Les richesses naturelles au coeur de la guerre civile au nord de la Birmanie

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Les richesses naturelles au coeur de la guerre civile au nord de la Birmanie

Message  Admin le Sam 30 Juin 2012 - 6:05

MYITKYINA - Depuis des mois, ce sont des hommes d'affaires de la minorité ethnique kachin qui font la médiation entre l'armée birmane et les rebelles du nord du pays. Mais alors que combats et atrocités se poursuivent, ils avouent leur impuissance face à cette guerre des ressources.

Penchés sur des photos de corps criblés de balles et de villages calcinés, Yup Zau Hkawng, un important négociant en jade, et ses confrères sont médusés.

Ils ont joué depuis novembre les médiateurs lors de plusieurs rencontres entre les deux parties.

Mais sans réussir à faire taire les armes dans ce conflit entre troupes birmanes et Armée pour l'indépendance kachin (KIA), qui ont repris dans l'extrême-nord du pays en juin 2011 après 17 années de trêve, jetant un voile sombre sur les réformes politiques du nouveau gouvernement.

Le président Thein Sein a ordonné à l'armée de ne plus engager le combat et a remodelé l'équipe de négociations pour écarter les éléments jugés les plus conservateurs. Mais sans succès significatif.

Le président est comme un arbitre dans un match de boxe. Quand il dit +le temps est écoulé+, les adversaires doivent s'arrêter, a noté Yup Zau Hkawng, lors d'un entretien avec l'AFP il y a quelques semaines. Mais ça ne s'est pas produit.

Après un an de guerre, l'économie de l'Etat Kachin est paralysée. Les habitants sont fatigués et ont de plus en plus de mal à prendre en charge les plus de 70.000 déplacés qui attendent que les combats cessent pour retourner chez eux.

Lors d'une rare réunion publique organisée par les autorités fin mai à Myitkyina, capitale de l'Etat, certains ont ouvertement exprimé leur frustration quant aux problèmes qui attisent le conflit, en particulier l'accaparement de leurs richesses par le pouvoir central et par les voisins chinois et indien.

Certains ont réclamé l'amendement de la Constitution pour donner plus de pouvoir à leur Etat, une demande de longue date de toutes les minorités ethniques du pays qui veulent avoir leur mot à dire dans l'exploitation de leurs richesses.

l'âge des ténèbres

Le bois, le jade, l'or... toutes les ressources naturelles de l'Etat Kachin sont utilisées pour développer la Birmanie. Pourquoi ne pas les utiliser pour développer l'Etat Kachin?, a ainsi dénoncé un habitant selon des participants à la rencontre.

Une aigreur largement partagée dans la région.

Plusieurs projets valant des millions de dollars sont situés dans la zone de conflit et chaque partie au conflit a un intérêt économique dans le résultat de la guerre, commente Matthew Smith, de l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch.

Des projets de barrages destinés à fournir de l'électricité à la Chine sont en cours. Le gouvernement aurait également accordé des concessions de bois et autres ressources à des entreprises chinoises et à des hommes d'affaires proches du régime.

C'est une guerre des ressources, une guerre pour prendre le contrôle des richesses de l'Etat Kachin, résume Yup Zau Hkawng. Le peuple kachin est celui qui en bénéficie le moins et qui souffre le plus à cause de cette guerre.

Amnesty international a récemment dénoncé des crimes contre l'humanité dans la région. Des femmes ont été violées, des hommes torturés, des villages pillés, des écoles brûlées, confirme le marchand de jade. L'Etat Kachin vit à l'âge des ténèbres.

Alors que les troupes birmanes, qui ont renforcé leur présence dans la région, sont bien plus nombreuses que les rebelles, les médiateurs ont plaidé pour une stratégie de retrait.

Nous avons dit (au gouvernement): +écoutez, vous avez une armée plus forte et plus grande, vous devez prendre l'initiative de vous retirer, explique Yup Zau Hkawng.

Mais après la fin d'une première série de négociations, en mars, les soldats birmans ont continué à affluer.

La KIA nous appelait et nous demandait +pourquoi est-ce qu'ils envoient d'autres troupes? Pourquoi ils continuent à lancer des attaques?+, raconte le médiateur.

Ils pensent qu'ils peuvent en finir (avec les rebelles) une fois pour toute et en faire un exemple pour les autres groupes ethniques. Pourtant, assure-t-il, une solution politique est la seule issue.

http://www.romandie.com/
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La guerre des ressources naturelles

Message  Admin le Lun 3 Sep 2012 - 16:26

Fin août, les combats entre l’armée régulière et les Kachins autour de Hpakant, région riche en jade, ont redoublé d’intensité. 6.000 civils ont pris la fuite.

En juin 2011, un cessez-le-feu vieux de 17 ans entre le pouvoir birman et les rebelles kachins a volé en éclats. Les affrontements sont depuis quotidiens dans l’extrême nord de la Birmanie. Quelque 90.000 personnes ont fui, dont certaines vers la Chine. Les pourparlers de paix ont, jusqu’à maintenant, échoué. Principal enjeu de ce conflit qui n’en finit pas : le contrôle des ressources naturelles. L’offensive lancée le 27 août par les soldats birmans dans le township de Hpakant, capitale de l’industrie du jade, en offre une illustration flagrante, écrit sur son site internet Radio Free Asia. Le gouvernement central, les Kachins mais aussi la Chine voisine lorgnent les minerais, les forêts, le potentiel hydroélectrique et les voies commerciales de la région.

Une centaine de sociétés exploitent les mines de jade d’où sont extraites des pierres d’une qualité considérée comme la meilleure au monde. Avant le cessez-le-feu de 1994, les autorités kachines imposaient une taxe révolutionnaire sur l’exploitation et le commerce du jade. Cette taxe constituait alors un des principaux financements de la Kachin Independence Organization (KIO). A partir de 1994, la KIO a perdu cette source de revenu au profit du gouvernement birman – elle a en repris le contrôle en juin 2011, selon le Kachin News Group (KNG).

Une fois privée de ses recettes générées par le jade, la KIO s’est lancée dans le commerce du bois, indique le Burma Environnemental Working Group. Quand, en 2005, l’ONG environnementale Global Witness a montré comment la déforestation finançait le groupe potentiellement hostile au régime birman, la Birmanie et la Chine ont décidé de prendre des mesures pour l’empêcher. Mais d’autres ONG affirment que l’exportation de teck vers le Yunnan chinois se poursuit à une cadence élevée. Entre octobre 2010 et avril 2011, plus de 40.000 tonnes de grumes sont ainsi entrées en Chine, selon KNG. Et, en août, l’agence d’information signalait encore des coupes illégales autour de Myitkyina, dans l’est de l’Etat Kachin.

http://asie-info.fr/2012/09/03/birmanie-la-guerre-des-ressources-naturelles-58883.html
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