Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

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Dans l'ouest birman, la tension toujours vive entre musulmans et bouddhistes

Message  Admin le Lun 27 Aoû 2012 - 6:02

Les uns vivent dans des camps de réfugiés, sans statut, les autres se réfugient dans des monastères et réclament protection. Mais si musulmans et bouddhistes de l'Etat Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie, partagent bien une chose, c'est leur refus de revivre ensemble.

Deux mois après la poussée de violences, qui a fait des dizaines de morts, entre les membres de l'ethnie rakhine - bouddhiste - et les Rohingyas - une minorité apatride musulmane -, il ne reste dans certains villages que ruines et tas de cendres.

Car ceux qui vivaient en voisins ont brûlé leurs maisons respectives.

Nawseema Har Tu Fa explique avoir quitté son village après l'avoir vu partir en fumée. Elle vit désormais près de Sittwe, la capitale de l'Etat Rakhine (ex-Arakan), placé sous état d'urgence depuis près de deux mois.

"Nous n'avions aucun problème avec les bouddhistes, avant. Nous ne nous querellions jamais. Nous vivions ensemble, nous nous parlions. Nous allions au marché ensemble", dit-elle. "Nous sommes ici d'abord pour protéger les enfants, sinon ils seraient peut-être morts là-bas".

Ils sont quelque 70.000 déplacés autour de Sittwe, 50.000 Rohingyas et 20.000 bouddhistes, a indiqué la police à l'AFP, qui a pu se rendre dans cette région frontalière du Bangladesh dont l'accès demeure très restreint.

Les Rohingyas, considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées du monde, vivent dans des camps et ont peu d'espoir d'amélioration : les autorités birmanes ne les reconnaissent pas comme étant une minorité légitime et le Bangladesh ne veut pas d'eux.

"Il n'y ni maisons ni abris dans leurs villages, ils ont tous été brûlés, c'est pour ça qu'ils sont là", explique Soe Myint, qui gère le camp de réfugiés de Kaung Dokar, l'un des six de Sittwe.

La machine de la violence s'est emballée après le viol d'une femme Rakhine qui a déclenché des opérations punitives en série. Près de 90 morts ont été dénombrés en juin, selon un bilan officiel que des ONG jugent sous-évalué.

Et si les autorités affirment avoir repris le contrôle de la situation, plusieurs personnes ont été tuées début août dans de nouveaux incidents.

"Terroriser les Bengalis" Les Rohingyas sont donc cantonnés dans les camps, dépendant des livraisons du Programme alimentaire mondial des Nations unies. "Nous n'avons pas assez à manger, car nous n'avons pas la possibilité d'aller à Sittwe pour acheter ce dont nous avons besoin", explique Abu Shukur, un déplacé.

Confronté aux attaques des organisations de défense des droits de l'Homme et de certains pays arabes, le gouvernement défend ses forces de l'ordre. Mais Human Rights Watch les accuse d'avoir tiré sur les Rohingyas, de s'être livrées à des viols et d'avoir parfois assisté sans agir à des violences.

A Sittwe, le ressentiment est immense chez les bouddhistes, souvent outrés de voir l'aide acheminée vers ceux qu'ils considèrent comme des immigrés illégaux et qu'ils appellent "Bengalis" ou "kalars", un vocable profondément péjoratif désignant tous les musulmans.

"Les partis politiques, certains moines et certains individus accentuent la haine ethnique", a dénoncé le président Thein Sein dans un rapport aux parlementaires le 17 août et obtenu par l'AFP.

"Les Rakhines pensent constamment à terroriser les musulmans bengalis qui vivent dans le pays", a-t-il regretté, soulignant que les deux communautés souffraient de la situation.

Il a récemment annoncé la mise en place d'une nouvelle commission chargée de suggérer des solutions pour la "coexistence pacifique".

Mais sa tâche est immense. "Nous connaissions ceux qui ont brûlé nos maisons", affirme Saw Saw, un déplacé rakhine. "Mais si des Rohingyas de l'étranger viennent, alors ce sera encore pire".

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120826.AFP6737/dans-l-ouest-birman-la-tension-toujours-vive-entre-musulmans-et-bouddhistes.html
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Ven 31 Aoû 2012 - 5:53



Tens of thousands of people continue to live in refugee camps in Myanmar's Rakhine state.
They were forced to flee the fighting between Rohingya Muslims and local Buddhists.
Al Jazeera gained access to camps around Sittwe township, where 70,000 people have been made homeless.
Producer/camera: Elise Potaka
Journalist: Florence Looi
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Des moines birmans prônent la mise à l'écart d'une minorité ethnique

Message  Admin le Lun 3 Sep 2012 - 5:29


Des centaines de moines ont défilé dans les rues de Mandalay pour réclamer des mesures à l'encontre d'une minorité dans l'ouest du pays.
PHOTO AFP


Agence France-Presse
RANGOUN

Des centaines de moines bouddhistes ont défilé dimanche en Birmanie pour approuver l'idée, évoquée par le président birman Thein Sein, que les Rohingyas, une minorité musulmane, soient expulsés du pays ou groupés dans des camps.

De longues files de moines portant leurs traditionnelles robes rouges ont défilé dans les rues de Mandalay, dans le centre de la Birmanie, au milieu d'une foule de personnes favorables à leur manifestation.

Une banderole proclamait «Protégeons notre Mère la Birmanie en soutenant le président», tandis que d'autres critiquaient l'envoyé spécial de l'ONU Tomas Ojea Quintana, accusé de partialité en faveur des Rohingyas.

Des violences entre Rohingyas musulmans et membres de l'ethnie rakhine, bouddhistes, ont fait depuis juin au moins 90 morts des deux communautés dans l'Etat Rakhine (ouest de la Birmanie), selon une estimation officielle. Des groupes de défense des droits de l'homme considèrent que le bilan réel est beaucoup plus élevé.

Wirathu, un moine âgé de 45 ans qui menait la marche, a affirmé que 5000 moines y avaient participé et que plusieurs milliers d'autres personnes étaient descendues dans la rue.

L'objectif, a-t-il dit à l'AFP, était de «faire savoir au monde que les Rohingyas ne font pas du tout partie des groupes ethniques de la Birmanie».

Parlant un dialecte similaire à celui qui est parlé de l'autre côté de la frontière, au Bangladesh voisin, les quelque 800 000 Rohingyas présents en Birmanie sont considérés par le gouvernement et par de nombreux Birmans comme des immigrants illégaux.

Les violences dans l'ouest ont suscité une vague de colère à travers la Birmanie, où la population est majoritairement bouddhiste.

Les autorités ont ouvert une enquête sur ces violences. Le président Thein Sein a accusé des moines bouddhistes et d'autres personnalités rakhines d'attiser la haine contre les Rohingyas.

Mais dans des déclarations publiées en juillet, il a jugé «impossible d'accepter les Rohingyas entrés illégalement, qui ne font pas partie de notre ethnicité». Et il a évoqué la possibilité d'envoyer ce groupe minoritaire dans un pays tiers ou de l'installer dans des camps administrés par l'ONU.

http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/201209/02/01-4570488-des-moines-birmans-pronent-la-mise-a-lecart-dune-minorite-ethnique.php

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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  asiaonly le Lun 3 Sep 2012 - 17:03

Tout ceci est bien triste autant pour les uns que pour les autres... VDM... rendeer
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Blue Sky le Mar 4 Sep 2012 - 10:22

c'est bien pire que triste , cela peut etre le début d'un crime contre l'humanité , d'un génocide,ou un truc sympa comme ca ,quoi ..
c'est pas par ce que ce sont des moines boudhistes Et Birman qu'il ne faut pas leur jeter une pierre à la mesure de leur crime .

Toutes les religions ont leurs extrèmes,y a qu'à jeter un coup d'oeil ds l'actualité,ou au sein de notre passé,mais à compter de la vision idyllique que l'on se fait du boudhisme birman ,on s'attend pas trop à cela ,hein ...
je m'étais même dit naivement que les Rohingyas sauraient compter sur la compassion des moines boudhistes pour stopper un conflit éthniques,et ben y en a un qui s'est misledoigt dans l'oeil jusqu'à l'homopate .

Blue Sky

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Les Rohingya, exclus de la démocratie en Birmanie?

Message  Admin le Jeu 4 Oct 2012 - 7:31

« Il importe que la pression internationale soit maintenue sur le gouvernement birman : sacrifier les Rohingya pour ne pas compromettre le processus d'ouverture politique à l'œuvre en Birmanie serait inacceptable sur le plan moral, mais ce serait aussi une erreur. » Par Frédéric Debomy, ancien président d'Info Birmanie, à l'origine du dialogue entre Aung San Suu Kyi et Stéphane Hessel, publié dans le livre Résistances (Don Quichotte éditions, 2011).





