Birmanie - Le goût du voyage

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Birmanie - Le goût du voyage

Message  Admin le Sam 18 Aoû 2012 - 6:24

Le goût du voyage d'Eric Guérin



Dans son jardin enchanté de Brière (Loire-Atlantique), Eric Guérin n'a de cesse de réaliser ses rêves d'enfant. Libre comme l'air, sa cuisine se promène au gré des inspirations, parfois sage, parfois folle, toujours sincère, avec le voyage comme point d'ancrage. Guérin ose les mariages improbables, les envolées lyriques, les clins d'œil intimes.
"Chaque année en janvier, je pars en voyage avec mes parents. J'ai beau avoir 42 ans, j'adore partager cela avec eux. Les mêmes passions nous habitent : l'art, la nature, la cuisine, le voyage. Nous avons beaucoup baroudé en Afrique, au Mali, au Sénégal, au Kenya, au Maroc au Cameroun... Nous détestons les circuits touristiques, nous essayons d'aller dans des endroits un peu perdus. Cette année, j'ai proposé la Birmanie. Après avoir visité les lieux incontournables, nous avons loué un bateau avec son équipage, qui nous a emmenés faire le tour des îles désertes. Dans une minicuisine à l'arrière du bateau, un chef (parfois, le capitaine en personne) et son personnel nous concoctaient des petits plats avec ce qu'ils trouvaient au fil de l'eau. Des poissons, des calmars géants, des légumes, des herbes récoltées dans les jardins flottants... Au début, je voulais cuisiner avec eux, mais c'était si fascinant que je les ai juste regardés faire. Avec des éléments simples, poisson, coco, citronnelle, ils réalisaient un bouillon parfumé, garni de légumes crus et d'épices, une soupe d'accueil en quelque sorte, qui nettoie le palais en début de repas. C'était fait avec presque rien et pourtant tellement fin et riche en saveurs !

C'est une cuisine généreuse, instinctive, un peu comme la mienne, où l'on se dit "tiens, j'ai ça sous la main, je vais le faire évoluer comme ça". Ce genre de plat, créé dans l'instant, avec les moyens du bord, devient une base que l'on peut faire varier en fonction de ses envies, du temps, de l'humeur, de la saison. Lorsque nous sommes rentrés de Birmanie, j'étais nostalgique, j'ai eu envie de retranscrire ces souvenirs. Je voulais retrouver mes émotions, replonger dans ces quinze jours de paradis, cette bulle d'ailleurs pour la partager avec les autres. Finalement, c'est aussi ça, un plat : une carte postale envoyée aux gens pour les transporter ailleurs. Je suis parti sur un bouillon de volaille, lait de coco, galanga... J'ai ajouté des champignons, de la livèche du jardin (au goût de céleri), pour ramener tout cela en France. L'attaque en bouche est exotique, aquatique, emmène loin et, à la fin, on revient à un univers plus végétal, des saveurs du jardin et de la terre. Pour finir, des pousses de réglisse, longues en bouche, permettent d'imprimer ces images."



http://www.lemonde.fr/style/article/2012/08/17/le-gout-du-voyage-d-eric-guerin_1746679_1575563.html
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Birmanie - Le goût du voyage

