Asie : Perspectives

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Singapour la vertueuse, Birmanie la corrompue

Message  Admin le Jeu 6 Déc 2012 - 23:51

Transparency International a rendu public, le 5 décembre, son index 2012 de la corruption. L’Asie du Sud-Est fait le grand écart.

En dépit de plusieurs scandales ayant impliqué des fonctionnaires de haut rang dans la cité-Etat, Singapour conserve son image d’incorruptible et est perçu comme le 5e pays le moins corrompu de la planète, selon la nouvelle livraison de Transparency International. L’organisation, dont le siège est à Berlin, établit son index sur la base de la perception qu’ont des experts et des hommes d’affaires du service public de chacun des pays passé au crible. A l’autre bout de ce classement : la Birmanie (Myanmar), 172e sur 176 pays, devance de justesse le Soudan, l’Afghanistan, la Corée du Nord et la Somalie.

Sur une échelle de 0 à 100, plus des deux tiers des 176 pays figurent en dessous de la moyenne. Brunei, deuxième pays le moins corrompu d’Asie du Sud-Est, la franchit légèrement avec 55 points et se hisse ainsi à la 46e position. Tous les autres pays de la région font figure d’élèves passables ou de véritables cancres : Malaisie (54e), Thaïlande (88e), Philippines (106e), Timor-Leste (113e), Indonésie (118e), Vietnam (123e), Cambodge (157e) et Laos (160e).

Si Singapour arrivait déjà, en 2011, en 5e position, la Malaisie, elle, gagne six places, les Philippines vingt-trois, le Timor-Leste trente, le Cambodge sept et la Birmanie huit. En revanche la Thaïlande en perd huit, Brunei deux, l’Indonésie dix-huit, le Vietnam onze et le Laos quatre.

http://asie-info.fr/2012/12/06/singapour-la-vertueuse-birmanie-la-corrompue-514385.html
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L’Asie du Sud-Est confrontée à une inflation des salaires

Message  Admin le Sam 8 Déc 2012 - 10:23

L’Indonésie et la Thaïlande ont augmenté leur salaire minimal. La Malaisie va en introduire un. La compétitivité de la région en pâtira-t-elle ?

Par milliers, le 5 décembre, ils sont descendus dans les rues de Medan, sur l’île de Sumatra, bloquant l’aéroport, le port, une route à péage et des diverses administrations. Les ouvriers entendaient protester contre une hausse du salaire minimal mensuel seulement à 1,35 million de roupies (140,63 dollars), loin des 2,2 millions de roupies qu’ils réclamaient, rapporte le Jakarta Post. Au même moment, écrit le Jakarta Globe, dans la capitale indonésienne, un cortège défilait devant plusieurs ambassades étrangères pour dénoncer les contrats précaires proposés, entre autres, par des entreprises japonaises ou sud-coréennes.

Les manifestations s’enchaînent ainsi depuis des mois en Indonésie. La croissance soutenue des économies de la région a incité ouvriers et syndicats, mais aussi certains politiques courtisant leurs votes, à réclamer de meilleurs salaires, moins de précarité et plus d’avantages, écrit le Wall Street Journal. L’Indonésie et la Thaïlande ont récemment revu à la hausse leur salaire minimal. La Malaisie s’apprête à introduire le sien le mois prochain, tandis que la Birmanie, elle aussi, réfléchit à en adopter un. Jakarta et Manille exigent aussi de meilleures conditions de travail pour leurs travailleurs émigrés. «L’époque du travail bon marché est révolue», a déclaré le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono alors qu’à Jakarta, une hausse de 44% du salaire minimal a été accordée par le nouveau gouverneur.

Reste que, pour les gouvernements, il s’agit de ne pas mettre à mal la compétitivité de leurs exportations qui, de plus, en générant de forts revenus, contribuent à étoffer une classe moyenne de consommateurs. Pour l’heure, estiment plusieurs économistes, la compétitivité de l’Asie du Sud-Est ne sera pas ébranlée par ces hausses salariales. Même avec les dernières augmentations, les salaires de la région demeurent, par exemple, moins élevés que ceux pratiqués en Chine. Pourtant, certains patrons ne voient pas les choses du même d’œil et brandissent la menace d’un exode des investissements.

http://asie-info.fr/2012/12/08/lasie-du-sud-est-confrontee-a-une-inflation-des-salaires-514414.html
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Singapour, Jakarta, Bangkok, les plus chères pour les expats

Message  Admin le Dim 16 Déc 2012 - 15:11

Surprise : si Singapour est toujours en tête, Hochiminh-Ville et Hanoi se retrouvent en queue parmi les dix villes de la région les plus chères pour les expats.

En 2012, en Asie du sud-est, après Singapour, la ville la plus chère pour les expatriés est Jakarta, en dépit de la baisse récente de la roupiah indonésienne. Puis, dans l’ordre de cherté, viennent : Bangkok, Kuala Lumpur, Surabaya (le grand port de Java-est, Indonésie), Manille, Chiang Mai (nord de la Thaïlande), Johor Bahru (Malaisie), Hanoï. La ville la moins chère des dix est encore Hochiminh-Ville (ex-Saigon, Vietnam).

Tous les ans, se fondant sur les statistiques de septembre, ECA International, société de consultants, établit un index du coût de la vie pour les expatriés. Cette année, rapporté par le Jakarta Globe, cet index porte sur 425 villes situées dans 193 pays. Sur le plan mondial, Singapour demeure à la 31ème place des villes les plus chères (elle est, en 2012, dépassée pour la première fois par Pékin, 22ème, et par Shanghai, 26ème). Pour donner un élément de comparaison, Paris est classée 42ème et Rio de Janeiro 64ème.

Toujours sur le plan mondial, Jakarta (123ème) se situe donc loin derrière Singapour et les autres villes du Sud-Est asiatique occupent les rangs suivants : Bangkok (162ème), Kuala Lumpur (179ème), Surabaya (182ème), Manille (187ème), Chiang Mai (189ème), Johor Bahru (195ème), Hanoï (204ème) et Hochiminh-Ville (217ème). Seul l’ancien Saigon se situe donc dans la deuxième moitié du tableau. Tokyo demeure la ville la plus chère au monde.

Le classement de 2012 fait ressortir que les sept villes australiennes mentionnées figurent parmi les trente villes les plus chères de la planète : Sydney (16ème), Canberra (18ème), Adelaïde (21ème), Melbourne (24ème), Perth (25ème), Darwin (27ème) et Brisbane (28ème). Le coût de la vie pour les expatriés y est donc plus élevé qu’à Singapour.

http://asie-info.fr/2012/12/16/singapour-jakarta-bangkok-les-plus-cheres-pour-les-expats-514777.html?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook
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En Asie du sud-est, gare aux malwares

Message  Admin le Lun 17 Déc 2012 - 9:47

D’après une étude, l’Asie du sud-est est la région du monde où les risques d’infection informatiques sont les plus élevés. L’Indonésie arrive bonne première.

Selon une étude publiée dans eWeek aux États-Unis qui cite des compagnies de sécurité Internet, l’Asie du sud-est est la région la plus dangereuse au monde pour surfer sur le Web, écrit le Bangkok Post du 13 décembre. L’Indonésie arrive en tête, avec 23,5% de chances d’être attaqué ou infecté par un logiciel malveillant, la Chine, avec 21,3%, et la Thaïlande, avec 20,8%. Sept pays de l’est et du sud-est de l’Asie sont dans le top-10 des endroits les plus dangereux du monde, relève le rapport 2013 sur la menace de sécurité informatique communiqué par la société d’anti-virus Sophos.