En avril 2003, je publiais dans un ouvrage collectif, Birmanie, la peur est une habitude, un chapitre intitulé « Les Rohingya, apatrides dans leur propre pays ». Il m'avait semblé important d'évoquer dans ce livre consacré à la situation politique en Birmanie cette minorité musulmane : elle souffrait d'un déni de citoyenneté et subissait travail forcé, persécutions religieuses, exécutions sommaires, confiscations de terres, viols, violences et humiliations.

En 1991-1992, cette oppression avait poussé 260 000 d'entre eux à quitter leur pays pour les camps de réfugiés du Bangladesh (pour ceux, du moins, qui avaient la « chance » d'être accueillis dans les camps). Des victimes, parmi d'autres, de l'oppression militaire ? Il était inquiétant de constater – comme l'avait fait Claude Delachet-Guillon, auteure du livre Birmanie, côté femmes – que le point de vue de la dictature birmane sur la non-birmanité des Rohingya était « largement partagé par la population bouddhiste » et que les organisations de Rohingya étaient « difficilement admises au sein des plateformes qui [fédéraient] l'opposition ». Au sein de l'Etat d'Arakan, situé à l'ouest de la Birmanie, le conflit entre Rohingya et Rakhine (les Arakanais bouddhistes) ne semblait donc pas devoir se résoudre vite.

Plus de quatre ans plus tard, en septembre 2007, je faisais partie de ceux qui organisaient en France la solidarité envers les moines bouddhistes birmans, qui avaient pris la tête d'un mouvement de protestation contre la dictature, vite baptisé par la presse “ révolution safran ”. Ces images de colonnes de moines manifestant contre le coût de la vie et réclamant la démocratie sont restées gravées dans mon esprit.

Il est donc pour moi tout à fait déplaisant – mais certes pas surprenant– de découvrir aujourd'hui dans la presse une image de moines bouddhistes birmans manifestant pour que les Rohingya soient expulsés du pays.

Les civils rohingya, premières victimes des violences dans l'Etat d'Arakan

A l'origine du regain de tension de ces derniers mois, un crime de droit commun : le viol et le meurtre d'une jeune femme rakhine et bouddhiste de vingt-sept ans, survenus le 28 mai et attribués à trois Rohingya. Cet événement fut le déclencheur de violences entre les deux communautés, dont les Rohingya furent les principales victimes. Le 15 août, l'ONU évaluait à 80 000 le nombre de déplacés nécessitant désormais une assistance humanitaire. L'ONG Human Rights Watch accusait en outre l'armée et la police birmane, ainsi que la NaSaKa (une milice déployée de longue date par le pouvoir sur la frontière entre l'Etat d'Arakan et le Bangladesh), de commettre de graves violations des droits de l'homme à l'encontre des Rohingya (meurtres, arrestations massives, viols).

Le président Thein Sein évoquait quant à lui devant le haut commissaire aux réfugiés des Nations unies ce qu'il pensait être la solution aux violences survenues dans l'Etat d'Arakan : déporter les Rohingya dans un pays tiers ou les reloger dans des camps gérés par les Nations unies. Il réaffirmait en outre le refus du régime de considérer les Rohingya comme des nationaux.

Une position hélas toujours partagée par une partie du mouvement démocratique. Le blogueur Nay Phone Latt (qui a passé quatre ans derrière les barreaux pour son engagement contre la dictature birmane) a été la cible de violentes critiques pour avoir refusé de se laisser aller à la détestation des Rohingya. Il est l'une des rares voix du mouvement démocratique à avoir pris ouvertement position contre les discours haineux à leur encontre. Pour Matthew Smith, de Human Rights Watch, Nay Phone Latt devrait être applaudi pour avoir le courage de faire entendre sa divergence malgré la pression sociale. C'est loin d'être le cas.

Ce sont en fait des torrents de haine qui se déversent, depuis le meurtre du 28 mai, sur Internet (1), et ce à l'intérieur comme à l'extérieur du pays : pour avoir relayé des informations sur les atteintes aux droits de l'homme dont étaient victimes les civils rohingya, l'organisation Burma Campaign UK (dédiée à la promotion de la démocratie en Birmanie depuis plus de vingt ans) a été accusée de se livrer à une propagande pro-Rohingya. Le personnel de Burma Campaign UK méritait d'être puni, pendu, violé – en particulier la seule membre musulmane (mais non rohingya) de l'équipe.

Un échange de mail commun aux personnes et organisations birmanes et non-birmanes impliquées dans le combat contre la dictature me permit de voir combien les positions de certains étaient arrêtées dès lors qu'il s'agissait des Rohingya. Manifestant mon soutien à un responsable de Burma Campaign UK pris à partie par un militant birman basé au Canada, je recevais de cet activiste la réponse suivante : « Traçons donc la ligne de séparation » entre pro et anti Rohingya.

Des militants isolés

Les centaines de moines qui ont défilé les 2 et 3 septembre à Mandalay pour réclamer que les Rohingya soient expulsés du pays ne sont donc pas une poignée d'extrémistes isolés. Régime, population et opposition réclamant la démocratie se rejoignent-ils dans le rejet de cette minorité considérée par l'ONU comme l'une des plus persécutées du monde ?

Lors d'un récent séjour en Birmanie, un activiste rohingya me confiait ne pas parvenir à établir de contact avec la Ligue nationale pour la démocratie de la lauréate du prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi. Pour avoir abordé le sujet avec la “ Dame de Rangoun ” en septembre 2011, je ne la soupçonne certes pas de partager la haine d'une partie de la population birmane envers les musulmans d'Arakan. On sera pourtant soulagé le jour où elle se sera clairement prononcée pour l'abrogation de la loi de 1982, qui fait d'eux des apatrides. Son relatif silence sur la question rohingya peut être l'objet de critiques : l'activiste avec qui je discutais estimait que les choses étaient allées trop loin pour que ce silence demeure acceptable – et ce bien qu'il comprenne le souci d'Aung San Suu Kyi de préserver une popularité dont elle a grand besoin en évitant de s'exprimer sur un sujet sensible. Aux ONG investies depuis longtemps dans le soutien aux forces démocratiques birmanes, cet activiste rohingya souhaitait lancer un appel : aidez-nous à établir le lien avec la Ligue nationale pour la démocratie.

En Europe, une question qui divise

Il est tout à l'honneur des organisations européennes oeuvrant pour une Birmanie démocratique (et en particulier de Burma Campaign UK) de n'avoir pas attendu qu'Aung San Suu Kyi s'exprime clairement sur la question pour faire connaître leur refus d'une démocratisation qui exclurait les Rohingya. Cette prise de position leur a cependant valu une violente réponse du réseau des organisations birmanes d'Europe (Forum of Burmese in Europe, FBE) leur reprochant, en somme, une ingérance dans les affaires intérieures birmanes, une atteinte à la souveraineté nationale, etc. Le texte du FBE faisait en outre l'impasse sur la « discrimination institutionnelle » subie par les Rohingya « depuis des décennies » (pour reprendre les termes du comédien et militant des droits de l'homme Zarganar qui, comme Nay Phone Latt, n'a pas succombé à la haine ambiante).

Entendre les organisations birmanes d'Europe reprocher aujourd'hui à leurs alliés européens leur ingérence dans les affaires intérieures du pays a quelque chose d'ironique. Ces organisations pourraient d'ailleurs faire preuve de modestie : leur contribution à la cause de la démocratie dans leur pays est pour le moins peu substantielle, et mieux vaut qu'on ne la rapporte pas à la contribution des organisations européennes. Apparemment, la capacité à s'organiser du FBE est plus grande lorsqu'il s'agit de critiquer un texte réclamant la citoyenneté birmane pour les Rohingya que lorsqu'il s'agit de critiquer la dictature. Le fonctionnement du FBE est, en outre, assez peu démocratique : deux membres d'une organisation kachin (les kachin sont l'une des minorités de Birmanie) basée en Grande-Bretagne ont eu la mauvaise surprise de voir leurs noms associés à son texte et ont en réponse émis un communiqué précisant qu'ils n'avaient jamais été consultés et ne partageaient pas la philosophie du texte (2).

Une solidarité internationale plus que jamais nécessaire

On le voit : les Rohingya ont besoin de notre solidarité. En Birmanie, une commission d'enquête a été mise sur pied par le gouvernement pour faire le point sur les violences survenues dans l'Etat d'Arakan et émettre des propositions pour la coexistence pacifique des Rohingya et des Rakhine. La crédibilité de cette commission n'est pas évidente : les représentants de deux partis politiques rahkines y figurent, mais aucun représentant du National Democratic Party for Development (rohingya) n'est inclus. En outre, certains membres de la commission avaient exprimé des positions clairement anti-Rohingya au début des violences dans l'Etat d'Arakan.

La récente déclaration du président Thein Sein accusant moines bouddhistes, politiciens et personnalités rakhines d'encourager la haine à l'encontre des Rohingya peut-il être pris comme le signe d'un changement d'attitude du gouvernement à leur égard ? S'il faut l'espérer, il est à craindre que le chemin soit encore long.

