militaire, sont toujours en vigueur, même si elles ne sont plus appliquées. On ne peut pas exclure, juge Benjamin Ismaïl, que les autorités y aient recours pour faire taire des médias trop audacieux, tout en mettant en avant dans le même temps à destination de la communauté internationale les avancées réelles. De plus, la PSRD a diffusé en août une liste de 16 directives à observer sous peine de poursuites judiciaires, " perçue par les journalistes comme une tentative, parfois réussie, de dissuasion et une incitation à l'autocensure ", indique RSF.

Une étape importante sera l'adoption d'ici fin 2013 d'une nouvelle loi sur la presse permettant de mieux fixer les règles. Un Conseil de la presse indépendant, mis en place en septembre et accepté par les différentes associations professionnelles de journalistes, y travaillent. Le secteur des médias doit aussi se professionnaliser dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Le journaliste d'investigation n'existe pas, sauf sur les questions environnementales, il reste à inventer. "La préoccupation principale exprimée par les journalistes est de bâtir une presse éthique et diversifiée, d'apporter une information libre à l'ensemble de la population", souligne le rapport d'enquête de RSF.

SUJETS TABOUS

Il reste également des sujets difficiles à aborder pour les journalistes birmans, comme les conflits ethniques, dans l'Etat karen ou l'Arakhan. Dans son rapport, Reporters sans frontières "recommande au gouvernement birman de réfréner ses actions en justice à l'encontre de la presse et de soutenir, dans les plus brefs délais, l'abrogation des lois liberticides et la promulgation d'une loi sur la presse respectueuse de la liberté de l'information". L'organisation "encourage également la presse birmane à accroître ses interactions avec les différentes associations et syndicats pour donner de la vitalité au secteur des médias et défendre les intérêts de la presse". Enfin, elle appelle la communauté internationale à conditionner son aide au respect des libertés fondamentales, en premier lieu la liberté de l'information.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/01/17/les-journalistes-birmans-se-font-de-nouveau-entendre_1818057_3216.html
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Birmanie: la leçon de journalisme et de courage de Win Tin et Hla Hla Win

Message  Admin le Sam 19 Jan 2013 - 8:33

Win Tin et Hla Hla Win n'ont aucun lien de parenté, sinon leur sang birman, la familiarité de l'héroïsme et de la liberté, et celle des barreaux. Des générations les séparent, mais l'un et l'autre ont fait front devant la junte ubuesque qui a dominé le pays pendant des décennies. Reporters sans frontières a pu enfin les rencontrer lors d'une mission en septembre dernier.

Le journalisme change parfois la vie des gens. C'est la leçon de Win Tin et Hla Hla Win. Le premier a quatre-vingt-cinq ans et la seconde, vingt-huit. Tous deux ont bravé un groupe de généraux férus de numérologie, de torture et de massacres, qui a écrasé le pays sous sa botte martiale avant de relever le talon en 2011 pour finalement laisser prospérer une transition démocratique.

Reporters sans frontières a soutenu ces deux journalistes avec intensité, mais à distance, car l'organisation figurait sur une liste noire d'organisations et de personnalités interdites sur le territoire birman. Surnommé "saya" (le sage), Win Tin est un Mandela birman. Membre de la ligue nationale pour la démocratie (lnd), il était l'adjoint d'Aung San Suu Kyi lorsqu'il fut incarcéré en 1989. La "dame", recluse dans sa maison sur la rive du lac Inya, obtiendra le prix Nobel de la paix en 1991, tandis que lui restera dix-neuf ans dans les abominables geôles de la junte.

En 2004, Reporters sans frontières diffusait une affiche pour "célébrer" les 75 ans du résistant. Sous son visage entre deux barreaux, il était écrit "bon anniversaire Win tin!" il restera encore quatre ans en prison.

Quelques mois après sa libération, une jeune professeure, Hla Hla Win, prenait un sinistre relais. Elle était arrêtée pour avoir interrogé des moines bouddhistes, qui s'étaient illustrés en 2007 lors de la "révolution du safran" écrasée dans le sang. Le pouvoir, qui entendait réduire au silence le petit groupe de vidéo journalistes de la Democratic Voice of Burma -les "Vj's"- la condamne alors à vingt-sept ans de prison pour des motifs fallacieux, notamment la "conduite d'une moto non enregistrée"! Après la démission du dictateur Than Shwe, et "l'élection" d'un nouveau président, Thein Sein, le groupe est libéré en janvier 2012.

