Rangoon, la prochaine Singapour ?

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Rangoon, la prochaine Singapour ?

Message  Admin le Mar 12 Juin 2012 - 6:24



Si le gouvernement birman prône une modernisation tous azimuts, de vieux démons risquent de compromettre ces bonnes intentions, met en garde le poète Ko Ko Thett.

En décembre 2011, le président Thein Sein a enjoint son gouvernement de doter Rangoon d’infrastructures dignes de celles de Singapour. Quatre ponts autoroutiers aux intersections les plus congestionnées ont été promis et la première pierre de l’un d’eux a été posée en avril. Le ministre de l’Industrie Soe Thein a dit vouloir s’inspirer de la cité-Etat en matière de transports communs, de réseaux d’égout, de parcs de stationnement. Dans le même temps, le ministère du Commerce s’est ingénié à donner un coup de jeune au parc automobile de Birmanie. En septembre 2011, les propriétaires de véhicules vieux de 20 à 40 ans ont commencé à les vendre pour acquérir des modèles plus récents. Un des objectifs est aussi de passer d’une moyenne de 7 voitures pour 1 000 Birmans à un chiffre s’approchant du ratio prévalant en Thaïlande (270/1000). Le gouvernement a ainsi autorisé l’importation de 300.000 véhicules cette année.

«Voilà qui nous en dit beaucoup», écrit sur le site New Mandala Ko Ko Thett, poète et traducteur littéraire à l’université de Vienne. «Tout comme dans les bons vieux jours, les officiels birmans demeurent obsédés par les apparences du développement plutôt que par un développement véritable. Par le passé, quand étaient conduites des inspections, on les savait enclins à blanchir les murs, les clôtures, les arbres et leurs livres de compte. Aujourd’hui, ils aimeraient que l’image du Myanmar change du jour au lendemain. Ca ne va pas être facile.» Sans compter les rivalités entre différents ministères qui, au lieu de coopérer, «cherchent les faveurs du président pour obtenir de plus gros budgets pour leurs projets». Enfin, estime Ko Ko Thett, loin de «se transformer en une entité plus responsable socialement, l’Etat se désengage au profit du secteur privé et de la société civile. L’éducation, la santé et l’énergie sont privatisées. Et il y a de fortes chances que l’eau aussi subisse le même sort.»

http://asie-info.fr/2012/06/12/rangoon-la-prochaine-singapour-54817.html
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Le patrimoine architectural de Rangoon menacé par l’ouverture

Message  Admin le Lun 2 Juil 2012 - 5:35

En Birmanie, une organisation non gouvernementale tente de sensibiliser le gouvernement à la préservation des bâtiments historiques de l’ancienne capitale.

Fondée au début de 2012 par des architectes et des historiens birmans et occidentaux, l’ONG Yangon Heritage Trust a établi une liste de 189 bâtiments historiques de Rangoon, pour la plupart des édifices gouvernementaux construits entre les années 1880 et la première guerre mondiale. Ces experts ont entamé des discussions avec des membres du gouvernement birman pour les inciter à adopter une stratégie de préservation du patrimoine. «Dans mes conversations avec des officiels birmans, j’ai essayé de souligner le fait que s’ils voulaient encourager le tourisme, préserver Yangon [nom officiel de Rangoon] et en faire une des villes asiatiques les plus attractives d’ici quinze ans serait un atout considérable. J’ai aussi avancé l’argument selon lequel le paysage urbain de la ville est très important pour comprendre l’histoire birmane», a indiqué l’historien birman Thant Myint-U, lors du lancement du livre «30 Heritage Buildings of Yangon» au Club des correspondants de Bangkok.

Des architectes ont déploré le fait que des «centaines de bâtiments anciens ont été détruits au cours des dernières années». La déliquescence des immeubles et les effets du climat sont l’une des principales menaces, mais l’amorce d’une ouverture politique et économique depuis le début de 2011 a aussi poussé les autorités à vouloir «moderniser» la ville et les promoteurs immobiliers à investir dans de nouveaux complexes commerciaux ou immeubles de bureaux. Ces mêmes experts soulignent toutefois qu’il est nécessaire de trouver un compromis entre préservation et développement économique. «Nous ne vivons pas 52 semaines par an dans ces immeubles. Et la rénovation peut parfois s’avérer très, très chère. Il doit y avoir une forme de compromis», a indiqué Ian Morley, historien de l’urbanisme à l’université de Hong Kong. «Yangon est un exemple unique d’une ville qui a encore l’essentiel de sa structure historique dans un environnement moderne. Cette esthétique de la fin de la période victorienne, où la beauté se voyait assigner un rôle éducatif, a été perdue en Grande-Bretagne», a-t-il ajouté. Selon Thant Myint-U, les discussions avec le gouvernement de la Birmanie ont commencé à porter fruit depuis le début de l’année.

http://asie-info.fr/2012/07/02/patrimoine-architectural-yangon-menace-55937.html
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Re: Rangoon, la prochaine Singapour ?