Il importe donc que la pression internationale soit maintenue sur le gouvernement birman : sacrifier les Rohingya pour ne pas compromettre le processus d'ouverture politique à l'œuvre en Birmanie serait inacceptable sur le plan moral, mais ce serait aussi une erreur. Les Rohingya sont au moins 800 000 en Birmanie et plusieurs centaines de milliers au Bangladesh, pays qui ne souhaite pas les accueillir. La stabilité de la Birmanie passe aussi par le fait de reconnaître leurs droits.

(1) Reporters sans frontières et la Burma Media Association ont publié un rapport sur une potentielle manipulation délibérée de l'information, préméditée ou non, visant à favoriser la crise dans l’Etat d’Arakan.

(2) Parmi les représentants du FBE, la poignée de Birmans se faisant passer auprès des médias, des institutions et des ONG comme les représentants de la communauté birmane de France bien que n'ayant jamais été élus par personne. Les Rohingya n'ont certes pas de chance avec ceux qui, en France, tentent de se faire passer pour des acteurs essentiels de la cause de la démocratie en Birmanie : l'animateur du “ collectif ” dédié en France à la promotion de la figure d'Aung San Suu Kyi a été quant à lui capable d'affirmer « sur [son] honneur et [sa] sincérité » que les Rohingya étaient « originaires du Bangladesh, pays qui [refusait] de les reprendre ». Avec de tels amis, nul besoin d’ennemis… L'homme, il est vrai, n'est pas un spécialiste des Rohingya, pas plus qu'il n'est spécialiste de grand-chose s'agissant de la Birmanie. Sur la pertinence de son discours, je renvoie le lecteur à mon article Aung San Suu Kyi au Parlement : la situation en Birmanie n’est pas résolue. Lors d'une émission radio à laquelle je participais, le même n'aura pas hésité à prétendre abusivement avoir rencontré Aung San Suu Kyi quatre fois lors de son récent séjour à Paris...

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/031012/les-rohingya-exclus-de-la-democratie-en-birmani
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Jeu 4 Oct 2012 - 23:13





Our reporters travel to the Burma/Bangladesh border region to investigate the ongoing human rights abuses against the Rohingya minority that live in the region. Refused citizenship from both Burma and Bangladesh these people are left stateless and with little opportunity for a positive future.

http://www.gmbfilms.com/
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Birmanie: à Sittwe, le quartier musulman est devenu ghetto

Message  Admin le Sam 20 Oct 2012 - 6:38

SITTWE (Birmanie) (AFP) - Il y a six mois, Aung Mingalar était un quartier musulman parmi d'autres à Sittwe, ville de l'ouest birman à majorité bouddhiste. Mais après des violences meurtrières, des barbelés sont apparus, le transformant en ghetto, poche misérable où croupissent des milliers de Rohingyas.

A une centaine de mètres de la rue principale de la capitale de l'Etat, Rakhine, les rares visiteurs qui passent les barbelés en montrant patte blanche aux forces de l'ordre pénètrent dans un autre monde. Ici vivent, selon différentes estimations, entre 3.000 et 8.000 de ces musulmans apatrides dont personne ne veut.

"La vie serait meilleure au milieu du désert du Sahara qu'ici", lâche Mohamed Said, les larmes aux yeux. "Nous ne pouvons pas continuer à souffrir (...). Nous avons tout perdu, sauf nos vies. Nous sommes aussi des êtres humains!".

La plupart des magasins sont fermés, aucun véhicule ne circule et les rares marchands proposent surtout du bétel, une plante à mâcher. Les autorités disent fournir de la nourriture et certains bouddhistes organisent discrètement du ravitaillement. Mais pas assez.

Alors les hommes oscillent entre colère et désespoir, pendant que les femmes gardent un oeil sur les centaines d'enfants qui jouent dans les allées boueuses.

"Nous ne pouvons aller nulle part parce que nous sommes coincés", s'emporte Mohamed Said. "Cela fait de nous des mendiants".

Le jeune homme de 28 ans était professeur d'arabe avant que n'explosent en juin les violences entre bouddhistes rakhines et musulmans, principalement des Rohingyas. Des dizaines de morts plus tard, il attend que le temps passe au rythme des angoisses et des rumeurs.

"Ils vont nous attaquer", lance un homme pendant la prière. La nuit tombante lui donnera raison: profitant d'un couvre-feu repoussé à 22h00, des Rakhines se sont rassemblés sur un des accès au quartier. Les forces de l'ordre ont dû tirer en l'air pour les disperser, provoquant la panique dans le ghetto.

La peur est alimentée par les défilés, notamment de moines, organisés pour réclamer la "relocalisation" d'Aung Mingalar.

"C'est risqué pour eux de rester dans le quartier", justifie Nya Na, un des leaders religieux bouddhistes. "Alors c'est mieux de les relocaliser (...). Si le quartier d'Aung Mingalar reste au centre-ville, le problème va s'aggraver".

"L'Afrique du Sud dans les années 80"

Les habitants du ghetto, eux, ne peuvent que fantasmer sur ce qui se passe hors de ce rectangle pouilleux recouvert de flaques d'eaux saumâtres, d'environ un kilomètre sur 500 mètres. Seuls quelques-uns, dissimulés sous des capuches, osent en sortir.

"Cette barrière de bambou à l'entrée semble une barrière psychologique de la peur qui sépare deux mondes", résume Chris Lewa, responsable de l'association The Arakan Project, qui milite pour les droits des Rohingyas.

Une barrière qui ne se limite pas à Aung Mingalar. En périphérie de Sittwe, plus de 50.000 Rohingyas sont confinés dans des tentes de toile blanche plantées dans la boue, des abris de bambou ou des écoles surpeuplées.

Les quelques milliers de déplacés rakhines vivent, eux, dans des monastères ou des camps en ville où ils peuvent se déplacer librement.

Cette "ségrégation m'a rappelé l'Afrique du sud dans les années 80", dénonce Chris Lewa en référence à l'apartheid. Mais "en pire", parce que les noirs "pouvaient travailler dans les villes des blancs avec un laissez-passer".

Les 800.000 Rohingyas de l'ouest birman, apatrides, sont considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées de la planète, victimes depuis des décennies de restrictions dans leurs déplacements, l'éducation, les services publics.

"La liberté de mouvement a toujours été un problème pour les Rohingyas, mais il s'agit désormais de restrictions extrêmes", affirme Sarnata Reynolds, de l'organisation Refugee International.

L'ONU garde espoir et maintient un dialogue. "Le gouvernement nous a expliqué que le but était de contrôler les violences, qu'il s'agissait d'une séparation temporaire, pas une ségrégation", assure Ashok Nigam, patron des Nations unies à Rangoun.

Mais côté rakhine, les positions sont tranchées.

"Tant que les (Rohingyas) sont ici, il y a la peur, la discorde et la colère. Je veux qu'ils s'en aillent", explique San Win Phu, une Rakhine réfugiée dans un monastère, en écho à une communauté traumatisée.

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121019.AFP2634/birmanie-a-sittwe-le-quartier-musulman-est-devenu-ghetto.html
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Rohin, bouddhiste converti à l'islam, renié par les siens

Message  Admin le Mer 24 Oct 2012 - 6:09

SITTWE (Birmanie) (AFP) - Assis dans un camp de déplacés de l'ouest birman, un coran sur les genoux, Rohin Mullah prie au diapason de ses voisins musulmans. Mais il appartient à l'ethnie rakhine et est né bouddhiste, un passé très lourd dans cette région en proie à des violences communautaires.

En juin, celui qui travaillait comme ouvrier sur des chantiers de construction vivait avec sa femme Amina et leurs trois enfants à Rayngwesu, un quartier musulman de Sittwe, capitale de l'Etat Rakhine.

Mais quand des violences ont éclaté entre musulmans et bouddhistes, sa maison a été selon lui une des premières incendiées.

Car en plus d'être né rakhine, celui qui est né Kyaw Tun Aung a été moine bouddhiste pendant quatre ans. "Des moines se sont rappelés de moi depuis la période du monastère, et ils ont attaqué ma famille et tout détruit dans mon foyer".

Cette conversion date d'il y a environ quinze ans, et reste rarissime dans cette région où les communautés se sont tout juste tolérées depuis des décennies, entre deux flambées de violence.

Il a rencontré Amina, une jeune Rohingya de Sittwe, et a décidé de la suivre dans sa religion. "Je me suis converti à l'islam parce que je n'aimais pas le bouddhisme", explique-t-il en ajoutant, sans autre explication, en avoir "retiré de grands bénéfices".

Mais sa famille n'a pas compris. "Pendant trois jours, ma mère m'a demandé pourquoi j'allais vers l'islam, et j'ai répondu (...) que je pensais que le bouddhisme n'était pas la bonne religion". Depuis, il a été rejeté. "La communauté rakhine m'a détesté".

Son épouse, jeune femme au visage rond de 30 ans, un foulard enroulé autour du visage, confirme: "je n'ai jamais rencontré ses parents, je ne les ai jamais vus". Quant à son mari, elle le décrit comme "un bon musulman, qui gagne bien sa vie".

