Bonheur, prospérité, longévité ! Nouvel an chinois !

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Bonheur, prospérité, longévité ! Nouvel an chinois !

Message  Admin le Jeu 11 Fév 2010 - 10:57

Mystérieux et fascinant Nouvel An chinois, qui arrive à une date chaque fois différente… Déterminé suivant un calendrier luni-solaire, et basé sur un cycle de soixante années, le Nouvel An chinois, qui trouve son équivalent au Viet Nam avec la fête du Têt, est ancré à la fois dans le passé, le présent et l’avenir. Extraordinairement riches de rituels et de traditions, dont la signification se trouve toujours dans les légendes anciennes, et auxquels on y ajoute une grande proportion de symbolisme et de poésie, presque de magie, les Nouvel An chinois et vietnamiens ont cependant chacun leurs particularités, qui font d’eux des fêtes fortement imprégnées de leurs cultures respectives.

Toute l’Asie de l’est ne fêtera pas l’entrée dans l’année du Tigre le 14 février 2010. Ce ne sera le cas que pour le Viet Nam et la Chine, qui suivent la tradition bouddhiste du « Grand Véhicule ». Le Cambodge, la Thaïlande et le Laos suivent l’autre tradition bouddhiste, celle du « Petit Véhicule », qui a fixé de façon définitive la date du Nouvel An le 13 avril. Officiellement, la Chine a adopté en 1912 notre calendrier grégorien, qui fixe donc le Nouvel An au premier janvier. C’est pourquoi, en Asie, le Nouvel An est désormais plutôt nommé la Fête du Printemps, en cela qu’elle annonce, surtout au Viet Nam où le climat est globalement plus chaud, l’arrivée de cette saison.

Douze animaux et cinq éléments.

Lorsque Bouddha convia les animaux à venir le rejoindre pour fêter avec lui le Nouvel An, seuls douze d’entre eux répondirent à son invitation. Ils arrivèrent dans un ordre très précis. Tout d’abord le rat, puis le buffle, le tigre, le lièvre, le dragon, le serpent, le cheval, la chèvre, le singe, le coq, le chien, et enfin le cochon, le plus flegmatique de tous. En réalité, le buffle était arrivé le premier, mais le rat, malin comme un singe, s’était posé sur son dos. Au dernier moment, il fit un bond, le dépassa, et se présenta donc devant le Bouddha avant son compagnon de route. L’animal fit pire encore : il mentit au chat en lui racontant que le rassemblement aurait lieu plus tard. Le chat partit donc bien après les autres et arriva treizième. C’est pour cette raison qu’il n’apparaît pas dans l’astrologie chinoise. En revanche, il a été réhabilité au Viet Nam, où il remplace le lièvre dans le calendrier. Et c’est depuis ce jour que le rat et le chat sont ennemis jurés. C’est également depuis ce jour que, suivant une promesse faite par Bouddha aux animaux venus le rejoindre, un animal est mis à l’honneur chaque année, suivant scrupuleusement l’ordre d’arrivée des douze animaux de la légende.

Pour résumer la manière dont l’année est déterminée dans le calendrier traditionnel chinois, ces douze animaux (dont l’un mythique, le dragon) forment une phase, qui se renouvelle, une fois achevée et en se combinant aux « cinq éléments », à l’intérieur du cycle de soixante années. Le cycle dans lequel nous nous trouvons a débuté en 1984 et s’achèvera donc en 2044.

Entrent donc également en jeu dans cette roue du temps les cinq éléments que sont le bois, l’eau, la terre, le métal et le feu. Sans que l’on sache exactement pourquoi, les cycles d’apparition de ces éléments peuvent être différents en Chine et au Viet Nam. Par commodité, nous retiendrons ici le système chinois. Cette année, la Chine fêtera le Tigre de Métal. Chaque élément est, de plus, associé à une couleur. Le bois est vert, l’eau est noire, la terre est ocre ou jaune, le métal est blanc et le feu est rouge. On nomme parfois l’année en citant l’animal suivi uniquement de la couleur de référence de l’élément associé. Cette nouvelle année qui débute le 14 février 2010, et que plus du quart de la population mondiale (sans compter celle du Viet Nam) fêtera, est donc celle du tigre blanc.

