Le régime birman courtise l'opposante Aung San Suu Kyi

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Le régime birman courtise l'opposante Aung San Suu Kyi

Message  Admin le Dim 8 Jan 2012 - 12:50



Après avoir autorisé son parti cette semaine, la junte promet à la Dame de Rangoun un poste officiel, voire une place au gouvernement, si elle est élue aux prochaines élections législatives, en avril.

Signe d'ouverture ou volonté de récupération? Un conseiller de la présidence birmane, Nay Zin Latt, a annoncé dimanche que l'opposante historique Aung San Suu Kyi pourrait, si elle le souhaite, entrer au gouvernement «civil» du pays en cas de victoire dans sa circonscription aux législatives partielles organisées en avril. La lauréate du prix Nobel de la paix pourrait aussi, si elle le préfère, obtenir un poste «approprié» dans la haute administration publique de son pays, a-t-il ajouté.

La Dame de Rangoun sera candidate à Kawhmuu, dans la banlieue de la capitale, a par ailleurs révélé Nay Zin Latt, en précisant que les listes électorales seraient officiellement publiées le 11 janvier. La Ligue nationale pour la démocratie (LND), co-fondée par l'opposante il y a plus de vingt ans mais dissoute en 2010 par la junte, a été autorisée cette semaine comme parti politique au terme d'un marathon administratif de plusieurs mois. Une étape importante qui fait suite à l'assouplissement du régime envers l'opposante.

Si Aung San Suu Kyi a passé la majorité de son temps privée de liberté depuis 1990, son rapport avec le pouvoir a en effet beaucoup changé après les élections de novembre 2010 et sa libération une semaine plus tard. Dans une récente interview à la BBC, elle déclarait par exemple «avoir confiance» dans le président birman Thein Sein et être «contente de pouvoir se présenter à une élection de son vivant». Elle se montrait toutefois réservée sur son intention de briguer un jour la présidence. «Je ne suis même pas sûre de le vouloir», expliquait-elle.

La libération de l'opposante déjà instrumentalisée
Pour le moment, l'opposante n'a pas encore répondu à cette nouvelle main tendue par le régime. En acceptant, elle prendrait le risque de décevoir ses partisans qui craignaient justement qu'elle ne soit en train de se vendre aux généraux pour un bénéfice politique limité. La junte s'est déjà servie de la libération de l'opposante pour donner à la communauté internationale des gages d'ouverture, quand bien même des centaines de prisonniers politiques continuent de croupir en prison.

Après la libération de 200 dissidents en octobre, le régime a de nouveau verrouillé ses geôles. La récente «amnistie» prononcée par le gouvernement n'a convaincu personne alors que les occidentaux réclamaient de nouvelles preuves de démocratisation du régime. Les peines les plus lourdes ont certes été allégées, mais aucun prisonnier politique supplémentaire n'a été libéré. «Si les gens qui s'intéressent vraiment à la politique restent en prison, nous ne pouvons considérer que les prochaines élections seront significatives», s'est indigné Aung Thein, conseiller juridique pour de nombreux opposants.

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