C'était sans doute vrai il y a quelques mois, avant les violences qui ont débuté en juin. Au total, 90 personnes ont été tuées selon les chiffres officiels, bien plus selon certaines organisations internationales. Un bilan auquel s'ajoutent trois nouvelles victimes dans de nouveaux heurts lundi soir.

Aujourd'hui, Mullah vit le même calvaire que les plus de 50.000 musulmans, en majorité rohingyas, parqués et quasi-enfermés dans de multiples camps à la périphérie de Sittwe. Il survit avec sa famille depuis plus de quatre mois dans le camp de Dabang, comme un millier d'autres déplacés.

Ils occupent une tente en toile blanche frappée d'un palmier et du slogan "L'Arabie saoudite, royaume de l'Humanité". Une tente de quelques mètres carrés, avec une bâche en plastique posée sur une terre boueuse, où tous les cinq dont un bébé de six mois vivent péniblement alors que la mousson n'est pas terminée.

D'autres familles moins bien loties encore doivent partager de grands marabouts verts, envahis par la fumée des foyers où mijotent les casseroles de riz blanc.

La vie des 800.000 Rohingyas de l'Etat Rakhine, considérés par l'ONU comme l'une des minorités les plus persécutées de la planète, va ainsi de drames en violences depuis des décennies.

Sans nationalité, victimes de restriction de déplacement, d'accès limités à l'éducation ou aux services publics, ils sont considérés par le gouvernement de Naypyidaw, et par beaucoup de Birmans qui les méprisent, comme des immigrés illégaux venus du Bangladesh voisin.

Le cas de Mullah, bouddhiste qui a épousé une musulmane, est une exception.

"Généralement, les Rakhines n'acceptent pas les couples mixtes", constate Oo Hla Saw, secrétaire général du Parti pour le développement des nationalités rakhines, qui admet pourtant connaître une musulmane convertie au bouddhisme et qui a épousé un Rakhine.

Mais Ni Mullah ni sa femme ne regrettent. "Quand nous nous sommes mariés, nous avions une vie heureuse", assure Amina. "Je veux retourner vivre en ville, j'y ai vécu tellement d'années. Je serais très heureux de vivre avec les Rakhines", renchérit son mari.

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121023.AFP2913/birmanie-rohin-bouddhiste-converti-a-l-islam-renie-par-les-siens.html
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Sam 27 Oct 2012 - 7:39

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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Dim 28 Oct 2012 - 8:09

A girl collecting pieces of metal from the rubble of a burned and ruined Rohingya neighbourhood in Pauktaw township, western Myanmar.
Photograph by Soe Zeya Tun of Reuters



Source Andrew MacGregor Marshall


Reportage vidéo ---> http://fr.euronews.com/2012/10/28/un-village-musulman-raye-de-la-carte-par-des-bouddhistes-birmans/
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L'embrasement dans l'Ouest birman menace les réformes

Message  Admin le Lun 29 Oct 2012 - 16:45

Une nouvelle vague de violences a provoqué la mort de plus de 60 personnes et en a poussé plus de 25 000 à fuir vers des camps. Ceux qui attisent la haine entre les communautés musulmane et bouddhiste pourraient vouloir faire dérailler le processus de démocratisation en cours, estime le directeur de l’Irrawaddy.


Des membres d'une famille rohingya devant un logement temporaire dans un camp de déplacés de l'ouest de la Birmanie.

Les récentes violences dans l’Etat d’Arakan pourraient avoir de graves répercussions pour la Birmanie et la stabilité de la région si elles ne cessent pas immédiatement. La communauté internationale ne doit pas rester passive sur cette question qui pourrait mettre en péril la fragile transition démocratique du pays. Si ces affrontements sectaires sont réellement suscités par des éléments radicaux au sein de l’appareil politique, ainsi que le suggèrent certaines sources internes, il ne faudrait pas s’étonner de voir le régime revenir sur sa politique d’ouverture.

Jeudi dernier, les Nations unies ont exprimé leur préoccupation. “Ce conflit est présenté comme un problème lié à l’islam, c’est faux”, a pour sa part déclaré Surin Pitsuwan, secrétaire général de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) dans un entretien au Bangkok Post. “Il s’agit d’une question politique, démocratique, constitutionnelle, liée aux droits de l’homme. Elle a des implications directes sur les réformes politiques et le processus de réconciliation nationale en cours dans le pays.” Ces violences pourraient également avoir des répercussions stratégiques et sécuritaires au niveau de toute la région, a-t-il également fait observer. 



Les Rohingyas, considérés comme des clandestins

De fait, les troubles pourraient pousser un certain nombre de réfugiés à passer la frontière, un exil qui aura ensuite de lourdes conséquences humanitaires et sécuritaires. A la suite des violences communautaires de juin dernier, Surin Pitsuwan avait envoyé une lettre à tous les ministres des Affaires étrangères des pays de l’ASEAN pour les appeler à se saisir de la question des Rohingyas. Le ministre des Affaires étrangères du Cambodge, pays qui préside l’ASEAN, avait alors organisé une réunion à laquelle la Birmanie n’avait pas participé, arguant que la situation était sous contrôle. Malgré les affirmations du pouvoir birman, il est évident que la situation s’est envenimée et que le gouvernement a réagi en envoyant davantage de troupes dans la région.



Les attaques ne se sont pas limitées à la communauté des Rohingyas, dont près de 800 000 membres vivraient dans l’Etat d’Arakan. La loi birmane de 1982 sur la citoyenneté ne reconnaît pas les Rohingyas comme l’une des 135 minorités ethniques du pays. De nombreux Birmans estiment que les Rohingyas sont des immigrés clandestins du Bangladesh, même si bon nombre d’entre eux sont installés en Birmanie depuis plusieurs générations.



“Ce ne sont plus des violences contre les Rohingyas, ce sont des attaques contre les musulmans”, a déclaré Chris Lewa, directeur de l’association de défense Arakan Project, à une agence de presse ce week-end. Des membres de la minorité Kaman – une communauté majoritairement musulmane installée à Kyaukpyu – ont également fui devant les violences. Ces affrontements font suite à la décision du gouvernement birman d’interdire l’ouverture d’un bureau de l’Organisation de la coopération islamique (OIC) pour les réfugiés rohingyas après les violences de juin. Bon nombre de moines birmans et de simples bouddhistes estiment que l’arrivée de l’OIC ne pourrait que radicaliser la communauté des Rohingyas et contribuer à la diffusion de l’islam dans le pays. Il ne faut pas sous-estimer leurs inquiétudes. 



Plusieurs voix dénoncent, par ailleurs, le fait que, depuis la vague de violences de juin, le flou demeure quant au sort des victimes ainsi que sur la recherche des instigateurs de ces troubles. Ils déplorent une forme d’impunité. Des sources bien informées révèlent que ces violences pourraient être le fait d’éléments extrémistes de l’establishment. Si c’est le cas, cela doit faire plusieurs mois qu’ils les préparent. Et ils ont réussi à causer de sérieux dégâts dans leur pays.



Inaction de l’opposition démocrate

L’opposition, dont Aung San Suu Kyi, l’icône de la démocratie, ainsi que d’autres personnalités ont complètement échoué à calmer la situation. Nombreux, notamment dans la communauté internationale et les organisations des droits de l’homme, sont aujourd’hui désenchantés par l’inaction de ceux qui se proclament encore comme les représentants du mouvement démocratique.



Il est intéressant de noter que le gouvernement s’est de nouveau engagé à prendre des mesures contre les instigateurs des violences. Le porte-parole du bureau de la présidence a également déclaré que des poursuites seraient engagées contre les responsables.
Mais où sont-ils ? Et qui sont-ils ? Il y a plusieurs théories sur la question.



Certains affirment que ces violences ont été instiguées par des courants radicaux du Parti pour la solidarité et le développement de l’Union (USDP) pour saper les réformes du président. Selon une deuxième hypothèse, ces affrontements viseraient à permettre aux forces armées birmanes, ou Tatmadaw, de retourner sur le devant de la scène. Par le passé, la junte au pouvoir avait déjà lancé plusieurs campagnes contre les Rohingyas, et toutes avaient eu pour effet de rallier le peuple birman derrière l’armée. Les rois birmans ont toujours joué un rôle majeur pour protéger le bouddhisme dans le pays. Aujourd’hui, les généraux au pouvoir joueraient donc la carte de l’islam ou des Rohingyas pour s’attirer la sympathie de la population.



Il y a toutefois d’autres acteurs qui ont un intérêt à peindre la situation de manière manichéenne, notamment ceux qui soutiennent la communauté des Rohingyas, des éléments radicaux aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays ainsi que des groupes militants qui cherchent à simplifier l’équation. 


