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Phnom Penh, visages et vestiges

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Phnom Penh, visages et vestiges Empty Phnom Penh, visages et vestiges

Message  Admin Lun 6 Déc 2010 - 14:12

Dans une ville prise de frénésie immobilière, Kim Hak photographie les anciens bâtiments d’architecture coloniale, où il fait poser de jeunes Cambodgiens.

Depuis quelques années, Phnom Penh est un grand bazar architectural. Rien n’est trop beau pour rivaliser avec Singapour ou Bangkok. Prise de frénésie immobilière , la capitale cambodgienne se verticalise, chassant vers des périphéries sans vie ni voirie les plus démunis, et détruit à la va-vite son patrimoine. Des immeubles collectifs, des maisons et des bâtiments publics datant de l’Indochine ou des années 50-70 ont été systématiquement rasés.

Les terrains sont vendus par le gouvernement aux plus offrants, souvent des Chinois ou des Sud-Coréens. Quand ce n’est pas avec leurs bulldozers, les sociétés de démolition ou les nouveaux promoteurs viennent avec des gros bras, pour procéder manu militari aux expulsions. Parfois, comme par hasard en pleine nuit, un incendie donne le signal. «Les gens prennent peur et comprennent qu’il faut partir vite pour ne pas tout perdre , confie Ny, une commerçante de Phnom Penh expulsée du centre-ville en 2008. D’autres décident de vendre leur terrain pour s’installer en périphérie, et profiter ainsi de la flambée des prix, multipliés par 6 en cinq ans. Elite Town sur l’île aux diamants, Grand Phnom Penh International City au nord-ouest de la capitale cambodgienne, Camko City dans la zone du lac Pong Peay, centres d’affaires, théâtre de 3 000 places, gratte-ciels : les projets fusent pour attirer une clientèle aisée et étrangère dans ce qui n’était, il y a cinq ans encore, qu’une grande ville étale sur les rives du Mékong, du Tonle Sap et du Bassac.

«Un message silencieux»

Kim Hak a commencé à photographier Phnom Penh à cette époque, avec un Canon T70. Ce jeune Cambodgien né en 1981 dans la campagne de Battambang, à l’ouest du pays, travaille dans une agence touristique. Il collectionne des clichés sur la capitale et réunit une documentation photographique, notamment pour inciter des clients étrangers à visiter le Cambodge. Jusqu’au jour où il découvre que l’endroit qu’il préférait dans Phnom Penh a été rasé. Il ne reste que ses clichés pour en témoigner. Démarre alors ON. «O» pour Old aged buildings, vieux bâtiments, et «N» pour nouvelle génération. Celle née après la chute du régime khmer rouge (responsable d’au moins 1,7 million de morts entre 1975 et 1979) et qui n’a pas connu la guerre.

«Je souhaite faire passer un message silencieux à tout le monde et plus particulièrement au gouvernement, afin que l’on prête plus d’attention à ces immeubles anciens, explique Kim Hak. Pour moi, détruire ces vieux bâtiments, c’est un peu comme tuer des personnes âgées. Ils peuvent nous apprendre beaucoup, car ils contiennent plein d’histoires. Je me suis dit que je devais faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard.»

Le jeune photographe a choisi 29 monuments datant de l’époque coloniale française et de l’ère du Sangkum, quand Norodom Sihanouk était à la tête du Cambodge entre 1953 et 1970. Dans ces lieux chargés d’histoire, il a fait poser des jeunes gens, parfois des habitants. Dans une exposition (1), il indique qui sont ces Cambodgiens (une danseuse, un rappeur, un sportif, une enseignante), quel est leur lien avec le lieu et confronte les époques. La présence de la jeune génération dans ces lieux historiques est une autre manière de rejeter les projets de gratte-ciels chic et en toc que Kim Hak,enfant des rizières, exècre.

Il livre un habile travail sur la mémoire, dans une ville vidée de sa population par les Khmers rouges en 1975. De cette capitale aujourd’hui anarchique et agitée, Kim Hak fait émerger le grand stade olympique, l’ocre et colonial Marché central. Le cinéma Hemak Cheat devenu un squat, l’ancien hôtel Manolis renaissent dans la pénombre d’un couloir. Sont aussi exposées la Poste jaune du XIXe siècle, la carcasse du Building blanc ou encore l’élégante ancienne résidence de la mère de Sihanouk.

Légèreté et ouvertures

C’est d’une certaine manière, l’occasion de rendre hommage à Vann Molyvann, l’architecte du Phnom Penh des années 60 et 70. Cet élève de Le Corbusier, ancien ministre d’Etat en charge de l’Urbanisation, a toujours défendu une architecture khmère. Son style, tout en légèreté et en ouvertures ventilées, marie les motifs végétaux des temples d’Angkor avec les influences japonaises. Discrètes, intégrées dans le paysage, ses constructions privilégiaient l’habitat social. Elles avaient recours à des matériaux simples et peu coûteux. Qualificatifs qui n’ont plus cours aujourd’hui à Phnom Penh chez les promoteurs qui rasent à tout va.



(1) Actuellement au festival Photo Phnom Penh au Cambodge.

source www.liberation.fr

Phnom Penh, visages et vestiges E0abed10


photos ----> http://cambodia.world-countries.net/archives/173676

ste web ----> http://www.kimhak.com/gallery.aspx
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