Le pouvoir birman juge "illégales" les premières manifestations depuis 2007

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Le pouvoir birman juge "illégales" les premières manifestations depuis 2007

Message  Admin le Ven 25 Mai 2012 - 5:30



Plusieurs personnes ont été interpellées en Birmanie après avoir protesté contre les pénuries d'électricité, a indiqué jeudi 24 mai un porte-parole de l'opposition, alors que le pouvoir a jugé "illégales" les premières manifestations organisées dans le pays depuis des années. Les rassemblements, inédits en Birmanie depuis la répression dans le sang de la "révolte safran" en 2007, constituent un test d'ampleur pour le régime, composé d'anciens militaires réformateurs au pouvoir depuis un an et crédités de nombreuses réformes.

La police a emmené un groupe de manifestants pour les interroger jeudi matin à Pyay, dans la région de Bago, à 290 kilomètres au nord de Rangoun, après un rassemblement d'une centaine de riverains. "Trois ou quatre membres de la Ligue nationale pour la démocratie [LND] ont été arrêtés", a indiqué Nyan Win, porte-parole du parti de l'opposante Aung San Suu Kyi, précisant que les membres du parti avaient été priés "de ne pas participer à des manifestations sans accord du siège". Un résident a évoqué de son côté l'intervention musclée de 50 policiers : "Certains [manifestants] ont été blessés", a expliqué Nyi Nyi Aung, en précisant que six personnes avaient été détenues pour interrogatoire puis relâchées.

LES MANIFESTANTS RISQUENT UN AN DE PRISON

Le pays souffre d'une importante pénurie d'électricité qui provoque des coupures pouvant durer jusqu'à six heures par jour à Rangoun, et trois fois plus à Mandalay, la deuxième ville du pays, d'où est parti le mouvement dimanche. Mercredi, des centaines de manifestants ont défié la police pour la deuxième journée consécutive à Rangoun. Ils ont promis de se rassembler tous les soirs dans les trois prochains jours. Ils étaient un millier dimanche soir à Mandalay, et quelque 1 500 lundi, reprochant notamment au gouvernement de vendre l'électricité à la Chine au détriment de la population. Le pouvoir a réagi publiquement jeudi, tranchant avec le silence habituel de la junte au pouvoir jusqu'en mars 2011.

"Il est normal dans un pays démocratique que les gens expriment leurs désirs en manifestant. Mais cela doit rester légal", a estimé Ko Ko Hlaing, conseiller du président lors d'un point-presse, regrettant que les organisateurs n'aient pas prévenu les autorités au préalable. La récente loi légalisant les manifestations stipule en effet que les manifestants doivent informer les autorités cinq jours à l'avance sous peine de risquer un an de prison.

source www.lemonde.fr
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Les Birmans testent les autorités en dénonçant, dans la rue, les coupures d’électricité

Message  Admin le Sam 26 Mai 2012 - 7:25


Des manifestants demandent à avoir de l’électricité 24h/24 à Mandalay. Photo / Citizen Journalists Myanmar.

Depuis le début de la semaine, des centaines de Birmans se mobilisent chaque jour, bougies à la main, pour protester contre les incessantes coupures d’électricité qui leur gâchent la vie. Cette vague de manifestation est la plus importante depuis la "révolution de Safran" menée par les moines birmans en 2007 et qui avait été brutalement réprimée par la junte militaire.

Pendant les dizaines d’années passées sous le régime de la junte militaire birmane, les rassemblements publics de plus de cinq personnes étaient interdits. Mais depuis que le pays a amorcé sa transition démocratique en installant à sa tête un pouvoir civil - soutenu par le régime militaire - les voix dissidentes sont de plus en plus tolérées. L’année dernière, les autorités ont approuvé une loi donnant le droit aux Birmans de manifester à condition d’avoir une autorisation officielle. Jusqu’à présent la population n’avait que timidement utilisé ce nouveau droit. La récente vague de manifestations contre les coupures d’électricité constitue donc la première mise à l’épreuve de cette liberté nouvelle.

Le mouvement de contestation est parti dimanche de Mandalay, la deuxième plus grande ville du pays, et s’est depuis élargi à plusieurs autres villes, dont Rangoon. Jusqu’à présent, la police a laissé les manifestations se dérouler sans intervenir, à l’exception de celle organisée dans la ville Pyi, au centre du pays, où plusieurs centaines de personnes ont été dispersées jeudi.


Mardi, à Mandalay. Vidéo : BurmaVJ.