Nous devons mettre les choses en perspective, écouter les revendications des Arakanais ainsi que celles des Rohingyas. Ces deux communautés doivent apprendre à coexister pacifiquement. Les violences actuelles ne sont guère surprenantes dans une région où les habitants et les forces armées estiment depuis longtemps que la frontière [avec le Bangladesh voisin] est en train de disparaître. Bon nombre d’Arakanais affirment avoir toujours protégé leur patrie contre l’invasion de musulmans venus des pays voisins. 


Si la Birmanie veut vraiment parvenir à la réconciliation nationale, nous devons aller vers la reconnaissance et l’intégration complète des minorités. En Birmanie, les groupes ethniques, dont les Arakanais, ont toujours été mal traités.

Source http://www.courrierinternational.com/article/2012/10/29/l-embrasement-dans-l-ouest-birman-menace-les-reformes
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Ven 9 Nov 2012 - 8:34

Reportage instructif et passionnant de Cyril Payen pour France24

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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  breiz77 le Ven 9 Nov 2012 - 11:47

Admin a écrit:Reportage instructif et passionnant de Cyril Payen pour France24


Merci très intéressant. bravo bravo
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  cipiki le Ven 9 Nov 2012 - 14:32

cipiki est speechless! scratch
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Ven 23 Nov 2012 - 9:26

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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  cipiki le Ven 23 Nov 2012 - 10:02

Ce qui me trouble ou plutôt me dégoute, c'est que cette grande dame que tout le monde admire ne condamne pas les horreurs, la violence dans son pays. Toute cette sagesse qui s'effondre...
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  asiaonly le Ven 23 Nov 2012 - 19:11

cipiki a écrit:Ce qui me trouble ou plutôt me dégoute, c'est que cette grande dame que tout le monde admire ne condamne pas les horreurs, la violence dans son pays. Toute cette sagesse qui s'effondre...
La Dame a le cul entre deux chaises et doit ménager la chèvre et le chou si elle n'a pas envie de se faire évincer par plus puissant qu'elle.
Beaucoup d'entre nous, compassion aidant, avons peut-être trop idéalisé les choses et la personne, alors qu'elle était victime et prisonnière de la junte ?

Les intérêts, les tenants et les aboutissants nous dépassent largement, mais moi tout ce que je comprend, c'est que la Birmanie pue de plus en plus.
Avant, c'était plus clair, les méchants d'un coté et les gentils de l'autre. maintenant, on se rend compte que les genres se mélangent sous fond d'accords juteux pour Obama et sa clique de pourris, qui ne valent pas mieux que la clique de pourris de la junte. Qui se ressemble s'assemble.
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  Admin le Ven 23 Nov 2012 - 19:30

cipiki a écrit:Ce qui me trouble ou plutôt me dégoute, c'est que cette grande dame que tout le monde admire ne condamne pas les horreurs, la violence dans son pays. Toute cette sagesse qui s'effondre...

http://www.asie-forum-voyage.com/t1408p60-daw-aung-san-suu-kyi#18396 waï
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l’impossible réconciliation entre bouddhistes et musulmans

Message  Admin le Ven 7 Déc 2012 - 0:00

Plus de cent mille Rohingyas musulmans et Arakanais bouddhistes ont fui les vagues de violences de juin et octobre dans l’État d’Arakan, dans l’ouest de la Birmanie.



Ils ne font plus confiance à l’armée pour assurer leur sécurité et préfèrent rester dans les camps.

Le soleil se lève sur Say Tha Ma. Dans ce camp musulman installé à proximité de Sittwe, la plus grande ville de l’Arakan, les réfugiés allument de petits feux entre leurs tentes beiges pour se réchauffer. Emmitouflés dans des couvertures, la plupart d’entre eux ont fui leurs villages en octobre dernier, au plus fort des affrontements entre deux groupes minoritaires de Birmanie : les Arakanais bouddhistes et les Rohingyas musulmans.

Ma Nu, 16 ans, vient d’arriver au camp. Elle affirme avoir vu les forces de l’ordre battre des habitants de son village. « Nous ne voulons pas revenir dans ces conditions de sécurité , explique-t-elle. Les gens préféreront manger la poussière de ce camp plutôt que de rentrer. »

Un peu plus tard dans la matinée, des marchands étalent des légumes sur des bâches. Un boucher aiguise ses couteaux derrière deux pattes de buffle pendues à des bambous. Mohamud Ismael rafraîchit quelques poissons morts dans un seau d’eau afin de leur rendre leur brillant. « Ce sont les Arakanais qui les ont attrapés , précise ce poissonnier. Ils sont venus près du camp pour nous les vendre. »

Comme tous les réfugiés musulmans, Mohamud Ismael n’a pas le droit de sortir de Say Tha Ma. Les déplacés ont certes accès aux berges d’une rivière à proximité de leurs tentes. Mais Mohamud ne pêche pas. « Car les policiers et les gardes frontières nous confisquent nos prises, sans nous payer » , se plaint-il. Malgré ces restrictions qui freinent l’activité économique, les réfugiés parviennent à se nourrir grâce aux distributions de rations alimentaires. « Ici, pas de curry, mais je peux donner du riz à mes huit enfants deux fois par jour, se console Zaw Kia Khatu, une réfugiée de 40 ans, foulard mauve jeté à la va-vite sur les cheveux. Si nous revenons chez nous, comment pourrons-nous nous nourrir ? »

ARAKANAIS ET ROHINGYAS VIVENT SÉPARÉMENT
La minorité arakanaise considère les musulmans comme des immigrés illégaux venus du Bangladesh voisin. Elle se sent menacée par leur forte natalité. De leur côté, les Rohingyas affirment qu’ils sont présents dans l’Arakan depuis des siècles. Opprimés par le pouvoir birman qui ne leur donne pas la nationalité, ils doivent soudoyer les autorités pour obtenir des papiers, se marier ou se déplacer.

D’après un bilan officiel, les affrontements de juin et octobre ont entraîné la mort de près de 200 personnes. La grande majorité des 100 000 déplacés sont des Rohingyas musulmans. Mais Sittwe abrite aussi des camps arakanais. Mille réfugiés bouddhistes vivent par exemple à Done Kite, un complexe de maisons de bois aux toits de tôle. « Je ne veux pas rentrer et vivre à côté des Kalars [terme péjoratif pour désigner les musulmans], explique Daw Oo Nu Yee, une vendeuse de feuilles de bétel. Ils sont très agressifs. La réconciliation est impossible. Ils ont tué sous mes yeux. »

Arakanais et Rohingyas vivent de manière complètement séparée. Les premiers occupent toute la ville de Sittwe, sauf deux quartiers bouclés par l’armée dans lesquels sont confinés les seconds. Les camps n’abritent que des réfugiés d’une seule communauté. Les hommes politiques ne semblent pas vouloir mettre fin à cette ségrégation.

Beaucoup tiennent des propos qui ont tendance à creuser le fossé entre les deux groupes. « Le bouddhisme est supérieur à la religion de ces musulmans, alors ils nous provoquent , lance par exemple U Shwe Maung, membre du comité exécutif du RNDP, le parti nationaliste arakanais. Pour le moment, je ne veux pas parler aux leaders musulmans. Je ne les ai jamais rencontrés. De toute façon, je n’ai pas le droit de parler aux immigrés illégaux. »

PLUS DE LIBERTÉ À LA POPULATION
Depuis un an et demi, la Birmanie est en transition politique. Après un demi-siècle de dictature militaire, le pays est maintenant dirigé par une équipe civile, qui a octroyé plus de liberté à la population, même si elle reste très encadrée par les anciens cadres militaires. Cette ouverture donne aussi plus de marge de manœuvre aux groupes les plus radicaux dans ce conflit, muselés sous le précédent régime militaire. Désormais, le RNDP distribue librement des tracts et des journaux. Il revendique 20 000 adhérents, un chiffre en augmentation.

Le régime a relâché son emprise sur Internet. En pleine expansion, les réseaux sociaux divulguent quantité de messages irrespectueux sur les Arakanais et les Rohingyas. Ashin Than Kate Sa surfe sur la Toile pour organiser des manifestations anti-musulmanes à Sittwe. Ce jeune bonze sait que son activisme

n’est guère compatible avec la doctrine bouddhique. « Mais la survie du bouddhisme est la chose la plus importante. Si l’on ne fait rien, notre religion va disparaître », estime ce religieux, qui n’hésite pas à justifier la violence : « Si l’armée ne nous protège pas, c’est à nous de le faire. »

« PASSAGES ILLÉGAUX » À LA FRONTIÈRE DU BANGLADESH
Le pouvoir birman a promis de réfléchir à de nouveaux droits pour la minorité musulmane de l’Arakan. Mais il n’a donné aucun calendrier. La commission d’enquête chargée de faire la lumière sur les violences a repoussé la remise de ses conclusions. L’opposition n’a proposé aucune piste pour un règlement politique du conflit à long terme.

La dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie, Aung San Suu Kyi, s’est contentée d’appeler au calme, au respect de la loi et à l’envoi de troupes supplémentaires. Prix Nobel de la paix, elle refuse de s’engager davantage dans la résolution de ce conflit, de peur de prendre parti, dit-elle. Mi-novembre, elle a évoqué des « passages illégaux » à la frontière du Bangladesh.

