Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

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Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Sam 20 Fév 2010 - 7:15

vendredi 19 février 2010
Un rapport de Médecins Sans Frontières révèle qu'une campagne de répression particulièrement agressive est menée au Bangladesh contre les Rohingyas, victimes de violences policières. Des envoyés de l'ONU et de l'Union Européenne mènent déjà leur enquête, mais nombreux sont ceux les réfugiés qui sont rapatriés de force et emprisonnés en Birmanie.

Le Bangladesh a déclenché une vague de répression démesurée contre les réfugiés musulmans venus de la Birmanie voisine, révèle un rapport publié hier de l'organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF). Ce dernier estime que les 220.000 Rohingyas non enregistrés font l'objet de violences par les forces de sécurité, et que plusieurs d'entre eux sont menacés de famine car ils ne peuvent pas travailler ou réclamer de l'aide. "Nous voyons ce qui semble être une répression violente qui place les Rohingyas en dehors de la communauté, dans des camps de fortune", a déclaré le chef de mission de MSF au Bangladesh, Paul Critchley. Décrite par les Nations Unies comme l'une des minorités les plus persécutées au monde, plusieurs milliers de Rohingyas du nord de la Birmanie traversent chaque année la frontière vers le Bangladesh. Chassés des villes de la région par des "niveaux sans précédents de violence", plusieurs milliers de réfugiés ont cherché refuge dans des camps de fortune qui entourent les installations officielles de l'ONU à Kutupalong, près de la frontière birmane. Le rapport de MSF dit que plus de 6.000 personnes sont arrivées depuis octobre, dont 2.000 en janvier.

L'Union Européenne et l'ONU enquêtent
Le mois dernier, l'Union Européenne a adopté une résolution demandant au gouvernement bangladeshi de reconnaître les Rohingyas non enregistrés comme réfugiés, et de leur apporter un soutien renforcé. De plus, une délégation parlementaire de l'UE est arrivée au Bangladesh au début du mois pour une mission d'enquête dans les camps de réfugiés, alors qu'un rapporteur spécial de l'ONU, Tomas Ojea Quintana, enquête également. Ce dernier a visité mercredi une prison dans l'Etat birman d'Arakan, situé sur la frontière avec le Bangladesh, où de nombreux Rohingyas pourraient être détenus. Un homme de 25 ans, Abdul Quddos, a déclaré à l'AFP qu'il avait discuté de sa situation avec la délégation de l'UE lundi, mais qu'il a ensuite été arrêté. Il s'est échappé et doit maintenant se cacher.

Un ressentiment exacerbé
Perçus par la communauté locale comme un fardeau et une menace pour les emplois, les Rohingyas sont une "cible facile pour des politiciens non scrupuleux", explique MSF. Un autre rapport d'un groupe de défense des Rohingyas, "The Arakan Project", rendu public mardi, décrit que les médias locaux mènent une véritable "campagne xénophobe" contre les réfugiés, ne faisant qu'exacerber le ressentiment local. Bien qu'un chef de la police locale bangladeshi, Rafiqul Islam, a avoué qu'une campagne de répression était en cours, ce dernier a nié toute brutalité policière. "Les Rohingyas enregistrés et non-enregistrés se battent souvent entre eux pour obtenir des aides", explique-t-il. "Pourquoi la police irait les torturer ? Nous n'avons pas besoin de faire ça. Quand nous trouvons des réfugiés non enregistrés, nous faisons deux choses : les repousser en Birmanie ou les envoyer en prison. C'est tout". Il y a environ 700.000 Rohingyas en Birmanie, qui ne sont pas reconnus comme citoyens, n'ont pas le droit de posséder de terre et sont interdits de se marier ou de voyager sans permission. Pour le chef de la police, il n'y a pas d'autres alternatives que de repousser ceux qui tentent de traverser la frontière: "Si nous ne les arrêtons pas, les vannes seront ouvertes".

source /www.lepetitjournal.com


Dernière édition par Admin le Jeu 30 Aoû 2012 - 7:01, édité 2 fois
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Une minorité birmane affamée

Message  Admin le Mar 9 Mar 2010 - 7:29

AFP 09/03/2010

Les autorités bangladaises multiplient arrestations arbitraires et expulsions contre une minorité ethnique birmane de confession musulmane ayant fui les persécutions en Birmanie, selon le rapport d'une association de défense des droits de l'Homme publié aujourd'hui.

Des dizaines de milliers de réfugiés Rohingyas, dont certains vivaient au Bangladesh depuis plusieurs décennies, ont été déplacés dans des camps de fortune où ils sont livrés à eux-mêmes et sont "affamés", affirme l'association Médecins des Droits de l’Homme (Physicians for Human Rights, PHR).

"Il est inadmissible de laisser mourir de faim cette population vulnérable et sans Etat", a dénoncé Richard Sollom, le directeur des recherches de l'ONG. "Après le récent séisme en Haiti, le taux de malnutrition infantile a atteint 6%; dans les camps de Rohingyas il est de 18,2% -- soit trois fois plus qu'à Haïti mais ils ne reçoivent aucune aide", a-t-il ajouté.

Les Rohingyas sont décrits par les Nations unies comme l'une des minorités ethniques les plus persécutées au monde. Des milliers de Rohingyas de l'Etat de Rakhine, dans le nord de la Birmanie, franchissent ainsi chaque année la frontière avec le Bangladesh, un pays à majorité musulmane parmi les plus pauvres de la planète.

En Birmanie, ils sont environ 700.000 en butte à des persécutions et des discriminations et les autorités leur refusent la nationalité birmane, selon Médecins sans frontières (MSF).
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Lun 15 Mar 2010 - 6:12

Dildar Begum n'a plus de pays, pas d'emploi, rien à manger. Son mari est aujourd'hui emprisonné au Bangladesh où elle survit dans un bidonville avec ses cinq enfants, réduite à mendier du riz auprès de voisins pauvres, sept mois après avoir fui la Birmanie.

"Je ne peux pas vivre ainsi. Ce serait mieux si mes enfants et moi mourions d'un coup", lance la jeune femme de 25 ans.

Dildar Begum fait partie des milliers de membres de la minorité ethnique Rohingya qui ont gagné le Bangladesh pour échapper aux persécutions dont ils étaient victimes en Birmanie. Dans cet exil désespéré, ils n'ont trouvé que bidonvilles et camps où nourriture et eau sont rares, et soins médicaux inexistants.

Musulmans, les Rohingyas sont indésirables dans la Birmanie bouddhiste. Et indésirables comme étrangers dans ce Bangladesh musulman.

Ces derniers mois, les autorités de Dacca ont multiplié les opérations contre eux. Nombre ont été arrêtés et expulsés tandis que la sécurité était renforcée le long de la frontière poreuse avec la Birmanie.

Parallèlement, le gouvernement a découragé les ONG de distribuer des vivres à la plupart d'entre eux, redoutant que de telles actions n'attirent d'autres réfugiés, a confié un responsable gouvernemental à l'Associated Press sous couvert d'anonymat. Sans aide, les Rohingyas sont confrontés à la famine, selon des militants. "Une grave crise humanitaire menace", soulignait en février Chris Lewa, du Projet Arakan, un groupe de défense des Rohingyas.

Les quelque 800.000 membres qui composeraient cette minorité seraient les descendants de colons arabes du VIIe siècle dont l'Etat situé le long de la frontière actuelle birmano-bangladaise a été conquis par les Birmans en 1784.

La junte au pouvoir en Birmanie refuse de les reconnaître comme citoyens. Dans ce pays, la minorité est en butte aux extorsions de fonds, à la confiscation de terres, aux expulsions forcées et n'a qu'un accès restreint aux soins médicaux et à la nourriture, selon l'ONG Human Rights Watch.

Des milliers de Rohingyas ont fui en Malaisie et en Thaïlande ou ont bravé les mers vers le Moyen-Orient dans l'espoir d'y trouver du travail. L'an dernier, la Marine thaïlandaise a intercepté des bateaux transportant un millier de Rohingyas, qui ont été frappés et contraints à reprendre la mer dans des embarcations sans moteur, avec peu d'eau ou de nourriture, selon des informations diffusées par des groupes de défense des droits de l'Homme.

Vendredi encore, les autorités malaisiennes ont annoncé avoir découvert 93 Rohingyas qui disent avoir navigué pendant 30 jours dans une embarcation bondée, après avoir été semble-t-il chassés des eaux thaïlandaises.

La plupart des Rohingyas, cependant, ont fui à pied ou par bateau vers la région de Cox's Bazar au Bangladesh, où quelque 28.000 d'entre eux, inscrits comme réfugiés, vivent dans les camps officiels de Kutupalong (295km au sud de Dacca) et de Naya Para. Le camp de Kutupalong est bien équipé en installations médicales et dispose de générateurs, d'un centre d'apprentissage et de terrains de volley-ball.

Mais au moins 200.000 autres Rohingyas présents à Kutupalong n'ont pas obtenu le statut de réfugié et vivent sous la menace constante d'être arrêtés ou renvoyés chez eux. N'ayant pas le droit de travailler, nombre survivent en soudoyant des responsables forestiers, en échange de l'abattage illégal d'arbres et de la vente de bois, selon des villageois. "Ils détruisent la forêt", accuse A.F.M Fazle Rabbi, un responsable gouvernemental en charge de la zone.