Le 20 août dernier, la censure préalable a été abolie en Birmanie. Même si aucun quotidien privé n'a encore été autorisé, même si les lois répressives n'ont pas été formellement retirées, même si les enfants des généraux de la junte tentent de trouver leur place dans le nouveau marché de l'information, le "printemps birman" est manifeste dans les kiosques.

Le 30 août dernier, reporters sans frontières a enfin disparu de la liste noire des autorités birmanes, à l'instar des enfants de la dame et de l'ancienne secrétaire d'État américaine Madeleine Albright. C'est pourquoi nous nous retrouvons quelques semaines plus tard à Rangoun pour voir éclore les bourgeons du printemps birman. Nous voilà dans un café face à Hla Hla Win. Il y a seulement un an, le secrétaire général de Reporters sans frontières envoyait, à des milliers d'exemplaires, un courrier pour demander un soutien en faveur de la jeune femme. Aujourd'hui que veut-elle? Devenir une vraie journaliste, en suivant des formations. Maintenant qu'elle peut sortir de l'ombre, elle veut désormais faire vivre la liberté conquise, en apprenant à interviewer, enquêter, monter un sujet, pour être un contre-pouvoir dans la démocratie birmane qui s'annonce.

Dans un quartier de Rangoun où les chiens errants quadrillent les carrefours, nous frappons à la porte de la minuscule baraque de Win tin. L'homme qui a dû manger pendant dix-huit ans sans dents, et sans que ses tortionnaires lui fournissent un dentier, reçoit dans une chemise bleue, de la couleur des habits de détenus, en hommage aux prisonniers politiques (si plus aucun journaliste n'est détenu en Birmanie à ce jour pour ses activités, il demeure des prisonniers politiques). La pièce est décorée d'une peinture rose représentant Aung San Suu Kyi et de l'affiche de Reporters sans frontières. "J'ai beaucoup souffert, mais je n'ai jamais abandonné", répète aujourd'hui Win tin. Il a toujours refusé les marchandages proposés, lorsque la junte lui faisait miroiter la liberté à condition qu'il promette de mettre fin à toute activité politique et journalistique.

Win tin n'a toujours pas abandonné. De la liberté de l'information, il donne la plus belle des définitions: "c'est la liberté qui permet de vérifier l'existence de toutes les autres (libertés)". C'est donc une liberté première. Malgré son combat politique, le vieil homme se revendique toujours journaliste, au motif qu'il est "un homme libre" qui préfère définitivement une ligne éditoriale à celle d'un parti. On lui demande si, au terme (prometteur) du combat de son existence, il considère que les journalistes peuvent changer un pays et la vie de ses habitants. Naturellement, croit-on, il va citer la Birmanie, un pays où plus qu'ailleurs les journalistes ont contribué aux progrès démocratiques. Eh bien, non! Ce n'est pas sa réponse. "Nous, nous n'avons pas de liberté de la presse depuis quarante ans, nous ne pouvons encore rien changer, mais chez vous, où vous avez cette liberté depuis longtemps, vous pouvez changer les choses".



Suivre Christophe Deloire sur Twitter: www.twitter.com/cdeloire

http://www.huffingtonpost.fr/christophe-deloire/printemps-birman_b_2503121.html
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Birmanie: le quotidien officiel anglophone cherche un partenaire privé

Message  Admin le Mer 30 Jan 2013 - 14:20

RANGOUN - Le quotidien officiel anglophone New Light of Myanmar, considéré comme porte-parole de l'ancienne junte birmane, est en quête d'un partenaire privé pour rénover entièrement ses colonnes, a-t-on appris mercredi de sources officielles.


Un vendeur présente le journal New Light of Myanmar, le 18 octobre 2012 à Naypyidaw, en Birmanie
afp.com/Soe Than Win

En octobre, le nouveau régime avait annoncé le lancement d'une réforme de ses trois quotidiens - le New Light of Myanmar, son édition birmane Myanma Alin et Kyemon (Le Miroir) - destinés à devenir des "médias de service public", selon les termes du ministère de l'Information.