Message  Admin le Mar 3 Juil 2012 - 22:01

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Les trésors de l'architecture coloniale de Rangoon en danger

Message  Admin le Jeu 12 Juil 2012 - 8:11




Plus d’un demi-siècle après l’indépendance de la Birmanie, de nombreux édifices de Rangoon témoignent encore de la grandeur de l’empire britannique. Mais beaucoup de ces trésors architecturaux sont près de s’effondrer et la course a commencé pour tenter de les sauver.
D’un club en tek où les officiers de sa majesté sirotaient un verre de gin, à l’ancien grand magasin surnommé le « Harrods de l’est » – en hommage à la célèbre enseigne londonienne -, les immeubles plus que centenaires qui parsèment les rues de l’ancienne capitale sont en danger.
Des centaines de bâtiments coloniaux ont déjà été détruits ces dernières années, victimes notamment de la spéculation immobilière.
« Malheureusement, je dirais que la moitié des bâtiments résidentiels de 50 ans ou plus du centre de Rangoon ont été démolis ces dix dernières années », regrette Thant Myint Oo, historien et écrivain, fondateur de l’association Yangon Heritage Trust, fer de lance de la campagne de conservation.
« Il en reste suffisamment pour que Rangoon puisse rester une ville spéciale et unique », mais « dans cinq ans, elle pourrait ressembler à n’importe quelle ville asiatique, avec ses gratte-ciels et ses embouteillages ».
Le but de son organisation est notamment d’obtenir une liste de bâtiments protégés. Quelque 180 édifices sont déjà classés mais sans bénéficier d’aucune protection.
Parmi eux, la « Reserve Bank of India », banque centrale de l’ancien empire britannique. Ou encore le siège du gouvernement colonial où le général Aung San, héros de l’indépendance et père de l’opposante Aung San Suu Kyi, a été assassiné.
Des centaines d’autres ne sont pas sur la liste, et certaines propriétés remarquables sont vides, abandonnées par les ministères depuis le transfert de la capitale à Naypyidaw en 2005. D’autres ont été accaparées par des proches de l’ancienne junte, dissoute en mars 2011.

Avec Orwell et Kipling comme clients


Zaw Zaw, magnat de la construction et des mines de jade, prévoit de transformer l’ancien grand magasin Rowe & Co, délabré, en hôtel de luxe pour concurrencer le Strand, l’un des plus beaux édifices coloniaux restaurés de la ville.
A son apogée, le centre commercial attirait de riches Européens et Asiatiques, dont une princesse shan qui l’avait décrit comme un « véritable Harrods de l’est », selon un livre de l’Association des architectes birmans.
Quant à l’hôtel Strand et ses colonnes, ils ont vu passer depuis 1901 une pléiade de célébrités, comme George Orwell et Somerset Maugham, tandis que Rudyard Kipling avait ses habitudes au Pegu Club, qui menace aujourd’hui de s’effondrer.
Les défis qui attendent désormais les défenseurs de ces joyaux architecturaux sont légion.
« Il y a des défis techniques, beaucoup de ces bâtiments n’ont pas été réparés ou rénovés depuis longtemps. Il y a des défis financiers. Il y a des défis liés à la réglementation et à la modification de lois », expliquait récemment le maire de Rangoon, Hla Myint, lors d’une conférence. « Mais je crois que ce que nous entreprenons est faisable ».
Le projet semble avoir le soutien du gouvernement, qui a multiplié les réformes depuis un an et compte sur les investissements étrangers et le tourisme pour développer un des pays les plus pauvres de la planète.
« Nous devons tous protéger le patrimoine de la nation », plaidait ainsi le ministre de l’Industrie, Soe Thein, lors de la même conférence organisée par le Yangon Heritage Trust.
La gageure est désormais de protéger cet héritage, tout en répondant à l’explosion de la demande pour les espaces de bureaux et habitations modernes, mais sans mettre à la rue les habitants des bâtisses vieillissantes.
Et certains craignent que le charme désuet de la ville ne faiblisse de toutes façons, lorsque ces vieux bâtiments décatis auront repris de leur superbe d’antan.
« Ce que j’aime vraiment à Rangoon, c’est comment elle a été préservée de manière non artificielle », explique l’architecte Amelie Chai, dont le cabinet a participé à la rénovation d’édifices coloniaux.
« Toutes ces communautés vivent, travaillent dans ces bâtiments sans ingérence du gouvernement et personne ne leur dit quelle couleur conserver ou quoi que ce soit d’autre ».
« Certains pensent que c’est terrible parce que plusieurs bâtiments tombent en ruines, mais d’un autre côté, pour moi, c’est ce qui est le plus spécial ».

source http://webasies.com/les-tresors-de-larchitecture-coloniale-de-rangoon-en-danger/
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Rangoon et Mandalay se refont une beauté

Message  Admin le Ven 31 Aoû 2012 - 5:57

Les deux plus grosses villes de Birmanie s’engagent sur la voie de la modernisation. La première avec l’aide japonaise. La seconde en créant une ville satellitaire.

Un «lifting urbain sur le long terme». C’est ainsi que Mizzima présente le plan de modernisation de Rangoon, l’ancienne capitale administrative de Birmanie (ou Myanmar), élaboré en coopération avec la Japan International Cooperation Agency. Le plan, qui devrait être finalisé en 2013 et porter sur des travaux pendant les 40 prochaines années, comprend une amélioration des systèmes d’égouts, des transports en commun et d’adduction en eau ainsi que de la zone portuaire. A ce jour, seuls 60% des six millions d’habitants de Rangoon ont accès à l’eau courante. En novembre dernier, le président Thein Sein avait appelé son gouvernement à faire de Rangoon une ville moderne à l’image de Singapour. Des investisseurs de la cité-Etat pourraient d’ailleurs être invités à construire un métro aérien et à exploiter la ligne ferroviaire circulaire existante.