Sept mois après avoir fui avec sa famille et quelque 2.500 autres les attaques de leurs voisins bouddhistes dans l'Etat birman de Rakhine (nord-ouest), Dildar Begum est obligée de mendier pour nourrir sa fille et ses quatre fils. Son époux, Jamir Hossain, 35 ans, avait trouvé du travail comme journalier dans les bidonvilles qui ont fleuri autour du camp de Kutupalong. Mais la police l'a interpellé le mois dernier lors d'un coup de filet.

source AP
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L'Indonésie recueille des boat people birmans après 20 jours en mer

Message  Admin le Mer 16 Fév 2011 - 12:39

rmanie dont le bateau dérivait au large de l'île de Sumatra après trois semaines de mer, a-t-on appris auprès des autorités.
Les rescapés, tous des hommes de l'ethnie musulmane des Rohingya, ont été secourus alors que leur bateau, en mauvais état, a été victime d'une avarie de moteur, a indiqué le chef de la police maritime de la province d'Aceh, Mohammed Zaini.
La plupart d'entre eux sont apparus pâles et fatigués, souffrant visiblement de déshydratation. Ils ont été pris en charge par les autorités, qui devaient traiter leur cas avec l'aide du Haut Commissariat de l'Onu pour les réfugiés.
Les Rohingya, originaires du Bangladesh, affirment être confinés par la junte militaire birmane dans une région du nord-ouest de ce pays où ils sont victimes de persécutions.
L'un des réfugiés, Nur Alam, 27 ans, a indiqué que le groupe avait quitté l'Etat d'Arakan (ouest) "il y a environ trois semaines à cause des violences des militaires", qui "torturent et tuent des musulmans".
"Nous voulons aller en Indonésie, en Malaisie ou dans n'importe quel pays prêt à nous accueillir", a-t-il précisé, interrogé par l'AFP. Ces dernières années, plusieurs groupes de Rohingya dérivant en mer ont déjà été secourus au large de l'Indonésie ou de la Malaisie.

AFP
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Lun 16 Jan 2012 - 11:38

Rohingyas, the ethnic Muslim minority in Burma, are treated as aliens and discriminated in their own country despite their continued existence there for centuries. They face systematic oppression of forced labor, arbitrary arrest, and land confiscation. Only Rohingyas must apply for travel passes even to go to the next village less than a mile away. So, they cannot go to mosques for prayer or to marry or even study or work. Only Rohingyas, but not Buddhist Arakanese, face exorbitant and outrageous taxation for land, property, and activities such as repairing houses, marrying someone, and giving birth. Thus, they are without human and civil rights. They live in fear and without freedom.

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Toujours le désespoir pour l'ethnie birmane Rohingya

Message  Admin le Jeu 24 Mai 2012 - 5:37

Des enfants de l'ethnie birmane Rohingya, l'une des plus persécutées au monde selon l'ONU, assistent à un cour dans une école communautaire à Klang, en Malaisie, une ville portuaire à 30 kilomètres de Kuala Lumpur.


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Tensions inter-religieuses

Message  Admin le Lun 4 Juin 2012 - 5:49

Les tensions inter-religieuses se sont étendues dans l'Ouest de la Birmanie après que dix personnes, la plupart probablement musulmanes, ont été tuées hier par une foule en colère, ont indiqué des habitants aujourd'hui.

La police a dû tirer en l'air pour disperser des centaines de personnes qui s'étaient rassemblées hier soir devant un poste de police de la ville de Sittwe, capitale de l'Etat Rakhine, croyant à tort qu'un homme politique local avait été kidnappé par des musulmans, selon des résidents.

"Quelques personnes ivres ont joué le rôle de leaders. Ils ont lancé des bouteilles et des pierres", a indiqué à l'AFP Aye Maung, élu du Parti pour le développement des nationalités rakhines, qui représente les Rakhines, majoritairement bouddhistes. "La police a tiré des coups de feu d'avertissement avec des balles en caoutchouc. Ils ont également utilisé des gaz lacrymogène. J'ai entendu parler de 10 ou 11 blessés", a-t-il ajouté, précisant que les incidents avaient continué une partie de la nuit. "Certaines personnes ont été interpellées pour interrogatoire. La situation est sous contrôle maintenant", a-t-il assuré.

Ces violences ont commencé juste après qu'une foule de Rakhines en colère s'en soient pris à un bus où ils pensaient trouver les responsables du viol et du meurtre récents d'une jeune fille rakhine. Le dernier bilan de cet incident à Taunggote, également dans l'Etat Rakhine, fait état de dix morts, selon un responsable birman. Et les victimes semblent être principalement des musulmans du centre du pays en visite. "Plus d'une centaine de personnes ont frappé et tué ces gens. Les habitants ont même mis le feu au bus", avait indiqué un habitant hier soir.

Selon des résidents, la sécurité a été renforcée dans l'Etat Rakhine, en particulier le long de la côte du Golfe du Bengale. Les musulmans représentent officiellement 4% de la population birmane, à 89% bouddhiste, et une tension larvée a conduit à plusieurs séries d'émeutes anti-musulmanes dans le pays ces 15 dernières années, notamment dans l'Etat Rakhine, qui borde le Bangladesh et accueille une importante communauté musulmane. En 2001, des émeutes inter-religieuses avaient ainsi poussé les autorités à imposer un couvre-feu à Sittwe.

http://www.lefigaro.fr/
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Jeu 7 Juin 2012 - 7:40

Dimanche dernier, neuf Musulmans ont trouvé la mort dans l'attaque d'un bus dans l'ouest de la Birmanie. Il s'agirait de représailles après le meurtre d'une femme bouddhiste la semaine précédente.
Lors d'une conférence de presse, Aung San Suu Kyi a appelé à l'application de la loi, afin que chaque infraction soit punie selon la loi et ne donne pas lieu de nouvelles violences aggravées.

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En Birmanie bouddhiste, les musulmans victimes du racisme ordinaire

Message  Admin le Jeu 7 Juin 2012 - 7:43

En Birmanie, où il est souvent admis que ne pas être bouddhiste revient à ne pas être birman, les musulmans sont parfois vus comme des "envahisseurs". Une situation explosive, comme en témoignent les violences de dimanche qui ont fait dix morts.

"Les relations au jour le jour avec les bouddhistes sont bonnes aussi longtemps que vous connaissez votre place et que vous ne dépassez pas cette limite", explique Ko Aung Aung, de l'Association des musulmans de Birmanie (BMA), installé en Europe.

"Pour n'importe qui, un crime est crime, mais si (son auteur) est (...) musulman, ça peut devenir une bonne raison de provoquer des émeutes".

Les tensions latentes entre bouddhistes et musulmans ont conduit à plusieurs séries d'émeutes meurtrières ces quinze dernières années, souvent à la suite de rumeurs accusant un musulman.

Un scénario qui s'est répété dimanche à Taunggote, dans l'Etat Rakhine, frontalier du Bangladesh. Une foule de la minorité ethnique rakhine, essentiellement bouddhiste, s'en est pris à des musulmans accusés d'avoir violé et tué une jeune fille Rakhine. Dix musulmans ont été battus à mort.

"Tués comme des animaux", a dénoncé Abu Tahay, un leader du Parti pour le développement démocratique national. "Si la police n'est pas en mesure de contrôler la situation, cela risque de s'étendre".

Son parti, sans élu, représente les 750.000 Rohingyas, des musulmans apatrides confinés dans le Nord de l'Etat Rakhine et considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées au monde.

La communauté musulmane est plus large, originaire du sous-continent indien ou de Chine, et représente officiellement 4% des quelque 60 millions de Birmans. Mais les plus exposés sont les Rohingyas, dont la seule évocation suffit à enflammer les discussions à Sittwe, capitale de l'Etat Rakhine.

Xénophobie

"Ils n'ont pas besoin d'armes. Juste par leur nombre, ils pourraient recouvrir l'Etat", tempête ainsi Khaing Kaung San, directeur de la fondation Wanlark pour l'éducation.

"Ce ne sont que des immigrants illégaux, ils se sont installés sur nos terres", renchérit Shwe Maung, conseiller du Parti pour le développement des nationalités rakhines, première force au parlement régional.

"Un jour, il y aura un problème grave. (Les musulmans) ont posé des problèmes en Thaïlande, en Europe, aux Etats-Unis, ils essaient d'en poser dans l'Etat Rakhine".

Cette islamophobie, rampante ou affichée, repose sur un des fondements de la société birmane.

"Pour la masse des Birmans, un Birman est bouddhiste par définition, le bouddhisme faisant selon eux partie constituante de l'identité", expliquait ainsi à l'AFP, peu avant les violences de dimanche, Jacques Leider, historien à l'Ecole française d'extrême Orient (EFEO).

"La xénophobie est bien un trait des Birmans en général", ajoutait d'ailleurs le Luxembourgeois, notant que le mot "kala", utilisé pour qualifier les musulmans, était employé "de manière souvent péjorative".

"Les rapports sont mauvais et ne vont guère s'améliorer (...). Des frictions aux clashs, il n'y a souvent qu'à mettre le feu aux poudres".

Mardi, quelques dizaines de musulmans ont manifesté à Rangoun pour demander justice. A Sittwe, ceux rencontrés récemment par l'AFP ont dénoncé une stigmatisation constante pesant sur leurs déplacements, l'emploi public, l'éducation, la justice.

"Notre situation est un peu celle des Roms en Europe", souligne Ko Aung Aung, en demandant à dissimuler sa véritable identité après avoir fui son pays en 2004.

Même le contexte international semble desservir la communauté. En 2001, la destruction par les talibans des bouddhas géants de Bamiyan, en Afghanistan, a plus encore crispé la situation.

"Nous devons faire très attention", résume Ko Aung Aung. "Les émeutes sont toujours possibles, n'importe quand et n'importe où".

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120606.AFP8381/en-birmanie-bouddhiste-les-musulmans-victimes-du-racisme-ordinaire.html
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le pouvoir avertit d'un risque d'anarchie en marge des violences religieuses

Message  Admin le Dim 10 Juin 2012 - 7:36

Les violences entre bouddhistes et musulmans qui ont fait au moins sept morts dans l'ouest de la Birmanie font peser un risque "d'anarchie", a estimé dimanche le quotidien officiel birman New Light of Myanmar, dans un appel solennel à l'apaisement.