"Nous nous sommes mis d'accord avec le ministère pour (lancer) un appel d'offres" pour le New Light of Myanmar, a indiqué à l'AFP un responsable du Département de gestion des médias publics.

"Nous voulons donner une chance au secteur privé", a-t-il ajouté. "Cela ne sera pas possible pour le ministère de le gérer efficacement en terme de ressources humaines. Nous pouvons espérer qu'il devienne un journal de qualité".

La presse privée a largement bénéficié des réformes politiques entreprises depuis près de deux ans suite à l'auto-dissolution de la junte et l'avènement d'un régime d'anciens généraux réformateurs.

Tous les journalistes détenus ont été libérés. Et en août, la censure de rigueur pendant des décennies a été abolie.

Mais la presse d'Etat n'a que peu évolué, si ce n'est l'apparition de pages entières destinées à l'actualité "people" et de la couleur.

Ross Dunkley, manager de l'hebdomadaire Myanmar Times, le seul dans le pays à être dirigé par un étranger au sein d'une joint-venture, a exprimé son intérêt pour le projet alors même que son magazine veut devenir un quotidien.

"Il y a une belle opportunité, actuellement, d'aider à remodeler la presse d'Etat dans ce pays. Pourquoi ne pas relever le défi", a indiqué Dunkley à des journalistes mardi, estimant que cela renforcerait le "quatrième pouvoir".

Mais il a évoqué des zones d'ombres quant au contrôle de la gestion financière et éditoriale du quotidien. "Ils voient ça comme un média de service public", a-t-il relevé. Mais "ce doit être un projet commercialement solide, sinon je n'irai pas".

Les premières licences à des quotidiens privés seront attribuées le 1er avril, deuxième anniversaire du nouveau gouvernement. Les demandes peuvent être déposées à partir de vendredi pour des quotidiens en langues birmane, minoritaires ou étrangères.

http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/birmanie-le-quotidien-officiel-anglophone-cherche-un-partenaire-prive_1215134.html
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les médias basculent lundi dans le quotidien

Message  Admin le Jeu 28 Mar 2013 - 18:49

RANGOUN - Ils ont déjà conquis le droit de surfer sur l'internet et se sont jetés sur les réseaux sociaux pour contourner ce qui restait de censure. Mais lundi, les journalistes birmans grimperont une marche de plus: le passage aux quotidiens.



La libéralisation du secteur des médias, au diapason des réformes politiques engagées par le nouveau régime depuis deux ans, franchira une étape clé le 1er avril avec l'autorisation de la publication de quotidiens privés. Pas moins de 16 groupes ont obtenu le feu vert.

Trop, sans doute. Entre faiblesse logistique, inexpérience des rédactions et imprimeries sous-équipées, le défi est immense.

"Les gens sont très excités à l'idée de lire des quotidiens. Mais je doute un peu que leurs espoirs soient satisfaits à 100%", relève Nyein Nyein Naing, rédactrice-en-chef de 7 Day News, l'un des plus grands magazines du pays, qui lui aussi fera le grand saut.

A tout le moins, l'envie est là.

Chaque jour, les Birmans se précipitent sur les stands de rue pour dévorer les informations du jour libérées du joug de la censure. Il y a encore deux ans, sous le règne de la junte, les seules qui circulaient restaient sous le manteau.

En novembre 2010, lorsque l'opposante Aung San Suu Kyi a été libérée après 15 ans de privation de liberté, le magazine First Eleven Sports Journal avait été suspendu pour avoir commenté l'événement via un jeu de lettres dans un titre consacré au foot.

Aujourd'hui, Suu Kyi fait vendre du papier toutes les semaines et son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a lui même décidé d'imprimer son quotidien, D-Wave, à deux ans de législatives décisives.

Les journalistes ne vont pas découvrir du jour au lendemain les exigences du quotidien : depuis plusieurs mois, de nombreux groupes publient en temps réel sur la toile. Mais de récentes violences meurtrières entre bouddhistes et musulmans ont mis en lumière l'inexpérience d'un secteur dépourvu de cadre légal comme de code d'éthique.