La Norvège, la Suède et le Japon sont les pays les plus sûrs au monde pour surfer sur le Net, avec des risques d’attaque et d’infection de moins de 3%. Les dix pays les plus risqués pour s’exposer aux malwares et autres botnets sont : l’Indonésie, la Chine, la Thaïlande, les Philippines, la Malaisie, l’Inde, le Mexique, les Emirats arabes unis, Taïwan et Hong Kong.

En Thaïlande, les utilisateurs d’Internet ont « plus d’une chance sur cinq de rencontrer un malware à chaque trimestre de l’année ». D’après une étude de 2011, les deux-tiers des utilisateurs du royaume seraient infectés par des logiciels malveillants. En Indonésie, ce sont les chevaux de Troie qui sont largement répandus, et les applications qui sont vendues en ligne sont infectées par des malwares.

http://asie-info.fr/2012/12/17/en-asie-du-sud-est-gare-aux-malwares-514914.html
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Re: Asie : Perspectives

Message  Admin le Mar 8 Jan 2013 - 10:41

Chaque année est une somme de joies et de malheurs. En Asie du sud-est, comme ailleurs, embellies et nuages ont cohabité en 2012 et les attentes pour 2013 sont prudentes.

Une bonne nouvelle a été l’ancrage du changement en Birmanie (Myanmar) après un demi-siècle de dictature militaire et de gabegie. La partie qui s’y joue est à la fois dure et complexe, en raison des intérêts en jeu. Elle n’en est que plus passionnante. Une autre société semble également opérer un démarrage, celle des Philippines. Le vaste archipel paraît, enfin, sorti de l’impasse créée par Ferdinand Marcos (1965-1986) et trouver un équilibre. Son économie en est relancée.

L’Indonésie semble avoir atteint son rythme de croisière quatorze ans après la chute de Suharto : bon taux de croissance (plus de 6% en moyenne), chômage sur le recul, relative stabilité politique avant les élections de 2014, menace terroriste qui diminue, confiance qui s’affirme et pourrait refaire de Jakarta le leader de l’Asie du sud-est. Niché à proximité, le Timor Leste paraît avoir pris, douze ans après son indépendance, son destin en mains : l’ONU y a plié bagages dans une atmosphère de paix civile encore fragile.

Singapour et la Malaisie continuent de prospérer dans le cadre de systèmes de partis dominants. Il reste à voir, en effet, si les élections de 2013 en Malaisie modifieront quelque peu cette équation. Quant à la Thaïlande, dont l’économie semble remise des dévastations causées par les inondations de 2011, elle continue de s’accommoder de la cohabitation entre la monarchie, l’armée et le gouvernement élu, avec le risque inhérent à ce genre de situation qui tient dans l’absence de contrat.

La péninsule indochinoise continue, lentement, de se remettre de ses guerres. Le Laos, qui part de loin, connaît un boom économique et paraît tenté par de grands travaux – barrages, voies ferrées, routes – qui ne font pas l’unanimité. Le Cambodge, endeuillé par la disparition de Norodom Sihanouk, si présent pendant près de sept décennies, se sent un peu orphelin. Quant au Vietnam, il n’est toujours pas sorti de la crise politique et financière qui le mine depuis au moins trois ans.

L’amoncellement de nuages, en ce qui le concerne, se trouve à la périphérie septentrionale de l’Asie du sud-est. Il y a d’abord l’intransigeance de la Chine en mer de Chine du sud, des eaux que Pékin s’est appropriées et où sa flotte de guerre est de plus en plus présente. Un dérapage est de moins en moins à exclure, surtout compte tenu du fait que tous les Etats riverains, à l’exception du petit sultanat de Brunei, s’arment à leur tour. L’attitude de la Chine a déjà exacerbé la désunion au sein de l’Asean (Association des nations de l’Asie du sud-est) qui ne parvient pas à exprimer une position commune sur ce grave contentieux.

En toile de fond, la mise en place (Chine) ou l’élection (Japon), fin 2012, de deux directions conservatrices et nationalistes n’augure rien de bon. Elle pourrait contribuer à créer un climat de guerre froide en Asie de l’Est, surtout si les relations entre Washington, qui «pivote» vers la région, et Pékin continuent de se tendre. Quoi qu’il arrive, l’Asie du sud-est se trouve, malheureusement, en première ligne.

http://asie-info.fr/2012/12/31/quand-2012-tire-sa-reverence-et-que-2013-assure-la-releve-515789.html
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Obtenir un visa rapidement, en Asie c’est facile

Message  Admin le Ven 1 Fév 2013 - 7:27

Une récente étude internationale indique que les pays d’Asie sont ceux qui facilitent le plus l’obtention d’un visa tourisme dans de brefs délais.

L’organisation mondiale du Tourisme (Unwto) indique sur son site internet que l’Asie-Pacifique est avec le continent américain, la région du monde qui permet d’acquérir un visa de tourisme rapidement. Dans une étude publiée le 28 janvier, l’Unwto indique qu’en moyenne et en 2012, 20% de la population mondiale n’ont même pas eu besoin de visas pour visiter un des pays d’Asie. Selon l’Unwto, 19% des pays d’Asie proposent l’option visa à l’arrivée (contre 6% en Europe), 7% permettent même d’acquérir un visa par internet (ce qu’aucun pays d’Europe par contre n’a mis en place).

Illustration du phénomène : depuis le 27 décembre 2012, les touristes de 35 pays peuvent entrer en Thaïlande et au Cambodge avec un visa unique. L’Asie-Pacifique (+7%) et l’Asie du Sud-Est en particulier (+9%) est l’endroit au monde ou le nombre d’arrivées de touristes internationaux a le plus augmenté en 2012 par rapport à 2011. Sur les neufs premiers mois de l’année 2012, les revenus générés par l’industrie touristique ont cru de 18% en Thaïlande, 17% aux Philippines, 15% en Malaisie et 10% en Indonésie.

http://asie-info.fr/2013/02/01/obtenir-un-visa-rapidement-en-asie-cest-facile-516608.html
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Un jour l’Asie n’aura plus besoin de nous... et ce jour approche

Message  Admin le Mar 26 Fév 2013 - 8:54

Un changement de fond est en train de se produire en Asie. Après avoir copié et imité, voici que ce continent produit et innove. Et ça marche... au point de devenir dans les années à venir la nouvelle zone d'influence économique. Ce n'est pas bon signe pour l'Occident !

"L’ascension chinoise dans les smartphones", titrait il y a quelques jours Le Figaro.

"Et si le monde des fabricants de smartphones de 2013 ressemblait à cela ? D’un côté, Apple et Samsung, qui détiennent à eux deux 52% du marché. De l’autre, des marques chinoises qui gagnent en importance, portées par la puissance de leur marché intérieur. Au quatrième trimestre de l’année dernière, Huawei a vendu 27,2 millions de smartphones, ce qui le place en troisième position derrière Samsung (64,5 millions, en hausse de 85,3%) et Apple (43,4 millions d’iPhone, +9%)".

Comme l’explique Le Figaro, en trois ans, les fabricants chinois sont parvenus à conquérir 20% du marché des smartphones. Comment expliquer un tel succès ? La Chine ne se contente plus d’être l’usine du monde, elle innove et elle propose. Le temps est fini où l’Empire du Milieu ne savait que copier ou reproduire ce qui était inventé, développé, "designé" en Europe ou aux Etats-Unis. Aujourd’hui, c’est l’Asie qui innove.

Les constructeurs chinois sont aussi bien placés pour profiter du marché le plus dynamique au monde : le marché asiatique. Si en Occident, nous possédons généralement un téléphone, aux Philippines, il est extrêmement courant d’en posséder deux voire trois. La classe moyenne asiatique, qui ne cesse de grandir, veut accéder aux réseaux sociaux, à des connexions internet plus rapides via leur smartphones, mais n’a pas forcément les moyens de s’acheter un iPhone. D’où le succès des smartphones lowcost, moins chers et plus adaptés à ces nouveaux marchés.