Selon le bilan officiel, sept personnes ont été tuées et 17 blessées dans l'Etat Rakhine, sans qu'il soit précisé s'il s'agissait de Rohingyas, une minorité musulmane, ou des membres de l'ethnie rakhine, majoritaire dans son propre Etat et essentiellement bouddhiste.

"La haine, les malentendus ou toute autre forme de conflit (...) ne servent les intérêts de personne, mais invitent à la revanche, l'anarchie, la stagnation", a estimé le quotidien anglophone, considéré comme porte-parole du régime.

"Quand la défiance s'impose entre les peuples, elle transforme leur région natale en un chaudron vulnérable à la désinformation", a-t-il ajouté. "Les rumeurs se répandent partout, comme le diable frappant à chaque porte en messager de la mort et de la destruction".

Un couvre-feu a été imposé dans la région et la présence des forces de l'ordre renforcée. Les autorités accusent les Rohingyas, qui ne sont pas reconnus comme Birmans, d'avoir incendié plusieurs villages près de Maungdaw, à la frontière avec le Bangladesh.

Un rassemblement est prévu en milieu de journée à Rangoun en hommage aux victimes. Samedi, une centaine de bouddhistes originaires de la région s'étaient déjà rassemblées dans l'ancienne capitale avant d'être dispersées sans heurts par les autorités.

Près de 500 maisons ont été détruites dans ces violences, selon les médias officiels, selon lesquels la situation est revenue "à la normale" samedi.

Les tensions religieuses sont montées d'un cran après le meurtre de dix musulmans, lynchés dimanche dernier par une foule en colère, dans le sud de l'Etat Rakhine (autrefois appelé Arakan, nord-ouest).

Apatrides, les Rohingyas ne font pas partie des minorités ethniques officiellement reconnues par le régime de Naypyidaw. Beaucoup de Birmans les considèrent comme des étrangers et expriment à leur égard un racisme à peine voilé.

Les quelque 750.000 Rohingyas du pays, privés de nationalité, sont confinés dans le nord de cet Etat. Plusieurs dizaines de milliers d'autres vivent dans des camps au Bangladesh. Ils sont considérés par l'ONU comme l'une des minorités les plus persécutées au monde.

Chris Lewa, directrice de l'organisation Arakan Project, qui milite pour les droits des Rohingyas, a exprimé sa préoccupation dans un courriel envoyé à l'AFP.

"Je suis très inquiète quant à ces violences confessionnelles. Ces attaques en représailles ne règleront rien mais vont au contraire exacerber les tensions existantes".

"Une telle situation ne doit pas faire dérailler le processus de réformes", a-t-elle ajouté, en évoquant la série de réformes politiques mises en place depuis mars 2011 par le nouveau régime, qui a succédé à une junte militaire.

Au delà du dossier très compliqué des Rohingyas, ces violences soulignent les tensions confessionnelles dans un pays où, soulignent les experts, être Birman signifie généralement être bouddhiste.

Les musulmans représentent officiellement 4% de la population, à 89% bouddhiste. La tension larvée a conduit à des séries d'émeutes anti-musulmanes dans le pays ces 15 dernières années, notamment dans l'Etat Rakhine qui accueille une importante communauté musulmane, dont les Rohingyas.

AFP
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Etat d'urgence dans l'ouest, l'ONU évacue son personnel

Message  Admin le Lun 11 Juin 2012 - 7:20

L'Etat Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie, s'est réveillé lundi sous état d'urgence, a constaté une équipe de l'AFP après des violences meurtrières entre bouddhistes et musulmans qui ont poussé le pouvoir à faire appel à l'armée pour restaurer la sécurité.

Les Nations unies ont commencé l'évacuation de leur personnel international de certaines zones touchées par les violences religieuses dans l'ouest de la Birmanie, sur la base du volontariat, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de l'ONU dans le pays.

Une quarantaine d'employés onusiens et leur famille, soit "la majeure partie du personnel international", sont en train de quitter Maungdaw, où des violences entre bouddhistes et musulmans ont fait au moins sept morts, a précisé Ashok Nigam, représentant des Nations unies.

La situation semblait calme de prime abord dans la ville de Sittwe, capitale de l'Etat. Mais les restes calcinés d'habitations témoignaient des violences des jours précédents qui, selon les médias officiels et en l'absence d'aucun autre bilan, ont fait sept morts et 17 blessés depuis vendredi.

Quelques camions militaires étaient déployés à l'aéroport et des forces de l'ordre, en nombre limité, étaient visibles autour des mosquées et des pagodes.

Selon les chiffres officiels, quelque 500 maisons ont été détruites dans ces violences confessionnelles qui font suite au lynchage de dix musulmans, il y a une semaine, par une foule de bouddhistes en colère dans le sud de l'Etat Rakhine (autrefois appelé Arakan) qui voulait venger le viol d'une femme.

Devant cet enchaînement de revanches sanglantes, le gouvernement a décrété dimanche un couvre-feu entre 18h00 et 06h00 du matin, avant d'imposer l'état d'urgence qui donne à l'armée des pouvoirs étendus.

"Des actes d'anarchie se sont propagés largement (...) en Etat Rakhine", a regretté dans un discours à la Nation dimanche soir le président Thein Sein, arrivé au pouvoir en mars 2011 et crédité depuis de nombreuses réformes politiques.

"Si les deux camps se tuent les uns les autres dans une haine et une revanche sans fin (...), cela pourrait se propager au delà de l'Etat Rakhine".

Londres, ancienne puissance coloniale, a pour sa part pressé les autorités d'ouvrir des pourparlers "afin de mettre fin aux violences et de protéger tous les membres de la population locale".

L'Etat Rakhine tient son nom de sa population, une minorité ethnique bouddhiste. Mais il abrite aussi une importante communauté musulmane, d'origine indienne ou bangladeshi, ainsi que les Rohingyas, une minorité apatride considérée par l'ONU comme l'une des plus persécutées au monde.

Tous ces musulmans sont fréquemment assimilés, dans le discours dominant, dans un même groupe stigmatisé comme étranger et dangereux.

Dimanche, "les Bengalis ont brûlé des maisons et aussi tué des gens mais je ne sais pas combien", a ainsi affirmé une résidente, tout en admettant elle même ne pas en avoir été le témoin.

"La situation est revenue à la normale après l'arrivée des soldats en ville pour notre sécurité", a-t-elle ajouté, témoignant de ce que l'état d'urgence semblait recueillir l'assentiment de la population.

Des Rohingyas "ont été tués par balle par les forces de sécurité, certains ont été tués au couteau par des Rakhines", a répliqué de son côté Abu Tahay, un responsable du Parti pour le développement démocratique national, qui représente les Rohingyas.

L'AFP n'était pas immédiatement en mesure de vérifier l'exactitude d'aucun de ces propos.

Les Rohingyas ne font pas partie des minorités ethniques reconnues par le régime de Naypyidaw. Ils sont près de 800.000 en Birmanie, confinés dans le nord de l'Etat Rakhine, et plus de 200.000 au Bangladesh, dont plusieurs dizaines de milliers dans des camps.

Au-delà de ce dossier complexe, ces violences mettent en exergue les tensions religieuses sous-jacentes dans un pays où, soulignent les experts, être birman signifie généralement être bouddhiste.

Les musulmans représentent officiellement 4% de la population, à 89% bouddhiste. La tension a conduit à des séries d'émeutes antimusulmanes dans le pays ces 15 dernières années, notamment dans cet Etat qui accueille une importante communauté musulmane.

AFP

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Violences ethniques et couvre-feu en Birmanie

Message  Admin le Lun 11 Juin 2012 - 8:03

SITTWE, Birmanie (Reuters) - La situation dans le nord-ouest de la Birmanie était tendue lundi après un week-end de violences intercommunautaires, les plus graves depuis l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement civil l'an dernier.

Des journalistes de Reuters ont pu voir des bandes rivales de musulmans et de bouddhistes incendier des habitations et la police tirer en l'air pour tenter de disperser la foule.

Au moins huit personnes ont trouvé la mort et de nombreuses autres ont été blessées dans ces violences, ont indiqué les autorités.

Les affrontements ont commencé vendredi dans la ville de Maungdaw dans l'Etat Rakhine (ex-Arakan). Ils trouvent leur origine dans le viol et le meurtre d'une bouddhiste de l'ethnie Rakhine imputés à des musulmans Rohingya. En représailles, 10 musulmans ont été tués par une foule de bouddhistes.

Les violences se sont ensuite étendues à la capitale régionale Sittwe (Akyab) et aux villages voisins, ce qui a amené le gouvernement à décréter l'état d'urgence dimanche soir et à imposer un couvre-feu nocturne.

"Nous avons maintenant ordonné aux soldats de protéger l'aéroport et les villages Rakhine attaqués à Sittwe", a déclaré à Reuters Za Htay, directeur du cabinet présidentiel.

"Des dispositions sont en train d'être prises pour étendre le couvre-feu à d'autres villes."

Les travailleurs humanitaires étrangers ont commencé à évacuer la région, a-t-on appris de sources proches des ONG.

Des colonnes de fumée noire s'élevaient lundi au-dessus de certains quartiers de Sittwe, cité portuaire essentiellement composée de baraques en bois dans laquelle se déplaçaient des bouddhistes armés de bâtons de bambou.

La télévision d'Etat a annoncé dimanche soir que le couvre-feu avait été étendu aux villes de Thandwe, porte d'accès aux plages touristiques du pays, et de Kyaukphyu, où la Chine est en train de bâtir un immense complexe portuaire.