Une expression immédiatement considérée par U Kyaw Min comme favorable aux Arakanais, qui se plaignent de la pression migratoire musulmane. « Elle veut faire plaisir aux électeurs arakanais, juge amèrement cet ancien prisonnier politique rohingya. Pour le moment, elle ne s’intéresse pas aux droits de l’homme, mais au fauteuil de la présidence de la Birmanie. »

Rémy FAVRE, à SITTWE

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Birmanie-l-impossible-reconciliation-entre-bouddhistes-et-musulmans-_EG_-2012-12-05-884058/(CRX_ARTICLE_ACCESS)/ACCESS_CONTENT
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Rohingya : les réfugiés de l'intérieur

Message  Admin le Mer 12 Déc 2012 - 18:39



A première vue, Sittwe n'est qu'une ville reculée du Nord-Ouest birman, qui tourne curieusement le dos au golfe du Bengale et regarde l'estuaire du fleuve Kaladan dont les eaux reflètent la lumière aveuglante du soleil en ce début d'hiver.
Dans les quartiers situés entre l'aéroport et le centre-ville, il règne dans l'ancien Akyab, nom de l'endroit au temps du colonisateur britannique, une atmosphère qui fleure bon "les Indes" anglaises : maisons décaties de l'empire défunt, trottoirs soigneusement repeints, jardins taillés au cordeau. Ambiance de normalité.

La vérité est pourtant qu'à Sittwe tout est anormal. Ville à majorité bouddhiste, comme l'ensemble de cet Etat de l'Arakan dont elle est la capitale, Sittwe était encore tout récemment peuplée de 40 % de Rohingya, le nom que se donnent les musulmans de la région. Mais ces derniers ont tous déguerpi depuis le mois de juin, date des premières émeutes qui les ont mis aux prises avec des nationalistes arakanais bouddhistes.

En novembre, d'autres violences ont éclaté autour de Sittwe et dans plusieurs municipalités de l'Etat. Bilan officiel en six mois de troubles : 180 morts - mais les chiffres sont sans doute sous-évalués - et une centaine de milliers de déplacés.

Sittwe est désormais, ethniquement parlant, presque "pure". A l'exception d'un ghetto, en plein centre-ville, d'où les sept mille musulmans qui habitaient depuis des lustres ce gros pâté de maisons englobant une demi-douzaine de rues ont choisi de ne pas partir après les émeutes. Désormais, ils n'ont plus le choix : "protégés" par l'armée et la police, ils n'ont pas le droit de sortir. Pour leur propre "sécurité".

Le quartier est bouclé, entouré de fils de fer barbelés, toutes les issues sont gardées. "On mange ce que des militaires nous apportent, on se nourrit des noix de coco qui poussent dans nos jardins, on survit", dit Aziz, un jeune commerçant, en montrant les étals de marché en plein air où les boutiquiers ont disposé de maigres vivres sur des morceaux de tissu. "Nous sommes en prison", conclut-il. Au loin, on devine la circulation dans la rue principale de la ville, là où la vie est "normale". Mais ce n'est plus le même monde.

Dans Sittwe "l'anormale", les moines bouddhistes ont cessé de prêcher la compassion et se sont rangés aux côtés des plus extrémistes parmi les Arakanais. U Nyarna, un jeune bonze, président d'une association monastique, répond par une question quand on lui demande si, justement, le bouddhisme ne doit pas défendre mordicus les valeurs de la tolérance et de la non-violence : "Que feriez-vous si un étranger que vous avez invité chez vous crée des problèmes et finit par vouloir s'installer dans votre maison ?"

"C'est ce qui est en train de nous arriver, poursuit le moine, visage de marbre dans la demi-obscurité du monastère. Nous, les bouddhistes, sommes les hôtes, eux, ces musulmans originaires du Bangladesh voisin, sont nos invités. Mais, aujourd'hui, ils doivent partir, rentrer chez eux. Ce sont des Bengalis. Ils n'ont aucun droit à être citoyens de Birmanie ! Ils se nomment Rohingya ? Mais ce terme ne veut rien dire : les Rohingya n'existent pas !"

La présence dans la région de ces musulmans, effectivement d'origine bengalie et parlant un dialecte de Chittagong, ville du sud du Bangladesh, n'est pas récente. Au temps où l'Arakan était un royaume indépendant (entre 1580 et 1670), les rois bouddhistes ont déporté sur leurs terres des paysans musulmans du Bengale. Devenus esclaves, ils y sont restés.

Au XIXe siècle, une centaine d'années après l'écrasement par les Birmans du royaume arakanais, les Britanniques se sont engagés dans des opérations de conquête graduelle de la Birmanie. Ils ont encouragé l'émigration bengalie depuis ces régions devenues aujourd'hui le Bangladesh. Le terme de Rohingya serait une déformation de Rakhine, nom local de l'Arakan...

L'indépendance de la Birmanie, en 1948, et surtout le coup d'Etat militaire de 1962 ont eu pour conséquence la marginalisation progressive des musulmans. En 1981, une loi sur la citoyenneté les a déclarés apatrides en ne les plaçant pas sur la liste des 135 ethnies répertoriées officiellement. Ils sont devenus ce que les Nations unies qualifient de "minorité ethnique la plus réprimée du monde". Même dans les municipalités où ils sont majoritaires, leurs déplacements sont limités, le droit de se marier leur est parfois refusé, ils ne peuvent pas envoyer leurs enfants à l'école.

Dans les années 1990, n'en pouvant plus, les Rohingya ont fui par dizaines de milliers au Bangladesh. Beaucoup y vivent toujours, dans des camps, mais les autorités bangladaises répugnent désormais à accepter de nouveaux réfugiés. Les musulmans de l'Arakan sont pris en tenaille.

Les "ultras" bouddhistes ne veulent pas entendre parler de cette histoire compliquée. Comme Aung Mra Kyaw, membre du Parlement régional et secrétaire général pour le district du Parti national arakanais pour le développement (RNDP), une organisation extrémiste que certains Rohingya soupçonnent d'avoir fomenté en sous-main les émeutes : "Les musulmans n'ont aucun droit d'habiter chez nous, énonce d'une voix calme cet homme doux au visage grêlé. Ce sont des immigrants clandestins du Bangladesh. Ils veulent imposer la "charia", leurs coutumes et leur mentalité sont contraires aux nôtres. Il faut tous les mettre dans des camps. Ou les expulser dans des pays musulmans. Nous, on n'en veut plus !"

Un autre motif d'inquiétude invoqué par les bouddhistes est le fort taux de natalité des Rohingya et le fantasme de la menace d'un séparatisme islamique qui alimentent les peurs et le rejet. "On risque d'être avalés par les musulmans", avertit le député arakanais.

Le discours prononcé à Rangoun fin novembre par Barack Obama, lors de sa visite historique en Birmanie, a choqué Arakanais et Bamar, l'ethnie principale elle aussi bouddhiste qui a donné son nom à la "Birmanie" : le président américain a reconnu la réalité du processus de démocratisation en cours dans le pays, mais il a osé prononcer, pour défendre les musulmans, le nom de Rohingya. Scandale : "On l'aime bien, Obama, mais comment a-t-il pu prononcer un tel nom ?", se demande un jeune étudiant bouddhiste attablé devant une bière.

Dans Sittwe, il faut changer de tricycle à moteur pour passer des quartiers musulmans aux quartiers bouddhistes. En "zone" musulmane, dans la périphérie de la ville, des milliers de réfugiés s'entassent dans des villages tandis que les tentes montées par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et des organisations d'entraide de pays islamiques ont formé de vastes villes de toile.

Selon les autorités de l'Arakan, il y aurait ici plus d'une soixantaine de milliers de réfugiés musulmans. Depuis la fin du mois de novembre, les déplacés ayant fui les lieux des derniers heurts sont venus grossir le flot. Des fuyards s'entassent maintenant le long de la route, sous des abris de paille.

Kevin Bonel, responsable à Sittwe du programme d'urgence de Solidarités international, une ONG spécialisée dans l'apport d'aide humanitaire d'urgence, confirme la précarité de la situation de ces "réfugiés de l'intérieur" : "Il y a de plus en plus de personnes dans les zones de déplacés et ça rend de plus en plus compliqué notre accès aux communautés tant musulmanes que bouddhistes, elles aussi déplacées dans d'autres camps. L'urgence est de fournir de plus en plus de latrines, de puits et de distribuer des "kits d'hygiène"."

Ici, les Rohingya s'attachent à démontrer qu'ils ne sont pas des migrants illégaux mais des citoyens à part entière, en dépit de leur statut de citoyens "temporaires". "Ma famille vit dans la région depuis le début du XXe siècle", explique Kyaw Hla Aung, avocat.