Au nord, Mandalay envisage, quant à elle, de donner naissance, sur près de 9.000 hectares au bord de l’Irrawaddy, à une ville satellitaire dotée d’un quartier résidentiel, d’une zone hôtelière, de centres commerciaux, d’entrepôts et d’infrastructures éducatives. L’initiative de deux milliards de dollars est conduite par une entreprise publique fondée début août par Khin Maung Aye, numéro un de la Cooperative Bank, précise Mizzima. Quelque 3.000 actionnaires potentiels se sont déjà montrés intéressés. Le projet, situé à 8,8 km de l’aéroport international et à 16 km au sud de l’agglomération, reste néanmoins soumis à l’approbation du gouvernement. Et certains prédisent qu’il sera compliqué à mettre en œuvre en raison du coût des expropriations. Selon le Myanmar Times, depuis que des rumeurs sur le New City Project ont commencé à circuler en mars, les prix du foncier dans cette zone ont été multipliés par dix.

http://asie-info.fr/2012/08/31/rangoon-et-mandalay-se-refont-une-beaute-58603.html
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Le reveil de Rangoon

Message  Admin le Lun 26 Nov 2012 - 16:32

Reportage à découvrir ici ----> http://www.lemonde.fr/international/portfolio/2012/11/26/le-reveil-de-rangoun_1795779_3210.html Idea



L'ancienne capitale de la Birmanie sort peu à peu de son isolement à la suite de l'ouverture politique concédée par les militaires.
Reportage photo : Gilles Sabrié

Kyaw Kyaw (a droite) et Zarny (au centre) devant un kiosque à journaux où figure un poster d'Aung San Suu Kyi, chef de file de la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Kyaw Kyaw et Zarny sont les membres du groupe punk, Rebel Riot, qu'ils ont fondé en 2007 au moment de la révolte des moines.

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Hotel boom in Yangon

Message  Admin le Dim 2 Déc 2012 - 13:05

Yangon, the biggest commercial city of Myanmar, now hosts approximately 8,000 hotel rooms but the number could rise by 36.7 per cent per annum during 2012-2016.

A new report of Jones Lang LaSalle, a property consultant, shows that due to supply shortage against the large number of visitors to the reopened country, average room rate (ADR) has been growing by 350 per cent from 2007 to 2012. New supply growth is based on the assumption that all projects which are underway or in the pipeline are completed.

There has been tremendous growth in visitors to Yangon in the past year as Myanmar began economic and social reforms, and as a result, hotels are now experiencing significant growth in demand from both corporate and leisure travellers. However, major international brands are relatively scarce in Yangon due to the economic sanctions that have prohibited American and European hotel operators from entering the market.

"We expect hotel supply in Yangon to grow rapidly in the coming years, as a result of this shortage of rooms and pressure from the government to increase capacity. We are estimating supply will increase by around 37 percent per year up to 2016. However, given the continued growth in visitor arrivals, construction lag and potential economic, legal and political risks, we anticipate that Yangon will experience a major shortage of hotel rooms for the next five to ten years until substantial room supply enters the market. The expected supply and demand dynamics over the next few years will give operators the opportunity to substantially increase room rates," said Andrew Langdon, senior vice president of Jones Lang LaSalle.

The market is not without challenges; land acquisition is difficult and sources of funding remain opaque. Certain projects in Yangon are fairly speculative and there is a fair chance they will not move forward. However, Myanmar's new foreign investment law (introduced this month) is aimed at bringing in foreign capital to rapidly address numerous shortages and to grow the economy. The law stipulates that foreign investors will not require a local partner to set up a business. Foreigners will be able to own 100 percent of a company in Myanmar, with any share in a joint venture with a domestic partner mutually agreed upon by both parties. In addition, investors will enjoy various tax incentives such as income tax exemptions of up to five consecutive years, while land leases have been extended to 50 years with options from the government to extend an additional two 10 year periods.

In light of the projected influx of demand over the coming years and limited room supply of international standard in Yangon, hotels have been aggressively renegotiating contracts with travel agents in an effort to increase rates. In response, the government has implemented a USD 150 rate cap to try to mitigate the higher room rates, but this cap is only applicable to lead-in rooms sold to travel agents / tour operators and is due to expire at the end of March 2013. Most hotels have been running at full capacity during weekdays throughout the year and also at weekends during the high leisure season.

"Despite the challenges, Yangon is positioned to grow much faster than many other emerging markets in Asia and is likely to generate high levels of growth across all industries, albeit from a low base. The opportunities in all sectors of real estate are particularly attractive with a severe shortage of supply in the office, hotel, residential and retail sectors. In the hotels sector, even if international hotel supply triples in the next several years, the Yangon market still offers plenty of opportunities for early movers, given the severe lack of current capacity," Langdon concluded.

The Nation
Published on Friday, 23 November 2012
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Dans les bidonvilles de Rangoun, la frustration des pauvres parmi les pauvres

Message  Admin le Jeu 6 Déc 2012 - 7:00



Le gouvernement a lancé des chantiers économiques, notamment en promulguant une loi encadrant les investissements étrangers. Mais leur impact ne sera pas visible à court terme pour les plus défavorisés du pays, lui-même l'un des plus pauvres de la planète.
Dans le bidonville de Shwe Paukan, à Rangoun, le verdict des habitants est sans appel: rien n'a changé depuis l'arrivée du nouveau régime. Et les attentes déçues de ces pauvres parmi les pauvres font peser un risque social non négligeable sur le processus de réformes en Birmanie.

"Nous n'avons pas senti le changement dont tout le monde parle", constate simplement Ni Ni Win, 27 ans, qui gagne environ 3 dollars par jour dans une usine de recyclage de plastique.


"Je pense que cela n'a touché que le sommet de la société", poursuit celle dont la bicoque de bambou est construite sur pilotis, dans un bidonville du nord de l'ancienne capitale inondé chaque mois pendant les grandes marées.

Mais au moins la mère de famille et ses voisins ont-ils le droit d'être là. Quelques kilomètres plus loin, près du centre-ville, 400 à 500 personnes vivent illégalement à Aung Mingalar, bidonville coincé entre une rivière et des terrains de stockage de troncs de teck qui servent de toilettes à ciel ouvert.

Ko Ko, 46 ans, vit dans la peur de l'expulsion. "Nous ne vivons pas ici parce que nous le voulons" mais "parce que nous ne pouvons pas nous payer un endroit pour vivre", explique-t-il.

