Cambodge - Même un oiseau a besoin de son nid - Boeung Kak -

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Cambodge - Même un oiseau a besoin de son nid - Boeung Kak -

Message  Admin le Sam 30 Jan 2010 - 8:13



A multi-media slideshow presentation about the filling in of the Boeung Kak lake in central Phnom Penh. This development will see the forced eviction of over 4,250 families and will constitute the single largest displacement of people since Pol Pot evacuated Phnom Penh in 1975.

Those evicted are offered hugely inadequate compensation deals which include being relocated to sites without running water, electricity, proper sanitation or healthcare, or access to work or education.

The developer, a powerful CPP senator personally holds over 7.5% of the countries land mass in Economic Land Concessions.

The environmental impact of filling in one of the last natural water catchments in a city already prone to flooding is still unknown, coupled with the dredging of sand from the bed of the Mekong river and Tonle Sap it could have grave environmental implications for Phnom Penh.


Dernière édition par Admin le Jeu 23 Aoû 2012 - 5:16, édité 1 fois
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A Phnom Penh, la dernière bataille des riverains de Boeung-Kak

Message  Admin le Jeu 27 Oct 2011 - 5:22

Au cœur de la capitale cambodgienne, quelques familles résistent aux appétits d’une puissante société immobilière liée à la famille du premier ministre Hun Sen, qui veut les expulser pour construire des centres commerciaux.


La société Shukaku a obtenu, de la municipalité de Phnom Penh, un terrain de 133 hectares comprenant le lac naturel Boeung Kak et les quartiers environnant, pour quatre-vingt dix-neuf ans.

Fait exceptionnel, la Banque mondiale a suspendu tout nouveau prêt au Cambodge au début du mois d’août en attendant une issue favorable pour les riverains.

Ils ont installé des planches pour retarder la montée du niveau de la boue dans leur maison. Depuis la mi-journée, des employés de la société Shukaku déversent des milliers de mètres cubes d’eau trouble dans le quartier de Boeung Kak pour faire fuir les occupants de cette habitation. Narin, le chef de famille, patauge dans l’unique pièce de son logement. Il a de la boue jusqu’à mi-mollet.

« Si la société me dédommageait à hauteur de 30 000 dollars (22 000 €), j’accepterais de partir », précise cet homme de 48 ans. « Trois enfants en bas âge vivent dans cette maison, s’inquiète Tep Vanny, une représentante des riverains de Boeung Kak. Nous craignons qu’il y ait un accident si le niveau d’eau continue à monter. » Malgré le danger, Narin et son épouse décident de passer la nuit à leur domicile. « S’ils partent, les pelleteuses détruiront leur maison », explique une voisine.

Des centaines de curieux affluent. Ils semblent se demander combien de temps la baraque en bois, telle un radeau au milieu de sables mouvants, restera debout. Haut-parleur à la main, des voisins crient leur colère aux ouvriers de l’entreprise Shukaku qui ouvrent des vannes, manœuvrent des pelleteuses et déplacent des camions-bennes. Les résistants de Boeung Kak semblent cernés mais ils continuent à se battre.

Leur combat n’est pas nouveau. Début 2007, la municipalité de Phnom Penh annonce qu’elle cède à la société Shukaku, pour quatre-vingt dix-neuf ans, 133 hectares de terrains, comprenant le lac naturel Boeung Kak et les quartiers environnant. L’entreprise semble vouloir construire des immeubles et des centres commerciaux. Fin août 2008, elle commence à remblayer le lac sous haute protection policière. Quatre mille familles vivent là. Beaucoup pêchent dans le réservoir naturel. La majorité d’entre elles sont expulsées.

« LE PROBLÈME, C’EST LA CORRUPTION »
En guise de compensation, certaines empochent l’équivalent de 6 400 €. Impossible d’acquérir une maison dans la capitale avec cette somme modique. D’autres familles reçoivent un appartement de 48 m2 ; à 20 km de là, en banlieue, où les emplois sont rares. Souvent, elles préfèrent revenir en ville, y louer un modeste logement, pour y exercer un petit métier.

