Le Mekong, Courants Contraires

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Le Mekong, Courants Contraires

Message  thanaka le Jeu 5 Nov 2009 - 12:03

Chine, Birmanie, Laos, Thaïlande, Cambodge : pour chacun des pays qu'il irrigue, le fleuve Mékong est l'objet d'enjeux importants et, peut-être, contradictoires.

Quelles seront les répercussions du fonctionnement des barrages hydroéléctriques dont la Chine a besoin, sur le régime hydraulique du lac Tonlé Sap, qui procure au Cambodge des ressources de pêche indispensables?

L'aménagement du bassin du Mékong fait-il l'objet d'une réflexion d'ensemble? Comment les intérêts des populations locales sont-ils pris en compte? Quels sont les bénéficiaires - et les victimes - des projets de développement?

Au fil d'un voyage de 4 mois sur le Mékong, Elsa Berthet & Romain Kosellek ont rencontré différents acteurs du développement : agriculteurs, pêcheurs, chercheurs, ONG.

Ils ont recueilli leurs réflexions sur le devenir de la région.

COURANTS CONTRAIRES est le fruit de cette investigation et expose, à travers un exemple spectaculaire, la problématique désormais universelle du partage des richesses naturelles et de leur préservation.



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Le Mékong n'est pas un long fleuve tranquille

Message  thanaka le Mer 2 Déc 2009 - 9:27



Le plus illustre des Corso-vietnamiens - ou des Vietnamo-corses ; que faut-il écrire ? -, Philippe Franchini, vient de commettre un bel album sur le Mékong. À dire vrai, son livre, illustré de photos de Lâm Duc Hiên, était paru il y a deux ans. Il ressort aujourd'hui à la faveur d'une exposition des photos du livre qui se tient sur les grilles du jardin du Luxembourg, à Paris, jusqu'au 6 janvier prochain.

Le Mékong prend sa source à 5 000 m d'altitude dans les hauteurs du Tibet, et se jette dans la mer de Chine en un vaste et fertile delta. Long de 4 800 km, il irrigue la Chine, le Laos, la Birmanie, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam. Autant dire que son cours permet à la fois de se familiariser avec la géographie de l'Asie, mais également avec ses croyances, ses mythes et de nombreux aspects de sa culture.

Tout a commencé en 1975, avec la victoire du Pathet Lao au Laos. Beaucoup de Laotiens, qui - pour employer un euphémisme — ne se sentaient guère d'affinités avec ce parti communiste, ont choisi l'exil. Ce fut le cas de la famille de Lâm Duc Hiên, d'origine vietnamienne, qui s'établit en France. Devenu photographe, le jeune homme, né en 1966, éprouve le besoin de découvrir les pays de ses ancêtres, et décide une expédition de l'embouchure aux sources du Mékong. Il l'a entreprise, appareil photo au poing, avec le souci, certes, de montrer les paysages - étonnants, et d'une grande variété -, mais surtout de rencontrer les hommes qui habitent le long du fleuve, en particulier les innombrables minorités de toutes sortes — ethniques, religieuses - qui y ont trouvé refuge, et tentent d'y survivre.

Ses photos constituent un intéressant carnet de voyage, qui ne donne qu'un regret : n'avoir pas les moyens d'accomplir soi-même pareille équipée. Pour autant, ses images demeurent, pour le non-initié, un peu superficielles. Il leur manque des explications sur le fleuve, ses habitants, son histoire, les croyances que les hommes y ont placées, les civilisations qui y ont vu le jour. C'est le propos du texte de Philippe Franchini qui, parallèlement à son jeune complice, propose à son tour de remonter du delta aux sources du Mékong.

Les différentes langues des pays qu'il traverse nomment différemment le grand fleuve : de la mer vers la source, on rencontre le « Fleuve des Neuf Dragons », les « Grandes Eaux », la « Mère des eaux », le « Fleuve Tumultueux », l'« Eau des Rochers ». Les images sont claires : sur les différentes portions de son cours, le Mékong n'a pas la même apparence, et n'est surtout pas perçu de la même façon par ses riverains. S'il apporte fertilité et prospérité aux plaines du Cambodge et du Vietnam, son débit turbulent le fait redouter des Chinois, qui n'ont eu de cesse, depuis le fond de leur histoire, de s'en écarter, de tenter de le dompter, de l'apprivoiser.