Au milieu du squat, les détritus se mélangent à la terre, des vêtements sèchent sur des barbelés. Des viscères de poissons macèrent dans des bidons. Les habitants vendront plus tard cette mixture nauséabonde aux éleveurs de poulets.

L'ONU-Habitat estime qu'au moins 40% des quelque 5 millions d'habitants de Rangoun sont "pauvres ou extrêmement pauvres", obligés de survivre "au jour le jour", souvent dans des logements insalubres ou des installations illégales.

"Rien n'a été fait depuis 20 ans", commente Michael Slingsby, spécialiste en développement urbain pour l'agence onusienne. Et s'il note une récente prise de conscience des autorités, les actions concrètes sont rares.

"Elles manquent de ressources plus que d'intérêt pour faire quelque chose", poursuit-il, regrettant que les bailleurs de fonds étrangers négligent la pauvreté urbaine dans un pays où officiellement, 26% des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté, dont une grande majorité en zone rurale.

De la frustration à la colère

Après plus d'un an de réformes politiques spectaculaires, le président Thein Sein a promis en juin une deuxième vague axée sur l'économie, avec l'espoir de réduire la pauvreté à 16% d'ici 2015.

Le gouvernement a lancé des chantiers économiques, notamment en promulguant une loi encadrant les investissements étrangers. Mais leur impact ne sera pas visible à court terme pour les plus défavorisés du pays, lui-même l'un des plus pauvres de la planète.

La frustration pourrait alors se transformer en colère. "C'est potentiellement l'un des principaux problèmes auquel pourrait avoir à faire face le processus de réformes", insiste Slingsby.

"Des manifestations de mécontentement sur la pauvreté vont se produire", prédit également Win Htein, député de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi. "Mais pas au point de menacer le gouvernement".

En 2007, une révolte menée par les moines bouddhistes avait été initiée par la colère contre la vie chère avant de devenir politique. Elle avait été réprimée dans le sang.

Mais depuis quelques mois, les manifestations ont été légalisées. Et au printemps, un mouvement contre les coupures de courant chroniques, pourtant non autorisé, s'était déroulé sans encombre dans plusieurs villes du pays.

Contrastant avec les années noires de la junte, la réponse du nouveau régime a été "appropriée", note Sean Turnell, économiste à l'université de Macquarie en Australie. Mais "il y a toujours un danger".

Ni Ni Win, elle, refuse d'attendre. Elle a pris son destin en main au sein d'un groupe d'épargne mis en place par l'ONU-Habitat à Shwe Paukan.

Chacune des 14 femmes du groupe place 1.100 kyats (1,30 dollar) chaque semaine dans une boite de métal cadenassée, dans l'espoir que leur pécule grossisse suffisamment pour, un jour, leur permettre de lancer leur propre affaire.

"Elles espèrent que leur rêve devienne réalité", explique Win Kyi, 64 ans, leader du groupe. Mais sans compter sur le gouvernement. "Nous ne vivrons pas dans l'attente".

http://www.lepoint.fr/monde/birmanie-dans-les-bidonvilles-de-rangoun-la-frustration-des-pauvres-parmi-les-pauvres-05-12-2012-1539472_24.php
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Rangoon, une des villes les plus invivables

Message  Admin le Jeu 6 Déc 2012 - 23:54

Selon un classement établi par le cabinet Mercer, l’ancienne capitale birmane se place à la 195e place sur 221 villes passées au crible.

Chaque année, la firme de conseil américaine conduit son étude «afin d’aider les multinationales et autres organisations à indemniser leur personnel en poste à l’étranger de manière juste». A l’échelle planétaire, Vienne se hisse cette année en tête des villes où il fait le mieux vivre, Bagdad occupant la dernière place. Selon ce classement, en Asie, Singapour fait figure de meilleur élève, la cité-Etat devançant même l’ensemble de ses concurrentes lorsque seul le filtre des infrastructures (électricité, eau, téléphone, postes, transports publics, circulation routière, vols internationaux) est retenu. En matière d’infrastructures, Port-au-Prince (Haïti) est en queue de peloton.

Dans la région Asie-Pacifique, les écarts sont énormes, en raison notamment du niveau d’investissements dans les infrastructures et services publics. Rangoon, qui a commencé à se rouvrir au monde ces derniers mois, est ainsi présentée comme une des pires villes de la région, seules certaines capitales d’Asie centrale et Dhaka au Bangladesh étant moins bien loties. Depuis le déménagement de la capitale administrative et politique à Naypyidaw en 2005, Rangoon a été passablement délaissée.

Cette situation, cependant, pourrait rapidement s’améliorer grâce, notamment, à l’afflux d’investissements étrangers. «Avec l’ouverture de ce marché, les sociétés du Sud-est asiatique accourent vers le pays», note Vivek Vaidya de Frost and Sullivan, un autre cabinet de conseil, interrogé par l’Irrawaddy. «Les firmes internationales suivent le mouvement mais sur une base plus sélective et plus prudente, attendant de voir les directions et lois prises par le pays. Le Myanmar, en tant que seul voisin à la fois de la Chine et de l’Inde, sera sans nul doute amené à assurer un rôle géopolitique et commercial croissant dans les années à venir.»

http://asie-info.fr/2012/12/06/birmanie-rangoon-une-des-villes-les-plus-invivables-514308.html
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Une antre des nationalistes de Birmanie en voie de destruction

Message  Admin le Jeu 13 Déc 2012 - 11:06



La destruction d’un vieux bâtiment du centre de Rangoon, ancien bureau des nationalistes birmans, a commencé.