L’ASEAN, nouveau centre économique majeur
Aujourd’hui, l’Asie se veut de plus en plus indépendante de l’Occident. La défiance vis-à-vis des Bourses et des capitaux occidentaux vient de loin, de la crise asiatique de 1997-1998. Les capitaux étrangers avaient alors massivement fui des pays frappés de plein fouet, dont l’économie coulait alors à pic. En 2008, l’histoire se répète. Une crise d’origine occidentale frappe de plein fouet l’Asie du Sud-Est. Ces dernières années, ces économies, alors très orientées vers les exportations (textile, matières premières, électronique, etc.) vers l’Europe et les États-Unis, voient leur croissance menacée par la baisse de la demande de ses principaux clients.

Mais les pays de la région, Indonésie, Philippines et Malaisie en tête, ont joué à fond deux atouts majeurs qu’elles détenaient dans leur manche :

- Une forte demande intérieure, soutenue par la croissance de la classe moyenne et par une démographie extrêmement favorable. La classe moyenne indonésienne est passée d’1,6 million de personnes en 2004 à 50 millions en 2012.

- Une coopération économique régionale renforcée. A la fin des années 60, Singapour, la Thaïlande, les Philippines, l’Indonésie et la Malaisie créent l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) afin de développer leurs liens diplomatiques, économiques, financiers, commerciaux et culturels. A ces pays se sont adjoints au fil des années le Brunei, le Viêtnam, le Laos, la Birmanie et le Cambodge. Aujourd’hui, c’est un pays comme l’Australie qui aimerait rejoindre le club.

L’ASEAN, c’est 600 millions de personnes, 2 500 milliards de dollars de PIB et des croissances par pays allant de 5% à 8% cette année. En 2015 sera lancée la communauté économique de l’ASEAN qui va renforcer les liens au sein de la région, en abolissant par exemple les tarifs douaniers ou en instaurant la libre circulation des travailleurs et des capitaux.

Comme le souligne une étude d’IHS Global Insight en juillet dernier, le PIB de l’Asie du Sud-Est est déjà supérieur à celui de l’Inde, et devrait être multiplié par 4 d’ici à 2015.

La bataille des influences

Le potentiel de l’ASEAN est tel que la Chine et le Japon essaient de renforcer leur présence dans la région. "Le Japon veut contrer Pékin en Asie du Sud-Est pour tirer les fruits de sa forte croissance", titrait La Tribune en janvier dernier. A peine élu, le nouveau Premier ministre japonais, Shinzo Abe organisait son premier voyage diplomatique. La destination n’a pas été choisie au hasard puisqu’il s’est rendu en Asie du Sud-Est, dans le sillage d’Obama.

L’objectif d’Abe est simple : avancer les pions japonais en Asie du Sud-Est, source de croissance et débouché plus qu’alléchant pour les entreprises japonaises, en panne de croissance interne. Seulement voilà, le Japon n’est pas le seul à s’intéresser de très près à la région. Historiquement, la Chine y est déjà très présente. Une influence chinoise qui remonte à la crise asiatique de 1997-1998. Nous l’avons vu, les capitaux occidentaux avaient alors fui… ce qui laissait le champ libre aux investissements chinois alors que l’Empire du Milieu commençait son décollage économique.

Pour la Chine, l’ASEAN a d’abord été un énorme réservoir de matières premières – énergie, métaux, produits agricoles. Encore aujourd’hui, Pékin investit massivement dans les pays les plus pauvres de la région, comme le Laos, installant barrages et centrales électriques dont la production est ensuite exportée vers l’Empire du Milieu et les pays voisins plus industrialisés. Mais progressivement, l’ASEAN est aussi devenue un débouché de choix pour les exportations chinoises. L’exemple des smartphones chinois cité plus haut est révélateur de cette grande tendance.

Le domaine culturel n’est pas non plus à l’abri des appétits chinois : alors que le tourisme chinois explose, Pékin encourage les partenariats avec le Cambodge ou la Thaïlande. Objectif du Cambodge par exemple, faire passer le nombre de touristes chinois dans le pays de 200 000 en 2011 à 500 000 et même un million en 2020.

Évidemment les entreprises occidentales ont elles aussi flairé le potentiel de l’ASEAN. Là encore, ce n’est pas hasard si L’Oréal vient d’installer sa plus grande usine en Indonésie. "Les ventes de L’Oréal dans les pays émergents dépassent celles dans les pays développés", rappelait Le Monde la semaine dernière. "D’ores et déjà, la Chine et Hongkong réunis constituent le deuxième marché de L’Oréal, après les États-Unis. Le groupe a fait mieux que prévu en 2012, avec un chiffre d’affaires de 22,46 milliards d’euros pour 2012, en hausse de 10,4% par rapport à l’exercice précédent".

La bataille d’influence pour profiter d’une des régions les plus dynamiques au monde ne fait que commencer...


http://www.atlantico.fr/decryptage/jour-asie-aura-plus-besoin-et-jour-approche-cecile-chevre-650432.html#46eQMjk8VG3csEsr.99
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Bangkok est la destination la plus prisée au monde en 2013

Message  Admin le Mar 28 Mai 2013 - 1:22

Selon la troisième édition du Global Destination Cities de MasterCard, Bangkok, en Thaïlande, est la destination la plus prisée au monde. La capitale thaïlandaise devance Singapour, New-York, Londres et Paris dans ce classement.



En 2013, Bangkok, capitale de la Thaïlande, est la destination la plus prisée au monde, selon l'étude Global Destination Cities Index dévoilée par MasterCard ce lundi 27 mai 2013.

Le Top 5 est complété par Londres, Paris, Singapour et New-York. En 2012, c'était la capitale britannique qui figurait en tête du classement.

Les auteurs de l'étude note une "prédominance de la région Asie/Pacifique", en 2013, selon un communiqué. Sur les 132 villes en lice, 42 sont asiatiques. Ainsi, Kuala Lumpur, Hong-Kong, Séoul, Shanghai et Tokyo figurent elles aussi dans le Top 10.

La capitale japonaise a d'ailleurs connu une croissance de 20 % de sa fréquentation en 2012, après un repli équivalent en 2011 à la suite du tremblement de terre et du tsunami qui a frappé Fukushima.

En Europe, c'est Londres qui est la mieux classée. Elle est suivie de Paris, Istanbul, Barcelone et Milan. Istanbul affiche de tels taux de croissance qu'elle pourrait passer devant Paris d'ici 2016.

En Amérique du Sud, c'est Mexico qui est la destination préférée. Mais c'est Lima, au Pérou, qui affiche le taux de croissance le plus élevée, suivi de Sao Paulo, au Brésil.

Au Moyen-Orient, Dubaï écrase la concurrence. Et en Amérique du Nord, New-York conserve, sans surprise sa première position. Dans cette région, Toronto grimpe sur la 4e marche et affiche une connectivité aérienne qui devrait lui permettre de poursuive son ascension dans les années à venir.

http://www.tourmag.com/Thailande-Bangkok-est-la-destination-la-plus-prisee-au-monde-en-2013_a59426.html
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L’envers du dynamisme asiatique

Message  Admin le Mer 21 Aoû 2013 - 10:13

Les dragons d’Extrême-Orient sont loin, très loin, d’être fatigués. Les indicateurs démographiques, industriels et commerciaux démontrent combien les pays émergents d’Asie seront amenés, demain, à occuper une place de plus en plus prépondérante dans les échanges internationaux. Le basculement des capitaux et des opportunités économiques vers cette partie du monde est une réalité indéniable. Les entreprises et les banques suisses, de plus en plus tournées vers la Chine et l’Asie émergente, mesurent sans cesse ce changement tectonique.