Message  Admin le Mer 24 Oct 2012 - 14:02

Le goût du voyage de Thierry Legros


Thierry Legros. © Photo Harry Jordan

Il lit sur les lèvres. Elles disent tout sur leur visage. Un monde de silence s'est rencontré au bout du monde. Il s'expose jusqu'au 28 octobre au Palais des congrès de Perpignan, dans le cadre des cérémonies des 30 ans du Cercle méditerranéen de littérature. Il ? Thierry Legros, ancien rugbyman, fou de haute montagne, accroc de voyages, addict de la photo. Et sourd de naissance. Elles ? Les femmes Chin, une ethnie confinée au sud-ouest de la Birmanie, sur les rives du golfe du Bengale. Et le visage entièrement tatoué. "Elles étaient ainsi tatouées pour éviter qu'elles se fassent enlever par des peuples ennemis. Elles sont uniques en Birmanie", confie le Perpignanais globe-trotter. "La peur tient toujours en alerte" "Je voulais découvrir ce pays fermé, secret, qui s'ouvre enfin. Je suis parti seul et je cherchais un sujet fort. J'ai rencontré ses femmes avec ses toiles d'araignées tatouées sur leur visage". Et comment communiquent un Français sourd et des Birmanes n'utilisant que le dialecte Chin ? "Par le regard, par les gestes. Vous savez, on parle trop chez nous. Pour se connaître, pour communiquer, on n'a pas toujours besoin de mots. Pour arriver jusqu'à elles, je me suis fabriqué une carapace pour avancer, malgré l'inconnu, les déplacements compliqués, les autorités méfiantes. Oui, la peur est présente. Mais il faut la maîtriser. Elle te tient toujours en alerte". Les clichés dévoilent, au-delà des tatouages, des visages doux, mais épuisés. Des femmes hors du temps. "Mais, si fortes". Thierry Legros rêve toujours d'Asie, un virus inoculé par son père, militaire au 11e Choc de Mont-Louis. Le 29 octobre, il en reprend le chemin. Direction le détroit de Malacca, la porte de l'Asie. Pendant six semaines. "Comme avec les femmes Chin, je ne m'autoriserai pas tout, pour mieux me faire accepter". Et communiquer. Du regard. Sans un mot.

http://www.lindependant.fr/2012/10/24/parole-a-la-photo,174194.php
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Birmanie - Le goût du voyage

Message  Admin le Ven 26 Oct 2012 - 13:37

La Birmanie dévoile enfin ses trésors de François Bostnavaron



Il est un peu plus de 6 h 30 et, sur le tarmac de l'aéroport de Rangoun (aujourd'hui appelée Yangoun), la température avoisine déjà les 30 degrés, tandis que l'humidité frise les 70 % en ce début d'octobre. Le vol QR618 de Qatar Airways parti de Doha la veille au soir vient de s'immobiliser. Un événement : cela fait quatre ans que la compagnie qatarie n'avait pas mis les roues au Myanmar.

Ce retour, à raison de cinq vols par semaine dès le mois de novembre, est une façon de répondre aux besoins du pays en transport aérien. Car depuis la dissolution de la junte en mars 2011, la Birmanie est redevenue fréquentable. Pour la seule année 2011, plus de 365 000 touristes y ont séjourné, pressentant que le Myanmar – nom donné à la Birmanie depuis 1989 – n'allait pas tarder à ressembler à la Thaïlande voisine, qui accueille chaque année près de 19 millions de visiteurs. Le New York Times a même placé ce pays d'Asie du Sud-Est au troisième rang des 45 destinations "incontournables" de 2012.

Du minibus qui file – si l'on peut dire, tant les embarras de circulation sont importants aux premières heures de la matinée – vers l'hôtel, on a un premier contact avec la ville et son architecture. L'ancienne capitale abandonnée depuis 2005 au profit de Naypyidaw, plus au nord, est paralysée par les embouteillages : taxis, bus hors d'âge fumants et bondés, voitures individuelles, tantôt avec la conduite à gauche, tantôt à droite, et quelques deux-roues se disputent des avenues rétrécies par d'importants travaux de voirie.

Rangoun est en effet un vaste chantier. Des grues, des échafaudages de bambou poussent de part et d'autre des rues. Des toboggans, en cours de construction, devraient permettre, dans un avenir plus ou moins proche, de fluidifier ce trafic grandissant.

Une heure et demie après son départ de l'aéroport, le minibus arrive au Governor's Residence, l'un des grands hôtels de Rangoun. Située dans le quartier des ambassades, cette ancienne résidence du gouverneur de la province de Kayah, aujourd'hui gérée par Orient-Express Hotels, est un havre de paix. Maison coloniale en teck, plantée au milieu d'un jardin luxuriant agrémenté d'une piscine en forme d'éventail... Tout y est pour replonger, le temps du séjour, dans les années 1920...