"Les médias doivent vraiment insister sur l'éthique et se fixer des normes professionnelles de couverture", estime Benjamin Ismail, de l'organisation Reporters sans frontières (RSF), rappelant que des "brèches" avaient été ouvertes au moment des émeutes, avec des photos et commentaires aux antipodes de l'impartialité requise.

De fait, la Birmanie a bondi du 169e au 151e rang au classement 2013 de la liberté de la presse, selon RSF. Mais les textes destinés à remplacer les lois liberticides d'hier sont encore en discussion.

Un Conseil de la presse par intérim a été chargé de préparer une nouvelle loi mais l'existence d'un autre texte, rédigé cette fois par le pouvoir, a soulevé de vives protestations.

Il prévoit en effet une liste de restrictions, notamment sur la couverture de heurts entre groupes ethniques et les critiques de la Constitution, rédigée en place en 2008 par la junte.

"La confiance entre le conseil de la presse, les éditeurs (...) et le ministère de l'Information faiblit. La loi sera un gros problème pour les éditeurs de journaux", prévient Kyaw Min Swe, secrétaire du Conseil de la presse par intérim et rédacteur-en-chef de Voice journal.

En attendant que le paysage se précise, chacun aiguise ses couteaux. Le quotidien officiel anglophone New Light of Myanmar cherche un partenaire privé, conscient que le ras-de-marée de concurrents va le menacer.

Si ses pages se sont remplies des derniers ragots d'Hollywood, il conserve des héritages d'un journalisme d'un autre âge, la majorité des articles ne présentant aucun intérêt. Ainsi, des titres comme "Le vieux lampadaire est remplacé par un lampadaire en béton neuf" risque de souffrir de l'enthousiasme du privé.

"Notre journal publie des informations indépendantes qui viennent du peuple et qui sont actualisées. Je ne m'inquiète pas", assure pour sa part Nyein Nyein Naing, la patronne de 7 Day News.

http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/birmanie-les-medias-basculent-lundi-dans-le-quotidien_1235659.html
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La Birmanie à l'heure des journaux privés

Message  Admin le Lun 1 Avr 2013 - 9:33



Quatre quotidiens privés ont été publiés lundi en Birmanie pour la première fois depuis un demi-siècle, dernier signe en date de la libéralisation du secteur des médias qui surfe sur les réformes lancées par le nouveau gouvernement il y a deux ans. Seize journaux ont obtenu le feu vert des autorités pour publier un quotidien à partir du 1er avril.
Mais seuls quatre ont réussi à être prêts à temps : The Voice Daily – version quotidienne d'un des plus grands magazines du pays –, The Golden Fresh Land Daily, The Union Daily (proche du parti majoritaire) et The Standard Time Daily. "Nous nous sommes préparés pendant six mois pour le quotidien, affirme Aung Soe, un responsable de The Voice Daily. Nous voulions faire partie de cette étape historique."

LOIS DE LIBÉRALISATION TOUJOURS EN COURS

Cette journée était très attendue par une population avide d'informations après des décennies d'une censure abolie en août dernier. "Les gens sont contents de lire des quotidiens pour la première fois, a souligné Phyu Phyu, marchande de journaux à Rangoun. The Voice Daily a été épuisé très vite." La junte avait nationalisé les quotidiens il y a un demi-siècle. Jusqu'à ce lundi, toutes les publications privées étaient hebdomadaires, n'utilisant que leurs sites internet pour satisfaire la soif d'information.

Mais depuis l'abolition de la junte en mars 2011, les réformes du nouveau gouvernement se sont étendues au secteur des médias. Outre l'abolition de la censure, des journalistes emprisonnés ont été libérés. Et des sujets tabous, comme les activités de l'opposante Aung San Suu Kyi, font désormais la "une". Le Golden Fresh Land Daily a ainsi choisi une photo de l'ancienne prisonnière politique, désormais députée, pour son premier numéro.

Mais malgré ces progrès décrits par Reporters sans frontières comme une "révolution de papier", le pays figure encore, après une remontée de 18 places, au 151e rang sur 179 au classement 2013 de la liberté de la presse de l'organisation. Les textes destinés à remplacer les lois liberticides d'hier sont toujours en discussion.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/04/01/la-birmanie-a-l-heure-des-journaux-prives_3151139_3216.html
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Re: La censure va ranger ses ciseaux

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