Ces expulsions sont illégales. « La loi foncière de 2001 interdit au gouvernement de céder un lac naturel et d’en modifier sa forme, détaille Am Samath, coordinateur pour la Licadho, la Ligue cambodgienne pour la promotion et la défense des droits de l’homme. Le fait de détruire des logements sans décision de justice est contraire à notre Constitution et notre système judiciaire. »

Persuadés de leur bon droit, une poignée de jusqu’au-boutistes ont saisi la justice pour protester contre la démolition de huit maisons, mi-septembre. Les riverains avaient alors été sauvagement battus par la police alors que des excavateurs réduisaient leurs biens en poussière. « Leur bataille judiciaire est perdue d’avance, tranche Sia Phearum, directeur de l’association Housing Rights Task Force. Nous avons appris des expériences passées que les pauvres perdent toujours en justice. Le problème, c’est la corruption. Le propriétaire de la société Shukaku est sénateur. Sa femme est très proche de la femme du premier ministre. » Sia Phearum s’attend à ce que les quelque 800 familles restantes de Boeung Kak soient expulsées un jour ou l’autre, sans doute après les élections de 2013.

À Boeung Kak, on se serre les coudes. Ceux dont les maisons ont été écrasées se sont réfugiés sous des tentes. Ils en ont bariolé les toiles de messages d’appel au secours. « Mon âme s’est envolée, je suis vidé », sanglote Hey Pisey, 35 ans, en montrant une photographie d’un tas de gravats, les décombres de sa maison. Assise au milieu des ruines, sous un abri, elle est soutenue moralement par ses voisines.

BRAS DE FER AVEC LA BANQUE MONDIALE
Les expulsés les plus fortunés reconstruisent à la va-vite un toit, là où Shukaku a déjà tout rasé. « Je n’ai pas peur qu’ils cassent à nouveau les murs que je rebâtis. Je leur enverrai la facture s’ils osent le faire », menace un homme de 41 ans, truelle à la main. Une façon de montrer sa détermination. Mais que vaut-elle ? Pas grand-chose. Les autorités locales de Phnom Penh ont demandé à la justice de convoquer six activistes du quartier. Ils risquent un à six mois de prison pour des insultes et des menaces qu’ils auraient proférées contre un représentant de la municipalité.

Délaissés, les récalcitrants de Boeung Kak ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour défendre leur terre. À tour de rôle, ils montent la garde, la nuit, pour protéger leurs biens. Ils sont prêts à donner l’alerte si un bulldozer s’approche. « Il y a quelques jours, des hommes de la société sont venus tirer quatre coups de feu vers minuit, témoigne une expulsée, réfugiée sous une tente. Ils voulaient nous faire peur. Je suis prête à rester ici même s’ils devaient me tuer. »

La décision est exceptionnelle : début août, la Banque mondiale a suspendu tout nouveau prêt au gouvernement cambodgien. Elle a indiqué qu’elle réviserait sa position en cas d’accord entre les autorités et les résidents de Boeung Kak. Il est rare que les grandes institutions financières conditionnent ainsi leur aide. La Banque mondiale soutient une vingtaine de projets de développement au Cambodge, pour un investissement de plus de 400 millions de dollars.

Le gouvernement cambodgien a déclaré qu’il « n’avait plus de reconnaissance » envers l’institution, dont l’aide n’est pas « appropriée » . Phnom Penh a perdu la face. Le premier ministre cambodgien a ensuite signé un sous-décret pour assurer 779 familles de Boeung Kak qu’elles pourraient rester sur une parcelle de 12,44 hectares. Mais depuis, les autorités ont laissé la société Shukaku détruire de nouvelles maisons.