Les promoteurs de la préservation du patrimoine architectural de Rangoon essaient de sauver de la démolition un immeuble où se réunissaient les nationalistes birmans sous l’égide d’Aung San – le héros de l’indépendance birmane – situé dans le vieux Rangoon, selon l’hebdomadaire Myanmar Times. Le bâtiment de quatre étages situé au 233-235 rue Pansodan, dans le quartier historique de l’ex-capitale de Birmanie, a été déclaré dangereux par la municipalité de Rangoon et les ouvriers ont commencé la destruction des étages supérieurs. Selon l’hebdomadaire, la firme privée United Construction Company projette de construire un immeuble résidentiel de douze étages une fois la destruction achevée.

Les militants de la protection du vieux Rangoon ne comptent toutefois pas rester inactifs. «Les vieux immeubles de la rue Pansodan ont une valeur historique et architecturale considérable. Ce bâtiment a été utilisé dans les années 30 comme lieu de réunion de la Dobama Asi-ayone [«Association Nous les Birmans»] du général Aung San. Détruire ce bâtiment serait une tragédie», a déclaré au Myanmar Times l’historien Thant Myint-U.

Sous couvert d’anonymat, un représentant de la firme de construction a affirmé que le bâtiment n’avait aucune valeur historique. Les promoteurs de la préservation du patrimoine architectural de Rangoon demandent l’adoption par le gouvernement d’un plan-cadre, lequel protégerait les bâtiments historiques du centre de la ville tout en prenant en compte les intérêts des firmes immobilières et des habitants du quartier.


http://asie-info.fr/2012/12/13/antre-nationalistes-birmanie-menane-514711.html
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Birmanie : un million de logements en 20 ans

Message  Admin le Ven 11 Jan 2013 - 10:48

Avec l’ouverture de la Birmanie, la demande immobilière explose. Le gouvernement a décidé de lancer un vaste programme de construction.

A l’heure actuelle, quelque 7.000 nouveaux logements sont construits chaque année à travers le pays. Ce nombre est loin de répondre à la demande annuelle estimée à 20.000 logements. Aussi, le ministère de la Construction s’est-il engagé à bâtir un million d’habitations au cours des vingt prochaines années. «Le Département des installations humaines et du développement immobilier [du ministère] apportera son concours, à la fois légal et financier, pour bâtir davantage de maisons et réduire leur prix», a déclaré son directeur Myint Naing au cours d’une conférence de presse à Rangoon, rapportée par l’Irrawaddy.

Le projet proprement dit du ministère devrait permettre la construction de 50.000 logements chaque année. Dans les centres urbains, le ministère fera appel aux investisseurs privés tandis que dans les endroits les plus reculés il se servira de prêts pour mener à bien son programme. Rangoon, plus grosse agglomération de Birmanie, sera dotée à elle seule 50.000 nouveaux logements.

La mise en œuvre de ce projet risque cependant d’être semée d’embûches. A commencer par l’envolée des prix du foncier, de l’immobilier et des matériaux de construction. Le gouvernement pourrait ainsi avoir du mal à honorer sa promesse de faire baisser les prix. Dans un premier temps, il pourrait se contenter de rénover des unités existantes, à défaut d’en ériger de nouvelles. L’ensemble de ces questions seront débattues, les 20 et 21 janvier, lors d’une conférence qui réunira, à Rangoon, les divers professionnels (ingénieurs, architectes, constructeurs…) du secteur.


http://asie-info.fr/2013/01/11/birmanie-un-million-de-logements-en-20-ans-516271.html
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Yangon’s high rises not to block Shwedagon Pagoda

Message  Admin le Jeu 14 Fév 2013 - 19:45


An empty lot, to be built 555 Tower in Yangon (Photo - Win Myint Kyaw/EMG)

Yangon Region Government said it will monitor high rise constructions in Yangon not to cast shadow on the Shwedagon Pagoda or block the view.

Officials will ensure that new towers will not be built higher than the height of the Shwedagon which is 526 feet tall from the base. The focus is not to block the view of the Shwedagon from every sides of the city, especially from downtown area.

The magnificent pagoda is one of the most sacred structures of the world for the Buddhists, the authorities said.

About 15 construction proposals were submitted to Yangon City Development Committee (YCDC) to construct buildings with more than 44-story in Yangon. The government will conduct the necessary survey for the proposed sites and submit the report to the union government for approval.

Those 15 sites have not been officially identified yet. 44-story Shwe Gon Tower and 21-story Suhtoopan Tower on Bogyoke Aung San Road, 38-story 555 Tower on Strand Road, and 27-story AMC Tower near Hledan junction are included in those proposals.

YCDC has formed a supervising body to monitor and evaluate the construction of tall buildings last October.

Dr. Kyaw Latt, prominent town planner, said, “In the past, the Shwedagon Pagoda can be viewed from most places in Yangon. However, the view becomes blocked by tall buildings in some places. In 1990, the pagoda can be seen from Hantharwady circle on U Wisara Road, but the view has been blocked by a tall building”.

The YCDC allows the construction of six-story buildings within a mile radius of the Shwedagon Pagoda.

Source Birmane 11
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Re: Rangoon, la prochaine Singapour ?

Message  Admin le Mer 20 Fév 2013 - 9:13

Rangoon 1914



source FB
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Re: Rangoon, la prochaine Singapour ?

Message  Admin le Lun 5 Aoû 2013 - 1:28

Longtemps fermée au monde extérieur, Rangoon retrouve, depuis la libération d’Aung San Suu Kyi en 2010, sa place de "Ville-Monde"…

Aujourd’hui, la Birmanie sort de son isolement, les sanctions ont été levées et un gouvernement civil a remplacé la junte militaire au pouvoir et la population n’a plus peur. Dans les rues, la circulation est dense.
De minuscules échoppes vendent des portraits souriants de « la Dame » ou des téléphones portables, et des échafaudages en bambou poussent un peu partout recouvrant les façades coloniales.