Les autorités birmanes ont essayé de calmer la colère de la population en expliquant mercredi les raisons de ces coupures à répétition et en promettant un règlement rapide de la situation. La sécheresse aurait provoqué selon le gouvernement une baisse de la production des barrages hydroélectriques. En ajoutant la production des centrales fonctionnant au charbon et au gaz, la totalité de la production électrique s’élève à 1340 megawatts, alors que la consommation totale des habitants nécessiterait 1850 megawatts. Les autorités ont par ailleurs accusé les rebelles de l’ethnie Kachin d’avoir fait baisser la production totale en bombardant plusieurs centrales électriques dans le nord du pays.

Toujours selon les autorités birmanes, les centrales devraient être bientôt réparées. Suite à la levée d’une partie des sanctions imposées par les États-Unis, des générateurs électriques ainsi que des turbines à gaz sont en passe d’être achetés à des compagnies américaines.

Pour les manifestants, ces coupures sont le résultat des mauvais choix du gouvernement birman qui a choisi d’exporter la majorité de sa production énergétique, notamment en Chine et en Thaïlande, alors que la demande nationale n’était pas satisfaite.


Manifestation à Rangoon. Photo : Citizen Journalists Myanmar.
CONTRIBUTEURS

Htoo Tay Zar

"Les manifestants proviennent de toute la société birmane car les coupures d’électricité affectent absolument tout le monde"


Htoo Tay Zar est photographe et bloggeur. Il vit à Rangoon mais est actuellement en déplacement à Mandalay où il a participé aux manifestations.


Ces manifestations sont impressionnantes de par leur taille. Elles ont aussi très différentes de celle de 2007. Dans cette nouvelle ère, emprunte de démocratie, les autorités envoient la police et non plus les militaires. Les forces de l’ordre sont d’ailleurs moins hostiles aux manifestants, comme si on se comprenait mieux qu’avant. Elles ont arrêtés certains organisateurs pour les interroger mais ces derniers ont vite été relâchés.

À Mandalay, où les manifestations ont commencé, la police a tout de même réussi à dissuader les gens de sortir une quatrième nuit dans la rue mercredi. Les policiers étaient extrêmement nombreux et postés dans les principaux coins de la ville. Seulement une dizaine de personnes a osé sortir alors que la veille, il y en avait des centaines.

"À Mandalay, les gens ont droit à 4 ou 5 heures d'électricité par jour"

Les manifestants proviennent de toute la société birmane, il y a des jeunes, des personnes âgés et pas seulement des activistes politiques. Les coupures d’électricité affectent absolument tout le monde, mis à part les personnes très riches qui peuvent s’acheter des groupes électrogènes fonctionnant au fuel. L’électricité a toujours été un problème mais c’est pire encore cette saison. À Mandalay, les gens ont droit à 4 ou 5 heures d'électricité par jour. À Rangoon, à peine plus. Les autorités annoncent les programmes de distribution mais il arrive qu’ils ne soient pas respectés et que tout s’éteigne à l’heure où nous devions être alimentés.

C’est très difficile d’organiser sa vie dans ces conditions. Je ne sais pas quand recharger mon téléphone et ni si je vais pouvoir allumer mon ventilateur pour réussir à dormir par cette chaleur. Les étudiants ont du mal à travailler le soir. Beaucoup de monde utilise des bougies ce qui provoque des incendies. J’entends des sirènes de pompiers en permanence ces jours-ci.

"J’ai même vu un panneau sur lequel était écrit 'L’électricité d’abord, la démocratie après'"

Mais la conséquence la plus grave du manque d’électricité, ce sont les coupures d’eau. Les Birmans utilisent des pompes électriques pour récupérer l’eau dans le sol. Avec la sécheresse, l’eau est indispensable, notamment dans les zones rurales. Parmi les prochaines mesures, le gouvernement a dit qu’il distribuerait des générateurs électriques pour permettre aux pompes de fonctionner.


La police surveille les manifestants qui sortent de la pagode Sule dans le centre de Rangoon. Photo : Citizen Journalists Myanmar.


Manifestants devant la pagode de Sule. Photo : Citizen Journalists Myanmar.


À Rangoon. Photo: Soe Zeya Tun/Citizen Journalists Myanmar.


Une femme se dirige vers le point de rencontre des manifestants à Mandalay. Photo: Citizen Journalists Myanmar. Htoo Tay Zar

source http://observers.france24.com/fr/content/20120525-birmans-testent-autorites-manifestation-coupures-electricite-rangoon-mandalay-democratie
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