Jérôme BORUSZEWSKI, à PHNOM PENH

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/A-Phnom-Penh-la-derniere-bataille-des-riverains-de-Boeung-Kak-_EG_-2011-10-25-727626
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Un film coup de poing sur les évictions au Cambodge

Message  Admin le Jeu 23 Aoû 2012 - 5:17

Un documentaire filmé en 2011-2012 et prochainement diffusé raconte l’histoire du combat des femmes du lac Boeung Kak à Phnom Penh pour garder leurs maisons.

« Même un oiseau a besoin de son nid » est l’histoire d’une rencontre. Celle du couple Christine Chansou-Vincent Trintignant-Corneau et de la charismatique Tep Vanny et d’autres femmes du lac Boeung Kak, dans le centre de la capitale cambodgienne. Ce qui était auparavant un des lieux les plus populaires et charmants de la ville ressemble désormais à une mer de sable, vidée de la majorité de ses habitants et prête à accueillir un projet immobilier controversé, résultat de la cupidité des investisseurs et du soutien des autorités. Vincent Trintignant-Corneau connaissait ce quartier de Phnom Penh. Il y retourne en 2009 pour le repérage d’un téléfilm, et là, c’est le choc : stupéfait, il découvre un énorme tas de sable, l’eau qui monte et les maisons qui s’écroulent. « On nous a interdit de tourner sur place. L’argument au téléphone d’un des proches de Lao Meng Khin [le sénateur proche du pouvoir directeur de la compagnie qui a obtenu l’exploitation du site] m’a interpellé : ‘vous êtes sur une propriété privée, ces rues sont à nous, ces maisons sont à nous, ces gens sont à nous, partez immédiatement’ », raconte-t-il en exclusivité à Asie-Info.

L’idée de tourner un documentaire commence à germer. Le couple retourne alors à Phnom Penh et commence à rencontrer ceux qui deviendront les protagonistes du film. « En deux rencontres et quelques heures d’interview, une complicité forte et évidente est née avec ces femmes. Nous avons compris l’urgence et avons eu un vrai coup de cœur. Nous avons pris le risque de mettre notre propre argent en jeu pour tourner immédiatement », poursuit Christine Chansou. C’est surtout Tep Vanny qui les impressionne tout au long du tournage, au rythme des manifestations parfois houleuses, par son courage, sa détermination, sa dignité et son humilité. « Elle a quelque chose de ces femmes assoiffées de justice qui laissent une trace indélébile, elle a montré lors de son incarcération qu’elle irait au bout de ce combat. Elle représente un immense espoir pour le Cambodge, son charisme résonne en dehors des frontières », reprennent-ils en chœur, évoquant l’emprisonnement d’un mois et trois jours de la meneuse et de douze autres femmes du lac avant leur libération fin juin.

Le documentaire, qui donne également la parole à la députée d’opposition Mu Sochua et au Premier ministre Hun Sen, frappe par l’énergie et l’émotion qu’il dégage. Le coup de projecteur sur ce quartier de Phnom Penh met en exergue le problème sensible et d’actualité des conflits fonciers au Cambodge, conséquences tragiques du développement dans les pays les moins avancés économiquement. Le film, qui sera diffusé à la rentrée en France sera également présenté dans des festivals du monde entier, comme celui de Maputo au Mozambique, où les évictions font également rage. Il bénéficie du soutien et du label d’Amnesty International France.



http://asie-info.fr/2012/08/23/un-film-coup-de-poing-sur-les-evictions-au-cambodge-58418.html
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Re: Cambodge - Même un oiseau a besoin de son nid - Boeung Kak -

Message  Admin le Dim 28 Oct 2012 - 8:30



Entretien avec Vincent Trintignant Corneau, producteur et réalisateur du documentaire "Même un oiseau a besoin de son nid" - Par Camille Sarret pour Terriennes, le site de TV5MONDE dédiée à l'actualité des femmes dans le monde.




interview de Tep Vanny, l'une des figures qui anime la résistance des communautés du lac Boeung Kak au centre de Phnom Penh, contre les menaces d'expulsions forcées.