Le texte de Philippe Franchini est particulièrement précieux pour montrer comment ces réalités géographiques ont été converties dans la mythologie, et comment le fleuve a été, depuis des siècles, l'âme des régions qu'il irrigue.

Composer avec l'eau, pactiser avec elle, apprendre à vivre de l'eau, dans l'eau, malgré l'eau, y prélever des richesses sans l'épuiser, y cultiver la terre, accepter les autres que le fleuve fait également vivre, commercer avec eux, traverser, nager, sauter, prier, pêcher, manger, dormir, échanger : Philippe Franchini montre que pas un instant de l'existence, pas un seul de ses aspects, ne peut, sur les rives du Mékong, échapper à la loi du fleuve. Les enfants doivent apprendre à nager avant de pouvoir être inscrits à l'école. Les agriculteurs doivent en entretenir canaux et digues pour cultiver leurs terres. Les pêcheurs doivent s'accommoder des courants et des rapides. Les moines doivent pactiser avec les puissances de l'eau, se les concilier, et édifier leurs temples en accord avec elles. Les commerçants doivent savoir vivre dans des villages de barques et marchander sur des marchés flottants.

Et les Chinois, qui ont cru pouvoir s'affranchir du respect dû au grand fleuve, et qui ont construit plusieurs barrages hydroélectriques pour développer le Yunnan, sont en train, peu à peu, de découvrir leurs erreurs : le Mékong est plus fort que les hommes, plus durable qu'eux, encore plus puissant, plus persévérant et plus vicieux qu'eux.

Ce très beau livre, dense et riche, vaut effectivement, comme l'indique son sous-titre, par l'épaisseur des histoires humaines qui y sont racontées. Car si le fleuve, aussi majestueux et rempli de mythes soit-il, est un personnage important, il demeure subalterne par rapport aux hommes qui vivent sur ses rives.
Ces hommes et ces femmes, en définitive, qui sont la véritable matière de ce livre, augmentent encore l'envie que l'on pourrait avoir d'à son tour accomplir un si beau voyage.
En attendant, le livre de Philippe Franchini permet de se préparer à succomber à cette envie.

Source http://info.club-corsica.com/cul_123_001.html

Livre sur Amazon http://u.nu/9wg34
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La vie n’est plus un long fleuve tranquille

Message  thanaka le Mer 20 Jan 2010 - 12:01

Les projets de barrages se multiplient sur le Mékong. Le développement économique compromet l’avenir des pêcheurs et de la vie traditionnelle le long des rives, comme le rapporte le New York Times.

Un pêcheur thailandais sur le Mékong, non loin de la frontière avec le Laos


Des paniers de poissons, des villageois qui se baignent, un marché de produits de la jungle : tels sont les souvenirs d’enfance que Pornlert Prompanya conserve du fleuve sauvage qu’était alors le Mékong. Aujourd’hui, cet homme de 32 ans organise des croisières pour les touristes sur un Mékong qui offre un spectacle totalement différent : à Sop Ruak, à la frontière avec la Thaïlande et le Myanmar, un casino flambant neuf surmonté d’un dôme doré accueillent les flambeurs descendus de leur limousine.

Le fleuve connaît une rapide métamorphose, du fait de la croissance économique, des besoins de la région en électricité et du transport des marchandises. Même s’il a été épargné par la pollution qui gangrène beaucoup d’autres fleuves d’Asie, le Mékong n’est plus le cours d’eau tranquille qu’il était il y a plusieurs siècles.

La Chine a déjà construit trois barrages, et le quatrième, en cours de réalisation, sera le plus haut du monde. Le Laos projette de construire sur le Mékong et ses affluents un si grand nombre de barrages hydroélectriques – soixante-dix projets, dont sept ont déjà été menés à bien – que les autorités parlent de faire du pays la “pile de l’Asie”. Enfin, le Cambodge prévoit de construire deux barrages. Le rêve des colons français d’utiliser le fleuve comme une porte d’entrée vers la Chine est en partie réalisé : après le dynamitage par des ingénieurs chinois d’une série de rapides et de rochers au début des années 2000, le commerce fluvial entre la Chine et la Thaïlande a augmenté de près de 50 %. Les écologistes craignent que ces projets anéantissent les sources de revenus des habitants qui vivent du Mékong depuis des siècles. Les aspects les plus controversés des barrages sont leurs effets sur les poissons migrants et la riziculture dans le delta, au Vietnam, où sont concentrées plus de la moitié des cultures du pays. L’agriculture du delta est en effet tributaire du limon, riche en éléments nutritifs, que les barrages chinois retiennent. Selon des spécialistes, les nouveaux barrages bloqueront une proportion encore plus importante du limon ainsi que de nombreuses variétés de poissons, nuisant à une activité piscicole que la Commission du Mékong, un organe consultatif créé en 1995 par les gouvernements du Cambodge, du Laos, de la Thaïlande et du Vietnam, estime à 2 milliards de dollars.