Sous la junte militaire birmane, il a passé sept ans en prison pour son engagement militant. En juin, après les émeutes, il a été incarcéré pendant deux mois et demi pour "collusion avec Al-Qaida"... "Vous imaginez comment je ressens ce traitement qu'on m'inflige, moi dont la maison a été incendiée, moi qui empêche certains imams salafistes de faire des prêches fondamentalistes, moi qui veux que nous, les Rohingya, soyons considérés comme des Birmans comme les autres ?", s'insurge-t-il.

"Le 11 juin, à 15 h 30, j'ai vu des bandes de jeunes Arakanais détruire mon quartier et la mosquée qui s'y trouvait", poursuit cet homme âgé de 72 ans - et père de onze enfants. Il accuse : "Ces émeutes ont été organisées par le gouvernement local et aussi par le gouvernement national."

Parmi les musulmans, il y a même des "non-Rohingya", membres de l'ethnie Kaman, dont la citoyenneté est reconnue et qui ont pourtant été les cibles des extrémistes arakanais. Mubiba Hatung, une mère de famille de 41 ans venue de Kyaukpyu, une ville située bien au sud de Sittwe, raconte comment, le 23 novembre, "des hordes de bouddhistes armés de lance-pierres, de couteaux et de sabres ont débarqué dans [son] village" : "Ils hurlaient, en incendiant nos maisons : "Partez et ne revenez plus !"" Elle constate : "Nous avons des papiers, nous sommes citoyens, mais on nous attaque simplement parce que nous sommes musulmans."

Côté arakanais, on rejette ces accusations. Dans le camp de réfugiés de Set Yun Su, non loin du centre-ville, le sort des déplacés bouddhistes, victimes eux aussi des heurts entre communautés, n'est guère enviable, à une exception près, et de taille : ils peuvent vaquer comme ils le veulent en ville en attendant de réintégrer leurs maisons.

Leur version des faits est la narration semblable mais inversée de celle des musulmans : "C'était le 10 juin, les "Bengalis" ont attaqué notre quartier, armés de poignards et de lances. Ils ont incendié nos maisons", se souvient Thein Maung, un chauffeur de 47 ans. L'homme est certain que jamais sa communauté ne pourra revivre avec les musulmans. "Aucun espoir avec ces gens-là, maugrée-t-il, ils sont très cruels et se conduisent comme des animaux."

http://www.lemonde.fr/international/article/2012/12/12/rohingya-les-refugies-de-l-interieur_1805122_3210.html
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

Message  asiaonly le Mar 8 Jan 2013 - 9:07

Birmanie : le monde musulman au chevet des Rohingyas

L’Iran et l’Indonésie ont annoncé venir en aide à la minorité musulmane. Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées depuis l’éruption de violences en juin.

Vingt-quatre tonnes de nourriture, de tentes, de couvertures et d’autres matériels humanitaires, acheminées par Téhéran, sont arrivées à Rangoon, rapporte, le 7 janvier, l’agence de presse officielle iranienne Mehr News Agency. L’aide sera distribuée aux Rohingyas par la Société iranienne du Croissant rouge, des parlementaires et des diplomates iraniens.

Le 4 janvier, c’est l’Indonésie, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Marty Natalegawa, qui avait fait part de son intention d’allouer une enveloppe d’un million de dollars pour «soulager les souffrances dans l’Etat Rakhine», selon le Jakarta Globe. Le ministre, qui s’est rendu sur place le 7 janvier, a expliqué que Jakarta tenait à continuer de mener la mobilisation en faveur des Rohingyas. Le chef de la diplomatie indonésienne a promis notamment d’aborder la question de la citoyenneté de ces musulmans que le pouvoir birman leur dénie.

Leur statut d’apatrides est à l’origine, en grande partie, de l’oppression dont ils sont victimes depuis des dizaines d’années. Indésirables en Birmanie, nombre d’entre eux ont fui au Bangladesh voisin ou, plus loin, en Malaisie, en Thaïlande. Le mouvement s’est accéléré ces derniers mois alors que l’Etat Rakhine est en proie, depuis juin 2012, à des violences inter-communautaires. Mais partout, faute de nationalité, ils sont rejetés à l’image de ceux ayant débarqué très récemment sur une plage de Phuket et que Bangkok a aussitôt décidé de renvoyer en Birmanie.

http://asie-info.fr/2013/01/08/birmanie-le-monde-musulman-au-chevet-des-rohingyas-516109.html
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Bangkok n'accepte plus de réfugiés Rohingyas

Message  Admin le Lun 28 Jan 2013 - 13:22

Bangkok n'acceptera plus de nouveaux réfugiés Rohingyas, une minorité musulmane apatride dont des centaines de membres sont arrivés en bateau sur les côtes de Thaïlande pour fuir des violences communautaires en Birmanie, ont indiqué aujourd'hui des responsables thaïlandais. Plus d'un millier de Rohingyas sont détenus par les autorités thaïlandaises après avoir accosté sur les plages du pays, fuyant les violences entre bouddhistes et musulmans qui ont fait 180 morts l'an passé dans l'ouest birman.

Les autorités ont indiqué que ceux qui avaient été interpellés pourraient rester six mois, le temps de leur trouver une solution pérenne dans un pays tiers. Mais elles ont aussi précisé aujourd'hui que les prochains bateaux seraient repoussés. "La marine thaïlandaise sera plus stricte à partir de maintenant et ne les laissera plus accoster sur nos terres", a indiqué le secrétaire général du Conseil national de sécurité, Paradorn Pattanathabutr.

"Si nous en trouvons, nous leur fournirons de la nourriture, de l'eau et tout ce qui est nécessaire pour qu'ils puissent rejoindre leur destination", a-t-il ajouté. Un porte-parole de la marine a confirmé ces consignes. Le Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR) a pu rencontrer certains des détenus une première fois le 22 janvier et négocie avec les autorités pour pouvoir s'entretenir avec eux de façon plus détaillée, a indiqué de son côté une porte-parole de l'organisation, Vivian Tan.

Elle s'est par ailleurs félicitée de l'annonce par Bangkok que les réfugiés récemment interpellés ne seraient pas immédiatement expulsés. Quelque 800.000 Rohingyas vivent en Etat Rakhine, une région pauvre et isolée de la Birmanie. Ils sont aussi 300.000 confinés dans des camps au Bangladesh. La communauté est considérée comme l'une des minorités les plus persécutées de la planète.

Des centaines de milliers d'entre eux vivent déjà en exil mais les violences de l'an passé ont augmenté le nombre de départs. Seule la Malaisie les accepte pour le moment, en dépit de l'appel de l'ONU à tous les pays de la région pour qu'ils ouvrent leurs frontières.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/01/28/97001-20130128FILWWW00510-bangkok-n-accepte-plus-de-refugies-rohingyas.php
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le voyage désespéré des femmes et enfants rohingyas

Message  Admin le Lun 25 Fév 2013 - 12:55

KHAO LAK (Thaïlande) (AFP) - Nuru était affamée, sans domicile et enceinte de neuf mois lorsqu'elle a mis le pied sur une frêle embarcation pour fuir l'ouest de la Birmanie, déchirée par des violences communautaires. L'inconnu, c'est toujours mieux que l'enfer.

Six jours plus tard, cette femme de 24 ans donnait naissance à un petit garçon, loin des médecins et loin des côtes. Au moins la mère et l'enfant ont-ils survécu, quand de nombreux boat-people meurent de faim, de noyade ou de déshydratation dans ces traversées du désespoir.

Ils sont des milliers à vivre ce cauchemar après les violences qui ont fait 180 morts, dans l'Etat Rakhine l'an passé, entre bouddhistes de l'ethnie rakhine et Rohingyas, une minorité apatride musulmane considérée par l'ONU comme l'une des plus persécutées du monde.

"Quand ma maison a été brûlée, je n'avais plus d'endroit pour vivre ni travail", a raconté Nuru à l'AFP dans un abri du gouvernement thaïlandais, en portant dans ses bras son bébé de deux mois.

Alors elle a embarqué. "Il n'y avait plus d'eau sur le bateau alors on a dû boire l'eau de mer et on attrapé la diarrhée", se souvient-elle. "J'ai accouché à bord".

Des pêcheurs ont eu pitié d'eux, leur distribuant de l'eau, du poisson et du fuel pour poursuivre leur route. Deux semaines après leur départ du Golfe du Bengale, ils approchaient la côte thaïlandaise. Mais le cauchemar n'était pas terminé.

Les hommes ont été séparés des familles et envoyés en détention quand femmes et enfants étaient reçus dans un centre d'accueil à Khao Lak, une cité balnéaire au nord de la ville de Phuket, dans le sud de la Thaïlande.

"Ils avaient une mine terrible. Certains enfants avaient la diarrhée. Ils vomissaient et étaient plein de vers. Ils étaient effrayés et bouleversés", se souvient un travailleur du camp qui abrite 70 femmes et enfants.

Des bateaux repoussés à la mer

Certains de ces derniers ont même fait le voyage sans leurs parents, laissant derrière eux la terre où ils sont nés, mais où ils sont considérés comme des immigrés illégaux du Bangladesh et soumis à un ostracisme qui confine au racisme.