Ces violences vont à l'encontre de l'image d'unité et de stabilité que s'emploie à donner le régime, toujours indirectement contrôlé par les militaires, afin de persuader les Etats-Unis et l'Europe de suspendre leurs sanctions économiques. En outre, l'extension des couvre-feux pourrait menacer le tourisme et les investissements étrangers, dont commence à bénéficier le pays après quasiment un demi-siècle de régime militaire.

"ENVAHISSEURS"

La situation pourrait aussi amener le président réformiste Thein Sein, un ancien général, à s'attaquer à la question des milliers de musulmans Rohingya apatrides qui vivent près de la frontière avec le Bangladesh dans des conditions déplorables et qui sont méprisés par les Rakhine, issus de la majorité bouddhiste du pays.

La "violence" et "l'anarchie", si elles s'étendent, pourraient compromettre la transition du pays vers la démocratie, a déclaré Thein Sein dans un discours télévisé organisé dimanche à la hâte.

Les Rohingya réclament depuis longtemps d'être considérés comme un groupe ethnique birman et de disposer d'une citoyenneté pleine et entière. Le gouvernement les considère en revanche comme des immigrants illégaux venus du Bangladesh.

Ces derniers jours, ils ont été qualifiés d'"envahisseurs" ou de "terroristes" par certains Birmans qui utilisent leur toute nouvelle liberté d'expression et un accès facilité à internet pour exprimer leur colère sur les réseaux sociaux ainsi que leurs sentiments anti-Rohingya.

Des journalistes de Reuters ont pu voir dimanche les habitants d'un village Rakhine brûler des maisons appartenant selon eux à des musulmans.

"Nous incendions les maisons des Rohingya parce qu'ils vivent près de notre village et qu'ils se rassemblent la nuit pour nous attaquer", a dit un Rakhine.

Selon les autorités, des centaines de Rohingya ont saccagé la ville de Maungdaw.

Selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés, environ 800.000 Rohingya vivent dans trois districts de l'Etat Rakhine à la frontière avec le Bangladesh et ils subissent de nombreuses formes de "persécution, discrimination et exploitation" telles que travail forcé ou accès limité à l'éducation.


Par les journalistes de Reuters à Sittwe, Danielle Rouquié et Bertrand Boucey pour le service français

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La Birmanie martyrise sa minorité musulmane

Message  Admin le Lun 11 Juin 2012 - 17:41



Par Florence Compain


Le sort des Rohingyas, victimes des brimades de la junte et de la majorité bouddhiste, gêne Aung San Suu Kyi.

L'Arakan, État isolé de l'ouest de la Birmanie, s'embrase. Dans un enchaînement de représailles sanglantes, dix pèlerins musulmans ont été frappés à mort la semaine dernière par une foule en colère après le viol et l'assassinat d'une jeune femme boud­dhiste. Les tensions religieuses ont dégénéré en émeutes. Et, depuis quatre jours, des bandes rivales armées de longs couteaux et de bambous affûtés se livrent à des chasses à l'homme et incendient des centaines de maisons dans la bourgade de Maungdaw, dans le nord de l'État, ainsi qu'à Sittwe, la capitale.

En dépit de l'état d'urgence décrété par le pouvoir et de la présence de forces de l'ordre aux abords des mosquées et des pagodes, les violences entre boud­dhistes et musulmans se poursuivaient lundi, poussant les Nations unies à évacuer leur personnel international. Les médias officiels avancent les chiffres de 7 morts et 17 blessés depuis vendredi, mais semblent ignorer les victimes musulmanes. D'autres sources font état de bilans plus lourds, mais invérifiables.

Étrangers dans leur propre pays
L'Arakan est l'un de ces nœuds improbables perdus dans les confins: cette bande de terre sur le golfe du Bengale est le point de rencontre de l'Asie musulmane et hindoue avec l'Asie bouddhiste. Y cohabitent très difficilement une majorité bouddhiste, les Rakhines, et une minorité musulmane, les Rohingyas. Le sort de ces Rohingyas n'a rien d'enviable. Considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées au monde, ils sont systématiquement rejetés, stigmatisés et violentés. Leur drame est d'avoir servi de supplétifs à l'armée britannique lors de sa conquête de la Birmanie au XIXe siècle.

Considérés comme des traîtres, ils sont tyrannisés depuis l'indépendance en 1948. En 1978, 200.000 d'entre eux ont dû fuir au Bangladesh la campagne de terreur lancée par l'armée birmane. En 1982, une loi les a dépouillés de leur nationalité et en a fait des étrangers dans leur propre pays. En 1991-1992, ils ont été la cible de nouvelles opérations d'éradication. Et les violentes discriminations qu'ils subissent, comme le travail forcé, la confiscation des terres ou l'interdiction de se marier et de se déplacer sans l'accord des autorités les poussent à fuir. Ils sont aujourd'hui plus nombreux hors de Birmanie (plus d'un million) où ils mènent une vie de clandestins ou de réfugiés, que dans leur pays d'origine (750.000).

Les dernières convulsions dans l'Arakan sont à première vue engendrées spontanément par les haines religieuses et ethniques. Mais elles pourraient aussi être orchestrées par le régime birman pour forcer la figure de proue de l'opposition, Aung San Suu Kyi, à faire des déclarations impopulaires, comme un appel au calme et à la sympathie envers cette minorité que l'opinion birmane tient en piètre estime. Depuis quelques jours, les réseaux sociaux birmans se déchaînent contre les «Kalar», ces étrangers à la peau sombre. Les comptes Facebook regorgent de commentaires sur ces musulmans «terroristes», ces «immigrés clandestins infiltrés sous couvert de colons britanniques». Certains offrent même «une récompense pour l'assassinat d'un musulman» de l'Arakan. Les diplomates birmans ou les vedettes de cinéma ne sont pas en reste: les Rohingyas sont tour à tour décrits comme «vilains comme des ogres» ou «noirs, bedonnants et velus».

Sous les insultes, la politique affleure. Les exemples abondent où les autorités birmanes ont attisé, voire déclenché de violents heurts confessionnels, n'hésitant pas à déguiser leurs agents en bonzes. Cette fois encore, des tracts de propa­gande anti-Rohingyas circulaient depuis des semaines et, selon plusieurs témoins, les forces de sécurité ont prêté main-forte aux miliciens bouddhistes.

En réagissant sur ce sujet très sensible, Aung San Suu Kyi, qui entame une tournée européenne mercredi, risque de diviser les rangs dans son parti. Quant aux Rohingyas, ils sont décidément damnés: des gardes-frontières bangladais ont renvoyé lundi huit embarcations transportant 300 de ces parias qui fuyaient les violences.

http://www.lefigaro.fr/
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Lun 11 Juin 2012 - 21:22


Stratfor Tactical Analyst Ben West examines how recent violence in Rakhine state could threaten Indian and Chinese investments in Myanmar.



Violences religieuses en Birmanie - 11/06/2012 AFP PHOTO/ Munir uz ZAMA

Des garde-frontières au Bangladesh ont renvoyé lundi huit embarcations transportant plus de 300 musulmans de la minorité des Rohingyas, la plupart des femmes et des enfants, qui tentaient de fuir les violences religieuses en Birmanie. Dans ce pays, tous les musulmans sont fréquemment assimilés au sein d'un même groupe, stigmatisé car considéré comme étranger et dangereux.
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Conflit à Sitwee

Message  Admin le Mer 13 Juin 2012 - 6:55

La suite du reportage photos ici ----> http://www.imageplus.me/2012/06/12/conflict-in-sittwe/

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La Birmanie rattrapée par les violences ethniques

Message  Admin le Jeu 14 Juin 2012 - 8:25

Par ARNAUD VAULERIN
L’augmentation du nombre de victimes et l’instauration de l’état d’urgence dans la province de Rakhine (ouest du pays) traduisent une escalade des violences intercommunautaires en Birmanie. Depuis le 3 juin, au moins 35 personnes, selon une source gouvernementale, ont été tuées lors d’affrontements entre musulmans et bouddhistes.

Que se passe-t-il ?

Le Rakhine connaît de graves troubles ethniques depuis une dizaine de jours. Cet Etat, qui tient son nom d’une ethnie bouddhiste, abrite aussi une importante communauté musulmane, d’origine indienne ou bangladaise, ainsi que les Rohingyas, une minorité apatride. Maungdaw, où les émeutes ont débuté dimanche, et le district musulman de Nazir, dans la capitale régionale de Sittwe, ont été le théâtre de heurts violents au moins depuis dimanche. Selon Chris Lewa, la responsable d’Arakan Project qui milite pour les droits des Rohingyas, entre 50 et 100 personnes auraient trouvé la mort. La situation est suffisamment confuse et dangereuse pour que l’ONU évacue une partie de son personnel et Médecins sans frontières, une des seules organisations travaillant dans la région, annonce la suspension de ses activités et le retrait de ses membres.

Quelle est la cause

de ces violences ?

Le viol et le meurtre en mai d’une femme bouddhiste ont déclenché une série d’attaques et de représailles. Le 4 juin, 10 musulmans ont été lynchés et tués par des centaines de Rakhines qui s’en étaient pris à un bus où ils pensaient trouver les responsables. Trois musulmans ont pourtant été arrêtés pour leur participation au viol. Les autorités ont décrété dimanche un couvre-feu dans quatre villes, dont Maungdaw, où les violences avaient démarré à la frontière avec le Bangladesh. Et instauré l’état d’urgence, qui prévoit l’entrée en vigueur de la loi martiale. Un responsable gouvernemental a confié à l’AFP que les forces de sécurité avaient tiré sur des Rohingyas.

Qui sont les Rohingyas ?