Cette utilisation en Chine des cinq éléments, et leurs relations entre eux rappelle étrangement la croyance de certains philosophes grecs de l’Antiquité, dits « philosophes de la nature », pour qui tout découlait soit d’un seul élément, tel Thalès qui pensait que l’eau était à l’origine de toute chose, ou de combinaisons de plusieurs éléments de la nature, tel Empédocle qui conçut le monde comme étant plutôt l’alliance de quatre éléments primitifs : la terre, l’air, le feu et l’eau qui, en se combinant, donnaient naissance à tout ce qui existait sur Terre.

Il ne faut cependant pas chercher à créer trop d’analogies entre les théories de ces philosophes et le système des cinq éléments du calendrier chinois. Ces cinq éléments n’ont en effet pas de caractère créateur sur les autres choses du monde, mais seulement des relations d’engendrement ou de destruction. Ainsi, le bois engendre le feu, qui engendre la terre, qui engendre le métal, qui engendre l’eau qui finalement engendre le bois. L’eau détruit le feu, etc.

Ces cinq éléments du calendrier chinois ont également été choisis en fonction des cinq planètes principales de notre système solaire, que les astronomes observaient dans la Chine ancienne. Le bois est associé à Jupiter, l’eau à Mercure, la terre à Saturne, le métal à Vénus et le feu à Mars.

Le calendrier chinois est donc basé sur les connaissances en astronomie, ce qui le rapproche de notre vision occidentale, mais également sur des facteurs culturels et spirituels.

Le rapport au temps des humains est également différent en Asie et en Occident. Au Viet Nam, la tradition ancienne veut que l’on fête son anniversaire le jour du Nouvel An. En Chine, on le fête le septième jour suivant la nouvelle année. De plus, on commence à décompter l’âge à partir de la date de procréation et non à partir de celle de la naissance. Ainsi, un enfant né un mois avant la Fête du Printemps aura officiellement deux ans après la fête, alors qu’il n’aura en réalité, selon notre conception occidentale du monde, que quelques semaines de vie derrière lui.

Du fait de la combinaison de nombreux facteurs, les calculs pour déterminer la date du Nouvel An sont très compliqués, cependant, le Nouvel An tombe systématiquement entre le 21 janvier et le 20 février inclus. Bien entendu, toutes les célébrations liées à celles du Nouvel An ont par conséquent des dates variables. Il en va ainsi de la Fête du Dieu du Fourneau (dont nous verrons l’explication plus loin), qui a lieu quelques jours avant la Fête du Printemps, ou de la Fête des Lanternes, qui clôture quelques jours plus tard les festivités.

De même, les autres fêtes chinoises de l’année, comme la fête de la mi-automne, durant laquelle on déguste les délicieux petits Gâteaux de Lune (en vente dans les pâtisseries asiatiques du treizième arrondissement de Paris), ou la fête des bateaux-dragons, ont des dates de célébration variables selon les années.

Les célébrations précédant la Fête du Printemps.

Les célébrations du Nouvel An commencent, en Chine comme au Viet Nam, par un nettoyage complet et approfondi de la maison, qui a lieu normalement le vingtième jour du douzième mois lunaire, quelques jours avant la Fête du Printemps, donc. On dit en Chine que l’on « balaye l’ancien pour accueillir le nouveau ».

Au Viet Nam, si la maison est soigneusement nettoyée en prévision des festivités, le balai devient un élément tabou à ne pas utiliser le jour du Têt (de son nom complet et exact, tel qu’il a été trouvé sur internet : « Lễ Tết Nguyên Ðán », -avec le ‘d’ barré qui se prononce ‘ye’-, qui signifie Fête du Premier Jour, d’autres fêtes traditionnelles ayant donc elles aussi un nom commençant par le terme « Têt », comme le « Têt Trung Thu », fête de la mi-automne, que l’on retrouve donc également au Viet Nam.)

Que l’utilisation du balai soit interdite le jour du Nouvel An provient d’une variante d’une légende. Autrefois, une jeune servante qui travaillait dans les cuisines célestes se montra trop gourmande, piochant systématiquement dans les plats qu’elle préparait. En guise de punition, elle fut exilée sur terre, réincarnée en balai et condamnée à trimer sans relâche, n’ayant droit qu’à une seule journée de repos dans l’année, fixée au jour de l’an.