La ville en chantier semble emportée par un vent d’insouciance et de liberté. Mais Rangoon reste encore cette ville empreinte de mystère et de charme avec sa vie à l’ancienne. Surnommée « la perle de l’Orient » par les artistes, ils dessinent aujourd’hui le visage d’une ville unique en Asie du Sud-Est, plus ouverte et plus créative sur le monde…





Reportage audio de 58 minutes ----> http://www.franceculture.fr/emission-villes-mondes-ville-monde-rangoon-1-2013-05-12

http://www.franceculture.fr/emission-villes-mondes-ville-monde-rangoon-2-2013-05-19
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Re: Rangoon, la prochaine Singapour ?

Message  Admin le Ven 23 Aoû 2013 - 11:50

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Re: Rangoon, la prochaine Singapour ?

Message  Admin le Dim 25 Aoû 2013 - 9:42

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Re: Rangoon, la prochaine Singapour ?

Message  Admin le Jeu 29 Aoû 2013 - 10:01

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Re: Rangoon, la prochaine Singapour ?

Message  Admin le Mar 10 Sep 2013 - 10:00

Rangoun, pierre précieuse  Arnaud Dubus - Journal Libération

Reportage au format PDF ----> http://goo.gl/tp0i51




Chaque année, la longue mousson abîme les bâtiments de Rangoun. (Photos Christopher Davy)


GRAND ANGLE
L’historien Thant Myint-U, petit-fils de l’ancien secrétaire général de l’ONU, se bat pour le riche patrimoine de la ville birmane, qui pâtit des moussons et du ressentiment post-colonial.
Son premier voyage à Rangoun, Thant Myint-U n’est pas près de l’oublier. C’était en 1974. Il avait 8 ans et il était venu de son New York natal avec ses parents pour les funérailles de son grand-père, l’ancien secrétaire général des Nations unies, U Thant. Le séjour avait été mouvementé. Les étudiants, opposés à la dictature militaire du général Ne Win, avaient détourné le cercueil d’U Thant pour le garder dans l’enceinte de l’université de Rangoun : ils réclamaient de l’autocrate au pouvoir des funérailles d’Etat pour celui qu’ils considéraient comme un héros de la cause démocratique. Comme souvent en Birmanie, l’affaire s’était terminée dans le sang. La loi martiale fut décrétée. La police antiémeute déboula sur le campus, des dizaines d’étudiants tombèrent sous les balles. Finalement, la dépouille d’U Thant fut emmenée dans un petit cimetière privé près de la pagode Shwedagon.
A l’époque, Thant Myint-U n’avait sans doute pas pris la mesure des événements. Mais aujourd’hui, cet universitaire de 47 ans, calme et charismatique, aussi élégant en costume occidental qu’en tenue traditionnelle, se souvient de ses premières impressions de Rangoun, une ville étrange, comme suspendue dans le temps. «J’ai vu le Rangoun à l’apogée de la "voie vers le socialisme" de Ne Win : presque aucune voiture dans les rues, les vieux bâtiments coloniaux croulant tranquillement, des magasins moisis sans rien à vendre, une ville dont même un enfant pouvait comprendre qu’elle avait vu des jours plus heureux», écrira-t-il trente-deux ans plus tard dans son livre The River of Lost Footsteps (1).

Depuis, Thant Myint-U a fait du chemin, quand Rangoun s’est contenté de faire du surplace. Après des études d’histoire aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, il est devenu l’un des historiens incontournables sur la Birmanie où, depuis 2007, il passe la majeure partie de son temps. Attristé par la dégradation du patrimoine architectural de Rangoun, il a décidé, au début de l’an dernier avec un groupe d’amis birmans et étrangers, de mettre sur pied la Fondation pour le patrimoine de Rangoun, qui a pour objectif de tenter de préserver le cœur du Vieux Rangoun.

ART DÉCO, ART NOUVEAU, STYLES FLORENTIN ET TROPICAL
Le long des avenues feuillues, près du port ou autour des deux lacs de la ville, s’élèvent des édifices majestueux et surannés qui présentent une variété époustouflante de styles : art déco, style florentin, art nouveau, une combinaison d’art européen et de style tropical, de vastes mansions (hôtels particuliers) en bois précieux, du teck le plus souvent… Une extrême diversité qui s’enracine aussi dans l’histoire mouvementée du pays. «A côté des édifices civils, vous avez des pagodes bouddhiques, des églises, des mosquées, des temples hindous et chinois. Un ensemble d’architectures très éclectique et très intéressant qui représente aussi notre passé et notre âme cosmopolite, explique Thant Myint-U. Au milieu des années 2000,la situation a commencé à empirer. Beaucoup de bâtiments coloniaux étaient détruits. J’ai réfléchi aux moyens pour préserver le plus possible le patrimoine de la ville.»



C’est que Rangoun, capitale de la Birmanie jusqu’en 2005, est une ville quasiment unique dans l’histoire de l’architecture. Avant ce que l’on appelle la seconde guerre anglo-birmane de 1852, c’était pour l’essentiel un vaste marécage ponctué de quelques vénérables pagodes perchées sur des îlots. Après la victoire finale de l’armée du Raj britannique sur l’ensemble du territoire birman en 1885, les Anglais virent l’occasion d’appliquer à Rangoun les concepts alors tout juste naissants de la planification urbaine. «Yangon [le nom actuel de Rangoun, ndlr] fait partie d’un nombre très restreint de schémas urbains intégrés de la fin de l’ère victorienne, indique Ian Morley, professeur d’histoire urbaine à l’université de Hongkong. Les édifices doivent être compris comme faisant partie d’un ensemble symbolique. Dans les années 1880, on construisait des bâtiments dans le but de créer une certaine harmonie et une certaine beauté afin de stimuler des sentiments positifs au sein de la population.» New Delhi et Calcutta, en Inde, s’inscrivent dans le même registre, mais il n’en existe plus d’équivalents sur le sol britannique lui-même.