Ce sont les parias de l’Asie, des musulmans apatrides considérés par l’ONU comme l’une des minorités les plus persécutées au monde. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés les estime à environ 750 000 en Birmanie, confinés dans trois districts (Maungdaw, Buthidaung et Rathedaung) où ils sont victimes de persécutions, travaux forcés, etc. Cette situation et surtout des opérations militaires birmanes à leur encontre ont poussé nombre d’entre eux à fuir la Birmanie. Ayant été les supplétifs des soldats britanniques, ils ont été considérés comme des traîtres par les indépendantistes. Ils ont donc été persécutés, a fortiori depuis l’instauration en 1982 d’une loi demandant aux groupes ethniques de prouver leur présence sur le territoire avant 1823 (début de la première guerre anglo-birmane qui a mené à la colonisation) pour obtenir la nationalité birmane.

http://www.liberation.fr/
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En Birmanie, les communautés déversent leur haine en ligne

Message  Admin le Jeu 14 Juin 2012 - 8:29

Les violences entre communautés musulmane et bouddhiste dans l’ouest de la Birmanie ont débordé sur le web, où les commentaires incendiaires postés sur les réseaux sociaux reflètent un ressentiment profondément enraciné



Ces affrontements communautaires ont fait plusieurs dizaines de morts depuis début juin dans l’Etat Rakhine, placé entièrement sous état d’urgence depuis dimanche.

Et dans un pays où l’internet était très strictement contrôlé sous la junte qui s’est autodissoute en mars 2011, les rumeurs les plus folles ont alimenté Twitter et Facebook.

«Les récents événements dans l’ouest de la Birmanie ont créé un ouragan de haine en ligne», commente ainsi Nicholas Farrelly, de l’université nationale d’Australie.

«Malheureusement, les récits contestés des affrontements alimentent les tenants de la ligne dure, des deux côtés».

Les principales cibles de ces attaques au vitriol sont les Rohingyas, minorité musulmane et apatride considérée par l’ONU comme l’une des plus persécutées de la planète.

Quelque 800’000 d’entre eux vivent confinés dans le nord de l’Etat Rakhine. Ils ne font pas partie des minorités ethniques reconnues par le pouvoir et par beaucoup de Birmans qui les considèrent souvent comme des immigrés illégaux venus du Bangladesh voisin.

Et les appels à tuer les «kalars», terme utilisé pour qualifier ceux considérés comme étrangers et les musulmans, se sont multipliés en ligne.

La page Facebook du «gang pour la décapitation des kalars», bénéficie ainsi de plus de 500 «j’aime». En dessous du dessin d’une faucheuse au manteau éclaboussé de sang et frappé d’un croissant de lune et d’une étoile, elle présente des photos crues de prétendues victimes.

La Democratic voice of Burma, média d’exilés birmans basé à Oslo, a de son côté indiqué mardi que son site avait été piraté par un groupe appelé Blink, qui aurait lancé son attaque depuis Singapour et la Russie.

«Dans le but de purifier notre terre religieuse, nous devons parfois nous salir les mains», a écrit Blink sur son site selon la DVB, qui a interprêté ces propos comme «une menace» envers les Rohingyas.

Mais la même rhétorique de haine était aussi à l’œuvre dans l’autre camp, des courriels largement distribués accusant d’atrocités les «fanatiques bouddhistes».

«Des deux côtés du conflit, il y a des personnes qui peuvent bénéficier d’encourager les affrontements», note Farrelly. Des bouddhistes intransigeants qui veulent «éliminer» les Rohingyas de Birmanie mais aussi certains Rohingyas qui pourraient vouloir attirer l’attention sur une situation déplorable, poursuit-il.

Alors que l’accès à internet est relativement limité dans l’Etat Rakhine, il est possible que ce flot d’attaques verbales n’émane pas de la région.

«Le faible niveau de pénétration d’internet en Birmanie rend improbable que cette rhétorique raciste en ligne ait aidé à la propagation de la violence», estime d’autre part le groupe de réflexion International Crisis Group dans un rapport publié mardi.

«Mais les opinions inquiétantes postées largement en ligne reflètent l’opinion des gens sur le terrain», ajoute-t-il, appelant le gouvernement à ne pas contrôler internet, mais à laisser les médias locaux couvrir les événements pour permettre un équilibre.

Pour Jan Zalewski, analyste à IHS Global Insight, ce déversement de haine en ligne est malgré tout dangereux.

«Le risque que la propagande se traduise en actes violents est aggravé par le fait qu’avec un flot d’information très restreint, contrôlé, en Birmanie ces dernières décennies, il n’y a pas de prise de conscience concernant les dangers d’informations non contrôlées déversées sur le web».

En Birmanie, la population a tendance à ne croire qu’un côté de cette propagande, note de son côté Phil Robertson, de Human Rights Watch. Les Birmans pensent que «les Rohingyas ne sont pas des citoyens, justes des colons bengalis qui essaient de prendre leur terre», estime-t-il.

Alors avec des réseaux sociaux diffusant «des diatribes racistes franchement effrayantes incitant à la violence», c’est «la recette d’un désastre».

http://www.letemps.ch/
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Péril en la demeure

Message  Admin le Ven 15 Juin 2012 - 22:14

Les violences intercommunautaires qui embrasent depuis plusieurs jours l'ouest birman ont déjà fait une vingtaine de morts. Les autorités parviendront-elles à rétablir le calme et, surtout, à panser les vieilles fractures ethniques ? De la réponse, affirme The Hindu, dépendra la crédibilité des réformes politiques en cours.


Une vieille blessure vient de se rouvrir au Myanmar, et si l'on n'y remédie pas promptement, elle risque de menacer le processus balbutiant des réformes politiques dans ce pays. Des décennies de haine raciale et religieuse entre la communauté bouddhiste et les Rohingyas musulmans dans l'Etat de Rakhine, l'ancien Arakan, sur la côte ouest du Myanmar, ont dégénéré en affrontements violents qui ont fait au moins vingt morts en une semaine. Le catalyseur a été le viol en réunion et le meurtre d'une bouddhiste, ce qui a entraîné des assassinats "de représailles" [dix passagers musulmans d'un bus ont été lychés le 4 juin]. Depuis, la communauté bouddhiste du Rakhine appelle à l'expulsion des Rohingyas du Myanmar. Les Rohingyas vivent depuis des siècles au Rakhine, où ils seraient environ 750 000. Mais les autorités birmanes ne leur accordent pas le statut de citoyen et les traitent comme des immigrés clandestins venus du Bangladesh. Durant le long règne de l'armée sur le pays, des milliers d'entre eux se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les persécutions. Toutefois, Dacca n'en veut pas non plus. A vrai dire, ne tenant pas à assister à un "débordement transfrontalier" à cause des événements actuels, le Bangladesh a refusé d'accepter sur son sol des centaines de Rohingyas apatrides qui ont tenté d'atteindre ses côtes par bateau le week-end dernier. L'Inde regarde ces violences avec grande inquiétude, sachant que la région occupe un rôle de premier plan dans sa stratégie qui vise à établir de meilleures connexions avec le Myanmar et le reste de l'Asie du Sud-Est.

Les troubles au Rakhine représentent un défi pour le processus progressif de réconciliation nationale que le président Thein Sein a lancé depuis 2010. Ce processus est double : d'une part, des réformes démocratiques avec Aung San Suu Kyi, chef de file du mouvement démocratique du pays ; d'autre part, des pourparlers de paix avec plusieurs groupes ethniques en insurrection près des frontières entre le Myanmar et l'Inde, la Chine et la Thaïlande. En fait, tout le processus a pour objectif de contribuer, enfin, à l'édification de la nation. Or, il ne sera pas complet si les Rohingyas en sont exclus. On court le danger que des éléments de l'armée, peu convaincus de la nécessité des réformes, se servent des incidents du Rakhine pour préconiser un retour au statu quo. L'état d'urgence a été décrété dans la région [le 10 juin]. Outre le rétablissement de la loi et de l'ordre, le mouvement démocratique au Myanmar, pour lequel les réformes constituent un enjeu considérable, doit être le premier à exiger que soient abordés les problèmes à l'origine des événements du Rakhine. Suu Kyi et la Ligue nationale pour la démocratie ne se sont pas intéressées à la cause des Rohingyas pendant toutes ces années, peut-être par crainte de déplaire à la majorité bouddhiste. Mais cela n'est plus envisageable pour un parti politique considéré aujourd'hui comme un acteur incontournable dans l'édification d'un nouveau Myanmar.



http://www.courrierinternational.com/
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Message  Admin le Mar 19 Juin 2012 - 5:49

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"Les Rohingyas sont les Roms de l'Asie"

Message  Admin le Ven 22 Juin 2012 - 16:29

Depuis le début du mois de juin, plus de 80 personnes sont mortes dans des affrontements entre bouddhistes et musulmans en Birmanie. Parmi ces derniers, les Rohingyas, l'une des minorités les plus persécutées de la planète, selon l’ONU.



Le viol et le meurtre d'une femme bouddhiste par des musulmans, au début du mois de juin dans l'ouest du pays, a déclenché une vague d'affrontements entre les deux communautés. "L'agression de la bouddhiste a servi d’étincelle, mais le combustible était déjà présent", commente David Camroux, chercheur à Sciences po-Ceri (Centre d’études et de recherches internationales), selon qui la recrudescence des violences communautaires en Birmanie est le résultat d’une situation explosive entre les différentes ethnies.

Ces violences, qui ont fait plus de 80 morts et des dizaines de milliers de déplacés dans les deux camps, ont débouché sur la proclamation, le 10 juin, de l’état d’urgence, dans l’État de Rakhine, par le gouvernement.