La croissance, pour autant, n’est pas un fleuve tranquille. Les capitaux, à l’heure de la mondialisation financière, sont toujours plus nomades et ­attentifs aux moindres soubresauts.

Les très fortes corrections subies ces derniers jours par les bourses d’Indonésie ou de Thaïlande, la plongée de la roupie indienne sur fond de défiance croissante des investisseurs envers les autorités de New Delhi sonnent dès lors comme un rappel à l’ordre. Les dirigeants asiatiques ne doivent pas s’illusionner. Alors que l’économie américaine repart et que l’Europe peut enfin espérer sortir du tunnel de la crise de ses dettes souveraines, leurs prévisions de croissance ou leurs projets d’infrastructures ne sont qu’une partie de l’équation. Des facteurs relégués au second plan depuis 2009, comme la stabilité politique menacée par l’approche des élections indonésiennes, ou l’endettement des ménages thaïlandais séduits par des politiques populistes dispendieuses, regagnent en importance. L’envers du dynamisme – propice aux bulles et aux excès – réapparaît.

Les corrections sévères à la baisse de ces derniers jours sont une incitation à réfléchir. En 2011 et 2012, la flambée des marchés d’actions à Djakarta ou Bangkok masquaient les remous en Indonésie ou en Thaïlande, les nuages qui pèsent sur le Vietnam ou les problèmes croissants rencontrés par les entreprises étrangères en Inde. Les classes moyennes de ces pays, de plus en plus nombreuses, commençaient à rêver d’économies «casinos». Gare! Ces coups de semonce prouvent que le tapis vert des bourses peut aussi… glisser sous leurs pieds.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ea865420-09cc-11e3-a25d-9bfba368c787/Lenvers_du_dynamisme_asiatique#.UhSSBGQRBZ4
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L'endettement «excessif» des ménages asiatiques inquiète les experts

Message  Admin le Lun 14 Oct 2013 - 22:21



La Malaisie, la Corée du Sud, Singapour et la Thaïlande sont les quatre pays «les plus à risque», selon les experts de la Coface, le spécialiste de l'assurance-crédit à l'exportation.

Si les pays émergents d'Asie ont bien résisté à la crise mondiale de 2008-2009, puis à celle des dettes souveraines dans la zone euro depuis 2011, grâce notamment à une forte consommation de leurs ménages, l'endettement de ces derniers a atteint un niveau «excessif», souligne une étude de la Coface publiée ce lundi.
La compagnie française spécialisée dans l'assurance-crédit à l'exportation note en particulier que la consommation a augmenté de plus de 11 % par an aux Philippines entre 1995 et 2012, de 7,4 % en Inde et de 8,4 % en Chine. La tendance va se poursuivre dans les années à venir, au fur et à mesure que la classe moyenne va se développer. En Chine, cette dernière «pourrait atteindre 500 millions d'ici à 2020 et 1 milliard, soit 70 % de la population en 2030», contre 150 millions aujourd'hui, estime la Coface. En Inde, elle devrait bondir de 50 millions de personnes actuellement à 200 millions en 2020 et 475 millions en 2030.
Dans de nombreux pays, la consommation est soutenue par des politiques publiques, ne serait-ce que pour moins dépendre des exportations. C'est le cas de la Chine qui a «annoncé vouloir atteindre un taux d'urbanisation de 60 % d'ici 2020», sachant que les ménages urbains s'équipent beaucoup plus vite que les autres. Ainsi 97 % des familles citadines de l'Empire du milieu ont un réfrigérateur, soit plus du double qu'en zone rurale (45 %). Même chose en Thaïlande où le salaire minimum a été augmenté de 35 % après les inondations de 2011. Et en Malaisie où un salaire minimum a été instauré pour la première fois le 1er janvier 2013.
Quatre pays «à risque»

Quatre secteurs en profitent: l'automobile, les biens de consommation haut de gamme (comme les marques de luxe en Chine), l'immobilier et le tourisme. «Le nombre total de visiteurs en Corée du Sud a plus que doublé entre 2002 et 2012, et le chiffre d'affaires généré par le tourisme est passé de 5,9 milliards de dollars à 14,2 milliards de dollars au cours de cette même période», remarque notamment l'assureur-crédit.

Mais, revers de la médaille, ces nouveaux consommateurs asiatiques qui ont un accès de plus en plus facile aux prêts bancaires, s'endettent de manière excessive. «En 2012, selon la Coface, le ratio de dette des ménages par rapport au revenu disponible a atteint 194 % en Malaisie, 166 % en Corée du Sud, 134 % à Singapour et 112 % en Thaïlande, alors qu'il était de l'ordre de 130 % aux États-Unis en 2008», c'est-à-dire au moment de la faillitte de Lehmann Brothers consécutive à la crise des subprimes. Le rapport désigne ces quatre pays comme étant «les plus à risque» avec une mention spéciale pour la Corée du Sud en raison de la grande importance des prêts immobiliers à taux variables dans ce pays.
Sans aller jusqu'à faire un parallèle avec les ménages américains, les auteurs du document n'écartent pas des risques de crise à moyen terme. Et préviennent qu'une «modération de la consommation des ménages sera nécessaire au cours des années à venir».
«Pour faire face au risque que fait peser sur l'économie et le secteur bancaire l'endettement excessif des ménages, les autorités locales devront prendre des mesures préventives, des politique monétaires plus restrictives et des règles prudentielles plus strictes», note Julien Marcilly, responsable risque pays à la Coface.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/10/14/20002-20131014ARTFIG00466-l-endettement-excessif-des-menages-asiatiques-inquiete-les-experts.php
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Birmanie, Cambodge et Laos : de bons risques économiques

Message  Admin le Mar 15 Oct 2013 - 21:00

Au total, les trois pays sous revue offrent un certain nombre de caractéristiques communes. Tirée par la croissance démographique et les gains de productivité, la croissance potentielle à moyen terme se situe dans une fourchette de 7 % à 8 % en volume annuel, soit des taux "à la chinoise" à l’horizon 2018. Ces pays sont "jeunes" à savoir que près de 70 % de la population a moins de trente ans.

Il existe une vraie cohérence économique à examiner de front les trois pays précités. Elle s’articule autour des axes suivants :

- Ces trois pays sont les seuls PMA (pays les moins avancés) d’Asie du Sud-est. En revanche, aucun d’entre eux n’a fait partie de l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés) du FMI, puisqu’ils ont soit stabilisé leurs dettes publiques soit les ont diminué.

L’agriculture occupe une place centrale dans ces trois pays avec 57.6 % de la population active et 33.4 % du PIB en 2009 au Cambodge (respectivement 80 % et 42 % en Birmanie). Les populations vivant sous le seuil de pauvreté représentent près de 30 % de la population. L’Indice de Développement Humain (IDH) de l’ONU, qui synthétise des paramètres liés à la nutrition, à la santé publique et à l’éducation, est généralement très bas, hormis en Birmanie (135e place sur 176 en 2006).

Ces pays présentent donc un fort potentiel pour l’industrialisation et la tertiarisation de l’économie. Le tourisme reste sous-développé dans la zone, même si 4 millions de touristes visitent le Cambodge (Angkor Vat) et 2.5 millions le Laos.

- Ils sont rentrés tard dans l’organisation économique et commerciale de l’ASEAN : 1997 pour le Laos et la Birmanie, 1999 pour le Cambodge. On remarquera que le Laos n’est toujours pas membre de l’OMC. L’ASEAN a été fondée en août 1967 sous l’impulsion décisive de la Thaïlande. Ce n’est toutefois qu’à partir de 1991 que s’est installée une vraie dynamique régionale (qui s’est accentuée encore avec la "crise asiatique" de 1998-1999 et enfin la crise 2008-2009, où les ministres des Finances de la zone ont voté la création d’un Fonds de 150 milliards $ US pour aider à restructurer les systèmes bancaires).