Selon une étude réalisée en 2006, parmi les centaines d’espèces de poissons qui peuplent le fleuve, 87 % sont migrants.

“Les barrages posent d’énormes problèmes aux 60 millions de personnes qui vivent dans le bassin du Mékong”, souligne Milton Osborne, chercheur invité à l’Institut Lowy pour la politique internationale, à Sydney, et auteur de plusieurs ouvrages sur le Mékong. “Les gens sont fortement tributaires du fleuve.” Selon certains analystes, la multiplication des barrages sur le Mékong pourrait engendrer un conflit international. Des mouvements de citoyens thaïlandais sont mécontents de l’indifférence apparente de la Chine aux conséquences de ses travaux pour les populations qui vivent en aval.

Ni la Chine, ni le Myanmar – les deux pays situés les plus en amont – ne sont membres de la Commission du Mékong, ce qui les dispense de l’obligation de consulter d’autres pays sur des questions comme la construction de barrages et le partage de l’eau. Et pourtant, pour l’heure, les barrages ne sont un sujet de préoccupation nationale dans aucun des pays traversés par le fleuve. Ils n’ont donné lieu à aucun grand mouvement de protestation, et pour beaucoup de peuples de la région ils sont même symbole de progrès. Le développement du Mékong est également l’expression d’une Asie nouvelle, enfin débarrassée des conflits idéologiques paralysants. Pour Pornlert Prompanya, dont le village d’enfance est devenu une ville accueillant les touristes dans des hôtels et des restaurants de luxe, les aspects négatifs semblent néanmoins l’emporter sur les positifs. Le fleuve, dit-il, se comporte de façon imprévisible, il est devenu plus difficile de prendre du poisson et il n’est pas agréable de se baigner, car le cours d’eau est “trop sale et trop pollué”. “Autrefois, le niveau de l’eau variait suivant les saisons”, ajoute-t-il. “Aujourd’hui, il dépend de la quantité d’eau dont la Chine a besoin.”

source http://www.courrierinternational.com/article/2010/01/20/la-vie-n-est-plus-un-long-fleuve-tranquille
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Re: Le Mekong, Courants Contraires

Message  Sam_Sallung le Mer 20 Jan 2010 - 12:21

Sujet explosif le Maenam Khong;
les vietnamiens qui ont toujours foutu la patee aux chinois aimeraient remettre ca a nouveau si ceux-ci persistent a barrer le Mekong de multiples barrages;
car si ca continue ainsi, le Mekong ne se jettera plus dans la mer mais s'eteindra quelque part entre le Cambodge et le Vietnam.

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le Mékong frappé par la sécheresse

Message  Admin le Ven 26 Fév 2010 - 9:05

HANOI - Le Mékong est à plusieurs endroits à des plus bas depuis des décennies, une menace pour l'approvisionnement en eau, les systèmes d'irrigation et de navigation de millions de personnes vivant dans le bassin de ce fleuve d'Asie du Sud-Est, a averti vendredi un organisme régional.

Le nord de la Thaïlande, du Laos, le sud-ouest de la Chine sont surtout affectés, selon la Mekong River Commission (MRC), organisme intergouvernemental regroupant Thaïlande, Laos, Cambodge, Vietnam et traitant des questions de pêche, agriculture, environnement, transport et débit liées au fleuve.

A plusieurs endroits du Mékong au Laos et en Thaïlande, les mesures sont encore plus basses qu'en 1993, année qui avait suivi une extrême sécheresse régionale, poursuit la MRC. Dans le sud-ouest chinois, des plus bas en 50 ans ont été enregistrés.