Des divisions profondes

Dans cette mosaïque ethnique au cœur de l’Asie du Sud, une communauté sort du lot : les Rohingyas. Établis dans l’État d’Arakan, dans l’ouest de la Birmanie, ces quelque 800 000 musulmans apparaissent comme les parias d’une société en proie aux divisions.

Privés de droits, exilés ou réfugiés en Birmanie, ces apatrides ne sont pas non plus acceptés dans leur pays d'origine le Bangladesh. Ceux qui se sont risqués à traverser la mer en bateau pour rejoindre les côtes bangladaises ont systématiquement été repoussés. Pourtant, au royaume de Myanmar, ils sont surnommés péjorativement les "Bengalis".

"Les Rohingyas sont les Roms de l’Asie, leurs droits sont bafoués par tout le monde," commente David Camroux.

Dans un pays où la communauté bouddhiste est largement majoritaire [89 % de la population contre 4 % de musulmans], le sentiment antimusulman est répandu. Au cours de la colonisation britannique [qui a pris fin en 1948], les divisions au sein de la population ont été exacerbées. "Les Birmans ont été très marqués par la présence des colons. La stratégie de ces derniers était de diviser pour mieux régner, ils ont ainsi opposé les ethnies entre elles. Puis, après l’indépendance, les penchants nationalistes des Birmans ont été renforcés. Aujourd’hui, le sentiment xénophobe est important en Birmanie", analyse David Camroux.

Au milieu d’une multitude d’ethnies (parmi lesquelles les Shans, les Arakans, les Karènes ou encore les Kachins), seuls les Rohingyas ne sont pas représentés au parlement. "Ils n’ont pas de leader et vivent dans une grande pauvreté," ajoute le chercheur. Auparavant autorisés à être des citoyens birmans, les Rohingyas ont été déchus de leur nationalité par une loi promulguée en 1982 par le dictateur Ne Win.

Les oubliés de la communauté internationale

Défi pour le gouvernement birman : trouver un modèle fédéral, gardant une unité nationale. Lors de son discours d’acceptation du prix Nobel de la paix à Oslo, la dissidente birmane, Aung San Suu Kyi, figure de proue de l’opposition, a appelé à une réconciliation nationale. "Mais elle n’a pas tranché sur cette question, précise David Camrous, les Rohingyas sont les oubliés de la communauté internationale."

Bien qu’une accalmie dans les affrontements ait été observée par le bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) le 21 juin, l'Organisation malaisienne des droits de l'Homme pour les Rohingyas s’est déclarée perplexe : "L'information dont nous disposons laisse penser que cela a en fait empiré et que les violences se sont accrues".

http://www.france24.com/fr/20120621-birmanie-violences-religieuses-ethnies-communautes-rohingyas-roms-asie-conflit-musulmans-bouddhistes

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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Dim 24 Juin 2012 - 4:54

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Quand le gouvernement persécute ses ethnies

Message  Admin le Ven 13 Juil 2012 - 6:33

Il est des abominations qui taisent leurs noms. Il est un pays, qui trop heureux de briller positivement sur la scène internationale, viole inlassablement les droits d'une des ethnies les plus menacées au monde, les Rohingyas. Ce pays, c'est la Birmanie.

On pourrait naïvement croire que l'hostilité birmane à l'endroit de l'ethnie des Rohingyas prend sa source dans un fait divers qui a donné lieu au mois de juin à des violences inter-ethniques insoutenables dans l'Etat d'Arakan, à l'est de la Birmanie, opposant les communautés musulmanes et les bouddhistes, suite au viol et au meurtre d'une bouddhiste. Crime attribué aux Rohingyas. Mais en réalité, les Rohingyas paient le tribut réservé généralement aux ethnies les plus persécutées au monde : celui de leur différence. Le conflit qui oppose l'ethnie majoritaire (les Arakanais) aux Rohingyas est en réalité bien peu avouable pour la junte au pouvoir. Musulmans au dialecte indo-européen en raison de leur proximité géographique avec le Bengladesh, les Rohingyas font l'objet de brimades et de persécutions à l'échelle d'un pays qui supporte mal la remise en question de sa sacro-sainte homogénéité ethnique.



Pour le gouvernement birman, il est préférable de tenter de faire avaler des couleuvres à la scène internationale en prétendant que les Rohingyas sont sans conteste des bangladais puisqu'ils parlent la même langue et qu'ils ne sont pas bouddhistes ! Aujourd'hui, les quelques 800 000 musulmans qui s'entassent dans des camps de réfugiés du Bengladesh aux conditions d'hygiène déplorables (leur nombre est estimé à 300 000) ou se terrent dans les bidonvilles de l'Etat de Rakhine et attendent impuissant, une intervention de l'ONU. Aux vues de la situation dramatique sur le plan humanitaire, c'est le HCR (Haut-commissariat aux réfugiés) qui s'est emparé cet épineux problème.
Kitty McKinsey, officiant au sein de l'organisme onusien explique au micro de l'AFP : "la Birmanie ne reconnaît pas ces 735.000 musulmans (...) comme des ressortissants et nous pensons que la solution est pour eux d'obtenir la citoyenneté birmane". Et la junte au pouvoir refuse d'entendre parler d'une quelconque reconnaissance de l'ethnie Rohingyas, jouant sans complexe la carte de la désinformation. "Il n'est pas possible d'accepter les Rohingyas entrés illégalement, qui ne sont pas de notre ethnicité", a déclaré Thein Sein lors d'une intervention au Haut-commissariat aux réfugiés. L'envoyé Birman affirme même au sujet des musulmans que les bouddhistes au pouvoir "les enverrons dans n'importe quel pays tiers qui les accepterait. C'est ce que nous pensons être la solution au problème". En sommes, plus de Rohingyas, plus de problèmes.

Travail forcé, extorsion, restrictions de la liberté de mouvement, absence de droit de séjour, règles de mariage injustes et confiscation des terres, voilà le sort réservé aux Rohingyas en Birmanie. Lors de son discours d'acceptation du prix Nobel en juin dernier, Aung San Suu Kyi, fraîchement élue au parlement birman n'a pas manqué de dénoncer la guerre fratricide que se livraient les birmans au même moment. Reste à savoir si la Dame de Rangoon prônera pour l'accession des Rohingyas au statut de minorité ethnique, auquel ils devraient pouvoir prétendre de plein droit. Un long chemin attend encore la Birmanie sur la voie de la tolérance.

http://www.melty.fr/birmanie-quand-le-gouvernement-persecute-ses-ethnies-a118178.html
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Les forces gouvernementales s'en prennent aux musulmans rohingyas

Message  Admin le Jeu 2 Aoû 2012 - 7:23

(Bangkok, le 1er août 2012)– Les forces de sécurité birmanes ont perpétrés des meurtres, des viols et des arrestations de masse à l'encontre des musulmans rohingyas, après n'avoir rien fait pour protéger ces personnes de même que les bouddhistes arakanais, pendant les violences interconfessionnelles meurtrières qui ont frappé l'ouest de la Birmanie en juin 2012. Parce que le gouvernement limite l'accès des organismes humanitaires à la communauté rohingya, qui compte plus de 100 000 personnes, beaucoup sont toujours déplacés et manquent cruellement d'aide alimentaire, d'un abri et de soins médicaux.

Le rapport de 56 pages, intitulé « ““The Government Could Have Stopped This”: Sectarian Violence and Ensuing Abuses in Burma’s Arakan State » (« “Le gouvernement aurait pu arrêter ça” : les violences interconfessionnelles et les exactions qui ont suivi dans l'État birman d'Arakan »), décrit l’inaction des autorités birmanes qui n'ont pas pris les mesures adéquates pour freiner la montée des tensions et la flambée des violences interconfessionnelles dans l'État d'Arakan. Bien que l'armée ait fini par maîtriser les émeutes qui enflammaient Sittwe, la capitale de cet État, les témoins arakanais comme rohingyas ont raconté à Human Rights Watch comment les soldats du gouvernement sont restés passifs quand des membres de chacune de ces communautés ont attaqué ceux de l'autre, détruit des villages et assassiné un nombre indéterminé de victimes.

« Les forces de sécurité birmanes n'ont protégé ni les Arakanais ni les Rohingyas contre les attaques commises de part et d’autre, et ont ensuite déclenché une campagne de violences et de rafles massives contre les Rohingyas », a déclaré Brad Adams, Directeur pour l'Asie chez Human Rights Watch.« Le gouvernement affirme s'engager pleinement pour mettre un terme aux conflits et aux violences ethniques, mais les récents évènements qui ont eu lieu dans l'État d'Arakan montrent que persécutions et discriminations cautionnées par le gouvernement perdurent. »

Le gouvernement birman devrait prendre des mesures urgentes pour mettre fin aux violences commises par ses soldats, permettre l'accès des secours humanitaires et autoriser les observateurs internationaux à visiter les zones affectées et à enquêter sur les exactions, a précisé Human Rights Watch.

Le rapport de Human Rights Watch s'appuie sur 57 entretiens réalisés en juin et en juillet avec des personnes affectées par les évènements appartenant aux communautés arakanaise et rohingya ainsi qu’avec d’autres personnes en Birmanie et au Bangladesh, où les Rohingyas se sont réfugiés pour fuir les violences et les exactions.

Les violences ont éclaté début juin après que des sources aient répandu le 28 mai la nouvelle du viol et du meurtre d'une femme bouddhiste arakanaise par trois hommes musulmans dans la ville de Ramri. Un pamphlet incendiaire révélant les détails du crime a été diffusé dans la région, et le 3 juin, un groupe comprenant de nombreux villageois arakanais a arrêté un bus à Toungop et brutalement assassiné 10 musulmans qui se trouvaient à bord. Human Rights Watch a pu confirmer que des policiers et soldats de la région étaient présents et ont assisté à la scène, mais ne sont pas intervenus. En représailles, des milliers de Rohingyas ont déclenché le 8 juin une émeute après la prière du vendredi, dans la ville de Maungdaw, tuant un nombre indéterminé d'Arakanais. Les violences entre Rohingyas et Arakanais se sont ensuite propagées à Sittwe et ses environs.