Un certain nombre d’interdits sont d’ailleurs posés pour la fête du Nouvel An. Les paysans ne peuvent pas travailler la terre, par exemple. Ce que l’on fait ou ne fait pas le jour du Têt détermine la qualité de l’année à venir. Ainsi, on est extrêmement vigilant au Viet Nam au sujet de la première personne qui vous rend visite pour vous souhaiter le Nouvel An, et franchit donc le seuil de votre maison. Selon son statut dans la société, son état marital, son état de santé, elle portera chance ou malchance à votre famille. Certains chefs de famille ont trouvé une bonne astuce pour contourner le problème. Aux douze coups de minuit, ils sortent de chez eux pour y rentrer aussitôt après.

Quelques jours avant le Nouvel An (premier jour du premier mois lunaire), on célèbre en Chine Zaowangye, le Dieu des Fourneaux, qui trouve son équivalent au Viet Nam avec Ông Táo, le Génie du Foyer. On parle en effet de ‘Dieux’ en Chine, et de ‘Génies’ au Viet Nam. Là encore, la raison de leur existence est expliquée par des légendes anciennes, dont les variantes, régionales ou non, sont nombreuses. Un point commun de ces variantes est que ces Dieux ou Génies séjournent toujours dans la cuisine, et que leur existence à un rapport avec un drame conjugal, dont voici un exemple.

Un couple est contraint de se séparer, par exemple parce que le mari, très pauvre, doit partir faire fortune ailleurs. Au bout de nombreuses années d’attente, voyant que son époux ne revient pas, l’épouse finit par accepter, la mort dans l’âme, la proposition de remariage d’un autre homme. Mais voilà que seulement quelques mois plus tard, l’époux revient au village ! Dans certaines légendes, il est devenu mendiant. Il frappe à une porte, sans savoir que son ancienne épouse vit dans la maison. De honte, il se cache alors dans le fourneau de la cuisine, où il périt par les flammes. Désespérée par la mort de son premier époux qu’elle avait reconnu, la femme met fin à ses jours, suivie peu de temps après par le second époux, qui se sent responsable de tous ces malheurs. C’est pourquoi, de nos jours, trois briques symbolisent dans les cuisines traditionnelles vietnamiennes les trois époux sacrifiés de la légende.

Emu, l’Empereur de Jade (divinité centrale du Taoïsme, présente à la fois en Chine et au Viet Nam) qui trône dans son Palais Céleste, décide alors de faire du premier époux repenti le Dieu du Fourneau, ou Génie du Foyer. C’est lui qui, quelques jours avant le Nouvel An, monte au ciel, assis sur une carpe, pour aller faire à l’Empereur de Jade un rapport sur la famille chez qui il séjourne. Dans certaines versions, la carpe se transforme en dragon au moment où elle se trouve entre la terre et le ciel.

Il est donc très important d’amadouer, lors de la cérémonie, celui qui, par son rapport, va influencer les événements de l’année à venir. On brûle de l’encens, on lui fait des offrandes sucrées, qu’on colle parfois en Chine directement sur la bouche de sa représentation, on sacrifie une carpe pour aider au voyage (parfois deux, une pour l’aller, l’autre pour le retour), ou l’on en rejette, notamment au Viet Nam, dans les rivières. Ce rituel du Génie du Foyer/Dieu du Fourneau lance véritablement les célébrations de la Fête du Printemps.

La Fête du Printemps.

Le premier jour du premier mois lunaire, jour de la Fête du Printemps, est très lié au culte des ancêtres. Leurs esprits reviennent sur Terre la veille du grand jour, à minuit. On dresse toujours, pour les accueillir et s’assurer leur bienveillance, un autel, devant lequel on fait brûler des bâtons d’encens, et où l’on dépose des offrandes, surtout des fruits, et des fleurs. Le chef de famille viendra s’y prosterner plusieurs fois.

Les fleurs sont très importantes dans la décoration de la maison vietnamienne, notamment le lotus. Selon les régions, les fleurs choisies pour la protection de la maison ne sont pas les mêmes. Au Viet Nam, par exemple, on préfère dans le nord les branches de pêcher aux fleurs roses, et au sud les branches d’abricotier aux fleurs jaunes. C’est pourquoi on vend, (et aussi dans le ‘Chinatown’ de Paris), à l’occasion du Nouvel An, des branches aux fleurs jaunes et des branches aux fleurs roses. Il existe en Chine une tradition très vivace, datant du 4è ou 5è siècle après JC, des papiers découpés à l’occasion du Nouvel An. On les nomme les « fleurs de fenêtres » car les motifs (même s’ils n’ont pas la forme de fleurs) sont collés aux fenêtres. Ces motifs sont variés. Les fleurs de fenêtres peuvent représenter par exemple des animaux (notamment les douze animaux du zodiaque), des scènes d’opéra, de la vie paysanne, des plantes, et bien sûr des fleurs. Un motif de lotus apportera la prospérité. Ces papiers sont découpés, selon les régions, aux ciseaux ou à l’aide de couteaux.