Pour quelques milliers de khiats (1 000 khiats = 0,90 euro) ou quelques dollars, de préférence neufs ou peu usagés, un taxi vous conduira à Shwedagon, la Pagode avec un grand P. "On dirait une grande cloche d'or surmontée d'un manche d'or. (...) Cela excède toutes les proportions connues", écrivait Pierre Loti dans Les Pagodes d'or, en 1900.

Même sans avoir lu l'écrivain diplomate ni Une histoire birmane, de George Orwell, l'émotion est réelle. Le stupa central s'élève à 98 mètres de hauteur et est recouvert de 700 kg d'or. Il est serti de pierres précieuses. Tout autour, ce ne sont qu'oratoires, chapelles, bouddhas colorés ou dorés. Les fidèles, les moines et nonnes s'y recueillent dans les temples ou les oratoires qui correspondent à leur jour de naissance. Les fidèles, souvent souriants, toujours paisibles, ont pour la plupart le front et les joues couverts par le thanaka, cette poudre qui leur permet de se protéger du soleil. Bienveillants, ils se laissent volontiers photographier par les touristes.

RYTHME LOCAL

Bientôt, le soir tombe sur Shwedagon. De puissants projecteurs prennent le relais de la lumière du jour, créant un jeu d'ombres singulier autour de la pagode.

Rangoun, grouillante le jour, n'a pas de réelle vie nocturne et, aux alentours de 22 heures, la plupart des commerces et lieux d'animation sont fermés. Mieux vaut donc adopter le rythme local, en se couchant tôt, ne serait-ce que pour se lever aux aurores et profiter pleinement du lever de soleil et de la journée à venir.

Le programme pourrait être le suivant, dans l'ordre qui vous sied : une visite et quelques emplettes au Bogyoke Aung San Market, également connu sous le nom de Scott Market, en hommage à un fonctionnaire britannique dont l'un des faits mémorables fut qu'il introduisit le football en Birmanie...

On y trouve de tout : de l'alimentation, des textiles, de la laque, des pierres (jade surtout) et antiquités pas forcément authentiques... On peut aussi y acheter de très belles écharpes ou des longyis, le sarong local, costume national avec, en prime, les conseils du vendeur pour le nouer et le porter correctement. On peut profiter de la visite pour acheter une paire de tongs en toile et bambou, qui se révéleront idéales pour le reste du voyage, car se déchausser à chaque visite de pagode peut devenir rapidement fastidieux...

En sortant, n'hésitez pas à marcher jusqu'à Strand Road, l'avenue qui longe la Yangon River, pour aller, selon l'heure, prendre un apéritif ou un high tea au Strand et vous retrouver, le temps d'une consommation, à l'époque britannique. Petit détail pratique : profitez de la connexion Wi-Fi dans le hall de l'hôtel pour consulter vos mails, car, depuis votre arrivée, votre téléphone occidental est muet et le restera jusqu'à la fin de votre séjour.

Sur le chemin du retour, on peut marquer une halte au lac Kandawgyi, deuxième lac – artificiel – de Rangoun, où se trouve le Karaweik, énorme barge royale en béton qui sert aujourd'hui de restaurant. Puis aller à la pagode Chauk Htat Gyi pour admirer son fameux bouddha couché au sourire énigmatique et surtout très imposant avec ses 70 mètres de long.

On peut aussi faire un détour pour passer devant la maison de Aung San Suu Kyi, figure de l'opposition birmane, aujourd'hui députée. Mais attention à la déception : la demeure dans laquelle The Lady, lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, a été assignée à résidence jusqu'au mois de novembre 2010, n'est pas visible derrière un mur d'enceinte fraîchement repeint de gris.

François Bostnavaron Rangoun (Birmanie)

http://www.lemonde.fr/style/article/2012/10/24/la-birmanie-devoile-enfin-ses-tresors_1780221_1575563.html
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