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Les sanctions, ça peut marcher

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Les sanctions, ça peut marcher Empty Les sanctions, ça peut marcher

Message  Admin Sam 7 Avr 2012 - 0:46

En procédant à des élections partielles, la Birmanie vient de faire un pas important vers l’ouverture du régime. Les sanctions qui frappent le pays seront en partie levées. Mais il est nécessaire de maintenir la pression sur les militaires. Car dans le cas birman, c’est efficace

Le triomphe, lors d’élections partielles en Birmanie, de la Ligue nationale pour la démocratie emmenée par Aung San Suu Kyi a été suivi de nombreux appels internationaux à normaliser les relations avec le régime semi-militaire toujours en place à Naypyidaw, la nouvelle capitale. Les pays de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) et la Chine demandent la suppression immédiate de toutes les sanctions qui frappent l’un des pays les plus pauvres et les plus isolés de la planète. Hillary Clinton promet d’alléger un certain nombre de restrictions, mais c’est le Congrès américain qui aura le dernier mot. Les Européens pourraient aller plus vite avec une «levée substantielle des sanctions» avant la fin du mois.

Tout le monde s’accorde sur un point: il faut récompenser le gouvernement birman, car il tient ses promesses. Après la libération du Prix Nobel de la paix, puis celle de centaines de prisonniers politiques, l’allégement du contrôle de la presse, la relance du dialogue avec les minorités en rébellion et un premier scrutin dont les résultats ont été validés, il est urgent de donner un signal fort afin de soutenir le camp réformateur. Le président Thein Sein est peut-être le Gorbatchev birman. Mais sa position demeure fragile dans un système encore entièrement contrôlé par l’armée.

Récompenser oui. Mais le scrutin de dimanche dernier n’est qu’un premier pas. Beaucoup d’autres restent à faire pour normaliser la vie des Birmans. Les vraies élections législatives n’auront lieu qu’en 2015. De nombreux prisonniers politiques croupissent encore en prison. Et les relations de Naypyidaw avec Pyongyang suscitent toujours la suspicion sur un programme nucléaire militaire.

L’exercice est donc complexe: comment soutenir les forces du changement sans pour autant donner carte blanche aux tenants de l’ordre ancien? D’un côté, la Birmanie devrait à nouveau bénéficier de l’aide internationale et les barrières aux investissements devraient être levées. L’embargo sur les ventes d’armes par contre va demeurer ainsi que le gel des avoirs de centaines de personnalités militaires ou de sociétés liées à la junte afin de s’assurer d’un moyen de pression.

L’essentiel est de souligner que les sanctions, dans le cas birman, ont fini par payer. Totalement isolée après l’épisode de l’écrasement du soulèvement des moines, la Birmanie n’avait plus qu’un allié de poids, la Chine, dont elle est devenue un satellite. Une situation devenue insupportable aux yeux des Birmans et qui a forcé la junte à jouer la carte de l’ouverture pour limiter sa dépendance à l’égard de Pékin.

Alors que l’on s’interroge sur l’efficacité des sanctions envers l’Iran et la Syrie, le cas birman rappelle que la mobilisation de la communauté internationale pour ostraciser un régime qui n’en respecte pas les règles, ça peut marcher. Il y a des précédents célèbres avec l’Afrique du Sud par exemple. Mais il y a aussi de nombreux contre-exemples, dont le plus spectaculaire est la Corée du Nord. La semaine prochaine, Pyongyang va procéder au tir d’une fusée balistique de très longue portée présenté comme la mise en orbite d’un satellite. Il s’ensuivra un nouveau train de sanctions internationales qui s’ajouteront à de multiples mesures de pressions qui visent le régime nord-coréen depuis des années. Elles n’ont jamais été efficaces. La dynastie des Kim a poursuivi son programme nucléaire jusqu’à procéder à des tests souterrains d’armes atomiques et elle continuera de développer ses fusées destinées au marché des Etats en rupture de ban.

Les sanctions peuvent parfois renforcer un régime lorsqu’elles sont perçues comme une punition collective contre une population. Elles ne sont jamais une solution à elles seules. Mais lorsqu’elles s’associent à une politique de la main tendue, qu’elles s’appuient sur une opposition intérieure et qu’elles sont suivies par une portion suffisamment importante de la communauté internationale (en particulier les Etats voisins), elles sont indéniablement utiles. Aung San Suu Kyi s’est d’ailleurs bien gardée jusqu’ici de demander la levée de toutes les sanctions qui frappent son pays.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b92f0598-8016-11e1-ade3-b96b4263c6b3%7C1
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