Des hordes de maraudeurs issues des deux communautés arakanaise et rohingya ont fait irruption dans des villages et quartiers pris au dépourvu, ont brutalement assassiné des habitants, et ont détruit et brûlé des maisons, des magasins ainsi que des lieux de cultes. Les forces de sécurité gouvernementales n'étant que peu voire pas du tout présentes pour stopper les violences, la population s'est armée de sabres, de piques, de bâtons, de barres de fer, de couteaux, et d'autres armes rudimentaires. Des articles anti-musulmans incendiaires parus dans les médias ainsi que la propagande locale ont entretenu les violences. De nombreux Arakanais et Rohingyas qui ont parlé à Human Rights Watch étaient convaincus que les autorités auraient pu empêcher ces événements, et que les exactions qui ont suivi auraient pu être évitées.




Un Arakanais de 29 ans et un Rohingya plus âgé ont déclaré à Human Rights Watch, chacun de son côté mais en employant les mêmes termes : « Le gouvernement aurait pu arrêter ça ».

La présence de l'armée birmane à Sittwe a fini par enrayer les violences. Le 12 juin, cependant, des groupes d'Arakanais ont incendié les maisons de 10 000 musulmans rohingyas et non rohingyas, selon les estimations, dans le plus grand quartier musulman de la ville, tandis que les policiers et les troupes paramilitaires Lon Thein ont ouvert le feu à balles réelles sur des Rohingyas.

Un Rohingya de Sittwe, âgé de 36 ans, a raconté à Human Rights Watch comment un groupe d'Arakanais « a commencé à mettre le feu aux maisons. Quand les gens ont essayé d'éteindre les incendies, les paramilitaires nous ont tiré dessus. Et la bande [d'Arakanais] s'est mise à frapper les gens avec de gros bâtons. » Un autre Rohingya du même quartier a affirmé : « J'étais à quelques mètres de là seulement. J'étais sur la route. Je les ai vu abattre au moins six personnes – une femme, deux enfants et trois hommes. Les policiers ont emporté leurs cadavres. »

Sittwe était une ville peuplée pour moitié d'Arakanais et pour moitié de musulmans, mais la plupart de ces derniers ont fui ou ont été déplacés de force, ce qui soulève des inquiétudes quant au respect par le gouvernement de leur droit à réintégrer un jour leurs foyers. HumanRightsWatch a constaté que la ségrégation est désormais de mise au centre de cette capitale autrefois multi-ethnique, mais que les musulmans ont désertée.

Dans le nord de l’État d'Arakan, des soldats, des policiers, des gardes frontaliers de la Nasaka (police frontalière birmane) et des membres de la force paramilitaire Lon Thein ont perpétré des assassinats, des arrestations de masse et d'autres exactions à l'encontre des Rohingyas. Ils ont agi de concert avec des Arakanais de la région pour piller des maisons appartenant à des Rohingyas, et pour dérober réserves de nourriture et biens de valeurs. La Nasaka et les soldats ont ouvert le feu sur des foules de villageois rohingyas alors qu'ils tentaient d'échapper aux violences, faisant de nombreux morts et blessés.

« Si les atrocités qui ont eu lieu en Arakan s'étaient produites avant le début du processus de réformes entrepris par le gouvernement, la réaction internationale aurait été prompte et vigoureuse », a affirmé Brad Adams. « Mais la communauté internationale semble aveuglée par un éclairage romantique du grand changement qui serait en train d'advenir en Birmanie, et l'on signe de nouveaux accord commerciaux et lève des sanctions alors même que les exactions continuent. »

Depuis juin, le gouvernement a emprisonné des centaines d'hommes et de garçons rohingyas, qui sont toujours détenus dans des lieux tenus secrets. Les autorités du nord de l’État d'Arakan ont un long passif de tortures et de mauvais traitements infligés aux détenus rohingyas, selonHumanRightsWatch. Au sud, dans la ville côtière de Moulmein, 82 Rohingyas en fuite ont été arrêtés fin juin, selon certaines sources, et condamnés à un an de prison pour violation des lois sur l'immigration.

« Les autorités birmanes devraient immédiatement publier des informations détaillées sur les détenus rohingyas, autoriser l'accès des membres de la famille et des agences humanitaires, et libérer toute personne non inculpée d'un crime reconnu aux termes du droit international et pour lequel il y ait des preuves crédibles », a poursuivi Brad Adams. « Il s’agit d’un véritable test pour mettre à l’épreuve l'engagement affiché par le gouvernement d’entamer des réformes et de protéger les droits fondamentaux. »

La loi sur la citoyenneté de Birmanie de 1982 prive dans les faits la population rohingya de la citoyenneté birmane, soit un nombre estimé de 800 000 à 1 million de personnes. Le 12 juillet, le Président birman Thein Sein a affirmé que la « seule solution » aux affrontements interconfessionnels était d'expulser les Rohingyas vers d'autres pays, ou dans des camps gérés par l'agence des réfugiés des Nations Unies.

« Nous les enverrons dans n'importe quel pays tiers qui les accepterait », a-t-il déclaré.

Le droit et les politiques de l’État Birman sont discriminatoires envers les Rohingyas, et violent leurs droits en matière de liberté de circulation, d'éducation et d'emploi. Les représentants du gouvernement birman qualifient généralement les Rohingyas de « Bengalis », de « soi-disant Rohingyas », ou utilisent le terme péjoratif « Kalar ». Les Rohingyas font l'objet de préjugés considérables au sein de la société birmane au sens large, y compris de la part de personnes ayant toujours lutté pour la démocratie, et de minorités ethniques elles-mêmes longtemps opprimées par l’État birman.

La nouvelle Commission des droits humains de la Birmanie – sous la direction de son président Win Mra, un membre de l'ethnie arakanaise– n'a joué aucun rôle effectif pour contrôler les exactions commises dans l’État d'Arakan, selon HumanRightsWatch. Dans son étude sur les violences inter-confessionnelles datée du 11 juillet, la Commission ne fait état d'aucun abus de la part du gouvernement, affirme que tous les besoins humanitaires sont satisfaits, et n'aborde ni la question de la citoyenneté des Rohingyas ni les persécutions dont ils font l'objet.

« Le gouvernement birman doit amender de toute urgence sa loi sur la citoyenneté, pour mettre fin aux discriminations officielles subies par les Rohingyas », a affirmé Brad Adams. « Le Président Thein Sein ne peut pas prétendre défendre les droits humains de façon crédible tout en appelant à expulser des gens à cause de leur appartenance ethnique et de leur religion. »

SelonHumanRightsWatch, les violences interconfessionnelles ont créé des besoins urgents en termes d'aide humanitaire, au sein des communautés arakanaise comme rohingya. Des organisations arakanaises locales, amplement soutenues par des contributions au niveau national, ont fourni une aide alimentaire, des vêtements, des médicaments et des abris aux Arakanais déplacés. Au contraire, l'accès de la population rohingya aux marchés, à l'aide alimentaire et à un travail est toujours synonyme de danger ou simplement impossible, et beaucoup d'entre eux se cachent depuis des semaines.

Le gouvernement a restreint l'accès aux zones affectées, et notamment aux régions rohingya, handicapant grandement les possibilités d'intervention humanitaire. Les employés des Nations Unies et les humanitaires ont fait l'objet d'arrestations, de menaces et d'intimidations de la part de la population arakanaise locale, selon laquelle les organismes d'aide tend à favoriser les Rohingyas. Les restrictions imposées par le gouvernement ont rendu certaines zones, comme les villages situés au sud de Maungdaw, inaccessibles aux organismes humanitaires.

« Les autorités devraient immédiatement autoriser les humanitaires à accéder sans entraves à toutes les populations affectées, et commencer à œuvrer pour éviter de nouvelles violences entre les communautés à l'avenir » a déclaré Brad Adams. « Le gouvernement devrait apporter son assistance aux deux communautés pour restituer les biens et garantir que toutes les personnes déplacées puissent rentrer chez elles et vivre en toute sécurité. »

Depuis les violences de juin, des milliers de Rohingyas ont fui au Bangladesh voisin, où les autorités les ont refoulés à plusieurs occasions, en violation du droit international. Human Rights Watch a assisté à l'arrivée sur les côtes d'hommes, de femmes et d'enfants rohingyas implorant la pitié des autorités du Bangladesh, pour se voir rejeter à la mer, à bord d'embarcations de bois à peine navigables, en pleine mousson et sous des pluies violentes. De tels actes ont fait courir un danger grave à ces personnes, qui risquaient de se noyer, de mourir de faim en mer, ou d'être persécutés en Birmanie. On ignore combien d'entre eux sont morts pendant ces opérations de refoulement. Ceux qui ont réussi à entrer au Bangladesh vivent cachés, sans accès à une aide alimentaire ou à un toit, et sans protection.

Le Bangladesh est dans l'obligation d'ouvrir ses frontières et d'offrir aux Rohingyas au moins un refuge temporaire, jusqu'à ce qu'ils puissent rentrer en toute sécurité, et ce en accord avec les normes internationales des droits humains. Human Rights Watch a appelé les gouvernements préoccupés par cette situation à aider le Bangladesh à prendre ces mesures, et a pressé ce pays ainsi que la Birmanie de mettre fin aux exactions et de garantir la sécurité des Rohingyas.

« Le Bangladesh viole ses obligations juridiques internationales en repoussant avec cynisme les demandeurs d'asile vers le grand large, dans des embarcations délabrées », a affirmé Brad Adams.