Au Viet Nam, les fruits placés devant l’autel ne sont pas choisis au hasard, mais en fonction de leur sonorité qui rappelle celle de termes utilisés dans les vœux de bonne année. Ainsi, la mangue se dit ‘xoài’, ce qui rappelle le terme ‘xài’, qui signifie ‘dépenser’. La prononciation de quatre fruits alignés (la pomme-cannelle, la noix de coco, la papaye et la mangue) évoque celle de la phrase : « Prions pour qu’il y ait juste assez pour dépenser ». On aime aussi jouer sur les sonorités en Chine. Ainsi, au nord du pays, notamment à Pékin, le gâteau du Nouvel An, confectionné à partir de riz gluant, se nomme ‘Nian Gao’. Par homonymie, le terme ‘Nian’ peut signifier ‘collant’, ou ‘année’, et ‘Gao’ veut dire ‘gâteau’ ou ‘élevé’. De même, la somme d’argent que l’on offre en Chine dans les traditionnelles enveloppes rouges se compose de préférence de chiffres 8 (chiffre porte bonheur), donc la prononciation rappelle celle du mot ‘prospérité’. Les jeux de devinettes sont également très prisés en Chine, notamment par les enfants.

Mais le ‘Nian’ est aussi, en Chine, le nom donné à un animal mythique à cornes, qui porte malheur et qu’il faut chasser à grand renforts de pétards. Là aussi, de nombreuses légendes chinoises racontent la lutte des villageois contre le Nian, et expliquent pourquoi il est de tradition de faire exploser, de nos jours, des pétards le jour du Nouvel An. Les pétards ont la faculté, dans toute l’Asie, d’éloigner les mauvais esprits.

A l’origine, les pétards que l’on fabriquait en Chine étaient de simples tronçons de bambous que l’on enflammait, et dont le fort crépitement effrayait les mauvais esprits, qui quittaient alors précipitamment le village. Après l’invention de la poudre à canon, les tubes de bambous furent remplis de cette substance, et l’explosion qui en résulta lorsqu’on les enflammait n’en fut que plus retentissante. Arrivèrent plus tard les différents modèles de pétards roulés dans du papier, jusqu’à ceux que l’on connait de nos jours, mais que l’on trouve de moins en moins, car ils ont été interdits en Chine et au Viet Nam pour des raisons de sécurité. Cela ne va pas sans poser de problème pour le respect de la tradition, le bruit de ces pétards étant indispensables au bon déroulement des cérémonies. En conséquence, certaines familles ont, là aussi, trouvé un moyen astucieux de contourner le problème, et diffusent dorénavant des enregistrements de bruits de pétards pour faire fuir les mauvais esprits et s’assurer ensuite une année de tranquillité. On utilise également, dans les rues, le bruit des tambours pour éloigner les mauvais esprits. A Paris, les pétards ne sont pas interdits et, pendant la célébration du Nouvel An et le célèbre défilé du dragon, les rues du treizième arrondissement de la capitale française, dans le triangle « Italie-Choisy-Ivry », résonnent de leur explosion et, s’ils sont tirés en grande quantité, suffoquent sous les épaisses fumées âcres qu’ils dégagent.

Et les Chinois, inventeurs des feux d’artifices, ne ménagent pas leurs efforts pour offrir à la population de magnifiques spectacles explosifs et colorés.