FESTIVAL CINÉMA ET DROITS HUMAINS - 3e édition, 7 au 13 novembre 2012
http://www.cinema-droits-humains.org/


Samedi 10 novembre 2012 à 20h
Avant-première, en présence des réalisateurs.
Ce film a reçu le soutien d’Amnesty International.
Cinéma Saint-André-des-Arts


Réalisation : Christine Chansou, Vincent Trintignant-Corneau

Lorsque les multinationales veulent expulser les habitants du district pauvre Boeung kak de Phnom Penh pour des projets immobiliers, tous les coups sont permis, même les pires. Mais la résistance s’organise… Un film sans concession tourné au plus près des habitants de la capitale cambodgienne.

La projection sera suivie d’un débat en présence des réalisateurs.

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La militante Tep Vanny récompensée à l’étranger

Message  Admin le Lun 5 Nov 2012 - 13:47

L’infatigable Tep Vanny, qui lutte contre les expulsions forcées de l’ex-lac Boeung Kak de Phnom Penh recevra aux États-Unis le prix d’une ONG internationale.



Figure de proue des femmes qui se battent contre les expulsions du lac Boeung Kak de Phnom Penh, à présent entièrement remblayé pour les besoins d’un gigantesque projet immobilier, Tep Vanny se rendra en avril 2013 à Washington pour y recevoir le prix de l’ONG Vital Voices Global Partnership, qui récompense le combat des femmes pour la paix, écrit le Phnom Penh Post du 5 novembre. Le 27 juin, cette mère de 32 ans avait été libérée avec 12 autres femmes de sa communauté après un mois et trois jours passés en prison pour avoir manifesté pacifiquement contre ces expulsions. Malgré la prison, les menaces et les attaques dont elle a été victime, la « passionnaria du lac » n’a jamais abandonné le combat et se montre fière de la reconnaissance internationale dont elle fait aujourd’hui l’objet.

« J’espère que cette récompense aidera à promouvoir mon travail », se réjouit-elle. « Je suis sûre qu’elle m’inspirera à faire encore plus pour ma communauté et d’autres communautés vulnérables du Cambodge ». L’ONG Vital Voices Global Partnership, qui va récompenser Tep Vanny, est née de Vital Voices Democracy Initiative, organisation co-fondée en 1997 par l’actuelle secrétaire d’État américaine Hillary Clinton. La libération des « 13 du Boeung Kak », condamnées initialement à deux ans et demi de prison après un procès bâclé en trois heures, avait pu se faire grâce à une campagne de soutien tous azimut à laquelle Hillary Clinton avait activement participé. « Je voudrais remercier Hillary Clinton d’aider notre communauté », ajoute Tep Vanny. « Cette récompense montre que nos exigences sont légitimes ».

Une pétition lancée par Amnesty International France circule actuellement sur internet pour réclamer au Premier ministre Hun Sen la fin des expulsions forcées au Cambodge. On y découvre une vidéo de Tep Vanny qui explique son combat. L’objectif est d’atteindre les 10.000 signatures. Tep Vanny sera également invitée en mars prochain à Amsterdam, aux Pays-Bas, au festival international « Movies that Matter » (« Les films qui comptent »), qui présente cette année 70 films et documentaires ayant les droits de l’Homme comme thème commun. Tep Vanny est, en effet, au cœur d’un film qui lui est consacré, « Même un oiseau a besoin de son nid », de Vincent Trintignant-Corneau et Christine Chansou, qui avaient filmé sa lutte au quotidien pendant plusieurs mois au Cambodge.

http://asie-info.fr/2012/11/05/cambodge-la-militante-tep-vanny-recompensee-a-letranger-512822.html
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