Le Mékong prend sa source en Chine, traverse le Laos, lui sert de frontière avec la Birmanie et la Thaïlande, avant de poursuivre son cours aux Cambodge et de se jeter dans la mer dans le sud du Vietnam.

Selon la MRC, plus de 60 millions de personnes vivant au Laos, en Thaïlande, au Cambodge et au Vietnam dans le bassin du Mékong dépendent du fleuve pour leur alimentation, transport, activité économique.

Pour Jeremy Bird, chef du secrétariat de la MRC, joint par téléphone au Laos, la saison des pluies a été particulièrement faible l'an dernier à Vientiane, la capitale du Laos, et a été suivie par des précipitations inférieures à la moyenne. "La pluviosité en Chine est aussi extrêmement basse".

Selon le quotidien anglophone Bangkok Post, des ONG thaïlandaises sont aussi persuadées que les barrages construits en amont en Chine ne sont pas étrangers à la situation. La critique est récurrente dans la région.

La MRC n'a jusqu'ici reçu aucune requête officielle de la Thaïlande, affirme M. Bird. Mais si une demande survenait, la Commission serait prête à discuter avec la Chine de la possibilité de libérer des eaux des barrages, assure-t-il.

Au Cambodge, les données ne sont pas aussi alarmantes. Mais plus au nord, "les débits vont probablement continuer à diminuer pendant encore un mois", met en garde le responsable.

©️AFP 26 février 2010
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la Chine accusée de retenir l'eau du Mékong

Message  Admin le Ven 5 Mar 2010 - 7:08

vendredi 05 mars 2010
Une sévère sécheresse commence à faire sentir ses effets sur les différentes régions de Thaïlande alors que les températures devraient atteindre 43°C d'ici les prochaines semaines, selon le bureau météorologique thaïlandais. Les péniches et cargos ne peuvent plus circuler sur le Mékong dû à une chute drastique du niveau des eaux, et certains fermiers ont commencé à se battre entre eux pour l'approvisionnement en eau. Selon le sénateur Prasarn Maruekapitak, directeur d'un sous-comité travaillant sur le développement du bassin Mékong, cité hier par le Bangkok Post, le niveau de l'eau du fleuve du côté de Chiang Rai a chuté de 1,5 mètre entre le 24 janvier et le 23 février. Le transport des marchandises qui se faisait auparavant en bateau entre la Chine, le Laos et la Thaïlande est désormais effectué par voie routière. Le bureau des douanes de Chiang Rai a notamment révélé que le nombre de camions-remorques transportant des conteneurs de frêt sur la route R3A, qui relie la Thaïlande à la Chine, a explosé à 50 par jour, contre 50 par mois quelques semaines auparavant. Le sénateur Prasarn a par ailleurs cité plusieurs rapports qui accusent la Chine de stocker de l'eau dans ses barrages construits en amont. "Le gouvernement devrait envisager de négocier avec la Chine pour libérer plus d'eau", a-t-il déclaré.

source www.lepetitjournal.com
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Re: Le Mekong, Courants Contraires

Message  Sam_Sallung le Ven 5 Mar 2010 - 10:34

Ne melangeons pas tout.

Depuis...bien avant ma naissance; (on peut meme remonter a bien longtemps avant JC sans vraiment se tromper).
La secheresse, c'est tous les ans qu'elle existe en Thailande entre fevrier et milieu mai.
Par contre les barrages chinois sur le Mekong n'existent, eux, que depuis quelques annees.

Je ne sais plus qui l'a ecrit au 20* siecle:
"les prochaines guerres seront des guerres pour la possession de l'eau";
on en a une qui perdure depuis deja 50 ans pour cette raison essentielle: celle du Moyen Orient entre Israel et les pays musulmans, Palestine en tete. Tout le monde pense que c'est une guerre de religion mais la raison essentielle est :
Qui va avoir le controle de l'eau en Palestine?

Il y en a une autre qui se trouve pour le moment sur le bureau d'un juge federal en Californie suite a une plainte du Mexique..meme motif..La Californie pompe tellement d'eau dans le Colorado qu'un jour peut-etre pas si lointain il ne se jettera plus dans la mer au Mexique.

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La Thaïlande demande l'aide de la Chine pour gérer la sécheresse du Mékong

Message  Admin le Mar 9 Mar 2010 - 5:46

La Thaïlande va demander de l'aide à la Chine afin de gérer le faible niveau de l'eau record dans le Mékong, duquel dépendent plus de 60 millions de personnes, a déclaré dimanche le Premier ministre Abhisit Vejjajiva. "Nous allons demander au ministre des Affaires étrangères de parler avec les représentants chinois en termes de co-opération et de gestion des systèmes [hydrauliques] de la région", a-t-il expliqué lors de son émission télévisée hebdomadaire. Le gouvernement thaïlandais a été poussé ces dernières semaines par des activistes locaux à engager le dialogue avec Pékin sur la situation du Mékong. Selon la Coalition pour la sauvegarde du Mékong, qui regroupe plusieurs groupes de défense environnementaux et des collectivités riveraines du fleuve, cette exceptionnelle baisse du niveau de l'eau serait causée par les barrages chinois. Mais Jeremy Bird, directeur général du secrétariat de la Commission de la rivière Mékong (MRC), pointe plutôt du doigt les pluies extrêmement faibles au Laos et en Chine. Les niveaux de l'eau sont les plus bas depuis 20 ans, selon la MRC, qui a annoncé que l'approvisionnement en eau, l'irrigation et la navigation des bateaux étaient désormais en danger.

www.lepetitjournal.com
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L'âme des embarcations du Mékong

Message  Admin le Sam 13 Mar 2010 - 7:15

Comme l'amiral Pâris, dont elle se veut l'une des héritières scientifiques, Laura Bogani, chercheuse italienne aux multiples casquettes (ethnologue, historienne, architecte navale et graphiste), aime le terrain. Pendant plus de deux ans, au milieu des années 1990, elle est partie dans le bassin du Mékong, pour tenter de "sauver la mémoire" des bateaux de l'Asie du Sud-Est. Ses croquis et ses aquarelles ont été choisis pour être exposés à côté de ceux du marin français.

"Au Vietnam, le bateau est considéré, encore aujourd'hui, comme un être qui possède une âme, décrit l'ethnologue. Après le calfatage, les marins posent des yeux, ronds ou en amande, à sa proue pour signifier cette spiritualité." Grâce à eux, les navigateurs ne craignent pas les embûches sur le fleuve ou en mer, à l'instar des bancs de sable, par exemple.

Mais combien de temps ces rituels vont-ils perdurer ? Les pirogues monoxyles (construites à partir d'un seul tronc d'arbre) ont peu à peu laissé la place à des bateaux de charge plus large pour le transport de briques ou de la canne à sucre. De la voile, on est aussi passé au moteur. Et le bois est de plus en plus délaissé au profit de coques en plastique et en acier. "Actuellement, beaucoup de bateaux en bois magnifiquement décorés, pourrissent, faute d'entretien", regrette-t-elle.

Laura Bogani en a donc minutieusement dressé et reproduit les plans afin que cette tradition navale puisse perdurer : "Le Mékong est un fleuve à méandres où il faut parfois affronter tourbillons et rapides. Les nouveaux bateaux en acier sont moins maniables, manquent de souplesse par rapport aux anciens en bois. Et se montrent donc plus dangereux."

Au Laos, aux yeux peints de part et d'autre de l'étrave, les marins préfèrent les offrandes pour protéger leurs embarcations des esprits mauvais : "Dès que le bateau approche des rapides du fleuve, le rituel ancestral consiste à lancer par-dessus bord des fruits et des boulettes de riz gluant pour apaiser et remercier les génies des eaux." "Ces traditions, ajoute-t-elle, appartiennent au patrimoine de l'humanité. L'amiral Pâris était un visionnaire."

Marie-Béatrice Baudet

source http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/03/12/l-ame-des-embarcations-du-mekong_1318250_3244.html
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Re: Le Mekong, Courants Contraires

Message  Admin le Ven 2 Avr 2010 - 9:20

The once mighty Mekong river is at a 50 year low in parts of Thailand and Laos.

Chinese companies have started construction on two hydroelectric dams in Cambodia, one on a tributary of the Mekong River.

The government though has much to lose by being too critical of China which continues to pump billions of dollars into Cambodias infrastructure.

Nations around the Mekong are meeting in Thailand to discuss the vital river's low water levels.

Al Jazeera's Wayne Hay went to northern Cambodia where the lack of water is affecting people's livelihoods.