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Birmanie - Le rêve des "trois princesses"

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Birmanie - Le rêve des "trois princesses" Empty Birmanie - Le rêve des "trois princesses"

Message  Admin Dim 7 Nov 2010 - 11:45

Filles de ministres démocrates, elles se présentent aux élections ce dimanche. Pour combattre la dictature depuis le Parlement.

Son visage sourit rarement. Mais son calme et ses manières attentionnées sont affables. Dans son pavillon de Rangoun, Than Than Nu pose un regard digne sur les photographies qui couvrent les murs du salon. Elles racontent une Birmanie démocratique. Ce n’est pas un rêve, juste une réalité ancienne. Il est un Premier ministre birman qui ne vivait pas, comme l’actuel maître du pays, le généralissime Than Shwe, reclus dans une capitale isolée. Lui voyageait jusqu’en Occident. Lui riait des caricatures qui le croquaient en une des quotidiens. Cet homme-là, c’est U Nu, le père de Than Than Nu. Vêtu du longyi à carreaux - la jupe traditionnelle -, coiffé du kaung baung - le foulard beige -, il apparaît sur ces images d’époque, serrant la main de Richard Nixon ou de David Ben Gourion. C’était avant le coup d’Etat de 1962, avant que la famille Nu ne tombe en disgrâce.

Après trente-quatre ans d’exil en Inde, Than Than Nu est revenue en 2003 combattre "de l’intérieur" la dictature qui tient la Birmanie sous le joug. Elle est l’une des "Trois Princesses", comme l’on surnomme ces trois filles d’anciens chefs de gouvernement devenues, derrière l’icône Aung San Suu Kyi, les porte-étendards de l’opposition birmane. A 63 ans, la "Princesse" se présente aujourd’hui aux élections. "Nous savons que le scrutin n’est ni libre, ni équitable", prévient-elle. Candidate pour le Parti démocratique (Myanmar) à Mandalay, à plus de 600 km de Rangoun, elle n’a pu prononcer que deux discours. "Seules 200 personnes y ont assisté, regrette-t-elle. Les gens ont eu peur de venir. Les policiers de la branche spéciale nous surveillent. Ils me suivent dans toutes mes activités de campagne. Les citoyens, eux, nous observent depuis l’intérieur de leur maison, cachés derrière la porte. Parfois, ils s’approchent très lentement. Ils nous parlent en chuchotant."

"Les gens nous accueillent comme des sauveurs"
Face à Than Than Nu et ses menus moyens - elle a vendu des bijoux pour payer les 500 dollars de frais d’enregistrement électoral -, se dresse l’USDP, le Parti de la solidarité et du développement de l’Union, bras politique des militaires. La puissante formation puise dans les caisses de l’Etat pour faire campagne. Elle présente plus de 1.100 candidats. Le petit Parti démocratique, lui, a bataillé ferme pour trouver 47 prétendants. En concourant, la candidate Nu ne crédibilise-t-elle pas ce simulacre de démocratie? "Je veux seulement aider mon peuple. La participation au scrutin est la seule manière."

Victimes des mêmes restrictions, ses deux "sœurs", membres du même parti, poursuivent la même lutte pour rétablir le régime de liberté que dirigeaient leurs pères. "Les gens nous accueillent comme des sauveurs", s’enthousiasme Cho Cho Kyaw Nyein, qui se présente dans la division de Bago, au nord-est de Rangoun. "Je suis certaine que le nouveau gouvernement sera un mélange de militaires et de civils", précise cette fille d’un vice-Premier ministre démocrate.

"Des facteurs inconnus"
La troisième de la bande, c’est Nay Yee Ba Swe. Energique, poudrée de couleurs vives, la plus jeune des trois - 58 ans - est candidate à Rangoun à un siège de la chambre basse. "Beaucoup de gens connaissent mon engagement et la réputation de ma famille", assure cette bourgeoise maniérée, fille du ministre de la Défense et Premier ministre Ba Swe, lui aussi aux affaires dans les années 1950. Mais, reconnaît-elle, il y a "des facteurs inconnus". Une jolie tournure pour parler de la fraude. Son adversaire, le conseiller médical du numéro un de la junte, est le genre de personnalité qui ne peut pas perdre… Nay Yee Ba Swe a besoin de dénicher 55 paires d’yeux pour vérifier les opérations de dépouillement dans sa circonscription. Elle n’en a trouvé que 43. "Les observateurs doivent donner leur identité. Ils ont peur", regrette-t-elle.

Elle-même a un long passé d’engagement qui a culminé lors du soulèvement de 1988. Toute petite, la démocratie "coulait dans ses veines", rit-elle. "Mon père nous laissait décider de tout en toute liberté." Ce choix a eu des conséquences. Cinq des dix enfants du Premier ministre Ba Swe ont fait de la prison. A la fin des années 1970, Nay Yee Ba Swe a perdu cinq ans de sa vie dans la sinistre geôle d’Insein. "A cette époque, les prisonniers de conscience partageaient les cellules des criminels", marmonne-t-elle, dégoûtée.

Manifester? Cela ne sert plus à grand-chose. "Nous l’avons fait tant de fois depuis 1962, dit-elle. Et les militaires ont toujours réglé le problème en nous tirant dessus." Reste l’option d’un jeu politique pourtant biaisé. "Notre place va se développer graduellement dans le nouveau parlement, prédit-elle. Je veux encourager le peuple à voter tous les cinq ans."

source http://www.lejdd.fr/International/Asie/Actualite/Birmanie-Une-opposition-a-la-dictature-incarnee-par-trois-femmes-231972/?sitemapnews
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