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Phnom Penh : de la ville fantôme à la fièvre immobilière

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Phnom Penh : de la ville fantôme à la fièvre immobilière Empty Phnom Penh : de la ville fantôme à la fièvre immobilière

Message  Admin Dim 25 Sep 2011 - 12:40

Il existe peu d’exemples dans l’histoire moderne de pays où les registres du cadastre ont disparu presque en totalité, effaçant par la même toute trace écrite des droits de propriété d’une population. C’est ce qui s’est passé au Cambodge pendant la période khmère rouge. Peu après la prise de Phnom Penh par l’armée vietnamienne en janvier 1979, les Cambodgiens qui avaient des qualifications professionnelles ont été « rappelés » à Phnom Penh pour remettre le pays sur pied ; les autres, pour l’essentiel des agriculteurs, retournant dans leur village d’origine. A l’époque, l’armée vietnamienne occupait certains quartiers de Phnom Penh où les Cambodgiens non autorisés ne pouvaient pas pénétrer, mais les maisons et les bâtiments de la capitale, inoccupés depuis près de quatre ans, étaient ouverts et disponibles. La règle a été celle du « premier venu, premier servi ». Les Cambodgiens étaient alors surtout préoccupés par les questions de sécurité et souvent plusieurs familles se sont installées dans un même bâtiment.

Bien que certaines familles possédaient encore des documents de propriété, très peu ont pu retrouver leur maison d’avant 1979, car cela « aurait entrainé une cascade de déménagements » dit un jeune Cambodgien, versé dans l’histoire de son pays. « Chacun a pu retrouver une maison, mais très rarement la sienne », indique Son Soubert, ancien membre du Conseil constitutionnel. Cela a aussi été vrai pour l’ancienne élite. Ainsi le père de Son Soubert, l’ancien Premier ministre Son Sann possédait une spacieuse demeure sur l’actuel boulevard Sihanouk, non loin du Monument de l’indépendance, mais la famille n’a jamais pu la récupérer malgré ses efforts. Seules les grandes familles qui se sont ralliés au parti de Hun ou ont rendu des « services » à ce parti ont pu récupérer leur maison.

A Hanoï, certaines anciennes familles bourgeoises ont entamé des procédures judiciaires pour récupérer l’intégralité de leur demeure, dont certaines parties avaient été confisquées par le régime communiste vietnamien après 1954 pour être alloués à des familles miséreuses. Ce type de procédure n’existe pas au Cambodge, en partie du fait de l’absence de documentation, en partie car les tribunaux jugent ces recours irrecevables.

Ce n’est qu’à la fin des années 1980 avec la libéralisation économique et les négociations de paix que les Phnom Penhois ont repris conscience de l’importance économique de l’immobilier dans la capitale cambodgienne. Avec la venue de l’Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge de 1991 à 1993, les prix des maisons à louer ont flambé. La fièvre immobilière n’a jamais été aussi forte que dans les dernières années : entre 2000 et 2010, le prix du mètre carré dans Phnom Penh a été multiplié entre 100 et 200 fois.

Arnaud Dubus

http://cambodge.blogs.liberation.fr/2009/2011/09/phnom-penh-de-la-ville-fant%C3%B4me-%C3%A0-la-fi%C3%A8vre-immobili%C3%A8re-.html
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Phnom Penh : de la ville fantôme à la fièvre immobilière Empty La razzia immobilière des oligarques cambodgiens

Message  Admin Ven 30 Sep 2011 - 5:33

Des poutrelles en béton armé et des pans de murs émergent des eaux boueuses du lac de Boeung Kak dans le nord de Phnom Penh, la capitale cambodgienne. Au-dessus des décombres, des habitants ont tendu une toile cirée sur laquelle ils ont inscrit : «Pourquoi détruire avant de se mettre d’accord ? Où sont mes droits ? Où est ma maison ?» Des hommes en chemises sales fouillent les gravats à la recherche d’ustensiles ménagers ou de morceaux de métal. La veille, une dizaine de bâtiments bordaient cette rive du lac aux trois quarts comblé. En moins d’une heure, des pelleteuses de la firme immobilière Shukaku, concessionnaire de la vaste étendue de sable qui couvre désormais l’ancien lac, ont pulvérisé le bloc. Quand les habitants ont tenté de repousser les pelleteuses à coups de pierres, un peloton de policiers antiémeutes a chargé la foule et a généreusement distribué des coups de matraques. Une vidéo de l’incident postée sur YouTube a immédiatement été bloquée par le gouvernement cambodgien.

Ces expulsions de miséreux pour le compte d’une firme privée - appartenant au sénateur Lao Meng Khin, proche du Premier ministre - témoignent d’une dérive affairiste de l’Etat cambodgien. Les intérêts privés de ceux qui contrôlent le pouvoir et de leurs alliés priment sur l’intérêt public. Ministères, commissariats de police et universités situés au cœur de la capitale (où le prix du mètre carré a été multiplié par 200 en dix ans) sont vendus à des promoteurs ou «échangés» contre des sites peu accessibles en périphérie. «Il n’y a aucune honte. Chacun sait que cela vient de la corruption. L’Etat et le public ne reçoivent pas un centime de ces transactions», s’indigne Ou Virak, directeur du Centre cambodgien des droits de l’homme.

Le lac Boeung Kak, poumon de la capitale et réservoir crucial pendant la saison des pluies, a été rayé de la carte alors même que les inondations menacent la ville.Le Premier ministre, Hun Sen, avait pourtant décrété en août qu’une douzaine d’hectares de terrains, répartis en lots individuels, seraient alloués aux familles habitant sur les rives du lac. Mais, par une cruelle ironie, il a été révélé qu’une partie de ces lots avait été attribuée à Shukaku, l’entreprise responsable des évictions, et à des fonctionnaires municipaux. Devant l’arrogance de cette nouvelle bourgeoisie étroitement liée, voire confondue, à une classe dirigeante accoutumée aux prébendes, seules les pressions des pays donateurs, qui alimentent la moitié du budget gouvernemental, pourraient inquiéter l’oligarchie au pouvoir. Une voie que n’a pas hésité à suivre la Banque mondiale, en gelant ses programmes d’assistance après les premières expulsions au lac de Boeung Kak.

http://www.liberation.fr/monde/01012362628-la-razzia-immobiliere-des-oligarques-cambodgiens
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