- La Chine a entrepris dès 2001 de proposer à l’ASEAN6 (Thaïlande, Indonésie, Philippines, Malaisie, Brunei et Singapour) la constitution d’une zone de libre-échange, qui a commencé à fonctionner le 1er janvier 2010. Par ailleurs, les trois pays sous-revus plus le Vietnam vont rejoindre le 1er janvier 2015 la Communauté économique de l’ASEAN (10) (AEC), forme parachevée d’une coopération régionale renforcée : Code pour les Investissements directs étrangers (IDE), désarmement tarifaire généralisé, abandon des restrictions quantitatives (sauvegardes, quotas, contingents), marchés publics, environnement, concurrence, etc.

- Les trois pays ont souffert de régimes totalitaires et autoritaires qui ont débouché soit sur des millions de morts (génocide de Pol Pot au Cambodge qui a tué le tiers de la population du pays), soit sur du travail forcé de droit commun (Birmanie), qui ont considérablement retardé leur développement et les ont maintenus dans la pauvreté.

1) Considérés ensemble, les trois pays ont dégagé un PIB PPA (parité de pouvoir d’achat [1]) de 156.7 milliards d’$ US en 2013 (soit à titre de comparaison 58 % du PIB PPA de la Grèce, pour 270 milliards de $ US). La population s’élève à 87 millions d’habitants, soit dans une fourchette entre l’Allemagne (82) et la France + le Benelux (93.4 millions). Le revenu/tête PPA se monte à 1811 $ US, ce qui est très faible (le critère de PMA de 2003 fixé par la Conférence des NU était d’un revenu/tête inférieur à 900 $ US en dollars courants).

À titre de comparaison avec les quatre BRIC, les données sont les suivantes (par ordre décroissant) :

Revenu/habitant de la Russie : 18 730 $ US PPA en 2013, 12 330 pour le Brésil, 10 000 pour la Chine, 4061 pour l’Inde et respectivement 3246 pour le Laos, 2578 pour le Cambodge et enfin 1492 pour la Birmanie.

Le laotien "pèse" ainsi un/tiers d’un chinois, le cambodgien ¼, et le birman 1/7. Il faut souligner que de telles comparaisons sont trompeuses. À titre d’exemple, le cabinet de conseil Credit Risk International évalue pour 2013 qu’entre 150 et 200 millions de chinois ont un revenu/tête supérieur à 20 000 $ US PPA (seuil qui déclenche l’achat d’une automobile), et qu’entre 30 et 50 millions ont un PIB/tête de 40 000 $ US PPA (accès aux produits de luxe).

Rien de tel pour la Birmanie, le Cambodge et le Laos ou plus de 60 % de la main-d’œuvre travaille encore dans l’agriculture et/ou aucune "classe moyenne" n’a eu la chance d’émerger jusqu’à ce jour, bien que le phénomène s’étende dans les seuls centres urbains importants (Rangoon, Naypyidaw [nouvelle capitale de la Birmanie depuis 2005], Phnom Penh et Ventiane).  

2) L’endettement des pays de la zone est faible, puisqu’il est de 66 milliards d’$ US en 2013, soit un taux de 41.9 %. Parallèlement, le déficit cumulé de la balance des transactions courantes des trois pays n’atteint que 6.5 milliards en 2013, soit un ratio de –4.6 % du PIB.

3) En milliards de $ US courants, les trois pays étudiés ne représentaient en 2008 que 4.5 % du PIB de l’ASEAN10, soit un poids marginal (pour un chiffre de PIB de la zone de 1 056 milliards $ US). Ce sont donc des petits acteurs de la politique régionale, loin des "géants" de l’Indonésie, de la Malaisie, de la Thaïlande et du Vietnam.

4) Les échanges intra-ASEAN10 (Malaisie, Indonésie, Philippines, Thaïlande, Singapour, Brunei, Vietnam, Cambodge, Birmanie et Laos) représentent un peu moins de 20 % du total des échanges (à comparer avec 13 % pour le Mercosur et 62 % pour l’UE à 27). La région ne peut donc pas amortir les chocs extérieurs.

5) Par ailleurs, le taux d’échanges intrazone ASEAN10+3 (Chine, Japon et Corée du Sud) totalise environ 48 % du total, la Chine et le Japon étant les premiers investisseurs étrangers dans la zone. Les USA restent un partenaire important (45 % des exports du Cambodge par exemple). La Thaïlande et le Vietnam comptent parmi les premiers fournisseurs. Environ 75 % des exports des trois sont concentrés sur le secteur textile et le reste sur des produits agricoles et les minerais (bauxite présent dans la région).

L’inconnue reste bien sûr les estimations de recettes tirées de la production et de la distribution de l’opium dans deux des pays du "Triangle d’or" (Birmanie et Laos). Certains experts évaluent cette économie souterraine à près de 50 % du PIB, ce qui est considérable. Outre la Chine et le Japon, les USA et l’Australie demeurent des partenaires essentiels. Vis-à-vis des pays de l’UE, les échanges sont très faibles, mais l’Allemagne représente 7 % des exports du Cambodge, et la France 8 % des exports du Laos en 2011.

Afin de contrebalancer l’accord de libre-échange entre la Chine et l’ASEAN10, les États-Unis sont en train d’élaborer ce qui devrait devenir une vaste zone de libre-échange USA/Pacifique (hors Chine) ; après les résultats mitigés de l’APEC et de l’ASEM. Cet accord devrait être le pendant du "Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement" (TTIP en américain) que les USA négocient en ce moment avec l’UE.

(1) Le PIB PPA est la notion pertinente pour un investisseur. Si l’exportateur a bien à servir un marché de X millions $ US courants, l’investisseur a à subir la structure et le niveau général des vecteurs de coûts et de prix qui s’imposent à lui sur le marché local.

Les données sont tirées de la Country by country Database des "World Economic Outlook" du FMI d’avril 2013, 2012, 2011 et 2010.

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/international/asie/221182162/birmanie-cambodge-et-laos-bons-risques-economiques-1
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Birmanie, Cambodge et Laos : de bons risques économiques

Message  Admin le Sam 19 Oct 2013 - 0:15

Cette croissance s’opère dans un environnement non inflationniste, avec une hausse des prix contenue dans un corridor de 3-5 % l’an. L’ouverture à l’international offre un potentiel de hausse très important, les trois pays passant de régimes totalitaires auto administrés à l’économie de marché et surtout au libre-échange.

Le Laos

Plus petit des trois pays sous revue (6.5 millions d’habitants en 2013), le Laos a connu une très forte croissance de 2008 à 2013 : 47.6 % en volume soit un taux de croissance annuelle de 7.9 %. En milliards de dollars US courants, son PIB double sur la période (de 5.3 milliards à 10.3 en 2013). Le FMI fournit une estimation de 7.6 % de croissance du PIB en 2018, soit un alignement sur la croissance potentielle. Le pays n’a pas subi de contraction de son PIB et de ses échanges en 2009, année ou la crise a partout frappé, ce qui signifie qu’il opère à la marge du commerce international, avec pour clients principaux la Chine, le Vietnam et le Japon, peu impactés par la crise.

Le PIB PPA/tête est de 3 246 de dollars US ce qui en fait le plus prospère des trois. Les exports de biens et services ont toutefois connu un rattrapage technique en 2010 (+20 % en volume pour une année 2009 morose : +3.3 %). La croissance moyenne annuelle des exports de biens et services sur la période s’inscrit à 7.8 %, ce qui est une faible performance.

La politique économique a été menée avec succès : inflation de 5.5 % en moyenne ; déficit budgétaire de 3.8 % en moyenne sur la période après –6.8 % en 2010, pour se résorber en fuseau jusqu’à 2013 (-2.5 %). Le solde budgétaire primaire (hors charge de la dette) épouse l’évolution du ratio dette/PIB (-1.7 % en 2013 après –6.4 % en 2009). L’endettement brut public moyen/PIB s’est inscrit à 57.2 %, avec une baisse continue sur la période (de 62 % en 2009 jusqu’à 51.5 % en 2013). En revanche, la balance courante est très fortement déficitaire (-20 % du PIB en moyenne), atteignant même –23.4 % en 2013, et la demande intérieure ressort comme très dépendante des importations.

À noter, l’ADB (Banque Asiatique de Développement) aide les autorités du pays à réformer profondément le secteur bancaire.

Le Laos est le pays qui accuse le plus de séries manquantes ou de ruptures de séries. Ce petit pays n’a pas forcément les qualifications des agents publics, ni les ressources méthodologiques et statistiques suffisantes pour documenter toutes les données requises.

Le Cambodge

Ce pays apparaît comme le plus ouvert à l’international. En 2009, le PIB en volume recule de 1.9 % (contre 7 % en Irlande, 5.2 % en Italie, 3.7 % en Espagne, 2.5 % au Portugal et 2.3 % en Grèce). Pour la première fois, le volume des exports de biens et services recule de 2.7 % (rattrapé en 2010 avec une hausse impressionnante de 31.8 %).

Le PIB en volume croit de 34.7 % sur 2008-2013, soit une croissance annuelle moyenne de 5.8 %. Cette performance apparaît en retrait eu égard aux "pics" du PIB en 2005 (+13 %) et 2006 (+11 %). Le FMI prévoit une augmentation linéaire de 7.5 % de croissance potentielle jusqu’à 2018. Le PIB en milliards de dollars US PPA passe de 28.5 milliards en 2008 à 39.7 milliards en 2013 (soit +39.3 %). Le revenu par tête PPA atteint en 2013 2 578 de dollars US.

Le pays arbore un fort taux d’investissement, de 20.7 % en moyenne pour 23.5 % en 2013. Le taux d’épargne brut de la Nation (taux d’épargne des ménages +/- l’EBE des entreprises +/- le solde budgétaire) est assez faible (13.2 % en moyenne), mais augmente continument (13.6 % en 2013). Le déficit épargne/investissement donne comptablement le solde des transactions courantes à -7.5 % en moyenne. Ce dernier croit sur toute la période : -4 % en 2010 ; -8 % en 2011 ; -10 % en 2012 et –9.8 % en 2013. C’est la preuve d’un pays dynamique en pleine croissance. Le pays compte 15.4 millions d’habitants en 2013 soit un chiffre similaire à celui des Pays-Bas.

La politique économique menée obtient de bons résultats : inflation contenue à 3 % en moyenne, déficit budgétaire moyen à –2.5 %, balance budgétaire primaire à –2.8 % ; stabilité du ratio dette/PIB à 28 % en moyenne pour une dette projetée en 2018 par le FMI à 25.7 %. Sur sa gamme de produits (textiles/habillement, riz, fruits et légumes dans le détroit du Mékong, minerais rares, bois, caoutchouc, pierres précieuses, fer, manganèse, phosphates, etc.), le pays est compétitif puisque les exports augmentent de 15.3 % par an en moyenne, contre 9.3 % pour les importations.

La Birmanie

Grand pays de la zone, la Birmanie compte 64.9 millions d’habitants en 2013, pour un PIB PPA de 96.8 milliards de dollars US, soit un revenu par tête de 1492 de dollars US le plus faible de la zone. Sur 2008-2013, la croissance du PIB en volume atteint 32.3 % soit un taux annuel de 5.4 %. Sa part dans le PIB PPA/Monde est de 0.11 %. Le taux de chômage est fixé autoritairement à 4%/an sur toute la période. Le PIB en milliards de dollars US courants passe de 31.4 milliards en 2008 à 57.4 en 2013 (soit + 82.2 % ce qui est très fort). Son taux d’investissement, de 17.2 % en moyenne, n’est pas couvert par un taux d’épargne insuffisant (14.6 %) – le solde des transactions courantes couvrant l’investissement net à –2.6 % du PIB.

La politique menée apparaît comme moins robuste qu’ailleurs : inflation moyenne de 6.6 % (8.2 % en 2009 et 2010) ; déficit budgétaire moyen à 4.4 % (6.1 % en 2011 et 5.3 % en 2012 pour 5.2 % en 2013) ; solde budgétaire primaire à –3.9 % en moyenne ; ratio dette/PIB de 47 % qui ne fait que décroitre, hormis une "marche d’escalier" en 2011 ou le ratio passe de 42.9 % l’année antérieure à 52.9 % (et 45.4 % en 2013).

Phénomène inquiétant, les exports de biens et services croissent moins vite sur la période (8.4 %) que les imports (11.6 %). Toutefois, les premières connaissent deux rebonds en 2010 +16.6 % et en 2013 +11.8 %. Sans doute faut-il y voir la levée par paliers de l’embargo occidental contre la junte militaire au pouvoir. Au total, la Birmanie apparaît comme une économie autocentrée, conduite par des généraux qui sont de piètres gestionnaires.

Le FMI table pourtant sur la normalisation en cours, et le PIB PPA devrait là encore rejoindre la croissance potentielle à 7 % en volume par an. Ce dernier serait de 149 milliards de dollars US PPA en 2018 pour une population projetée à 71.7 millions d’habitants soit un revenu/tête de 2078 de dollars US ou encore un écart en niveau de l’ordre de -20 % par rapport à la performance cambodgienne.

Il va de soi que les anticipations rationnelles des agents économiques seront considérablement éclaircies lors de l’accession prochaine de Mme Aung San Suu Kyi au pouvoir.

Toutefois, c’est en Birmanie que l’unité nationale est la plus menacée, notamment du fait de la discrimination et des persécutions à l’égard de la minorité musulmane apatride des Rohingya (outre la coexistence de 135 minorités ethniques). En 1991 et 1992, près de 300 000 Rohingya avaient émigré au Bangladesh. Enfin, sur un autre terrain, la population est exposée à des aléas climatiques parfois dramatiques, comme celui du cyclone Nargis qui, les 2 et 3 mai 2008, avait occasionné 32 000 morts, 41 000 disparus et 2 millions de sinistrés dans les provinces de Rangoon et d’Irrawaddy.

Au total, les trois pays sous revue offrent un certain nombre de caractéristiques communes. Tirée par la croissance démographique et les gains de productivité, la croissance potentielle à moyen terme se situe dans une fourchette de 7 à 8 % en volume annuel, soit des taux "à la chinoise" à l’horizon 2018. Ces pays sont "jeunes" à savoir que près de 70 % de la population a moins de trente ans. Cette croissance s’opère dans un environnement non inflationniste, avec une hausse des prix contenue dans un corridor de 3-5 % l’an.

L’ouverture à l’international offre un potentiel de hausse très important, les trois pays passant de régimes totalitaires auto administrés à l’économie de marché et surtout au libre-échange. Le rôle de l’AEC de l’ASEAN10 au 1er janvier 2015 sera capital, outre la zone de libre-échange USA/Pacifique (hors Chine). Par ailleurs, les gouvernements en place auront su contenir les déficits publics à des niveaux soutenables à terme. Ensuite, ces pays ont stabilisé voire que très légèrement augmenté leurs dettes publiques qui ne menacent donc en rien les perspectives économiques de long terme.

Ils vont tronquer un développement autarcique pour rentrer à leur tour dans la division internationale du travail ou ils constitueront sans doute la 3e vague de délocalisations à venir, après la Chine et l’Inde dans un premier temps, puis le Vietnam et les autres ASEAN6 (Indonésie essentiellement) aujourd’hui. Enfin, le capital humain demeure asiatique, à savoir ordonné et discipliné, avec une culture bouddhiste très prononcée.

L’un des problèmes majeurs des trois pays reste toutefois la très faible productivité globale des facteurs (PGF), liés à l’ampleur et à la densité des industries de réseau (eau, gaz, électricité, télécommunications, rail, routes, aéroports), à la qualité de l’administration, et à la qualification de la main-d’œuvre (entre autres). Du fait de multiples lacunes dans ces domaines, les trois pays resteront sous un avenir proche peu attracteurs d’IDE.

Le risque/pays apparaît donc comme favorable, alors que la Chine est sur une trajectoire de croissance structurelle déclinante depuis le début de 2011 ; que le développement économique de l’Inde reste handicapée par le système des castes et la volatilité de la croissance ; que la Russie ne doit son embellie qu’au gaz et au pétrole ; et qu’enfin le Brésil et la Turquie subissent les premiers contrecoups de leur croissance antérieure, avec une classe moyenne importante et avide de progrès économiques, de leur juste répartition et d’exigences en termes de démocratie qui échappent à ce jour à leur élite dirigeante.

Leur seul point noir reste peut-être la corruption des agents publics locaux, héritée de décennies de tyrannie de tous bords, maoïste ou marxiste. À titre d’exemple, elle est maximale en Birmanie, le pays arrivant à la 176e place sur 178 (indice de perception de la corruption 2010 de Transparency International) du fait de l’ampleur de l’économie souterraine liée à la production et au commerce de l’opium.

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/international/asie/221182163/birmanie-cambodge-et-laos-bons-risques-economiques-2
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The future of Laos: A bleak landscape

Message  Admin le Lun 28 Oct 2013 - 11:00



A secretive ruling clique and murky land-grabs spell trouble for a poor country.



THE Airbus A320 was ordered by Colonel Muammar Qaddafi, but somehow ended up as the prized possession of Lao Airlines. From a window seat flying above Laos a visitor gets a sense of the state’s weaknesses. Deforestation stretches all the way to the Chinese border. It is so recent and so extreme that scientists from Sweden’s Lund university picked Laos as a testing ground for a new method of monitoring economic activity from space. By combining night-time satellite images with land-use data, they can estimate, with surprising accuracy, changes in agricultural and non-agricultural activity. For Laos, it also means monitoring the impact of Chinese and Vietnamese cash from space.

On the ground in the northern province of Oudomxay, most jeeps roaming the deforested valley bear Chinese and Vietnamese number plates. Four of the province’s districts are among the fastest-growing rural economies in the country, according to the researchers in Sweden. (Laos’s obscurantist government publishes little information about anything.) Investment is flowing into agriculture, typically rubber plantations, market gardening and other cash crops, much of it destined for the huge Chinese population to the north. The side-effects include a loss of forests and biodiversity, serious soil erosion and growing numbers of people in this multi-ethnic province being pushed off their land.Chinese firms have secured rubber concessions in the province covering 30,000 hectares (74,000 acres). The idea is that tens of thousands of Chinese workers will eventually be needed to tap the rubber. In the past decade the government has granted land concessions across the country for up to 100 years, often at knock-down prices, to Chinese, Vietnamese and, to a lesser extent, Thai operators. More land is now in the hands of foreigners than is used to grow rice. The fear of one expert in Laos is the emergence of a landless poor.

Not all Chinese influence is welcomed by the government. Recently a deputy prime minister, Somsavat Lengsavad, announced the closure of a Chinese-run casino near the border that had attracted drugs and prostitutes along with gamblers. Yet Mr Lengsavad, ethnically Chinese himself, has his own patronage network built on granting concessions for Chinese-run special economic zones. And he is the point man for one of Asia’s most ambitious projects: a proposed 262-mile (421-km) passenger and freight railway connecting Kunming, in the south-western Chinese province of Yunnan, with Vientiane, the Laotian capital. The $7.2 billion price tag (including interest) is nearly as big as Laos’s entire formal economy. It will take 50,000 workers five years just to lay the tracks. Two-thirds of the route will run through 76 planned tunnels or over bridges.

The collateral for such a huge project lies in the mines of Laos. In other words, the extraction of natural resources in this undeveloped country is about to accelerate. Economic rents already accrue to an oligarchy, for which the railway, one way or another, will prove a bonanza. Among other things the question looms of how wide the corridor accompanying the railway will be. There is speculation about a Chinese road running alongside the track, eventually to the border with Thailand. A man who has seen the blueprint for a planned Chinatown east of Vientiane says that the final stop for the proposed railway is smack in the middle of new living space for over 100,000 Chinese.

At present, a bus is the only way to get down from the mountains of Oudomxay. Monsoon rains play havoc with the 200km stretch of road to Luang Prabang, which served as the royal capital until the Communists, after a long civil war, consolidated their power in 1975. (In Luang Prabang the king’s favourite Citroën car survives, unlike him and his family.) It can then take another ten hours, over rugged terrain, to get to Vientiane.

The capital is on the mighty Mekong river, which forms the border with Thailand. Though it still has a torpid air, Vientiane is growing fast in the hands of a Communist kleptocracy whose members queue up on Saturdays in their big cars to cross the Mekong for a dose of shopping across the border. For many of the remaining 6.6m Laotians, unease and sometimes fear are the predominant emotions.

Last December a well-known democratic activist and advocate of sustainable development, Sombath Somphone, disappeared. At the same time, the government clamped down on foreign NGOs, especially those advocating land rights. Two months ago the American embassy hung a banner from its water tower calling for the return of Mr Somphone. In September the head of the American-based Asia Foundation in Laos was told to pack her bags.

Unlike Myanmar, Laos has never had a Western-educated opposition leader to remind outsiders of the nasty nature of the regime. Indeed, Laos has not even the semblance of an opposition—and certainly no free press. It is a land of few books. Clergymen, artists, editors and schoolchildren undergo ideological study sessions. The trauma of its long civil war and of American carpet-bombing during the Vietnam war is never far away. One-third of the country is still contaminated by unexploded American ordnance. Hundreds of people lose limbs every year to cluster bombs.

In few countries do development agencies have to operate in thinner air than in Laos. In e-mails, foreign residents drop syllables from the names of Politburo members in attempts to outsmart new Chinese surveillance technology. The regime is constantly on guard against foreigners who might be seeking to “change our country through peaceful means”.

It is true that cash from China and Vietnam has helped to double the size of the economy in a decade. Dams have brought electricity to four-fifths of the population. Yet indicators of maternal health are worse than in Cambodia (which attempts a democratic façade), and levels of malnutrition are atrociously high. To make things look not quite as bad, NGO types say, the government deliberately went around feeding children in villages monitored by the UN for the Millennium Development Goals—until it was found out.

Despite all that, says one long-term resident who has worked with them, “five or six” people in the government are open to adopting a more balanced path. They hope to reverse rising inequality, repression and environmental degradation.

A senior government spokesman says, with a hint of regret, that Laos has given concessions on 30% of its land to foreigners. He says he loves his country and his people, but, asked what will happen if Laos continues on the current path, he takes out a pen and writes “Lenin 1917 Revolution”. Why such candour? “Imagine you and me and our sons were in a boat that sprang a leak,” he replies. “Would we jump up and plug the leak? Or would we watch the boat go under?”

http://sombath.org/2013/10/26/the-future-of-laos-a-bleak-landscape/#more-2790
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Asia floor wage: un salaire décent pour l'Asie

Message  Admin le Mar 19 Nov 2013 - 11:06

Pour améliorer les conditions de travail dans les usines de confection, syndicats et ONG se sont regroupés pour établir un salaire minimum vital régional: l’Asia floor wage.


Tout commence en Inde en 2005, par des discussions entre leaders syndicaux et militants autour d’une stratégie globale pour le secteur textile (connu pour ses salaires très bas). Ce n’est pas la première fois que des tentatives ont été entreprises pour obtenir de meilleurs salaires. Mais, c’est la première fois qu’une initiative a réuni des organisations syndicales, des travailleurs, des ONG de défense des droits humains et des universitaires de différents pays. Tous décidés à définir et mettre en place un salaire minimum décent pour l’ensemble des travailleurs du textile et de l’habillement de la région.

En 2007, après le ralliement d’autres mouvements et d'autres pays, est lancée la campagne "Asia floor wage" (littéralement, un salaire plancher pour l’Asie). Forte de 18 pays membres, cette campagne propose d’établir un salaire minimum standard en Asie, calculé en fonction des monnaies respectives et du coût de la vie dans chaque pays.

Là où la compétitivité blesse

"Plus qu’un salaire minimum, il s’agit d’établir un salaire décent qui permette le même pouvoir d’achat dans chaque pays. Cela passe par le développement d’une stratégie régionale et la constitution de syndicats forts, capables de résister aux pressions et représailles", explique Anannya Bhattacharjee, du secrétariat international de l’Asia floor wage Alliance. Ce dernier rassemble des organisations de base de 18 pays du Sud-est asiatique.

La plupart des pays concernés ont déjà adopté des salaires minima légaux, mais ces derniers sont très bas et s’apparentent plutôt à des salaires de misère. "En Indonésie, le salaire minimum calculé par la méthode de l’Asia floor wage est près du double du salaire minimum légal. Le fossé est encore plus grand dans d’autres pays", souligne Emelia Yanti, secrétaire générale du syndicat indonésien GSBI.

"Au Sri Lanka, la différence entre le salaire perçu par les ouvriers et celui défini par l’Asia floor wage va du simple au triple", confirme Leon Joseph Arulvasagam, secrétaire du syndicat NFTU, dont la moitié des membres travaille dans le textile. "Pourquoi une si grande différence, alors que les produits fabriqués sont similaires et qu’ils sont vendus aux mêmes prix sur les marchés internationaux? Ce n’est pas juste", s’indigne Emelia Yanti.

Le continent asiatique produit à lui seul 60% de l’habillement mondial. Sa très forte compétitivité repose sur ses coûts de production et, en particulier, sur celui de sa main d’œuvre. "Les pays les plus dépendants des exportations de textile sont très compétitifs, notamment sur les salaires. Les convaincre de rallier l’Asia floor wage est très difficile, explique May Wong, directrice de l’ONG chinoise Globalisation Monitor et coordinatrice pour le Sud-est asiatique de l’Asia floor wage Alliance. Certains soutiennent la campagne sur le principe, mais maintiennent les salaires minima officiels, de peur de voir des usines s’installer ailleurs."

Une stratégie régionale

Pour l’Alliance, c’est au niveau des grandes marques et des distributeurs que le changement peut s’opérer. En effet, les salaires des travailleurs du textile et de l’habillement ne représentent qu’une infime fraction du prix de vente final d’un vêtement: environ 1 à 2%.

"Pour les grandes marques, il ne s’agirait que de partager une toute petite partie de leurs profits pour offrir des salaires décents, résume May Wong. Les responsables nous disent tous la même chose: 'Nous ne voulons pas être les premiers à mettre en place ce salaire minimum'. Nous avons besoin qu’une marque, une seule, nous rejoigne, pour pouvoir mettre plus de pression sur les autres."

Rencontres et réunions sont donc organisées par l’Alliance afin de négocier avec ces marques. La dimension régionale, voire internationale, de la campagne est ce qui en fait la force. "Maintenant que le Laos et la Birmanie ont ouvert leurs marchés, il est probable que certaines compagnies vont s’y établir, fuyant des salaires qu’elles jugent trop 'élevés' dans nos pays. D’où la nécessité d’élargir la campagne à des partenaires de ces pays. Nous ne serons victorieux que lorsque tous les pays de la région se battront pour ce concept de salaire minimum décent." Emelia Yanti rejoint cette analyse: "Certains pensent que c’est impossible. Nous, nous appelons tous les syndicats indonésiens mais aussi asiatiques à rejoindre la campagne. C’est à ce moment là que nous pourrons tout changer."

"Des travailleurs sous la menace constante de délocalisation"

L’Alliance et ses membres organisent donc régulièrement des formations et des séminaires pour sensibiliser les ouvriers non seulement à l’Asia floor wage mais aussi au droit du travail. Car, si des lois encadrent le travail, elles ne sont pas toujours respectées, les employeurs profitant du fait que les ouvriers eux-mêmes ne connaissent pas forcément leurs droits. Reste que rejoindre un syndicat ou exiger ses droits ne va pas de soi dans des pays où les travailleurs sont sous la menace constante de délocalisation, de fermeture d’usine et de licenciement.

"Les entreprises ne délocalisent pas nécessairement dans d’autres pays, mais aussi dans d’autres districts, où le salaire minimum est encore plus bas, précise Emelia Yanti, avant de réaffirmer: l’Asia floor wage ne pourra être mis en place que si la liberté syndicale est respectée. Et nous aimerions vraiment un peu plus d’attention de la part de l’Organisation internationale du travail (OIT)."

Un manque d’engouement d’autant plus regretté que l’Asia floor wage s’apparente à la mise en pratique de principes énoncés par l’OIT sur le salaire minimum.

Espoir pour les travailleurs

Malgré les difficultés et le peu de soutien officiel, le combat mené par l’Alliance et ses membres commence à porter ses fruits. "Au Sri Lanka, nous avons aujourd’hui une plus grande marge de négociation en terme de salaires, raconte, fièrement, Leon Joseph Arulvasagam. Et nous avons apporté de nombreuses améliorations aux conditions de travail."

Ailleurs, suivant les préconisations de l’Alliance, des organisations ont entamé de longues procédures contre les grandes marques internationales leaders du marché, notamment celui du sport. "Cela fait près d’un an que nous avons commencé à mener des actions contre Adidas. Nous avons rencontré des représentants avec lesquels nous avons entamé des négociations. Avec le soutien de travailleurs, nous avons également organisé une manifestation le 15 juillet, à Taïwan et en Indonésie", explique May Wong. Les fournisseurs locaux d’Adidas auraient en effet tendance à ne pas respecter les lois nationales.

À la suite de cette action, Adidas a mis la pression sur son fournisseur afin de résoudre les problèmes auxquels les travailleurs des deux pays font face, notamment des maladies professionnelles et la non-prise en charge des frais médicaux. "Sans cette pression commune sur la marque, nous n’aurions rien obtenu", ajoute May Wong. EmeliaYanti, dont l’organisation a soutenu les tra- vailleurs taïwanais dans cette bataille, atteste des progrès permis par cette campagne: "En cinq ans, nous avons réussi à obtenir une hausse de près de 40% des salaires dans nos districts."

Leon Joseph Arulvasagam reste convaincu que cette campagne va sortir des millions d’ouvriers de la pauvreté, même s’il sait que ce ne sera pas facile: "Les travailleurs sont très enthousiastes. Ils savent que l’Asia floor wage est la solution, mais ils sont un peu inquiets du temps que prendra sa mise en place effective." L’essentiel est que "les ouvriers sentent enfin que leur travail est valorisé. Plus que l’aspect financier, ils ressentent de la fierté et de l’espoir, souligne, en conclusion, Anannya Bhattacharjee. L’Asia floor wage pourrait et devrait être applicable à d’autres secteurs. Tous les travailleurs de tous les secteurs devraient être concernés." Le changement est à portée de main, et il pourrait être global.

Source http://altermondes.org/spip.php?article1098
http://www.youphil.com/fr/article/06963-asia-floor-wage-salaire-ouvriers-asie?ypcli=ano
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