CARTE POSTALE AUX COULEURS PASSÉES
La fascination qu’exerce Rangoun est perceptible au premier coup d’œil pour les visiteurs, de plus en plus nombreux depuis l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement civil en mars 2011, après cinquante ans de régime militaire. L’isolement du pays - entre le coup d’Etat de 1962, qui amena Ne Win au pouvoir, et 2011 - a eu pour effet de préserver en l’état ce patrimoine urbain. Quand la capitale de la Thaïlande voisine, Bangkok, jadis surnommée la Venise de l’Orient, bétonnait ses canaux et détruisait ses belles maisons de teck pour laisser place à des immeubles de bureaux et des condominiums, Rangoun faisait figure de carte postale aux couleurs passées, avec ses bâtiments couverts de mousse et se délabrant doucement sous les assauts annuels des pluies de mousson. Une balade autour du Secrétariat, l’ancien siège du gouvernement dans le centre de la ville, où Aung San, héros de l’indépendance birmane, avait été assassiné en 1947, donne un bon aperçu de l’état critique où se trouvent nombre de ces édifices historiques. Immense ensemble en briques rouges entouré d’un péristyle surmonté de tourelles à dômes, ce lieu clé de l’histoire birmane tombe en ruine. Les chiens errants en ont fait leur logis. Quelques gardiens y somnolent dans des hamacs.

HAUSSE VERTIGINEUSE DU PRIX DES TERRAINS
Une certaine amertume vis-à-vis du passé colonial explique cette indifférence. Le régime militaire rejetait tout ce qui pouvait rappeler l’occupation britannique. Et beaucoup de Birmans ne voient pas non plus pourquoi ils célébreraient les œuvres de ceux qui les ont si longtemps opprimés. Mais pour Thant Myint-U, il est nécessaire d’évoluer par rapport à ce nationalisme étroit. «C’est comme de dire que la maison où vit Aung San Suu Kyi n’est pas importante parce qu’elle a été construite par un Anglais il y a un siècle. Elle est importante à cause de l’histoire qui s’y est déroulée ces trente dernières années», estime l’historien. Et, de fait, le centre de Rangoun a vu naître la Birmanie moderne. C’est là que les Birmans ont découvert les œuvres de Karl Marx dans les années 30, là que nationalisme et communisme sont apparus, là qu’ils ont écouté du jazz pour la première fois en 1948…

Depuis l’ouverture en 2011, la Birmanie fait face à une transformation rapide à tous les niveaux, y compris dans le domaine immobilier, où la très forte demande a provoqué une hausse vertigineuse du prix des terrains à Rangoun. Le pays fait figure de dernière frontière vers laquelle se ruent investisseurs et touristes. Le prix du mètre carré - 10 000 dollars - y est devenu supérieur à ce qu’il est dans le centre de Manhattan (7 500 dollars). La pression sur les propriétaires d’immeubles historiques pour qu’ils cèdent leurs bâtiments à des firmes immobilières est extrême. «Beaucoup de gens, y compris des architectes, pensent : "Pourquoi gardons-nous ces vieux bâtiments ? Pourquoi ne peut-on pas avoir de nouveaux gratte-ciel, de nouvelles routes, de nouveaux autoponts, de nouveaux équipements ?"» remarque Moe Moe Lwin, une architecte birmane qui dirige la fondation. Les bâtiments historiques qui sont propriétés du gouvernement sont moins menacés. Une liste de 189 immeubles à protéger a été établie et le Président, Thein Sein, s’est engagé à soutenir leur préservation.

L’ALLIANCE DES «CRONIES» ET DES MILITANTS
La situation est en revanche critique dans le secteur privé. Des centaines de bâtiments d’une grande valeur historique ont été démolis ces dernières années, des destructions qui se poursuivent à un rythme accéléré. Parfois, les propriétaires des immeubles, des entrepreneurs immobiliers et des fonctionnaires s’entendent pour que l’édifice soit déclaré «sérieusement dangereux», un label indispensable pour obtenir une autorisation de destruction. «Il doit y avoir des compromis, reconnaît Ian Morley, car nous ne vivons pas 52 semaines par an dans ces bâtiments. Et la rénovation peut s’avérer très, très coûteuse.» L’un de ces compromis est de convaincre les propriétaires de maintenir la façade, tout en modernisant l’intérieur du bâtiment pour y vivre confortablement. La fondation souhaite également établir des zones de protection dans la ville, comme dans le bas de la rue Pansodan, entre la pagode Sule et le fleuve Yangon, où sont concentrés un grand nombre d’édifices historiques, et autour de la pagode Shwedagon. Dans ces zones, des règles strictes sur la préservation, sur la hauteur et le type de constructions permises seraient établies.

Certains mécènes pour la préservation du vieux Rangoun sont des hommes d’affaires, souvent appelés les cronies, qui se sont considérablement enrichis grâce à leurs relations privilégiées avec des généraux sous la junte militaire. Un de ces richissimes hommes d’affaires, Serge Pun, a acheté deux vastes bâtiments des chemins de fer remontant au début du siècle, qu’il veut reconvertir en hôtels de luxe. Cette implication des cronies est généralement bien acceptée par les militants pour la préservation, qui soulignent toutefois qu’il y a un risque que le centre-ville devienne un quartier aseptisé pour les touristes fortunés, d’où serait exclu le peuple birman. Aussi, la fondation veille à ce qu’une grande partie des édifices préservés soit consacrés à des espaces publics : musées, bibliothèques, salles d’expositions, salles de concerts et lieux artistiques. «Peut-être que dans les vingt prochaines années, nous serons un pays à revenu moyen, où l’on voudra attirer les talents créatifs, vivifier les talents intellectuels. A ce moment-là, avoir une ville unique, belle, vivable, où l’on peut se promener sur les boulevards, où l’on a des librairies, des salons de thé, des cafés, ce sera un atout économique fantastique», rêve Thant Myint-U.

