Comment dit-on "code d'éthique" en vietnamien ?

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Comment dit-on "code d'éthique" en vietnamien ?

Message  Admin le Sam 22 Oct 2011 - 22:20

Les entreprises engagées dans la mondialisation, confrontées aux différences culturelles entre leurs salariés, doivent relever deux défis paradoxaux : conserver la maîtrise de leur management global et réussir leur acculturation locale.
Cette complexité apparaît dans l'étude de cas originale réalisée par Alain Henry, directeur de l'Agence française de développement au Vietnam ("Les traductions vietnamiennes d'un code d'éthique français", Gérer et Comprendre, juin 2011, n° 104).

Elle remet en question le cliché selon lequel le conditionnement culturel des Vietnamiens (et des Asiatiques en général), qui les porte en apparence à une attitude de déférence et un fort contrôle de soi, les priverait de tout sens de l'initiative et des responsabilités.

ÉDUCATION COMMUNISTE ET TRADITION CONFUCÉENNE

Héritage de l'éducation communiste et tradition confucéenne sont habituellement invoqués pour expliquer cet habitus problématique aux yeux des managers occidentaux.

Le point de départ de cette étude est la déception du directeur d'une entreprise française lorsqu'il découvre le ton très autoritaire de la traduction en vietnamien du "code d'éthique" diffusé dans ce pays.

Mais la comparaison ligne à ligne des versions vietnamienne et française révèle que les différences tiennent autant aux choix des traducteurs qu'à la langue elle-même.

L'étude rappelle d'ailleurs que les managers français ont eux-mêmes opéré un semblable déplacement des contenus des chartes éthiques d'origine américaine mises en place depuis une dizaine d'années. Ce qui est en jeu, rappelle Alain Henry, c'est la diversité des représentations du lien social.

Le code d'éthique vietnamien restitue les valeurs du document initial, mais suggère une autre conception des relations entre personnes, éloignée des stéréotypes.

DIRECTION MORALE

En particulier, il exprime une direction morale, sans laisser de place au jugement des salariés : "appliquer" devient "la voie qu'il faut suivre". Les normes éthiques y apparaissent comme des "vertus".

Mais il exclut la représentation d'une société communautaire (l'individu, la personne y sont mentionnés trois fois plus que dans le code français), et le pouvoir des dirigeants y apparaît plus strictement délimité.

Le modèle sous-jacent est celui de la famille : l'affirmation de soi s'efface derrière les rôles relatifs, définis autant par l'âge que par la position occupée dans l'entreprise.

Les salariés vietnamiens apparaissent plus comme un groupe d'individus que comme un collectif. "Le lien social s'incarne au travers d'une symbolique familiale et de nombreux cérémonials", mais pas dans un sentiment d'appartenance à l'entreprise.

Si la conformité apparaît plus valorisée que l'initiative, cette analyse suggère que cette dernière est en fait omniprésente, mais canalisée par le respect des rites et des relations. Si, bien sûr, le chef sait la susciter et l'entretenir, faute de quoi l'obéissance fera également défaut !

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