"Mon père est infirme donc je dois aller en Malaisie. J'y ai de la famille, un oncle", raconte Abdul Azim, 12 ans, qui a perdu sa mère dans les violences et dont la maison a été incendiée.

Le jeune garçon, dont l'identité a été modifiée, est l'un des 1.700 Rohingyas détenus en Thaïlande ces derniers mois. "Ils sont désespérés et c'est pourquoi nous voyons non seulement des hommes, mais aussi des femmes et des enfants en fuite", constate Phil Robertson, directeur adjoint de l'organisation Human Rights Watch.

"Cela témoigne de ce que le problème est extrêmement sérieux en Arakan (Rakhine) et que le gouvernement de Birmanie doit se pencher dessus".

L'ONU a demandé à l'ensemble de la région d'ouvrir les frontières. Le Bangladesh, frontalier de la Birmanie, en abrite déjà 300.000 dans des camps, mais repousse désormais sans ménagement les candidats à l'exil.

Quant aux autorités thaïlandaises, accablées depuis des décennies par des camps de réfugiés birmans, elles refusent d'accueillir durablement les Rohingyas. Plusieurs bateaux ont déjà été repoussés à la mer, tandis que des officiers de l'armée étaient accusés de trafic de réfugiés.

Reste la Malaisie. Le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) estime qu'ils y sont environ 25.000 enregistrés, mais des leaders rohingyas avancent des estimations deux fois supérieures.

Kuala Lumpur les laisse entrer, mais ne leur accorde ni statut légal, ni soins médicaux, ni éducation. Qu'importe, c'est un Etat musulman où, au moins, personne ne les chasse. "Je ne suis pas heureux ici. Je serai heureux si je vais en Malaisie", affirme Abdul Azim.

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20130225.AFP4759/birmanie-le-voyage-desespere-des-femmes-et-enfants-rohingyas.html
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Les bonzes birmans affichent ouvertement leur islamophobie

Message  Admin le Sam 24 Aoû 2013 - 9:33


U Wirathu (au centre), chef charismatique du Mouvement 969, prône un discours raciste et bénéficie d’un large soutien. Rangoun, 13 juin 2013 (Keystone)

En contradiction avec la tolérance associée généralement au bouddhisme, les bonzes pratiquent un racisme violent contre les Rohingyas

A quelques dizaines de mètres de la pagode Sule, l’un des sites bouddhiques les plus vénérés de Rangoun, principale ville de Myanmar – nom officiel de la Birmanie depuis 1989 –, s’élèvent deux des plus importantes mosquées sun­nites du pays. Près de là, un gardien débonnaire en tricot de corps veille sur la mosquée Mogul Shiah, principal lieu de culte chiite de la ville. Si l’on regarde plus au nord, on voit s’élever la flèche en pierres grises de l’église catholique Sainte-Marie. Et en s’éloignant un peu vers l’est, on tombe sur une église chrétienne arménienne bien préservée.

Le centre historique de Rangoun est un mélange fascinant de cultures et de religions, héritage coloré d’une histoire mouvementée. Mais sous la surface, les tensions sont fortes, reflets des bouffées de violences anti-musulmanes qui ont secoué l’ouest du pays l’an passé, puis le centre et le nord-est en mars et en mai derniers. «La moindre dispute dans un tea shop peut déclencher des émeutes. La haine de bouddhistes contre les musulmans est effrayante. Des gens polis, gentlemen, éduqués, vomissent de la haine pure dès que l’on parle des Rohingyas», raconte un diplomate.

Nationaliste extrémiste

En 2012, deux explosions de violence dans l’Etat de Rakhine, près de la frontière avec le Bangladesh, ont provoqué la mort de près de 200 personnes et forcé 140 000 autres, pour la plupart des Rohingyas, à se réfugier dans des camps gardés par l’armée. Les Rohingyas sont une minorité musulmane ­habitant dans cette région souvent depuis de nombreuses générations, mais sont rejetés par les bouddhistes comme étant des immigrants illégaux et sont privés de la nationalité birmane. En mars, des bonzes d’un mouvement nationaliste extrémiste baptisé 969 ont mené des razzias contre les quartiers musulmans de plusieurs villes du centre, notamment à Meiktila. Des dizaines de mosquées ont été détruites et 44 personnes, presque tous des musulmans, ont été tuées, certaines brûlées vives.

Aussi, les musulmans de Rangoun se tiennent cois. Dans le bureau spartiate de la Myanmar ­Muslim Organisation, au bout d’un sombre escalier du quartier portuaire, personne ne souhaite répondre à des questions sur les tensions interreligieuses. «C’est la règle. Seul notre président peut parler, et il est à l’étranger», rétorque-t-on au visiteur. A la mosquée Mogul Shiah, un fidèle bredouille: «Pour nous tout est calme, ce sont les sunnites qui sont visés.»

«Les musulmans ont peur et c’est mauvais pour l’avenir», estime Khin Zaw Win, un analyste. Les moines bouddhistes, en revanche, semblent être devenus plus conscients de leur importance dans la société et, pour beaucoup, arborent un petit air d’arrogance. Les magasins le long des escaliers qui mènent à la pagode Shwedagon, le site bouddhique le plus sacré du pays, portent souvent des autocollants «969» en soutien à la campagne anti-musulmane. «L’atmosphère est devenue malsaine. Il est de bon ton de se moquer des musulmans, mais aussi des hindous. C’est honteux et raciste», indique Khin Zaw Win. Il raconte avoir vu récemment un «nyeint», une sorte de pièce de théâtre traditionnel comique, où un acteur lançait à son comparse: «Eh, toi, tu as vraiment la tête d’un musulman brûlé à Meiktila.» Officiellement, les musulmans représentent 4% de la population; les bouddhistes 90%.

«Révolte safran de 2007»

Comprendre cette poussée de violence n’est pas facile. Certains insistent sur le contexte historique: les bonzes ont joué un rôle clé dans la lutte contre l’occupant colonial britannique après la fin abrupte de la monarchie birmane en 1885 et, comme au Sri Lanka, ont conservé un rôle d’activisme militant depuis, comme l’a montré la «révolte safran» contre le régime militaire, en 2007. Plusieurs analystes affirment que le pouvoir actuel, un gouvernement civil composé d’anciens militaires, était derrière les émeutes. Les éléments solides pour étayer cette thèse manquent toutefois. Que des émeutiers soient amenés en camions n’implique pas forcément une basse manœuvre de l’armée ou du gouvernement. «Dans certains cas, les forces de sécurité sont restées passives durant les émeutes; dans d’autres, elles ont protégé les musulmans, ou encore elles ont participé aux violences. Cela est surtout à mettre sur le compte du manque d’expérience dans le contrôle des foules», estime David Mathieson, chercheur sur la Birmanie à Human Rights Watch. Pour lui, cette violence est à la fois «organique et organisée». La haine est plus dirigée contre les gens d’Asie du Sud que contre les musulmans. Et elle est utilisée «par des forces sombres au sein du système pour un gain politique», mais tout cela reste opaque.

Gain politique

L’un des leaders clairement identifiés du Mouvement 969 est le bonze U Wirathu, dont l’image a illustré la couverture d’un récent numéro du magazine américain Time, avec la légende «The Face of Buddhist Terror». U Wirathu avait été arrêté par la junte militaire de l’époque en 2003 pour avoir dis­tribué des tracts anti-musulmans et provoqué des émeutes. Relâché en 2011, il a relancé immédiatement sa campagne islamophobe sous une nouvelle version, incitant les bouddhistes à boycotter les commerces tenus par des musulmans et les chauffeurs de taxis bouddhistes à refuser de prendre des clients musulmans. «969» est en soi un sigle neutre, représentant simplement les trois piliers du bouddhisme theravada ou du petit véhicule: le Bouddha, l’enseignement du Bouddha et la communauté des bonzes. Mais auprès des Birmans, obsédés par la numéro­logie, «969» est devenu un symbole puissant de la lutte pour préserver l’intégrité religieuse et ethnique du pays.

Malgré des discours ouvertement racistes, en totale contradiction avec la tolérance associée au bouddhisme, U Wirathu et son mouvement sont de plus en plus acceptés par la communauté or­dinaire des bonzes birmans. U Dhammapiya, un bonze éduqué aux Etats-Unis et qui enseigne à la prestigieuse université internationale bouddhiste missionnaire de Rangoun, estime que le «969» est un mouvement pacifique, dont la préoccupation principale est de ­rétablir l’éthique morale parmi les laïques. «U Wirathu a été approché par des femmes bouddhistes victimes des musulmans, et il a simplement publié leurs problèmes sur Internet. Ce sont les médias étrangers qui disent qu’il a incité aux émeutes», affirme-t-il.

Source http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e0cc9d4e-0c1b-11e3-a4d7-52d68c5003fd%7C0#.Uhh92mQRBeI
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Re: Birmanie / Bangladesh - Répression contre les Rohingyas

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