(1) «TheRiver of Lost Footsteps, Histories of Burma», éd. Farrar, Straus and Giroux, New York, 2006.

Arnaud DUBUS Envoyé spécial à Rangoun


Un monastère accueille les exclus du boom immobilier



Le boom immobilier en Birmanie, sous l’effet de l’ouverture du pays depuis deux ans, a jeté à la rue des centaines de familles. A Rangoun, un monastère bouddhiste les accueille.
Cette spéculation immobilière, remarquable notamment dans la capitale économique Rangoun, est un effet pervers des réformes économiques lancées en 2011, après des décennies d’isolement par la junte militaire au pouvoir.

«Des familles entières viennent demander de l’aide, en disant qu’elles n’ont pas d’endroit où vivre, rien à manger», explique Khin San Oo, 61 ans, responsable de l’accueil des sans-abris au sein de ce monastère située dans une périphérie populaire de Rangoun.

Les responsables du monastère ont décidé d’ouvrir leurs portes aux sans-abris il y a 16 mois, leur permettant de construire des maisons sur leurs terres.

Depuis, le bouche-à-oreille a fonctionné et plus de 2.400 familles se sont vu attribuer chacune 20 m2 de terrain. Parmi elles, celle de Myint New, qui s’est retrouvée sans revenus quand son mari a fait une attaque il y a deux ans, l’empêchant de travailler.

Dortoir de centaines de personnes

Incapables de payer leur loyer et de nourrir leurs cinq enfants, ils se sont installés ici, à une heure du centre de Rangoun, en octobre dernier. Mais faute d’argent pour acheter du matériel de construction, ils dorment dans un dortoir qu’ils partagent avec plusieurs centaines d’autres.

«Je n’ai pas de proches, alors je n’ai personne pour m’aider. J’ai seulement ma mère, qui n’a nulle part pour vivre non plus. Je ne pouvais pas compter sur elle», explique Myint Nwe.

Le monastère affiche aujourd’hui complet. Et les moines essaient de trouver de l’argent pour acheter plus de terrain, afin que les habitants de Rangoun chassés de chez eux par la hausse des prix de l’immobilier puissent retrouver un toit.

A Rangoun, le loyer moyen d’un petit appartement a augmenté de 25% cette année. Et a doublé, voire triplé, depuis deux ans, dans certains quartiers. Alors même que plus d’un quart de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté, selon la Banque asiatique de développement.

Dans un pays qui s’ouvre depuis 2011 aux investissements étrangers après des décennies d’isolement et de sanctions internationales, l’offre immobilière ne peut répondre à une demande qui explose et la spéculation immobilière va bon train.

Et si les propriétaires se frottent les mains, les plus pauvres, eux, en paient le prix. Le mètre carré de terrain coûte jusqu’à 700 dollars dans le centre de Rangoun, bien plus cher qu’à Bangkok, la capitale bien plus développée de la Thaïlande voisine. Des prix qui ne sont pas si éloignés du marché français (2.555 euros le m2 en 2012), alors que les salaires birmans ne souffrent pas la comparaison.

Installée dans sa toute nouvelle bicoque construite sur les terres du monastère, Tin Tin Win fait partie de ces exclus de la spéculation immobilière. Avant, elle vivait dans une grande maison, avec ses enfants et petits-enfants. Mais toute la famille a été menacée d’expulsion.

«A cause du loyer qui a augmenté plusieurs fois, nous n’avions plus les moyens de rester dans notre maison. Alors nous avons dû déménager ici», explique Tin Tin Win, les yeux embués de larmes.

Certains acteurs du secteur craignent même la formation d’une bulle immobilière, appelant, comme Than Oo, directeur de l’agence immobilière Mandaing, à «une stabilisation du marché de l’immobilier».

Le président birman, Thein Sein, est loué pour ses réformes après plusieurs décennies d’une junte militaire qui avait négligé le confort de la population, depuis la construction de logements jusqu’au système de santé.

Afin de tenter d’apaiser la spéculation immobilière, le gouvernement a lancé la construction de logements à bas prix en banlieue, mais les détracteurs du programme évoquent des appartements aux prix encore bien trop élevés pour les citoyens ordinaires.

Source http://www.liberation.fr/monde/2013/09/10/birmanie-un-monastere-accueille-les-exclus-du-boom-immobilier_930676
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Re: Rangoon, la prochaine Singapour ?

Message  Admin le Mar 17 Sep 2013 - 10:33

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La préservation du patrimoine architectural de Rangoon en Birmanie

Message  Admin le Mar 1 Oct 2013 - 22:00

Pendant un demi-siècle, Rangoon, l’ancienne capitale de Birmanie a été isolée du monde extérieur par un régime militaire xénophobe. L’une des conséquences inattendues de cette coupure a été la préservation du patrimoine architectural exceptionnel de cette ville bâtie par les Anglais, fin XIXème-début XXème, un patrimoine comme il n’en existe plus ailleurs en Asie. Depuis l’ouverture du pays, il y a deux ans, la ville ancienne est menacée de destruction par le développement immobilier. Le vieux Rangoon va-t-il survivre ?

Reportage audio ---> http://www.rfi.fr/emission/20131001-preservation-patrimoine-architectural-rangoon-birmanie

Par Arnaud Dubus
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Burma's elders forced onto the streets

Message  Admin le Sam 19 Oct 2013 - 0:23



Like many other Southeast Asian countries, Burma has an aging population and the estimates that by 2050, 25 percent of its people will be over the age of 60.

In Rangoon, the cost of living has sent more people onto the streets to beg -- and increasingly many of them are elders
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