Pour éloigner les mauvais esprits, on habille également l’entrée et l’intérieur de la maison de bandes de papier rouges, car cette couleur les effraye, décorées de proverbes et sentences écrits avec des lettres d’or. On dresse parfois aussi devant la maison de longues tiges de bambou portant elles aussi des papiers rouges. Il est également de tradition, en particulier en Chine, de placer au seuil de la maison l’idéogramme signifiant ‘bonheur’. On le met cependant à l’envers, pour évoquer son arrivée prochaine. Selon une légende, ce signe avait été placé, sur recommandation de l’impératrice Ma, sur les portes de toutes les maisons, pour protéger les familles de son cruel époux, l’Empereur. Un paysan illettré eut le malheur de placer le signe à l’envers. Il n’eut la vie sauve que grâce à la présence d’esprit de Ma, qui suggéra à son époux que le signe avait délibérément été placé à l’envers pour signifier l’arrivée prochaine, par la visite de l’Empereur, du bonheur chez lui.

Si le Nouvel An est ancré dans le passé par ses cérémonies et rituels en l’honneur des ancêtres, il célèbre également le présent, car il est aussi la fête des vivants. La famille et les amis tiennent en effet une place primordiale, comme lors des fêtes de Noël en Occident. On se réunit le jour de la Fête du Printemps, on festoie après les rituels traditionnels, on distribue de l’argent aux enfants dans les traditionnelles enveloppes rouges, couleur symbole de bonheur, mais également couleur protectrice. En Chine, la tradition veut que les enfants soient vêtus de rouge le jour de la Fête du Printemps. Dans les deux pays, ils présentent à tour de rôle leurs vœux aux adultes, et tout le monde se souhaite bonheur, prospérité et longévité. Au Viet Nam, on bavarde joyeusement et bruyamment au cours du repas après l’entrée traditionnellement silencieuse des invités et les rituels aux ancêtres qui la suivent. Le silence, comme le bruit, sont en effet d’égale importance dans la cérémonie.

Bien entendu, traditions gastronomiques obligent, les repas de fête diffèrent en Chine et au Viet Nam, mais aussi selon les régions des deux pays. Dans tous les cas, il n’est pas forcément d’usage, comme en Occident, de présenter en premier sur la tables les mets salés, pour terminer ensuite le repas par les mets sucrés. Le gâteau du Nouvel An est cependant un élément incontournable du repas, que ce soit en Chine ou au Viet Nam. Ce sont toujours des gâteaux de riz gluants fourrés, à la viande de porc par exemple. Au Vietnam, on le nomme au nord Banh Chung, où il est de forme carrée, et Banh Têt au sud, où il est de forme ronde. En Chine, le gâteau traditionnel, le Nian Gao dont il a été fait mention plus haut, peut même prendre la forme de boulettes, dont l’origine remonte aux premières cours impériales. Les ingrédients variant suivant les régions, la couleur finale du met est donc, elle aussi, différente d’une table à l’autre.

De nos jours, et bien qu’ils ne soient pas liés à la tradition du Nouvel An, on peut également offrir durant les festivités des « Fortune Cookies », ces biscuits (inventés au début du vingtième siècle par un restaurateur asiatique immigré aux Etats-Unis) à la forme si caractéristique, qui contiennent à l’intérieur, lorsqu’on les casse en deux avant de les manger, une petite bande de papier, d’un papier spécial supportant la chaleur de la cuisson, sur lequel est écrit un de ces proverbes ou petites maximes traditionnelles certaines datant de l’époque de Confucius. Les maximes de ceux que l’on trouve dans les magasins en France, utilisées ici comme illustration, sont écrites d’un côté en anglais, et de l’autre en français.

Et pour finir, quelque soit l’animal honoré pour la nouvelle année, le dragon garde une place incontournable durant les festivités du Nouvel An. Il n’est pas de fêtes du Nouvel An sans le traditionnel défilé du dragon dans les rues. Le dragon du défilé qui, comme les vrais dragons, mesure plusieurs mètres de long, est fait de bois, de papier, parfois de soie. Il est richement décoré, et le rouge domine sur son corps. Il est manipulé par plusieurs hommes qui soutiennent son corps grâce à des poteaux de bois et lui font faire différents mouvements chorégraphiques au son de l’orchestre. Durant le défilé du dragon, on peut également assister à la danse du lion, au masque presque effrayant, et dans lequel se trouvent enfermés deux hommes, qui exécutent une chorégraphie avec la difficulté pour eux de coordonner leurs mouvements.

La Fête des Lanternes, avec ses milliers de lumières colorées, clôt magnifiquement, plusieurs jours après la Fête du Printemps, les festivités du Nouvel An.

source http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/bonheur-prosperite-longevite-69780
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