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Témoignages extraits de« The Government Could Have Stopped This » (« Le gouvernement aurait pu arrêter ça »)

« Nous en avons discuté, et nous avons décidé d'incendier certains villages [rohingyas] que tous les musulmans utilisaient comme QG. Par exemple, Narzi et Bhumi. On a d'abord commencé par mettre le feu au village de Bhumi, le QG des musulmans. On a incendié les maisons, et après ils ont incendié les nôtres. Dans certaines zones, on a pas incendié de maisons. Ça aurait été stupide dans certaines zones où la plupart des maisons sont proches de celles des Arakanais. Elles auraient toutes pris feu. C'était une offensive sur trois jours. Ça a commencé près du village de Bhumi à côté de l'Université de Sittwe parce que Bhumi, c'est leur QG. »
– Arakanais,45 ans,Sittwe,Etat d'Arakan,Juin 2012

« Les premiers musulmans [qui sont venus] avaient des fusils. Cette fois-là, on a entendu les tirs et mon mari a essayé d'attaquer les musulmans. Ils l'ont tué juste là, dans le village. Son bras a été arraché et sa tête a été presque arrachée aussi. Il avait 35 ans. »
– Arakanaise, mère de cinq enfants,31 ans,Sittwe,Etat d'Arakan, Juin 2012

« Je suis tombée et je ne pouvais plus respirer, j'avais tellement peur. J'ai vu toute cette violence. Environ 300 musulmans sont venus attaquer notre village. Ils sont venus et ont incendié les maisons. Je les ai vus incendier les maisons... La police n'est pas venue pendant les violences. Quand les musulmans sont venus et ont incendié le village, j'ai fui. Je n'ai pas vu un seul policier avant d'arriver à Sittwe. »
– Arakanaise, 40 ans,Sittwe,Etat d'Arakan, Juin 2012

« C'était juste sous mes yeux, d'abord ce sont les [paramilitaires] Lon Thein qui sont arrivés et qui ont dit qu'ils venaient nous protéger, mais quand les Arakanais sont arrivés et ont incendié les maisons, on a essayé d'éteindre le feu et ils ont commencé à nous frapper. Beaucoup de gens ont été abattus [par les policiers] à faible distance. J'ai vu des gens se faire tirer dessus à bout portant. Tout le village a assisté à ça. C'était des gens de mon village. Ils étaient à 5 ou 6 mètres de moi … J'ai vu au moins 50 personnes se faire tuer... Quand on a essayé d'aller éteindre l'incendie, ils ne nous y ont pas autorisés. Ils ont d'abord tiré un coup en l'air, puis ils ont tiré sur les gens. »
– Homme rohingya,28 ans,Sittwe,Etat d'Arakan, Juin 2012

« Le gouvernement n'a pas rendu les cadavres à notre famille. Ils les ont pris et les ont incinérés dans le monastère. Je n'ai pas récupéré les corps de mes deux beaux-frères... Ils ont été tués par les Arakanais juste devant moi. Des policiers étaient là. Ca se passait tout près des policiers. Ils ont été tués devant moi et la police n'a rien fait. »
– Homme rohingya,65 ans,Sittwe, Etat d'Arakan, Juin 2012

http://www.hrw.org/fr/news/2012/07/31/birmanie-les-forces-gouvernementales-sen-prennent-aux-musulmans-rohingyas
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Lun 6 Aoû 2012 - 6:37

Des affrontements entre bouddhistes et musulmans ont fait trois morts dans l'ouest de la Birmanie, où des violences communautaires meurtrières avaient eu lieu au moins de juin, a indiqué aujourd'hui un responsable birman.

"Trois personnes ont été tuées et cinq autres blessées" dimanche dans le district de Kyauktaw, à une centaine de kilomètres au nord de Sittwe, capitale de l'État Rakhine, a déclaré ce responsable gouvernemental sous couvert de l'anonymat, sans préciser de quelle communauté faisaient partie les victimes. "Nous ne savons pas pourquoi ça a recommencé", a-t-il ajouté, précisant que le calme était rapidement revenu.

L'État Rakhine est toujours sous état d'urgence depuis ces violences entre musulmans --notamment des membres de la minorité apatride des Rohingyas-- et bouddhistes qui ont fait environ 80 morts en juin, selon un bilan officiel considéré par certaines sources comme sous-estimé. Les violences avaient été déclenchées par le viol et le meurtre le 28 mai d'une femme de la minorité ethnique rakhine, majoritairement bouddhiste. Le 3 juin, une foule de Rakhines en colère avaient tué dix musulmans en représailles.

Les affrontements s'étaient propagés les jours suivants à Sittwe et dans des zones du nord de l'État où vivent confinés quelque 800.000 Rohingyas. Des milliers de maisons avaient été incendiées et des dizaines de milliers de déplacés vivent toujours dans des camps de fortune.

Des organisations de défense des droits de l'Homme ont accusé les forces de sécurité birmanes d'abus pendant et après ces violences, en particulier contre les Rohingyas, et l'ONU s'est inquiétée d'une répression visant la communauté musulmane. Mais le gouvernement a rejeté ces accusations, qui jettent une ombre sur les réformes spectaculaires qu'il a entreprises depuis la dissolution de la junte en mars 2011.

Les Rohingyas, considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées de la planète, ne font pas partie des groupes ethniques reconnus par le régime de Naypyidaw, ni par beaucoup de Birmans qui les considèrent le plus souvent comme des immigrés bangladais illégaux et ne cachent pas leur hostilité à leur égard.

AFP
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Minorités: "Les Birmans considèrent les Rohingyas comme des immigrés clandestins"

Message  Admin le Mer 8 Aoû 2012 - 20:40

L'ASEAN envisage d'apporter une aide humanitaire aux Rohingyas de Birmanie, une tribu musulmane minoritaire établie près de la frontière du Bangladesh, victime d'exactions depuis le début de l'été. David Camroux, chercheur à Sciences po (CERI) et spécialiste de l'Asie du Sud-Est nous livre son analyse.


SITTWE, BIRMANIE- des déplacés Rohingyas après les violences du mois de juin. Même à la LND, le parti d'Aung San Suu Kyi, on ne considère pas les Rohingyas comme des citoyens.
Reuters/Soe Zeya Tun

Comment expliquer les violences dont sont victimes les Rohingyas?
La Birmanie est un pays multiethnique. La population proprement birmane est majoritaire, mais elle ne représente que 60% de la population. Les minorités ethniques sont reconnues dans la constitution birmane. Elles ont un statut de "nationalité" et un territoire. Mais pas les Rohingyas. Eux sont à part. Les Birmans les considèrent même comme des immigrés clandestins. C'est un peu comme les Roms en Europe: un peuple sans Etat et qui n'a pas de droit de citoyenneté. Ce qui arrive en ce moment est déjà arrivé dans les années 1990. A l'époque, c'était clairement l'armée qui les persécutait. Ils ont été nombreux à fuir vers le Bangladesh, la Thaïlande ou la Malaisie.

En quoi la situation est-elle différente aujourd'hui?
Actuellement la situation est un peu plus complexe. Certains observateurs comme Human Rights Watch considèrent que l'armée joue avec le feu, en laissant faire, voire en encourageant, les villageois bouddhistes auteurs des exactions. D'autres et d'autres y voient une conséquence indirecte de la démocratisation, en faisant valoir que l'armée, lorsqu'elle contrôlait plus étroitement la population était mieux en mesure d'éviter les confrontations ethniques.

Comment analysez-vous la position d'Aung San Suu Kyi dans ce conflit?

Elle est dans une situation délicate. C'est quand même une femme politique maintenant. Un peu comme Nelson Mandela en Afrique du Sud, il lui faut passer du statut de symbole de la liberté et de la démocratie à celui de chef d'opposition. L'échéance importante, pour elle, ce sont les élections législatives de 2015, qu'elle espère gagner. Or elle est élue dans une circonscription où le sentiment anti-Rohingyas est assez prononcé. Dans son premier discours au Parlement il y a quelques semaines, elle a évoqué en termes généraux le droit des minorités, mais elle n'est pas montée au créneau pour défendre les Rohingyas. Même dans son parti (Ligue Nationale pour la Démocratie), on ne considère pas les Rohingyas comme des citoyens, et c'est là le fond du problème. Elle doit penser à son électorat. Vu de Rangoon ces problèmes là sont périphériques. Les défis prioritaires sont la transition démocratique, les transformations économiques, l'emploi des jeunes.

Pourquoi n'y a-t-il pas davantage de Rohingyas qui fuient le pays?
Beaucoup l'avaient fait dans les années 1990 mais la situation a changé. Le Bangladesh n'est semble-t-il pas prêt aujourd'hui à accueillir ces populations comme il l'avait fait dans le passé.

Le régime est-il vraiment en train de s'ouvrir?
C'est un processus long. C'est un peu comme l'Afrique du Sud après l'apartheid. La démocratisation se produit grâce à Aung San Suu Kyi, mais c'est aussi le régime qui souhaite se transformer, malgré les réticences de certains conservateurs au sein de l'armée. Les sanctions ont porté leurs fruits. Le régime souhaite revenir dans la communauté des nations. Les militaires birmans ont compris qu'en enlevant leur uniforme ils pourraient plus facilement s'enrichir comme cela s'est produit en Thaïlande ou en Indonésie. Ce n'est pas forcément une raison très noble, mais c'est la réalité. D'ores et déjà, le pays a cessé d'être un paria. Les occidentaux souhaitent accompagner les réformes. Cela dit, cela prendra du temps. Et le pire est toujours possible.


http://www.lexpress.fr/actualite/societe/minorites-les-birmans-considerent-les-rohingyas-comme-des-immigres-clandestins_1147674.html
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