Cambodge - Cinéma - ‘Same Same But Different’ éclaire les ténèbres

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Cambodge - Cinéma - ‘Same Same But Different’ éclaire les ténèbres

Message  Admin le Jeu 7 Jan 2010 - 6:55

Le film ‘Same Same But Different’ allie réalisme et idéalisme romantique dans le portrait d’une "histoire vraie", une romance entre une fille de bar cambodgienne et son petit ami allemand.

Certains phnompenhois se rappelleront peut être avoir vu des camions remplis de matériel son et lumière bloquer des rues entières de la ville il y a un an environ, et de se demander quelle en était le but ?

Il s’agissait tout simplement du réalisateur allemand Detlev Buck et de son équipe en plein tournage de l’histoire d’un amour de jeunesse, Same Same But Different. L’équipe a depuis fait un retour triomphal à Phnom Penh un an plus tard, ayant reçue des critiques très élogieuses lors des festivals de Locarno et de Toronto. Le tapis rouge était de sortie sur le boulevard Norodom au Ciné Lux ce samedi soir (le 19 décembre) pour la première cambodgienne d’un film que le réalisateur décrit comme "une déclaration d’amour au Cambodge." La plupart des quelques 200 locaux à avoir participé au tournage était présent pour voir le résultat final de leur travail.

Adaptation d’un livre de Benjamin Prufer, le film repose sur l’histoire vraie d’un jeune routard allemand, Ben (rôle tenu par David Kross, The Reader) qui tombe amoureux d’une fille de bar Khmère, Sreykeo (jouée par Apinya Sakuljaroensuk). Lorsque Sreykeo apprend qu’elle est séropositive, Ben revient d’Allemagne pour l’aider. En réalisant Same Same, Detlev Buck entendait aller au delà des stéréotypes habituels sur les relations unissant les hommes et les prostituées. Et il insiste sur ce point "Tout le monde attend quelque chose de l’autre. C’est une relation très normale."

L’acteur principal David Kross a retrouvé Detlev Buck pour ce film, après avoir déjà travaillé sous sa direction alors qu’il n’avait que 14 ans dans le film allemand Touch Enough. Tout juste sorti d’une grosse production, The Reader, l’acteur reste marqué par le contraste saisissant avec ce tournage au Cambodge. "C’est une façon de travailler totalement différente. On doit improviser. Tout va très vite" décrit l’acteur, "J’ai vraiment apprécié cette expérience. Je suis allé dans des lieux que les touristes ne voient pas." Selon lui le film correspond bien à sa génération, en Europe, qui prend souvent une année sabbatique pour voyager avant de s’installer définitivement. "Vous croyez que votre vie débute enfin. Et vous avez une courte période de temps où vous pouvez faire ce que vous voulez." Cette phase très courte dans la vie d’un jeune homme peut faire ou briser des individus. Quels choix s’offrent à eux ?

Le film s’ouvre brutalement sur l’annonce de la séropositivité de Sreykeo. Un choix hardi du réalisateur qui place de suite les enjeux très hauts, invitant les spectateurs à s’interroger quant à la relation qui lie Ben à Sreykeo. Detlev Buck se sert du film pour contredire le cliché du pauvre garçon attiré dans les bras d’une maitresse manipulatrice à la recherche d’un vieux protecteur, et de passer à la loupe toute la gamme des relations modernes qui unissent un homme à une femme. Tous les hommes de l’entourage de Ben sont des prédateurs. Son frère trompe régulièrement sa femme avec une collègue de travail, son meilleur ami change plus souvent de petite amie que de sous vêtement, et son compagnon de route à Phnom Penh voit toutes les femmes asiatiques comme des proies sexuelles. Ben est le seul à se comporter dignement, et bien qu’il tombe amoureux d’une fille de bar, il n’a pas lu le ‘Guide Sexpats pour l’Asie’ dont la règle numéro 2 stipule "Ne te marie jamais avec une fille de bar", la numéro 1 étant "Ne fais jamais confiance à une fille de bar." Ben rejette tous les points de vue cyniques qui se présentent à lui, se tournant au contraire vers son père, un type bien qui a lui aussi rencontré l’amour de sa vie dans un bar.

La relation entre Ben et Sreykeo semble toutefois aller trop vite. Et le spectateur de douter des bases de l’amour du jeune couple. Et si les personnages n’étaient pas aussi jeunes, et si l’on ne savait pas que le récit repose sur "une histoire vraie" (dans la vraie vie Ben et Sreykeo sont désormais mariés, avec deux enfants), le film pourrait être facilement perçu comme une fable naïve.

Cela dit, la photographie de Jana Marsik est excellente, et les acteurs sont tous très bons. Et alors que les sentiments anti-thaïlandaise ont refait surface au Cambodge, Detlev Buck défend son choix de l’actrice thaïlandaise Apinya Sakuljaroensuk dans le rôle de Sreykeo, citant notamment celui tenu par Tom Cruise, celui d’un héros allemand, dans le fi, Valkyrie. "Le futur ici en Asie doit être global, et non plus national."

Same Same But Different devrait prochainement bénéficier d’une sortie internationale, il ne sera pas toutefois pas projeté au Cambodge, en raison des problèmes de piratage et de l’absence de salle adéquate.

source http://www.lepetitjournal.com/content/view/51416/1841/
avatar
Admin
Admin

Messages : 4881
Date d'inscription : 31/05/2009

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum